‹ Tumeurs solides du rein chez l'enfantChapitre 4 sur 9 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Anatomie pathologique. — Pâthogénie.

Le grand caractère des tumeurs du rein est d’être longtemps et presqu Indéfiniment unilatérales. Leur volume des plus variables est parfois énorme. Dickinson cite un cas où la tumeur atteignait le tiers du poids total de l’enfant. Hawkins celui d’un enfant de huit ans chez lequel la tumeur rénale pesait 3i livres ; Audain celui d’un enfant de dix mois chez lequel elle pesait dix livres ; Paul celui d’un enfant de huit mois chez lequel elle en atteignait six. Ces tumeurs n'ont pas été opérées.

Parmi celles traitées chirurgicalement nous relevons les cas de Heydenreieh, tumeur de 1470 grammes chez un enfant de cinq ans (obs. 94) ; de Dalle Ore (obs. 97), tumeur de 1600 grammes chez un enfant de 2 ans ; de Verhœff (obs. 4&), une tumeur de 2000 grammes chez un enfant de 2 ans et demi, le cas de Chipanlt, la tumeur pesait 3971 grammes alors que le poids total de l’opéré avant l’intervention n’était que de n.5oo grammes. Hartmann, Walsham ont également rapporté des cas de ces

tumeurs volumineuses. La plus volumineuse opérée est celle de Stone elle pesait 21 livres (obs. 110).

La forme de ces néoplasmes est arrondie ; le plus souvent lisse. La tumeur est généralement enkystée par la capsule propre du rein, épaissie et recouverte d’un réseau veineux.

Dans la grande majorité des cas, la tumeur occupe une des extrémités du rein ; le reste de la glande est alors sain. Les calices, le bassinet peuvent être envahis ; le néoplasme peut même envahir l’uretère

(Tuilier).

Etude microscopique .

Nous nous bornerons à rappeler, d’après M. le professeur Albarran, qui en a étudié l’histologie pathologique, que les néoplasies rénales sont les unes d’origine épithéliale et que les autres dérivent du mésoderme.

Au premier groupe se rattachent les adénomes et les carcinomes.

Le deuxième groupe comprend les sarcomes épars ou associés à des fibres musculaires lisses ou striées ou à des cellules cartilagineuses.

Dans certains cas la néoplasie présente mélangées

la prolifération conjonctive et épithéliale; ce sont les adéno-sarcomes.

A ces deux catégories nous ajouterons les lipomes, les fibromes, les myxomes, les angiomes, enfin deux classes mal connues, les rhabdomyomes et les endothéJiomes lymphatiques.

Pathogénie.

Nombreuses sont les théories mises en avant pour expliquer la pathogénie de ces néoplasmes ; mais la plus grosse partie conclut à un vice de développement, à une origine embryonnaire.

Conheim attribue la majeure partie des néoplasmes du rein chez reniant à un vice de développement embryonnaire. On a déjà remarqué dans F étude étiologique l’extrême jeunesse des sujets atteints de cancer du rein, et son existence signalée chez les fœtus.

L’anatomie pathologique enseigne que dans 200/0 des tumeurs du rein chez l’enfant, 011 trouve des fibres musculaires striées. Conheim en donne l'explication suivante : Leur présence est due aux rapports intimes qui existent dans la position des premiers rudiments des organes génito-urinaires avec les vertèbres primitives. Par suite d'une segmentation vicieuse de ces dernières, quelques-unes des cellules musculaires germinatives peuvent être englobées dans les cellules constituant les premiers rudiments des reins et ces cellules germinatives se développent ensuite dans le néoplasme pathologique, Grawitz a observé des petites masses de tissu de la capsule surrénale, englobées dans le rein ; il en attribue la présence à un arrêt de développement Ces petites masses en s’accroissant donneraient naissance à du tissu néoplasique. Ces raisons sont suffisantes pour expliquer l’opinion des auteurs qui

Simon

attribuent les néoplasmes du rein de l’enfant à une anomalie de développement du corps de Wolf.

Ce vice de développement est aussi admis par M. Imbert (de Montpellier) (Montpellier médical , 190a et Organes génito-urinaires 1901), qui dit : « Ces tumeurs, quelque soit f hypothèse pathogénique admise, résultent assurément de troubles dans le développement du rein définitif, est au point de vue de leur structure, la seule particularité qui les rapproche des tumeurs de l’adulte, lesquelles sont dues bien souvent, à des inclusions dans le rein de fragments de capsules surrénales.

Le Dr Muus ( Virchow' s arc h . 1899 et or g. gén . urinaires 1900, p. ys) rapporte six observations de ces tumeurs embryonnaires dont quatre chez des nourrissons. Ces tumeurs avaient le type de sarcomes à cellules rondes situées à côté de cellules fusiformes ou folysonales ; dans deux cas les tumeurs contenaient des fibres musculaires lisses et du tissu adipeux.

Page 1