‹ Tung pao. Toung pao (volume 2)Chapitre 26 sur 50 · VIXIT IN SOC. ANNO MDCCLVIIT ANNIS XXXIII AETATIS LXVI · texte numérisé non relu

VIXIT IN SOC. ANNO MDCCLVIIT ANNIS XXXIII AETATIS LXVI

...Dur le revers de la pierre se lit une autre inscription chinoise, ainsi Concue:

Monumentum D. Wouong tsi-ching erectum.

D. Wouong Tei-ching, Jesuita, Gallus, perfectionis amore, Patres Jesuitas, ad praedicandam fidem secutus est. Qui, cum annis 30 in aula Imperiali laborasset, 606 annos natus vita decessit.

Jpsius morte Imperatori annunciata, eodem die Imperator ex aerario publico pro eius sepultura misit 200 taëlia argenti, quae

quidem accepta sunt.»

1) La lettre de M® Guillemin, adressée à l’Union franc-comtoise, y a paru le 15 mars 1870; elle a été reproduite dans des Lettres de M9" Guillemin publiées à Rome en 1870 (ef. Bibl. Sinica?, col. 1131). Je n'ai eu accès à aucune de ces éditions. Mais M. l’abbé Launay, des Missions Etrangères, m'a aimablement communiqué un ouvrage Hommes et choses d’Extréme-Orient (1re Série), publié à Macao en 1919, in-8°, par Endore de Colomban (= abbé Gervaix), et où la lettre en question est à nouveau reproduite ; le passage se trouve

à la p. 284.

192 PAUL PELLIOT.

Il va sans dire que « Wouong Tsi-ching» est Wang Tche-tch‘eng, et il est donc bien certain que c’est là le nom sous lequel Attiret fut connu en Chine. Si le nom de Pa Tô-ni se trouve quelque part, il faudrait que ce fût là un premier nom qu’Attiret aurait reçu lors de son arrivée dans la mission de Chine, mais qu'il abandonna

par la suite. Mais je ne vois jusqu'ici rien qui vienne à l'appui

d’une telle solution.

80 Jonace SicHeLsarT. Le père jésuite Ignace Sichelbart ou Sickelpart était un Tchèque, né en 1708, arrivé en Chine en 1745, mort à Pékin en 17801). Son nom chinois était bien, comme l'indique l'édit de 1765, SE FX 2e Ngai K'i-mong. D'après Hou King (ch. 2, {° 24), Sichelbart (tout comme Castiglione) excellait surtout dans la peinture des animaux et des plantes. Huit de ses œuvres étaient décrites dans la deuxième série du Che k‘iu pao ki et une dans la troisième. L'une de ces œuvres représente un cheval «circassien» offert par le prince tourghout Cäbäk-Dorji lors du retour de sa tribu en Chine en 1771. Les autres sont également des

peintures d'animaux.

49 Jean Damascène. M. Cordier l’appelle le «frère» Jean Damascène et dit qu'il ne faut pas le confondre avec Jean Damascène, sacré le 20 septembre 1778, sans bulles, comme évêque de Pékin et mort en novembre 178172). Je crois au contraire qu'il s’agit d’un seul et même personnage.

En premier lieu, il n’y a aucune raison de supposer que le peintre Jean Damascène était seulement «frère» et non «père». Les signatures des estampes mettent devant le nom de Jean Damascène

tantôt K., tantôt P. F., tantôt P. J., tantôt même $.; il n’y a rien

1) Cf. Cordier, Les Conquêles, p. 5.

2) Cordier, Les Conquêétes, p. 3, 5.

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à en conclure de décisif. On se rappellera toutefois que le titre de «frère» s’employait pour des religieux qui étaient en réalité prêtres, et non «frères» au sens où nous l’entendons, et c’est ce que suggère ici le P. F.1) Quand il s’agit des simples frères comme Attiret ou Castiglione, les légendes des estampes ne mettent d’ailleurs aucune initiale devant leurs noms. Enfin et surtout, le traducteur de l’édit de 1765, qui vivait à Pékin même, distingue soigneusement les «frères» Castiglione et Attiret des «pères» Sichelbart et Jean Damascène. Le P. de Rochemonteix parle sans hésitation de notre peintre comme du «P. Damascène» ?).

Le Père Jean Damascène qui fut sacré évêque de Pékin en 1778 était un Augustin déchaussé, prêtre romain, de son nom de famille Salusti ou Sallusti, et dont le nom de religion complet était Jean Damascène de la Conception; missionnaire de la Propagande et établi à Pékin depuis de longues années, il savait mal le chinois *). Or les missionnaires de la Propagande, installés à Pékin au Si-t'ang, étaient fort peu nombreux. Longtemps, il n’y eut qu’un missionnaire de la Propagande à Pékin, le P. Sigismond, Augustin réformé; mais il reçut enfin du renfort. «On lui envoya du fond de l'Italie, écrit le P. Amiot en 1774, d’abord un peintre et un horloger, et ensuite un médecin, ou se disant tel. Le premier était Augustin déchaussé, le second petit Carme et le troisième Franciscain. Celui-ci n'ayant pas réussi dans la première cure dont on le chargea, fut mis à quartier presque en arrivant. Les deux autres, après avoir servi

environ dix ans, ont été renvoyés du palais parce qu'ils n'avaient

1) Le futur évêque Jean-Damascène est ainsi qualifié de «frater» dans un document romain de 1778 (de Rochemonteix, ./oseph Amiot, p. 498); et cependant il s’agit bien d’un prêtre.

