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rédigée en 18161), l'érudit #}j Æ% Hou King consacre plusieurs feuillets (ch. 1, ff. 14—18) à décrire les 56 peintures de Lang Che-ning (Castiglione) enregistrées dans les trois séries du Che k‘iu pao ki, c'est-à-dire du catalogue des peintures profanes des collections impériales *). Hou King considère surtout Castiglione comme un excellent peintre d'animaux et de fleurs, mais il reproduit également divers morceaux où K'ien-long parle de Castiglione et, dans l’un d'eux, l’empereur déclare que, «pour la peinture de portraits, nul n’est au-dessus de Lang Che-ning» (5 1 ME WA HH K). L'une des peintures décrites par Hou King, intitulée «Tableau de l'offrande de chevaux par les Qazaqg», en un rouleau, exécutée en
1757, doit être celle-là même que possède le Musée Guimet.
2° Denis Arrirer. Le frère jésuite Denis Attiret était né à Dôle en 1702; il arriva en Chine en 1738, fit partie de la mission jésuite
française de Pékin, et mourut à Pékin le 8 décembre 1768 à).
1) Sur cette œuvre, cf. Pelliot, À propos du « Keng tche tou», dans Mém. concernant l'Asie Orientale, X, T6.
2) Sur les diverses séries du Ce k‘iu pao ki et de l’inventaire parallèle des peintures religieuses ou Pi tien tehou lin, cf. Pelliot, À propos du « Keng tche t'ou», p. 76 (l’orthographe kiu au lieu de k‘ix y est une inadvertance). Les indications que j’ai données en 1913 sont à compléter aujourd’hui comme suit: 1° La première série du Pi ien tchou lin, en 24 ch., a été éditée photolithographiquement il y a quelques années par le Yeou-tchengchou-kiu de Changhai. 2° La première série du Che k‘iu pao ki, en 44 ch., a été éditée photolithographiquement par la Commercial Press de Changhaï en 191$. 3° La liste des titres de la troisième série du Ce k&‘iu pao ki (mais sans notices) a été éditée en 3 pen de petit format par M. Lo Tchen-yu en 1917. Dans la première et la troisième série du Che k'iu pao Hi, ou retrouve, dispersées au cours des divers chapitres, des indications sur nombre de peintures de Castiglione. Hou King note (ch. 2, f° 29 r°) qu’un portrait peint par Castiglione et qui est l’objet d’un poème inséré dans la 5° série des poésies de K‘ienlong, n’est pas porté aux inventaires du Che &‘iu pao ki; ce n’est sûrement pas la seule omission de cette nature.
3) Sur Attiret, cf. Cordier, Les Conquêtes, p. 3—5, cet surtout Georges Gazier, Un Artiste Comtois à la Cour de Chine au XVIIIe siècle: le Frère Attiret (1702—1768), dans Mém. de la Soc. d'Emulation du Doubs, 8° série, t. V1 [1911], p. 17—40. Pour la bibliographie d’Attiret, il faut combiner les indications de la Bibliothèque du P. Sommervogel (s.v. Amiot ef Attiret) avec celles de la Bibliotheca Sinica*, col. 1053, et celles de
190 PAUL PELLIOT.
Sur la vie d’Attiret et son activité artistique au Palais impérial, le meilleur document est une longue lettre du P. Amiot écrite à Pékin le 1 mars 1769 et adressée à un parent du frère Denis, «M. Attiret, sculpteur à Paris»; le destinataire remit cette lettre en 1775 à la Bibliothèque du Roi 1).
M. Cordier, conformément aux indications des Notices biographiques du P. Pfster et des deux éditions du Cataloqus Patrum, a dit que le nom chinois d’Attiret était PA fi JE, Pa Tô-ni; c’est là un nom que je n’ai rencontré nulle part. On a vu que le traducteur de l’édit de 1765 disait que le nom de «Vanchichim» mentionné dans cet
édit était celui d’Attiret. Un document parallèle de 1765, et dont
nous avons le texte chinois (il en sera question tout à l'heure), .
nous donne la forme chinoise réelle du nom dans l’édit impérial: c'est Æ 37 5% Wang Tche-tch'eng. Et en effet, alors que Hou King
ne nomme aucun peintre appelé Pa Tü-ni, il signale (ch. 2, f° 15 r°)
M. Gazier; chacune de ces sources donne des indications qu’on ne trouve pas dans les autres; aucune ne fait mention de la lettre d’Attiret publiée dans les Mém. géogr. phys. et hist. sur l'Asie, l’ Afrique et l’ Amérique (Yverdon, 1767), que signale M. Chapuis, La montre chinoise, p. 80. Parmi les documents importants qu’indique M. Gazier et que n’ont connus ni Sommervogel ni M. Cordier, il faut signaler surtout les Lettres inédites du frère Attiret publiées par Ch. Weiss dans Le Franc-Comtois de février-juin 1843.
1) La majeure partie de cette lettre a été publiée dès 1771 dans le Journal des Savants (juin 1771, p. 406—420). Une copie exécutée en 1821 d’après le mss. de la Bibliothèque Royale se trouve, selon M. Gazier, à la bibliothèque de Besançon. Le texte entier, conforme au mss. original remis en 1775 à la Bibliothèque du Roi, a été publié par le P. Terwecoren dans ses Précis historiques, année 1856, p. 437—453, 461—477, 485—500. Je n’ai pas réussi à retrouver à la Bibliothèque Nationale le manuscrit original d’Amiot. C’est certainement une copie de cet original (ou peut-être l’original lui-même s’il a disparu de la Bibliothèque?) qui était mise en vente dans le catalogue Luzarche de 1868, I, n° 1519 (cf. Bibl. Sinica*, col. 1053); ce catalogue parle à tort d’«une série de lettres» adressées par Amiot au parent d’Attiret; il n’y a qu’une très longue lettre du 1° mars 1769. La nouvelle de Ja mort d’Attiret parvint assez vite en France, car son frère aîné J. B. Attiret, peintre également et vivant à Dôle, la connaissait déjà, et depuis quelque temps à ce qu’il semble, le 26 octobre 1769 (Arch. Nat, 0:1911[5], n° 176). L’Attiret de Paris était un cousin, «statuaire à Paris et professeur en l’Académie de S‘ Luc» (lettre d’Attiret l’aîné du 13 mars 1771, 0:1912[27, n° 17). J’ignore pourquoi, en mourant, le frère Attiret avait
donné à Amiot l’adresse de son cousin plutôt que celle de son frère aîné.
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un album de dix coursiers peints par Wang Tche-tch'eng et qui est décrit dans la seconde série du Che k‘iu pao ki. Enfin, s'il restait un doute sur le nom chinois d’Attiret, son inscription funéraire le lèverait. Attiret fut enterré au cimetière «français» des environs de Pékin, bouleversé par les Boxeurs en 1900. Son inscription funéraire n'existe plus, mais elle a été relevée en 1869
par M5 Zéphyrin Guillemin, qui s'exprime ainsi: !)
«A quelque distance du tombeau du P. Parrenin se trouve celui
du Frère Attiret, avec l'inscription latine suivante:
DION YSIUS IN MISSIONE ATTIRET, ANN. XXX GALLUS, OBIIT PEKINI SOC. JESU. DIE VIII DECEMB.