PAU PIE COUT
quand il a dit qu’on n'avait tiré en France que -cent exemplaires de chacune des planches.
Quant aux nouvelles épreuves des sept planches que l’empereur demandait au P. Benoist de tirer à Péking, elles furent tirées au printemps de 1773. C’est ce qui résulte de la lettre du P. Benoist à Bertin en date du 16 novembre 1773:1)
... Sa Majesté a été si contente des estampes des Victoires qu’elle a déjà reçues, que dès que les sept planches des Victoires que nos vaisseaux apportèrent l’année dernière furent arrivées à Pe King, elle ordonna qu'on en tirât des épreuves qui lui ont été présentées au mois de juin avant son départ pour la Tartarie; quoiqu'à la vérité ces épreuves ne puissent pas entrer en ligne de compte avec celles qui ont été tirées en France, néanmoins au jugement de tous les Européans qui les ont vues, elles ont réussi beaucoup au delà de ce qu'on s’y étoit attendu.
Comme le P. Benoist est mort le 23 octobre 1774, il ne put pas voir l’arrivée du dernier lot d’estampes à Pékin et si, comme il est pratiquement certain, l’empereur fit aussi tirer de nouvelles
épreuves de celles-ci, ce n’est pas lui qui y procéda. ?)
1) Cordier, Les Conquêtes, p. 18; T‘oung Puo, 1917, p. 341.
2) M. Cordier a dit (Za Chine en France au XVIIIe siècle, p. 56): «Ces belles planches, retouchées à diverses reprises par les Chinois ont fourni à Pe-King des tirages plus curieux qu’artistiques». Je n’ai connaissance de rien de pareil, et je soupçonne qu’il s’est produit ici une confusion entre les seize estampes gravées en France et les séries gravées en Chine dont il va être question maintenant. Nous sommes mal renseignés sur les conditions dans lesquelles se firent les impressions après la mort du P. Benoist. On a vu que, d’après la lettre au P. du Gad de fin 1773, on avait dû, pendant l'hiver de 1772—1773, préparer «la nouvelle presse» pour l'impression des sept premières planches arrivées à Pékin. En 1773, la Compagnie de Jésus fut supprimée; cétte suppression fut notifiée officiellement aux Jésuites de Pékin le 15 novembre 1775. Les Lazaristes français reçurent après quelques années la charge de continuer l’œuvre des jésuites de Pékin; ils arrivèrent à Pékin en avril 1785. Parmi eux se trouvait le frère Joseph Paris, « horloger, mécanicien et tourneur» (de Rochemonteix, Joseph Amiot, p. 393—394; ce frère est appelé à tort Charles Paris dans T‘oung Pao, 1916, p. 598, peut-être à la suite de M" Favier, Péking, p. 223). Et le 13 novembre 1786, le P. Bourgeoïs écrivait à Bertin: « L’imprimerie était chez M. Ventavon; il s’est fait un plaisir de la remettre au frère Joseph. Elle est telle qu’elle est venue ici. Les caractères qu’on croyait perdus, se sont trouvés dans des enveloppes de papier. Il ne manque que la presse. Personne ici n’est en état de
la faire surtout la vis, mais le frère Joseph l’a entrepris; et comme il a beaucoup de talent,
Rubis
L'ÉNRPIE PeRr n:,