‹ Tumeurs Paravertébrales Avec Propagation Au Rachis Et Compression De La Moelle (Traitement Combiné Chirurgical Et Radiothérapeutique)Chapitre 9 sur 25 · EL UNS · texte numérisé non relu

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fait par hasard, permet la découverte d’une volumineuse masse thoracique paravertébrale jusque-là à peu près latente. On en profite pour ne rien dire. On ne prend aucune décision, si ce n’est d'attendre. L'apparition de douleurs, étiquetées intercostales, suscite une nouvelle consultation. On temporise encore. Il a fallu l'installation brutale d’une paraplégie pour prendre enfin une décision thérapeutique.

L'évolution rapide de la paraplégie, mettant en danger les jours de la malade, il fallait aller au plus pressé, c’est-àdire libérer la moelle des lésions qui la comprimaient. L'intervention permit de se rendre compte de la nature des lésions. Il s’agissait d’une tumeur, qui, développée dans le thorax, avait pénétré par les trous de conjugaison dans le canal rachidien. Contre la masse thoracique on mit en œuvre la radiothérapie et on assista à la disparition de la tumeur.

Ce cas, au premier abord, pouvait paraître exceptionnel. On fit des recherches bibliographiques dans la littérature française et étrangère, qui nous montrèrent qu’il n’en était rien.

Les cas relevés ont été, soit traités de la même façon et avec des résultats favorables, soit livrés à eux-mêmes et leur évolution a été rapidement mortelle. Après cette observation, nous rapportons deux autres cas inédits, qui nous ont été communiqués par le docteur THUREL et les observations que nous avons recueillies dans-la littérature.

Le fait qu’en cinq années, il ait été donné au docteur THuREz d’observer trois cas de tumeur paravertébrale se propageant au rachis et comprimant la moelle, est la preuve que nous sommes en présence d’autre chose que d’une curiosité pathologique.

Etant donnée l'incertitude des examens histologiques, qui, pour la plupart, n’ont pas été poussés très loin, nous avons groupé tous les cas de tumeurs paravertébrales ayant pénétré secondairement dans le canal rachidien par les trous de conjugaison et comprimant les racines nerveuses et la moelle.

Les différences histologiques, qui ont fait considérer les unes comme tumeurs des organes hémopoïétiques, les autres comme tumeurs conjonctives, ou encore comme tumeurs

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sympathiques, ne sont peut-être pas aussi solides qu’on aurait pu le penser au premier abord. Ce n’est pas sans hésitations que bien des cas ont été rangés dans un groupe plutôt que dans un autre et leur identification mériterait d’être reprise. On conçoit, dans ces conditions, que nous ayons laissé au second plan les distinctions histologiques, qui manquent de précision, pour ne tenir compte que des analogies cliniques, qui sont certaines. |

Quoi qu’il en soit, la conduite à tenir est simple : il faut libérer la moelle de la compression, qui, par sa rapidité, risque de la léser d’une façon irrémédiable et de mettre en danger la vie du malade; puis, contre la tumeur primitive thoracique qui échappe au chirurgien, une seule possibilité, l’action de la radiothérapie : celle-ci, ou bien reste inefficace, ou bien donne un résultat quelquefois surprenant.

Quelle est la nature de ces tumeurs radiosensibles? Elle est très variable; on trouve des lymphosarcomes, des myélosarcomes, des sympathomes. Ce qui compte sans doute, c’est la nature embryonnaire de toutes ces tumeurs.

Voici trois cas de tumeurs paravertébrales avec propagation au rachis et compression de la moelle. Deux ont été soumis, avec grand profit, à un traitement combiné chirurgical et radiothérapique. Il en aurait été sans doute de même du troisième, s’il n’y avait pas eu la guerre qui a empêché de suivre le malade et si, de ce fait, celui-ci n’avait pas été privé du traitement par les rayons X.

