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à mettre le nouvel état de choses en harmonie avec l'influx des lois physico-morales de la nature. La réforme de l'astronomie et du calendrier par les Jésuites a été envisagée comme analogue à la réforme cosmologique et calendrique de la dynastie Teheou. Aussi l'astrologie elle-même s’est-elle conformée aux règles nouvelles ?). Les astronomes formés à l’école des Jésuites ou de leurs élèves n'ont pas eu la même éducation que leurs prédécesseurs. Et comme l'astronomie est, en Chine, un service officiel, impérial, et non une science d'ordre privé, il est probable que l'interruption de la transmission orale a fait perdre la connaissance traditionnelle de la petite étoile T'ai yi, que les livres et les cartes mentionnent saus préciser exactement sa position.
Pour compléter cette étude, il nous reste à dire quelques mots des étoiles polaires de l’ère moderne.
Au début de la dynastie Tcheou, c'était, comme nous l'avons vu, B de la Petite ourse ïf Æ£ qui était considérée comme la po- Jaire; et actuellement c’est + de la Petite ourse, A quelle époque celle-ci a-t-elle été substituée à celle-là ?
Si nous considérons la fig. 28, nous voyons que c’est seulement vers le III siècle de notre ère que x s’est trouvée plus rapprochée du pôle que B. Or, comme nous l'avons vu, + était autrefois inférieure en éclat à 2. On n’imagine pas comment les Chinois, si conservateurs, auraient été amenés à substituer x à {3 à une époque ou la première ne possédait comme titre à la qualité de polaire, ni la plus grande proximité ni le plus grand éclat. Il est donc permis d'affirmer que, dans le chapitre Tien kouan du Che ki, l'étoile polaire dont il s’agit n’est pas x, notre étoile polaire actuelle, mais {.
1) Jai sous les yeux un almanach astrologique de l’année 1831 qui met en rapport
l’année astrologique avec l’ordre rétrograde (et réel) des signes: Z £ k : us] \':
Schlegel, il est vrai, l’assimile à x, mais sans en donner aucune raison; eb Chavannes dans sa traduction s’est conformé à cette identification 1).
Mais rien dans le texte de Sseu-ma Ts'ien (qui, d’ailleurs, est vraisemblablement la reproduction d’un document de l'époque des Teheou) n'indique la situation de cette étoile par rapport aux autres astérismes.
Le nom qui lui est donné dans le Che ki (XX Æb À) ne peut servir à la préciser, car, comme nous l’avons vu, les appellations du pôle sont interchangeables. Si l’on voulait en tirer une indication, elle serait plutôt favorable à & qu'à +; car, dans le chapitre ÆZong fan du Chou king, le Souverain, image terrestre de l'étoile polaire, est appelé 1 #%ÿ; dans l'ère moderne le nom uranographique de l'étoile polaire actuelle est k # K ïf que n’emploie pas Sseu-ma Ts'ien; et le nom uranographique resté à l’ancienne polaire des Tcheou est K fr AL
Sous les Jan, notre étoile polaire actuelle (x) se trouvant plus éloignée du pôle que B et d'éclat inférieur, ne pouvait être considérée comme polaire et ne portait certainement pas son nom im-
périal actuel. D'autre part B était alors fort éloignée du pôle ?).
1) M. H. TI, p. 339. — Chavannes ne semble pas, d’ailleurs, avoir pensé au problème de la révolution du pôle, car il dit que l'étoile Z'aîe du ciel « n’est autre que l'étoile polaire», sans spécifier laquelle.
2) On sait que le T'cheou pi, dans sa deuxième partie la moins ancienne, indique la manière d’orienter le méridien d’après les élongations de la polaire et, plus loin, dans la partie la moins ancienne qui date peut-être des ÆZan expose un procédé (d’ailleurs illusoire) pour mesurer la distance de l'étoile polaire en mesurant son élongation verticale. Edouard Biot, dans sa traduction de cet ouvrage (Journal asiatique), a calculé que les indications très vagues de cette mesure angulaire reporteraient la rédaction de ce chapitre au Il° siècle de notre ère, époque qui semble dit-il un peu tardive. Lui non plus ne s’est pas posé le problème du changement de l’étoile polaire et admet implicitement que cette étoile est z. En appliquant le calcul à 8 on ne trouverait d’ailleurs pas une époque beaucoup plus récente, car, comme nous l’avons vu, la distance polaire d’& et de f était la même au
]I° siècle.
Mais en dehors de ces deux grandes étoiles # et £ auxquelles fut successivement attribué le nom impérial, les Chinois n’ont-ils pas adopté, depuis deux mille ans, d’autres étoiles polaires, pour marquer plus exactement le pôle? On voit sur la fig. 18 qu'une petite étoile s’est trouvée fort près du pôle au début de notre ère; et qu'une autre petite étoile (4339 de la Girafe) a marqué presqu’exactement le pôle au temps de Charlemagne. Est-il vraisemblable que les Chinois, dont les astérismes comprennent fréquemment de si petites étoiles, n'aient pas tenu compte de la proximité polaire de ces astres? Pour s’en assurer il faut rechercher si ces deux petites étoiles polaires modernes portent des noms caractéristiques dans l’uranographie chinoise; et, si possible, compulser les plus anciennes cartes célestes pour noter l'étoile qui figure au centre du palais central.
La seule carte chinoise à ma disposition est celle du XIII° siècle reproduite par la fig. 30; elle nous renseigne à souhait, car nous y voyons que la circonférence du palais central a pour centre #]f A4 l'Étoile-pivot dont le nom est assez significatif pour se passer de commentaire.
Elle se trouve à l'extrémité d’une ligne coudée formée de cinq étoiles : Ge L ïf te. © 5 , SH /E. En outre, elle est elle-même entourée par une ligne brisée de quatre étoiles appelées collectivement MU] jf Les Quatre supports. Ces circonstances facilitent son identification.
Le T'ien yuan li li donne à plusieurs de ces cinq étoiles des noms
un peu différents: