‹ Tung pao. Toung pao (volume 2)Chapitre 24 sur 50 · TN CE D 0 RUN PT IT POI PO OP OPEN · texte numérisé non relu

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de son côté la photographie d’un vase de fleurs peint par Castiglione. J'ai signalé naguère que la 4° livraison du Zchong kouo ming houa tsi reproduisait un tigre peint par Castiglione 1). Depuis lors, la même revue a consacré son 63° fascicule hors série à une autre œuvre de Castiglione, un rouleau peint en 1744 et qui représente l’empereur K'ien-long à cheval examinant, au printemps, des chevaux en liberté *). Enfin le général Frey a fait récemment don au Musée Guimet d’un rouleau peint par Castiglione et qui représente des Qazag-Kirghiz offrant des chevaux à K'ien-long. Castiglione est jusqu'ici à peu près le seul des peintres européens ayant travaillé en Chine au XVIII® siècle et dont des œuvres exécutées en Chine

nous soient connues directement; elles mériterout une étude spéciale $).

1) Ibid. Cf. aussi Chavannes, dans T‘ouxg Pao, 1909, p. 527.

2) I y a là un magnifique example de cheval au «galop volant». On sait que M. Salomon Reïnach n’a pas trouvé dans la peinture européenne d’exemple de cheval au «galop volant» avant les toutes dernières années du XVIII° siècle (cf. Za représentation du galop, dans Rev. archéologique, 1900, t. 1, p. 31 du tirage à part). Le F. Castiglione est donc le premier peintre européen à avoir représenté le «galop volant», un demi-siècle plus tôt; il l’a certainement emprunté à l’art chinois. Peut-être en définitive l’art chinois fut-il pour quelque chose dans l’adoption de cette attitude par les peintres d'Europe. Ce rouleau de 1744, peint par Castiglione, n’est pas mentionné dans le Xowo tch'ao yuan Aoua lou.

3) Pour les peintres européens en Chine au XVII siècle, cf. B. Laufer, CAristian Art in China (dans les Mifteil. d. Semin. f. Orient. Sprachen, 13° année, 1910) et À Chinese Madonna (dans The Open Court de 1912), ainsi que mon article La peinture et la gravure européennes en Chine au temps de Mathieu Ricci (dans Z'‘oung Pao, II, xx [1920—1921), pp. 1—18). Dans ce dernier article, en parlant de la vogue de la peinture européenne en Chine au XVII° siècle, j'aurais dû citer un texte à vrai dire un peu postérieur (1703), mais qui se rattache au même mouvement, et où Kao Che-k‘i prête à un portraitiste européen la perfection de Kou K‘ai-tche (B.E.T.E.-0., XII, 1x, 96—97); ce portraitiste devait être soit le frère Belleville, soit plus probablement le modénois Gherardini. J'hésite

à faire état pour l'instant de la tradition relative à « Lon-li-min» dans J. de la Servière, Histoire de la mission du Kiang-nan, X, App. II, p. 6, parce que je ne vois pas bien pour l'instant à qui elle s’applique. J’ai dit que Castiglione était jusqu'ici «à peu près le seul» des peintres européens du XVIII° siècle dent nous connaissions des originaux exécutés en Chine. J'aurais dit «le seul» si je ne croyais pouvoir identifier une peinture originale du frère Joseph Panzi, arrivé en Chine en 1771, mort, dit-on, en 1812 (cf. sur lui H. Cordier, Giuseppe Panzi, tirage à part des Mélanges offorts à M. Emile Picot, Paris, 1913, in-8°, 15 pages; c’est d’après M. Cordier que j’indique l’arrivée de Panzi en Chine en 1771;

188 PAUL PELLIOT.

Dans son | EN Bé E &K Kouo tch'ao yuan houa lou ou

IListoire des peintures du Bureau {de la peinture] sous la dynastie régnante,

mais en tout cas il ne parvint à Pékin que le 12 janvier 1773, d’après les Zefrres édif, éd. du «Panthéon Littéraire», IV, 196; M. Cordier n’avait pas trouvé trace de Panzi après 1790; mais le P. de Rochemonteix, dans son livre sur Joseph Amiot, cite plusieurs lettres inédites de Panzi, dont une de 1795 [p. 450]; et c’est également au P. de Rochemonteix [p. 412] que j’emprunte la date incertaine de 1812 pour sa mort). Panzi avait envoyé à Bertin en 1789 un portrait du P. Amiot qui fut gravé une première fois par Helman et une seconde fois par un artiste inconnu (cf. Cordier, Giuseppe Panzi, p. 14, et T'oung Pao, 1913, p. 251). Or, dans les papiers de Bertin légués par M. Delessert à la Bibliothèque de l’Institut, il se trouve, à côté des deux gravures du portrait, une peinture non signée (cf. Bibl. Sinica?®, col. 1041) qui me paraît être manifestement l'original des deux gravures et serait par suite l’œuvre même de Panzi. Puisque je parle ici de Panzi, je signale que son nom chinois n’était pas mn he ES P‘an Jo-chô comme le dit M. Cordier (Les Conquétes, p. 3; T'‘oung Pao, 1916, 283), sans doute d’après le Cafalogus Patrum, mais «Pan-ting-tchang» (= Es 1 Hi P‘an T'‘ing-tchang?); cf. Lettres édif., éd. du «Panthéon Littéraire», IV, 199, 203, 204, 214). Il est enfin un autre groupe d'œuvres qui se trouvent en Europe et sur lesquelles on aimerait à avoir des informations plus précises. Feuillet de Conches (Les peintres européens en Chine, extr. de la Revue contemporaine de 1856, p. 38) en parle comme suit: «Les plus magnifiques miniatures chinoises que nous ayons vues sont à la bibliothèque du palais Barberini à Rome. Ce sont quinze ou vingt portraits en pied, représentant la famille impériale de la Chine, depuis l’empereur jusqu’au plus jeune de ses enfants. La tradition du palais Barberin est que ce manuscrit a été envoyé au page Urbain VIIT (1623—1644) par l’empereur lui-même, ce qui veut dire sans doute qu’il a été un hommage des missionnaires européens au souverain pontife. Quoi qu’il en soit, les figures qui, à l’exception d’une seule, sont en couleur, offrent une telle perfection de modelé, de couleur et de composition, une telle énergie d’individualité qu’il y a peu d'œuvres de nos Occidentaux de force à leur être comparées. L'une des dernières, presque entièrement à la mine de plomb, à peine efleurée de quelques teintes de couleur, représente une jeune fille, le corps entouré plusieurs fois d’une étoffe légère qui laisse discrètement transparaître les formes, comme dans les figures égyptiennes. L'enfant tient une fleur à la main. Il n’y a nulle exagération à dire que cette miniature, grande à force de simplicité et de force qui se cache, respire le sentiment des plus délicieuses peintures du Pérugin.» Feuillet de Conches a réimprimé tout ce passage dans ses Causeries d’un curieux, t. I1 [1862], p. 79, en changeant seulement les derniers mots; la miniature ne respire plus que «le sentiment des bonnes peintures du Pérugin». Ce texte laisse assez rêveur. Urbain VIII était un Barberini, mais des peintures de la famille impériale qui lui auraient été envoyées devraient représenter encore l’empereur des Ming Tch‘ong-tcheng et sa famille; un tel envoi est surprenant; l’examen des costumes permettrait d’ailleurs de décider sans peine s’il s’agit de Miug ou de Ts‘ing. D’autre part, je ne connais pas de dessins chinois anciens à la mine de plomb. Ces miniatures, qui excitaient à un tel point l’enthonsiasme de Feuillet de Conches, ne seraient-elles pas en définitive plus

tardives, et l’œuvre de quelque missionnaire européen ou de ses élèves ?

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