2) Joseph Amiot, p. 151. De même, une lettre du P. Benoist du 4 novembre 1775, qui parle bien des «frères» Panzi, Attiret, Castiglione, nomme à côté d’eux le «père» Damascène, encore peintre au Palais à cette date (Lettres édifiantes, éd. du « Panthéon littéraire», IV, 197).

3) lbid., p. 281, 498—499.

194 PAUG PELLTIOMT

ni les manières, ni le ton propre du lieu. Outre ces trois religieux, il y en a uu quatrième, petit Carme encore, mais allemand de nation, et qui est proprement le seul des propagandistes qui ait acquis assez de connaissance et d'habitude de la langue chinoise, pour pouvoir faire avec quelques fruits les fonctions de missionnaire»!). Le carme allemand est le P. Joseph de Sainte-Thérèse, délégué par l’évêque de Nankin pour l'administration du diocèse de Pékin. L’horloger est le P. Archange. On ignore le nom du médecin. Quant au peintre, c’est naturellement le peintre Jean Damascène. On voit par la lettre d'Amiot qu'après avoir travaillé au Palais pendant dix ans, il était à nouveau au Si-t'ang, libre de tout emploi, en 1774; et d'autre part il ne savait autant dire pas le chinois malgré son long séjour à Pékin. Tout cela rendrait déjà bien vraisemblable l'identification du Jean Damascène peintre et de Jean Damascène Sallusti. Mais si on reprend les titres que porte le peintre Jean Damascène dans les légendes des estampes, on voit que le nom complet du peintre est Jean Damascène de la Conception, qu'il était Augustin déchaussé, Romain, missionnaire de la Propagande. Il me paraît clair dès lors qu’il n’y a plus à hésiter: c'est bien l’ancien peintre de K‘ien-long qui est devenu MS" Sallusti, évêque de Pékin, en 1778. MST Sallusti, qui ne fut pas heureux comme prélat, ne l'avait pas été non plus comme peintre. Quelles qu’aient été les raisons précises qui lui firent quitter le Palais après dix ans d'emploi, il n'avait pas assez de talent pour qu'on l’y pût regretter. Cochin parle du dessin d’une des premières planches «qui, étant du Père Damascène, était des moins bons» ?). L'édit de 1765 et le document chinois parallèle

auquel j'ai déjà fait allusion nous font connaître pour la première

fois le nom chinois du P. Jean Damascène, alias M8 Sallusti:

1) Zbid., p. 150—151.

2) Cf. Monval, Loc. laud., p. 1b4—155.

D du nn ue ou 2

c’est La ph & Ngan Tü-yi 1). Mais aucune peinture de Ngan Tü-yi n'est portée au Che Liu pao ki; Hou King l'ignore entièrement.

Sur les conditions dans lesquelles les dessins furent envoyés en France, il s’est produit quelques confusions qu’il paraît aisé et utile de dissiper. MM. Monval et Cordier ont dit que l’édit du 13 juillet 1765 prescrivait d'envoyer les dessins <en France». M. Monval écrit: «La Compagnie des Indes d'Angleterre fait tout son possible pour avoir la commande; mais le P. [sic] Attiret, grâce à son ascendant sur l’empereur et à l'autorité incontestable de son talent, procure cet avantage à la France» ?). En réalité, l’édit du 13 juillet 1765 prescrit d'envoyer les gravures «en Europe», mais ne nomme pas la France. D'autre part, au cours d’une conversation que le P. Michel Benoist eut en 1773 avec l’empereur K'‘ien-long, le Père dit que c'était le vice-roi de Canton qui avait choisi la France pour l'exécution des gravures; et comme l’empereur lui demandait: «N'est-ce pas vous autres qui d'ici avez indiqué votre royaume et avez écrit pour cela?», le P. Benoist lui répondait: «... Il est vray que ... les Europeanus d'ici ont fait des Memoires qui ont été envoyés en même temps que les premiers desseins: mais dans ces Memoires les Europeans avertissoient seulement le graveur quel qu'il fut de la conformité totalle que V. Mt souhaitoit qu'eussent ces planches avec les desseins envoyés, de la quantité d'Estampes

que Votre Majesté souhaitoit qu’on tirat et des autres circonstances

1) En réalité, bien qu’on ignoràt les caractères chinois qui l’écrivaient, le nom chinois du P. Damascène était déjà cité dans une lettre du P. Benoist du 4 novembre 1773, où le P. Benoist dit que «Ngan-tey (le père Damascène de la S. C)» est Italien (Lettres édif., éd. du « Panthéon littéraire», IV, 214). Puisque je complète et rectifie ici les noms chinois qu’un indique traditionnellement pour un certain nombre d’anciens missionnaires, j'ajouterai que les lettres du P. Benoist montrent encore (Lettres édif., IV, 219) que le nom chinois du P. Bourgeois n’est pas JÈ LS À Teh‘ao Tsi-ko, comme il est dit dans T'oung Pao, 1916, p. 274, à la suite du Catalogus Patrum, mais Tch‘ao Cheng-sieou.

