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CHAPITRE VII

TRAITEMENT

Ce qui ressort bien nettement de cette étude du développement, des transformations des corps fibreux de l'utérus ainsi que des troubles qu'ils déterminent dans les différents organes du petit bassin et de l'abdomen, c'est que ces tumeurs constituent une affection éminemment complexe, difficile à suivre dans son évolution si variable, influencée par une série de conditions telles que l'âge, la menstruation, la grossesse et l'accouchement, enfin par la situation sociale même de la malade.

Et si ce sont des tumeurs de nature histologiquement bénigne, il faut reconnaître que, dans un bon nombre de cas, elles causent des accidents progressivement croissants et souvent menaçants par leur intensité. Nous avons vu qu'il ne faut pas faire espérer à ces malades que la ménopause viendra, comme chez les autres femmes à l'heure accoutumée, mettre un terme à ces troubles et à ces menaces. En attendant de l'âge critique la guérison naturelle, on se leurre

no tumeurs' FIBREUSES DE l'utÉRUS

et on laisse passer le moment favorable pour une thérapeutique plus active et plus rationnelle. Le pronostic des fibro-myomes en voie d'évolution traités par l'expectation est déplorable.

Dès l'apparition des preiniers symptômes, dès que la tumeur est reconnue, surtout alors qu'elle est encore peu volumineuse, nous devons mettre en œuvre un traitement véritablement efficace pour enrayer la marche du néoplasme, et il faudra proportionner l'effort thérapeutique à cette évolution même selon qu'elle est rapidement envahissante. Il faudra donc surveiller cette évolution et se souvenir que le fibromyome est une tumeur bénigne, souvent à pronostic grave.

Quels que soient les moyens employés, médicaux ou chirurgicaux, pour qu'ils aient une valeur réelle ils doivent arrêter le développement de la tumeur, ainsi que les troubles fonctionnels qui en dépendent, mais si le résultat est maintenu, devient définitif, on doit se contenter de cette cure sijmptomalique qui permet à ces femmes de vivre avec leur fibrome reprenant l'état latent qu'il garde toujours chez un grand nombre d'autres. On ne saurait donc souscrire entièrement à cette proposition de Gusserow : « Le premier devoir thérapeutique, en cas de fibro-myomes, c'est de les enlever, car ainsi l'on obtient la guérison complète des malades. »

Les troubles fonctionnels sont variables, de mémo que les tumeurs difl'ôrent entre elles par leur forme, leurs rapports, leur évolution ; aussi bien ne sauraitil y avoir un seul mode de traitement exclusif. Cependant chaque nouveau remède est souvent présenté avec un enthousiasme qui obscurcit le jugement au

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point de faire croire à une panacée. C'est ainsi que Thomas Keith (1) déclare qu'il est si impressionné par ce qu'il a vu du nouveau traitement électrique qu'il se considérerait comme coupable d'un acte criminel s'il conseillait désormais à une malade de mettre sa vie en péril par les anciennes méthodes, avant de s'être entièrement soumise à ce nouveau traitement.

Ce n'est là qu'un enthousiasme irréfléchi, qui tombe devant la réalité des choses.

Ainsi, la structure histologique de la tumeur modifie l'action thérapeutique, et le fibrome dur, où le tissu connectif domine, est moins facilement influencé que le myome mou, presque entièrement musculaire.

Les tumeurs qui deviennent kystiques et dont les cavités énormes évoluent dans l'abdomen à la façon d'un kyste de l'ovaire verront échouer toutes les tentatives médicales ; rien n'arrête les masses flbrokystiques dans leur marche.

Les myomes dont l'évolution, soit sous-péritonéale, soit sous-muqueuse, est arrivée à un degré assez avancé pour qu'ils ne soient plus reliés à la paroi utérine que par une base étroite ou par un pédicule, ces myomes, dis-je, ne participent plus à la vascularisation, ni aux contractions delà matrice; leur nutrition est devenue indépendante. De même que leur volume s'accroît lentement, de môme ils ne subissent plus que faiblement l'action des traitements modificateurs qui viennent échouer inévitablement, en déterminant parfois de plus graves accidents.

(l) Thomas Keith, Dritisk médical Journal, 10 décembre 1887.

TUMEURS FIBRËtiSÈS DE L*UTÉRUS

Il n'est donc pas vrai de dire que tel traitement sèra toujours et partout appliqué contre tout fibro-myome de l'utérus ; il ne suffit pas de faire un diagnostic différentiel et d'établir l'existence d'un corps fibreux, il faut en déterminer la variété anatomique, les rapports et tenir compte du terrain sur lequel il évolue. Ainsi, l'âge de la malade permettra parfois d'employer un traitement palliatif, dont les effets suffiront pour atteindre sans danger le moment où l'appareil génital retrouvera le repos physiologique, tandis que la même tumeur, avec les mêmes accidents chez une femme jeune, ne comportera pas la même patience parce que l'évolution a plus d'activité, parce que la malade sera épuisée ou menacée bien avant que l'âge critique ne soit venu arrêter le néoplasme dans sa marche.

Enfin, quand on a à traiter une femme dont le travail est nécessaire pour assurer non seulement son existence personnelle, mais aussi celle de sa famille, peut-on lui imposer un repos prolongé, un traitement coûteux comme à une malade dont la situation sociale fait de sa santé la principale de ses occupations ? Dans ces conditions, on est amené à proposer une intervention plus radicale, avec une conviction d'autant plus forte que l'on est mieux armé aujourd'hui contre ces tumeurs, et que l'on voit le pronostic opératoire s'améliorer de jour en jour et acquérir une bénignité égale à celle d'autres interventions admises sans conteste actuellement.

Selon les circonstances, nous devrons donc choisir entre trois méthodes de traitement : le traitement médical, le traitement chirurgical simplement palliatif, enfin le traitement chirurgical curatif.

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