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M. Cochin. Et, effectivement, les François, sans attendre ma réponse, s’y étoient adressés; c'est ce qui fit que le tribunal des ministres nous appela, le père Amiot et moi, pour traduire les dépêches arrivées de Canton. La réponse de l’empereur fut qu'on imprimât deux cents exemplaires de chacune de ces gravures et qu'a mesure qu’elles seroient imprimées, on les envoyät promptement ici avec les planches; qu’il n'étoit pas besoin d'envoyer d'Europe ni du papier, ni les incrédients dont est composé le %ernis; et ordre à nous de traduire en notre langue ces intentions de l’empereur,
Cette réponse de l’empereur, avec la traduction que nous avions faite, détaillée suivant ce qu’on nous avoit dit dans le tribunal des ministres, partirent aussitôt pour Canton par un courrier extraordinaire qui arriva en douze jours à Canton. Deux ans après, c’est-à-dire au commencement de décembre 4772, arrivèrent ici sept de ces planches, avec le nombre d’estampes demandé par Sa Majesté qui, les ayant vues et en ayant été très satisfaite, ordonna de tirer ici des épreuves de ces sept planches. Sur-le-champ on m’envoya signifier de la part de Sa Majesté de me rendre au palais pour y consulter sur les moyens qu’il convenoit de prendre pour tàcher de réussir dans un ouvrage si délicat et si difficile. L'impression des cartes avoit eu un heureux succès; mais le burin de cet ouvrage étoit bien grossier en comparaison de la délicatesse du burin des sept planches qu’avoit dirigé un artiste aussi habile que M. Cochin. Pour pouvoir espérer de réussir, il falloit prendre bien d’autres précautions que celles qu’on avoit prises pour imprimer les cartes. Je fis là-dessus un mémoire dans lequel j'exposois les difficultés qu'il y avoit d'imprimer des gravures aussi délicates que le sont celles des victoires; les précautions qu’il falloit y apporter ; qu’autrement on s’exposeroit à les gâter et à les rendre inutiles; que la rigueur du froid qu’il faisoit empêchoit qu’on püt actuellement mettre la main à l'œuvre, qu'il falloit attendre que les froids fussent radoucis; qu’en attendant on prépareroit la nouvelle presse et les autres choses qui devoient être employées. Dès que ce mémoire fut fini, les mandarins le firent sur-le-champ parvenir à
Sa Majesté, qui consentit que tout ce qui y étoit contenu fût exécuté...
Cette lettre du P. Benoist doit faire foi. Puisqu'à la fin de 1770, l'Empereur a demandé qu'on tire 200 exemplaires de chaque planche, et qu’en décembre 1772 on a reçu à Pékin sept planches avec, pour chacune, «le nombre d’estampes demandé par Sa Majesté», il est bien évident qu'on avait envoyé d'Europe 200 exemplaires de chaeune de ces sept planches, et a priori on peut être certain qu'il en fut de même pour celles qui suivirent. Helman s'est donc trompé
et a induit en erreur ceux qui ont parlé depuis lors de ces estampes