2) Ibid, p. 149—150.

196 PAULPELLIOZT

que V. Mt avoit elle-même indiquées»). Il est donc certain que la décision d'envoyer les dessins en France plutôt qu’en tout autre pays d'Europe fut prise à Canton et non à Pékin; ni le frère Attiret ni l’empereur n’y sont pour rien ?). La vérité nous est révélée par - un mémoire de Bertin qu’a signalé M. Cordier. Les Anglais furent pressentis, mais le P. Louis Joseph Le Febvre, supérieur de la mission jésuite française de Chine et alors établi à Canton, «fit représenter au Vice-Roi par un mandarin de ses amis, protecteur déclaré des Français, que les arts étaient plus cultivés en France que dans aucun autre Etat de l’Europe, et que la gravure surtout, y était portée au plus haut point de perfection » ÿ).

Le P. Le Febvre voyait sans aucun doute dans l'exécution de ces gravures par la France un moyen de développer en Chine l'influence française, et par suite celle des missionnaires français établis à la Cour de Pékin. Mais les représentants de la Compagnie [française] des Indes à Canton montraient moius d'enthousiasme. C’est ce qui résulte d’une lettre du Conseil de la Direction de Canton adressée le 10 janvier 1767 aux Directeurs de la Compagnie à Paris et où on lit ce qui suit: «L’honneur d’avoir été choisis entre les

autres nations pour décorer Le Palais de Sa Majesté Impériale est

1) Cordier, Les Conquétes, p. 17.

2) En parlant des efforts de la Compagnie anglaise des Indes pour avoir la commande et de l'intervention du «P. Attiret», M. Monval s’est inspiré d’un des documents qui composent la pièce n° L de la liasse 011924(2). Mais ce document, dont il sera question plus loin, est un Mémoire établi dans les bureaux de Bertin à la fin de 1766 et qui rapporte tout cela comme un simple «on dit» de Paris; en outre, il y est question des « missionnaires qui sont à la Cour de Pékin» en général, mais c’est M. Monval qui, de son chef, a nommé Attiret.

3) Cordier, Les Conquétes, p. 5—6, et surtout La Chine en France au XVIIIe siècle (Paris, 1910, in-4°), p. 57—58, où le texte entier est donné. Toutefois ce mémoire de Bertin est sensiblement plus tardif; il fat sans doute écrit après la lettre de Parent du 18 avril 1776 dont il sera question tout à l’heure; et soit information fautive dès l’origine, soit imprécision de souvenirs après dix ans, il contient un certain nombre d’inexactitudes.

3ertin se trompe en croyant que l’ordre de K‘ien-long, qui est certainement l’édit du 13

juillet 1765, est postérieur à l'intervention du P. Le Febvre auprès du vice-roi de Canton.

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assurément très flateur, mais il nous expose à des embaras que nous eussions été plus aise d'éviter. La route étant faite, nous avons été obligés de la suivre. Nous tachons seulement de ne pas nous compromettre en ne determinant point de terme pour l'exécution où du moins en exigeant un terme si long qu’il ne soit pas possible de manquer à nos engagements» 1).

Le Conseil de Direction de la Compagnie à Canton exprimait ces appréhensions en 1767, à propos de l'envoi du second lot comprenant les 12 derniers dessins. Mais les arrangements entre les Chinois et la Compagnie des Indes avaient été conclus dès 1765, au reçu de l’édit impérial. Comme pour toute affaire commerciale avec les Européens, c’étaient les marchands hannistes qui avaient traité. Un heureux hasard nous a conservé le texte chinois de ce traité signé par les 10 marchands haunistes, ayant à leur tête %ff [F] D'é P'an T'ong-wen *). Bien que la traduction de ce document préparée par M. Courant ait déjà été publiée par M. Cordier en 1902 dans un travail sur Les marchands hanistes de Canton ?), elle est restée ignorée de M. Monval, M. Cordier ne s’est pas trouvé y faire allusion dans son article sur Les Conquêtes de l'Empereur de la Chine, et par suite M. Ishida ne l’a pas non plus utilisée. Je crois donc bon de la

reproduire ici, avec de très légères modifications:

g, en s'en-

gageant publiquement font une commande à MF | HE Kan-tche-li et à cl Dj PÉR Wou-kia-lang 4), chefs commerciaux pour le royaume de France,

P‘an T‘ong-wen et autres, marchands hannistes au Kouang-ton

1) Arch. Nat., 011924 (2), pièce n° 4.

