LÉSIONS DE LA VÉSICULE
difîcation anatomique marquée, aucun symptôme appréciable. Les concrétions reposent dans la cavité, libres, sans attaches. Elles sont baignées de bile normale. Parfois les calculs sont enchâtonnés dans des diverticules dont la formation première a, sans doute, été en rapport avec leur développement propre (Yon Schueppel). Morgagni avait déjà vu de petites concrétions enclavées dans l’épaisseur même de la muqueuse, et avait justème ri attribué cette disposition au développement des .concrétions dans les glandes muqueuses dilatées. D’autre part, Willemin a démontré que l’expulsion des calculs était toujours précédée de la ré-
plétion de la vésicule, dont la tunique musculaire agit en
se contractant sur la masse liquide. L’hypertrophie fonctionnelle des fibres musculaires peut donner à la vésicule une conformation analogue à celle des « vessies dites à colonnes. »
En outre, les calculs volumineux, anciens, à surface irrégulière, peuvent, par leur contact prolongé, amener un processus inflammatoire de la muqueuse, une cholécystite, dont l’évolution sera variable. Tantôt il se formera des néo-membranes qui envelopperont le calcul, et le feront adhérer à la paroi de la vésicule. Tantôt il se produira un catarrhe qui pourra aboutir à la suppuration ou à l’ulcération de la muqueuse. Le catarrhe étendu aux canaux cystique, hépatique, cholédoque, pourra, sans autre cause d’oblitération entraîner les accidents que nous étudierons à propos de l’enclavement des calculs dans ces conduits, hydropisie, empyème, tumeur biliaire, rétention biliaire avec ses conséquences.
CALCULS BILIAIHES
L’ulcération peut être superficielle ; elle peut s’étendre en largeur et en profondeur, occuper toute l’épaisseur de la muqueuse, se propager aux tissus sous-jacents et amener finalement une perforation de la vésicule sur laquelle nous aurons à revenir. L’ulcération, malgré la persistance de la cause, peut guérir, comme le montrent les cicatrices, qu’il n'est pas rare de trouver sur la muqueuse à l’autopsie.
Si l’inflammation est moins accentuée, elle peut entraîner la transformation de la muqueuse en un tissu conjonctif de nouvelle formation. De son côté, la tunique musculeuse, après une hypertrophie passagère destinée à lutter contre la présence des corps étrangers, s’atrophie (Charcot et Pitres), et se transforme en tissu néo-conjonctif. La paroi entière, rétractile, revient sur elle-même, et s’applique sur la masse des calculs contenus dans la cavité vésiculaire. Celle-ci se trouve ainsi effacée : la bile ne pénètre plus dans la vésicule, et la formation des calculs est arrêtée. C’est là le type de la lésion qu’on désigne sous le nom de tumeur calculeuse. Les parois, sous l’influence du processus dégénératif s’encroûtent de sels calcaires, ainsi que nous l’avons vu plus
haut, font corps avec la masse calculeuse : ce mode de
guérison naturelle est assez rare, mais complet : le malade ne conserve de son affection qu’une tumeur dure, irrégulière à la place de la vésicule : il ne court plus aucun danger.
Mais si une petite quantité de bile pénètre encore dans la vésicule, les calculs continuent à s’accroître, et la tumeur calculeuse peut devenir le point de départ