CHAPITRE V
PRONOSTIC
L'étude que nous venons de faire de la marche et des modes de terminaisons des fibro-myomes établit bien la nature bénigne de ces tumeurs. On n'observe, en effet, ni l'envahissement de l'utérus ni celui des organes voisins par le tissu même du néoplasme; il n'y a aucun retentissement sur le système lymphatique, et, à part le cas unique de Langherans, on ne connaît aucun fait de généralisation des éléments myomateux.
Aussi bien, la classe des fibro-myomes latents estelle la plus grande et la guérison spontanée peut-elle se produire. Et cependant, actuellement, un bon nombre de chirurgiens ne considèrent plus les tumeurs fibreuses de l'utérus comme de simples tumeurs bénignes, mais comme des néoplasmes à pronostic grave.
Ces tumeurs, en effet, après être restées latentes plusieurs années, peuvent déterminer des accidents fort dangereux et, si elles ne menacentpas directement
PRONOSTIC
la vie par l'abondance des hémorrhagies, par l'intensité des douleurs, par leur volume parfois énorme, ces troubles altèrent l'état général, épuisent les malades et sont pour elles un obstacle presque permanent à vivre de l'existence commune et surtout à gagner leur vie, car ces femmes sont atteintes d'une véritable infirmité.
L'existence même peut être directement mise enjeu dans le cas d'accidents tels que la suppuration, la gangrène de latumeur, les phlegmons des ligaments larges, ïes salpingites suppurées, les phlébites du membreinféricur amenant des embolies ; de plus, les altérations des reins et du cœur constituent des complications qui assombrissent notablement le pronostic. Enfin, la transformation en tissu sarcomateux peut faire de ces tumeurs des néoplasmes malins.
Si donc un fibro-myome de petit volume, demeurant stationnaire et à l'état latent, doit être abandonné à lui-même, cette tumeur peut, à un moment,, subir une évolution active et exiger, en même temps qu'un traitement suivi, une surveillance attentive pour proportionner les moyens thérapeutiques à la marche du néoplasme, sans laisser passer le temps opportun d'une intervention simple.