2) Bibl. Nat., nouv. fonds chinois n° 5231. Le document porte une date d’enregistrement du 1* mai 1767.

3) T'‘oung Pao, IT, 111, 304—306.

4) La suite du texte montrera que Kan-tche-li devait repartir en France avec les vaisseaux, au Jieu que Wou-kia-lang restait à Canton. Des personnes mieux au courant que moi de l’histoire de la Compagnie des Indes pourraient certainement identifier ces personnages. Pour Wou-kia-lang, on serait tenté de songer à Vauquelin, qui fut nommé en 1776 consul à Canton lors de la création de ce poste; Vauquelin avait fait antérieure-

ment plusieurs voyages en Extrême-Orient, mais j'ignore s’il avait été à un moment à la

198 PAULIPET LEOT:

Nous avons reçu de LL. EE. le vice-roi et le surintendant des douanes communication d’un ordre impérial prescrivant de transinettre, pour les faire graver sur cuivre, quatre dessins représentant les Victoires obtenues dans les pays des Dzoungars et des tribus musulmanes 1). Avec bordereau ont été envoyés un feuillet, dessin original de EP TE 5 Lang Che-ning, ayant pour sujet «Le camp [enlevé] par ruse par Ngai-yu-che » ?) ; un feuillet, dessin original

de Æ 34 IX Wang Tche-tch‘eng, ayant pour sujet «[le combat d’| Krf Fi #h FŸ Aeultchou-eul»; un feuillet, dessin original de À EX Ze Neai

K‘i-mong, ayant pour sujet «Les habitants de l’Ili font leur soumission» $); un feuillet, dessin original de À fi & Ngan Tü-yi, ayant pour sujet «[le combat de] Ji FR Et K'‘ou-eul-man». En même temps ont été envoyés deux feuillets en caractères barbares du royaume d'Italie et deux feuillets en caractères barbares ayant cours dans tous les pays d'Occident 4). Ces diverses pièces sont parvenues à notre comptoir, avec l’ordre transmis par les autorités de traiter [cette affaire].

Maintenant nous remettons aux chefs Kan-tche-li et Wou-kia-lang l’ensemble des quatre dessins originaux et des quatre papiers en caractères barbares,

our que le tout soit porté par le vaisseau Po-ve 5) en votre pays et P q P P M pay

tête du Conseil de Direction de Canton (cf. Cordier, La France en Chine au XVIIIe siècle, p. Lxiv et passim, surtout p. 86; aussi T‘ourg Pao, II, 1x, 54). Pour Kan-tche-li, j'incline à penser qu’il s’agit de M. de La Gannerie, qui fut «chef du Conseil» de la Compagnie des Indes à Canton à l’époque indiquée (cf. T'‘oung Pao, 1917, p. 307).

1) ME DE Fa [rl FR ES È f LAS FE - Tel était donc le nom officiellement donné à la série des 16 planches dans l’édit du 13 juillet 1765 que le contrat des hannistes suit sûrement avec fidélité. La traduction de M. Courant («tribus musulmanes

de Dzoungarie»), quoique grammaticalement possible, est inexacte.

2) ge +Æ 5 2£ #%.. La traduction de M. Courant («camp de Ngai-yu-chi-tcha »)

n’est pas juste. Tous les noms d’auteurs et les titres des planches sont empruntés par les hannistes à l’édit du 13 juillet 1765, comme ou peut s’en convaincre en se reportant à la traduction française de cet édit reproduite plus haut. Ainsi, à défaut du texte chinois original de l’édit, nous en atteignons ce qui nous manquait le plus, c’est-à-dire la forme véritable des noms propres, grâce au contrat des marchands hannistes.

5) fH #1 À FR À PE.

4) Comme on pouvait le supposer et comme un document nous le confirmera bientôt, cette seconde formule désigne le latin. Les Chinois ne distinguaient naturellement pas entre une Jangue et son écriture; les caractères” italiens sont donc pour eux différents des caractères” latins.

5) Ce nom, qui ne donne pas de sens en chinois, doit être une transcription du nom du navire de la Compagnie des Indes. Qui connaîtrait la liste des voyages effectués à cette époque en Chine pour la Compagnie restituerait le nom sans peine. Phonétiquement, on pourrait songer au Berryer, mais ce navire paraît exclu par le fait qu'il se trouvait de

nouveau à Canton tout au début de 1767, comme on le verra plus loin.

comm sut 266 fit te Heu de St tt

NL At te sl de. np ed té os à à

qu’on prenne la peine de le remettre à la Compagnie (24 FE + kong-pan-yi). Celle-ci confiera les pièces aux Ministres d'Etat de votre pays et les chargera de faire graver quatre planches de cuivre avec une exactitude respectueuse, en se conformant aux règles et aux instructions contenues dans les documents en caractères barbares. La gravure étant achevée, pour chaque planche on tirera 200 exemplaires sur bon papier résistant, soit en tout 800 feuilles, qui avec les planches de cuivre, seront divisées [en deux lots] et chargées sur deux vaisseaux pour être rapportées: chaque vaisseau devra porter 2 planches de cuivre et 100 exemplaires de chaque gravure, soit en tout, 400 feuilles. Les quatre dessins originaux envoyés d'ici et les quatre documents en caractères barbares seront joints, et le tout exactement devra arriver au Kouang-tong environ dans la 33° année (1768) !) pour être remis aux autorités.

