ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Siège. — D’après les observations que nous possédons les myxomes paraissent avoir une prédilection marquée pour le cœur gauche. C’est pourquoi nous négligerons l’opinion de Bodenheimer sur la facilité relative du diagnostic des tumeurs cardiaques basée sur ce fait que les néoplasies étant fréquentes à droite, que par contre les inffammations et les vices de conformation y étant rares, il y aura toute chance d’avoir à faire à une tumeur cardiaque lorsque l’on observera des modifications dans la circulation dépendant du cœur droit. |
Sur sept cas de myxomes que nous possédons et où la question anatomo-pathologie a été fort bien traitée, nous constatons en effet que la néoplasie siège six fois à gauche et une seule fois à droite (cas de Debove). Elle semble également manifester, quant à sa surface d’implantation, une préférence marquée pour les cavités auriculaires. Quatre fois nous la trouvons dans l'oreillette gauche, s’insérant, tantôt sur la paroi postérieure, tantôt près de la paroi gauche, tantôt au-dessus de la ligne d’insertion de la lame antérieure de la valvule bicuspide. Dans les
observations de Bamberger et de Curtis nous la voyons
sole
s’insérer sur la valvule mitrale, mais c'est toujours du côté de loreillette, c’est sur le plancher auriculaire. Dans le seul cas où la tumeur est droite, elle s’insère également sur la face supérieure de la valvule tricuspide.
Il ressort donc nettement que le myxome siège dans le cœur gauche dans la proportion de 85, 5 0/0.
Forme. — La forme de la tumeur est assez variable. Dans le cas de Curtis, elle se présente sous une forme demi-hémisphérique, s’enchassant pour ainsi dire dans la valvule mitrale où elle prenait son point d’insertion. Mais cette variété est plutôt rare. ;
Dans tous les autres cas, la néoplasie se présente sous la forme d’une tumeur pédiculée, le pédicule plus ou moins long, portant, à son extrémité libre la tumeur qui est pour ainsi dire flottante ce qui explique les mouvements animant le néoplasme. Le pédicule peut être unique ; dans le cas de Lorne, il en existait plusieurs. Quant à la tumeur elle-même, elle se. présente généralement comme composée de plusieurs cotylédons à surface couverte de granulations acineuses et rappelle exactement le dispositif d’une grappe de raisin. Les acini composant cette grappe présentent en général des dimensions variant d’un grain de lin à un pois ordinaire.
Dans son ensemble la grappe de raisin peut être conique, hémisphérique, ou légèrement aplatie dans un sens ou dans un autre. Dans ces derniers cas la forme de la tumeur paraît être due à la pression exercée sur ellepar les parois cardiaques (cas de Lorne) lors de leurs contractions.
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Volumé. — Le volume de la tumeur est encore plus variable que la forme. En général il varie de la grosseur d’une cerise à celle d’un œuf de pigeon.
Dans le cas de Bertheñson la tige de la néoplasie présentait deux centimètres de long et de large, un demicentimètre d'épaisseur. Quant à la tumeur elle-même ses dimensions dans la moyenne des cas, oscillent entre 6 à 8 centimètres de long sur 4 à 6 centimètres de large. Dans le cas de Bamberger où le néoplasme était sphérique, il présentait quatre centimètres de diamètre.
Couleur. — Comparée par Curtis à de la gelée de qroseille la tumeur présente une coloration rouge en qénéral, Tantôt cette coloration est uniformé, tantôt une partie de la tumeur pourra être d’un rouge foncé dans sa portion supérieure et d’un jaune pâle däns sa portion inférieure (cas de Berthenson).
Enfin la coloration foncée pourra ne se manifester que par quelques points ecchymotiques sur un fond demitransparent. Le pédicule est jénéralement blanc.
Consistance. — Molle, tremblotante, gélatineuse assez ferme dans le seul cas de Curtis.
Sürface. — Lisse, luisante dans le cas de Curtis; cependant dans la majorité des observations, d’un aspect villeux dû, comme dans le cas de Wirchow, à la présence de caillots qui peuvent s'étendre jusqu’à la pointe du cœur.
A la coupe, la tumeur présente une substance demitransparente, jaune pâle, de consistance gélatineusé,; avec des parties plus foncées. Dans son observation, Curtis signale, dans l’intérieur de la masse, des stries blanchä-
tres, raÿonnantes, qui partaient du centre de la base sous
forme de tronc et qui se ramifiaient d’une façon trés
élégante en s’amincissant de manière à disparaître avant
d'atteindre la superficie.
Modifications dans la constitution anatomique du
cœur.
Du côté du péricarde, on observa tantôt un certain degré d’épanchement (cas de Berthenson) tantôt la présence de fausses membranes recouvrant la surface du cœur ét le faisant adhérer au péricarde pariétal (cas de Robin).
Sauf dans le cas de Debove où son volume est normal, le cœur est généralement gros, nettement hypertrophié. L'hypertrophiezportera manifestement sur le cœur gauche, siège de la tumeur, L’oreillette gauche où s'implante la néoplasie est en général très dilatée. Autour de linsertion du pédicule, l’endocarde a subi quelques modifications ; tantôt il ne présentera que des flots tachetés d’un rouge foncé, tantôt l’endocarde sera épaissi, mduré et l’induration se propagera jusqu’à la valvule mitrale. Celle-ci ne présentera guère de modifications bien importantes, tout au plus les lames de ses valves ont été trouvées légèrement épaissies à l'insertion des piliers tendineux : dans le cas de A. Robin cependant elles étaient rigides, ce qui renduit la valvule légèrement imsuffisante. Mais dans le cas de Lorne elle était rendue nettement
insuffisante par la présence d’un myxome qui, suspendu