OBSERVATIONS INEDITES

OBSERVATION 1

(Personnelle)

Mademoiselle N.., 19 ans. — En juillet 1939, Madame N.. passe un examen radioscopique. Sa fille qui l'accompagne demande à être examinée elle aussi, par amusement, et peut-être aussi parce qu’elle n’a pas tout à fait la conscience tranquille elle se rappelle être tombée de cheval il y a plusieurs mois, chute dont elle ne s’était pas vantée, et avoir ressenti par la suite quelques douleurs dans le côté gauche.

Stupeur! Cet examen n’est pas négatif, car dans l’hémithorax gauche, dans la gouttière costovertébrale, on découvre une masse volumineuse, de la grosseur d’un poing avec des limites nettes et dont le contour arrondi se confond en dedans avec l’ombre vertébrale.

Le médecin et le radiologue se concertent, envisagent une seule possibilité thérapeutique, l’ablation chirurgicale, mais pour y renoncer aussitôt, étant données. sa gravité, l’absence de troubles, et décident de ne rien dire et d’attendre. Si cette masse présentait un caractère de gravité et si, évolutive, des complications venaient à se produire, il serait bien temps d’aviser.

En octobre 1939, une petite douleur à gauche passe presque inaperçue.

En février 1940, le deuxième acte commence et brutalement.

Installation de douleurs dans le dos au niveau de la sixième vertèbre dorsale, irradiant à gauche et en avant. L’alarme est donnée. On n’oublie pas qu’il y à là aussi, à gauche, dans le thorax, une masse et le rapprochement s’impose : on ne peut pas

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douter des relations de cause à effet entre la masse thoracique et les douleurs.

Ces nouveaux symptômes provoquent une consultation; on fait appel à un professeur parisien.

On commence par demander au docteur MAINGOT de pousser plus loin l’étude radiologique. « Un cliché est impressionné de profil, le côté gauche contre le récepteur. Il apprend que le foyer d'ombre anormal de la base gauche est adjacent à la paroi postérieure du thorax et déborde un peu en avant les corps vertébraux. Des coupes tomographiques sont faites de profil à 5, 8, 11 et 14 cm. de la paroi thoracique externe gauche. À 5 et 8 cm. l’image est à peu près la même. La tumeur est sessile, implantée sur la paroi postérieure du thorax sur une longueur d’au moins 10 em. Son opacité est presque homogène. À 11 cm., la plage anormale déborde encore de 2 cm. la partie antérieure des corps vertébraux, mais la surface d’implantation sur la paroi posté- rieure du thorax n’a plus que 6 cm. À 14 cm., elle déborde à peine le bord antérieur des corps vertébraux, mais n’a plus qu’une longueur d'implantation de 5 cm. »

On s'efforce de résoudre le problème de la nature de cette masse. Son contour arrondi et le bon état général de la malade font soupconner un kyste hydatique, mais la réaction de Weinberg est négative. Il ne reste plus guère que l’hypothèse d’une tumeur, qui selon toute vraisemblance doit être un sarcome. Dans ces conditions, il ne saurait être question d’une intervention chirurgicale et, comme aucune autre possibilité thérapeutique n’est envisagée, on se contente de prescrire des médications symptomatiques jusques et y comprise la morphine.

Les douleurs deviennent de plus en plus fréquentes, puis presque continuelles. Enfin, après le 20 mai 1940 où je la vis pour la première fois pour une rougeole pendant laquelle les douleurs avaient cessé, apparition d’une très forte crise douloureuse, qui nécessita l’emploi de la morphine, et installation définitive des douleurs avec une sensation de fatigue dans les jambes, mais cela de façon fugitive.

Le début du troisième acte se passe pendant l’exode en zone non occupée. Dans les premiers jours de juillet, la malade aurait fait, paraît-il, une pleurésie; les douleurs sont toujours aussi accentuées.

Le 27 juillet 1940, le matin au lever, les jambes lui semblent lourdes, difficiles à remuer; deux heures après, elles sont complètement paralysées. Le soir même, la sensibilité de la moitié inférieure du corps a disparu et le lendemain, la malade n ayant pas uriné depuis la veille, le sondage est nécessaire.

Le 2 août 1940, elle revient près de la zone occupée; appelé, je me rends près d’elle. Dans le désordre, peu de possibilité de

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