Maintenant on verse à l’avance 5.000 taëls d'argent £, + houa-pien ?) à titre d’arrhes. Si pour le prix du travail ce n’est pas suffisant, on complétera intégralement le prix lors de l’arrivée des planches de cuivre, S'il y a quelque accident de mer, le prix du travail et le fret seront portés au compte de notre comptoir.

Ce billet d'obligation est dressé en deux exemplaires semblables, l’un est remis au chef Kan-tche-li pour qu'il l'emporte dans son pays et s’y conforme; l’autre est remis au chef Wou-kia-lang résidant à Canton pour qu'il le conserve comme preuve. Des deux parts, il n’y aura pas de négligence.

Ceci est une affaire importante transmise par les autorités pour être traitée ; il faut que la gravure soit très fine et conforme au modèle. Aussitôt [le travail | fait, qu’on renvoie le tout dans les délais; le plus tôt sera le mieux.

Ce billet d'obligation est remis à MM. les chefs Kan-tche-li et Wou-kia-lang. :

La 30° année de K‘ien-long (1765), ... mois, ... jour. Ÿ)

[Suivent les signatures des dix marchands hannistes, P‘an T'ong-wen

el autres.]

Il me paraît clair que le document conservé à la Bibliothèque

Nationale est l’exemplaire du contrat apporté en France par «Kan-

1) La date de 1769 indiquée dans la traduction de M. Courant est un Zapsus. 2) Houa-pien signifie mot-à-mot ,à bord fleuri”, ,à bord orné”; M. Courant a donné

en note l’explication du dictionnaire de Wells Williams, où l’expression est rendue par

,a milled dollar”, ,un dollar à cordon”. Le dictionnaire de M. Giles indique (s. ». FE) FE + houa-pien, ,flowery border, — a dollar”, et (s.. 5) Âk je houa-pien, ,a flowered border; the milled edge of a coin”. Les dollars actuels n’existaient pas en 1765; mais les Européens tenaient à Canton leurs comptes en piastres. Il semble donc que les hannistes aient versé les 5000 taéls non pas en lingots d'argent, mais en piastres d'argent ; il doit s’agir de la piastre espagnole, 3) Le mois et le jour ne sont pas indiqués.

200 PPPAULIMPELLIOL

tche-li». Les deux feuillets en italien et les deux feuillets en latin représentaient évidemment l’un le texte italien et latin de la traduction de l’édit du 13 juillet, l’autre le texte latin et italien de la note annexe de Castiglione. La traduction française de ces documents que j'ai reproduite plus haut est sûrement l’œuvre des agents de la Compagnie des Indes. Que la traduction primitive de l'édit soit dûe à Castiglione ou à son entourage, c’est ce que nous confirme par ailleurs l'orthographe conservée pour les noms propres dans la traduction française: cette orthographe est eu effet l'orthographe portugaise, courante chez les Jésuites portugais de Pékin auxquels Castiglione était rattaché, au lieu qu’un traducteur de la mission jésuite française aurait employé l'orthographe française de Gaubil et d’'Amiot; Attiret est donc décidément hors de cause. En outre, le double emploi de l'italien et du latin par Castiglione montre bien qu'il ne savait à quel pays irait la commande; il voulait seulement, à tout hasard, que l'édit et sa note fussent compris partout. Quant à ce qu'il est advenu de ces notes originales en italien et en latin, une lettre de Parent, écrite en 1776, prouve qu'il les vit lors de l'arrivée des quatre premiers dessins en France !). Si nous ne les retrouvons pas, c’est sans doute que, conformément | au contrat avec les hannistes, elles furent renvoyées en Chine avec les gravures.

Expédiés en France (sur le «Po-ye»?) au début de 1766 ?), les quatre premiers dessins y arrivèrent dans l’automne de 1766. Le contrat avec les hannistes spécifiait que la Compagnie des Indes remettrait les dessins &aux Ministres d'Etat» pour les faire graver; mais rien ne prouve que <Kan-tche-li» ait apporté avec lui une

traduction complète du contrat; en tout cas on ne trouve pas trace

1) Cf. Cordier, Les Conquêtes, p. 1.

2) En annonçant le second envoi en 1767, le Conseil de Direction de Canton parle du premier comme effectué l’année dernière”; les vaisseaux n’avaient done dû quitter Canton qu’au début de 1766.

44 FPE”

d’une telle traduction, et il n’est même fait aucune allusion au contrat dans le dossier des Archives Nationales. Que contenaient par ailleurs les rapports écrits de « Wou-kia-lang», ceux écrits ou oraux de <Kan-tche-li»? Nous l'iguorons, car ces rapports n'ont pas été signalés jusqu'ici; on sait que les archives de la Compagnie des Indes ont en majeure partie disparu à la Révolution. Mais le fait certain est que la Compagnie possédait la note de Castiglione, adressée, selon la version française, «au très illustre Président de l'Académie de Peinture», sans que ce titre visât dans l'espèce une académie spéciale d’un pays déterminé!). Les directeurs de la Compagnie des Indes ne tinrent d’abord nul compte de cette note et se préoccupèrent de trouver eux-mêmes des graveurs. Mais Parent, premier commis du ministre Bertin de qui dépendait la Compagnie des Indes, se trouva voir chez les Directeurs de la Compagnie la note de Castiglione, et fit alors observer à ces messieurs que l'exécution de la commande ne les concernait pas et que «l’Empereur de la Chine avoit entendu d’en charger le Ministre des Arts,

c’est-à-dire le Directeur Général des Bâtiments du Roy». Parent

1) M. Monval (Les Conquêtes de la Chine, p. 150) et M. Cordier (Za Chine en France au XVIIIe siècle, p. 55; Les Conquéles, p. 6), disent que la note de Castiglione était adressée au ,, Directeur des Arts”; je ne trouve cette indication que dans la notice jointe à la suite réduite de Helman (cf. Cordier, La Trance en Chine au XVIIIe siècle, p. 16), et elle doit être inexacte. Parent, qui vit la note de Castiglione en , françois, latin et italien”, dit qu’elle portait l'adresse de M. le Président des Beaux-Arts” (Cordier, Les Conquéles, p. 7), et nous ne pouvons y contredire absolument, puisque nous ne connaissons que la version française de la note; mais Parent écrit en 1776, et ses souvenirs, après dix ans, peuvent avoir manqué ici de précision. Le mémoire de Bertin dont il a été déjà question dit (Cordier, La Chine en France, p. 58) que la lettre d’envoi de Castiglione, en latin, en italien et en français, ,étoit adressée au /rès illustre Président des Arts (il n’étoit pas qualifié du titre de Président de l’Académie)”. Au moins en ce qui concerne la version française de la lettre de Castiglione, la seule qui nous soit connue, l’aflirmation de Bertin est absolument erronée. Il ne semble pas qu’on doive accorder plus de créance à un mémoire de 1775 émanant des bureaux du comte d’Angiviller (on trouvera ce document plus loin) et où il est dit que la lettre de Castiglione était adressée au Président de la sculpture en France”; la France n’était

sûrement pas nommée dans la lettre de Castiglione.

202 PAUL PELLIOT.

prévint alors son chef Bertin, et celui-ci parla à son tour au Directeur général des Bâtiments du roi et Directeur de l’Académie royale de peinture, le marquis de Marigny, «qui prit les ordres du Roy et retira les desseins» ?).

C'est le 17 décembre 1766 que, conformément à l'avis de Parent, les directeurs de la Compagnie des Indes se décidèrent à saisir M. de Marigny par la lettre suivante dont une copie se trouve aux Archives Nationales: ?)

Copie d’une Lettre de M“ Les Sindics et Directeurs de la Compagnie des

indes a M. Le Marquis de Marigny du 17 X°* 1766. Monsieur

Le nommé Lankeikoua) marchand Chinois a remis aux préposés de la Compagnie à Canton quatre desseins représentant les victoires de L'Empereur de la Chine Sur les tartares manchoux, il a demandé, au nom des grands mandarins de la Ville, que ces desseins fussent apportés en france pour y être gravés par les meilleurs artistes conformement au Décret de l'empereur, dont il a remis en même [sic] deux traductions L’une en latin et l’autre en Italien. Les traductions de ce décret ainsy que les desseins, avoient été envoyés de Pekin par le P. Castiglione, Jesuite, qui avoit reçu les ordres de l'Empereur à cet égard. Ces divers [sic] Pièces sont accompagnées d'une Lettre de ce Père adressée au Président de l’Académie de Peinture, dans laquelle il lui recommande la perfection de L'ouvrage, en meme tems qu’il en exprime les Conditions; nous avons pensé, Monsieur, que la direction d’un travail dont le succes interresse l'honneur des artistes françois ne pouvoit regarder que vous, nous avons l’honneur de vous adresser en conséquence une traduction tant du Décret de PEm-

pereur, que de la lettre du P. Castiglione et nous vous observons qu'il serait

1) Lettre de Parent à Bertin, écrite de Séville, 18 avril 1776 (Cordier, Les Conguêtes, p: 1):

2) 011924 (2), pièce n° 1.

3) Lire ,Pankeikoua”, que donne d’ailleurs le document de 1775 émanant du comte d’Angiviller, C’est là une transcription de a RS E P'an K‘iskouan, nom qui est resté jusqu’au milieu du XIX° siècle celui d'une des maisons hannistes de Canton; cf. T'‘oung Pao, I, 11, 307—810; Cordier, La france en Chine, p. 61, 62; H. B. Morse, The gilds of China, Londres, 1909, in:8°, p. 69 (dans Z'‘oung Pao, II, 11, p. 310, ,,P‘an Kou-kouan”* est une transcription inexacte, et on ne voit pas pourquoi le nom est répété deux fois dans la liste). Le ,, Pankeikoua” ici visé n'est autre que P'‘an T'ong-wen, le premier signataire du contrat de 1765. Peut-être est-ce le nom de ,,Pan-kei-koa”” qui est altéré en ; T'an-an-koa” dans une copie d’un document de 1770 reproduite par Cordier, La France en Chine, p. 4.

Fa j EC 2 Le

à souhaiter, pour remplir les intentions de l’empereur, que ce travail fût fini au mois de 9" prochain, afin de profiter des vaisseaux que la compagnie expediera alors pour la Chine.

La Compagnie payera ce qu’il en pourra coûter pour l’Exécution de cet ouvrage, et nous nous empresserons, Monsieur, de vous remettre les quatre desseins, ainsy que les autres Pièces originales dont nous venons de vous faire le détail, aussitôt que vous aurez bien voulu nous en indiquer le moment.

Nous sommes avec Respect, etc.

Signé: Brisson, Du Vandier, Marion, Belin (?), Sancé (?) [,] de Lessart, Le Moyne et De Mery Darcy.

Cette copie de la lettre des directeurs de la Compagnie des Indes est accompagnée de la copie d’un Mémoire, évidemment établi dans

les bureaux de Bertin, et dont voici le texte:

L'Empereur Kien-long, actuellement regnant en Chine vient de Rendre hommage à l’Industrie françoise, en faisant charger les préposés de la Compagnie des indes à Canton de faire graver en france quatre grands desseins representant des victoires qu’il a remportées sur des Rebelles attachés à la derniere dinastie chinoise; ces quatre desseins sont actuellement à Paris entre les mains des Sindics et Directeurs de la Compagnie des Indes.

L'Empereur demande que les quatre Planches gravées sur cuivre lui soient envoyées, avec 200. épreuves de chaque Planche; pour fournir à la dépense, il a fait delivrer aux préposés de la Compagnie, une somme de Seize mille Taëls (N° Le Taël vant 7£10$ ce qui fait une somme de 112.800£). Ce Prince demande encore que les quatre Desseins originaux luy soient renvoyés avec les Planches et les Epreuves. on dit que la Compagnie des Indes d’angleterre, ou ses employés à la Chine ont fait tout leur possible pour avoir la Préférence de Cette Commission, sentant bien toute lutilité que l’angleterre en auroit pü retirer, mais que les missionnaires qui sont à la Cour de Pekin ont procuré cet avantage à la france.

on Croiroit à propos d'exécuter en petit ces quatre desseins sur des grands vases de Belle forme de la Manufacture Royale de Séve [sic], un tel présent seroit sans doute fort estimé de l’empereur de la Chine, mais ce qui lui feroit le plus de plaisir, ce seroit de voir ces mêmes desseins exécutés en tapisseries

à la Manufacture Roïale des Gobelins, ou au moins à celle de Beauvais...)

Ce Mémoire est lui-même suivi de la copie d’une lettre de Bertin au marquis de Marigny, en date du 27 décembre 1766. Elle est ainsi Conçue:

1) La suite du Mémoire énumère les avantages commerciaux, politiques et religieux à retirer de l’exécution de la commande.

204 PAUL PELLIOT.

Le Memoire, Monsieur, que j'ai l'honneur de vous adresser ayant été remis au Roy, S. M. sur le compte qu’elle m’a chargé de luy en rendre, m’a donné ses ordres pour ce qui concerne la manufacture de Sévres: elle m’a commandé aussi de vous faire part de ce memoire, en vous prévenant de Sa Part qu’elle désire que -vous preniez ses ordres sur les demandes que contient ce mémoire relatives à votre administration, après néantmoins que vous vous serez procuré à la Compagnie des Indes tous les ecclaircissemens qui peuvent vous êtres nécessaires pour les objets qui vous regardent, et que présente entr'autres une Lettre qui a dû vous parvenir par la voïe de la Compagnie des Indes à votre adresse comme Directeur Général des Batimens du Roy et manufactures.

Je vous renouvelle, etc. Signé: Bertin.

Je ne crois pas que l’idée de faire reproduire les quatre dessins en tapisserie par les manufactures des Gobelins ou de Beauvais ait eu aucune suite. En ce qui concerne la manufacture de Sèvres, la lettre de Bertin semble indiquer que des ordres avaient été au moins donnés. L'administrateur de la manufacture de Sèvres me fait savoir, par lettre du 17 novembre 1920, qu’on ne trouve rien à ce sujet dans ses archives, mais ajoute que ces archives «sont assez pauvres de renseignements sur les productions artistiques de la Manufacture au XVIII siècle» 1).

Grâce à Bertin, les quatre dessins furent donc remis à M. de Marigny, non pas en tant que Directeur de l’Académie royale de peinture, mais comme Directeur Général des Bâtiments du Roi et

Manufactures ?); cette remise aurait été effectuée le 31 décembre 1766 par M. de Méry d’Arcy à).

1) L’administrateur me fait savoir par ailleurs qu’on possède encore au Musée Céramique de la Manufacture, sous le nom d’, Empereur de la Chine”, la maquette originale par Le Riche (1775) d’une statuette en pied de K'ien-long, et que c’est même un des modèles dont on continue la fabrication. Un exemplaire de cette statuette fut envoyé à la Cour de Pékin, ainsi qu’un portrait de K‘ien-long ,peint sur porcelaine de France”, d’après une lettre de Bertin à Panzi en date du 16 novembre 1781 (Cordier, Giuseppe Panzi, p. 9; La Chine en France au XVIIIe siècle, p. 83).

- 2) C’est ce qui résulte de la fin de la lettre de Bertin du 27 décembre 1766 qu’on a lue plus haut et des termes employés dans les soumissions des graveurs qui exécutèrent les planches. Et c’est aussi sans doute ce que veut dire Bertin quand, dans son Mémoire

plus tardif, il déclare que la lettre de Castiglione était adressée au Président des Arts et

tons. ds. sh +.

A cette même date du 31 décembre 1766, Bertin parlait avec enthousiasme des quatre dessins <magnifiques» arrivés de Chine. «Ces dessins lavés à l'encre de la Chiue sont, disait-il, de la plus grande beauté; on y distingue entr'autres ceux qui sont de la main du P. [sic] Castiglione et du F. Attiret» 1). Il est vrai que Bertin ajoutait en note: <Je ne les ai pas encore vû, mais M. Poivre *) et autres personnes les trouvent tels». Mais l'admiration ne semble pas avoir été aussi grande dans le monde des artistes. En particulier, quand il s'agit de graver le dessin du P. Jean Damascène, Cochin

estima nécessaire de le retoucher au préalable à tel point que le

ajoute expressément (à tort) qu'il n’y était pas qualifié du titre de ,, Président de l’Académie”. Il wy a pas à s’arrêter à l'indication en apparence contraire de la notice de Helman (cf. Cordier, La France en Chine, p. 16). Il semble d’ailleurs qu'il se soit produit à la fin de 1766 certaines contestations ou rivalités au sujet de ces dessins, et ce n’est peut-être pas seulement aux premières démarches des Directeurs de la Compagnie des Indes pour choisir eux-mêmes des graveurs que Bertin faisait allusion quand il écrivait au Marquis de Marigny le 18 mai 1771: ,Vous vous rappelez, Monsieur, le danger que coururent les dessins des Batailles que l'Empereur de la Chine en France il y a quatre ans... lorsque j'en donnai l'éveil afin qu’elles vous fussent remises pour être gravées sous vos ordres...” (Cordier, La Chine en France, p. 59; Les Conquétes, p. 16). Cette lettre est citée avec cette date du 18 mai 1771 par M. Cordier d’après la copie qui s’en trouve dans les papiers de Bertin légués par M. Delessert à l’Institut; mais cette même lettre existe aux Archives Nationales (0:1924[2], pièces 54, 55, 56) et y est datée de la fin may 1771”.

3) CF. Cordier, Les Conquétes, p. 7. Cette date est vraisemblable, mais elle n’est donnée à ma connaissance que par Helman, dans la notice jointe à sa rédaction des seize estampes (cf. Cordier, La France en Chine au XVIIIe siècle, p. 16); cette notice renferme plusieurs inexactitudes, et ne saurait faire foi à elle seule.

1) Zbid., p. 8. .

2) Les dessins doivent être arrivés par Lorient, et Pierre Poivre se trouvait dans ce port, en instance de départ pour lIle de France (Maurice), le 7 janvier 1767 (cf. T'oung Pao, 1914, p. 309). Mais il semble qu'il ne faisait alors qu'y parvenir, et je crois plus probable qu’il ait vu les dessins à Paris. En tout cas, la correspondance conservée de Poivre avec Bertin ne contient rien sur les dessins qui soit antérieur à la présente lettre de Bertin. Quelques jours plus tard, le 12 janvier 1767, et toujours de Lorient, Poivre écrivait à Bertin: ,Vos observations au sujet des quatre desseins de Bataille de l'Empereur seront certainement gouttées des Missionnaires de Pékin et je ne doute pas que ces Mrs. ne fassent leurs efforts pour les faire également goûter à l’empereur” (Z‘oung Pao, 1914, p. 312); mais nous ignorons en quoi consistaient ces »0bservations”? de Bertin.

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