ROCHER
Exportation. — La province peut exporter de 15 à 20 millions de francs d’étain provenant des mines de Ko-XKïeou (14 #È ), situées à 20 kilomètres de Mong-Tze; de l’opium pour égale somme, du plomb, du zinc, du tabac en feuilles, du muse pour une somme importante, des médecines chinoises de qualité supérieure et très estimées sur les marchés, du thé de Pou-Eurl, des bêtes à cornes de belle venue, de l’indigo, du blé, du maïs, du miel et une foule d’autres produits du sol dont les habitants ont négligé la production, vu le manque de voies de communication. L'ouverture du fleuve Rouge leur assure un débouché certain.
Navigabilité du fleuve Rouge. — L'arrivée à Lao-Kai du vapeur des messageries fluviales nous avait fait espérer qu’un service régulier serait prochainement établi. En attendant qu'un nouveau type de bateau, mieux approprié au service du fleuve, soit construit, les moyens de transport de la capitale du Tonkin à la frontière sont assurés par des jonques indigènes.
Le fleuve est navigable sur tout son parcours, même aux plus basses eaux, pour des jonques calant de 65 à 75 centimètres et portant de 150 à 200 piculs !).
De Hanoï à Lao-Kai. — De Hanoï à Lao-Kai, terminus de la navigation en jonque annamite, la durée moyenne du voyage, en toute saison, est de 15 à 25 jours.
De Lao-Kai à Man-Hao, le fleuve est généralement plus encaissé et obstrué dans quelques passages par des rapides formés de galets roulés par les torrents. Les jonques annamites, aménagées pour cela, pourraient s'engager librement dans la haute partie du fleuve, au moins jusqu'à Long-Po. A partir de ce point, la navigation, plus difficile, demande de bons pilotes et des équipages expérimentés; d'autre part, comme il est d'usage de laisser cette partie du trafic
aux riverains chinois, les marchandises venant d'Hanoï sont trans-
1) On compte 16 piculs et demi à la tonne.
bordées à Lao-Kai sur des barques spéciales dites du Yun-Nan. Ces bateaux, qui ne sont autres que de grandes pirogues ayant une toiture en nattes en demi-cerele, sont construits en bois dur; ils sont larges et pointus aux deux bouts; leur fond est plat; ils portent de 150 à 200 piculs de marchandises, sont flexibles et calent en moyenne de 40 à 50 centimètres. Inutile d'ajouter qu'au point de vue du confort pour les passagers rien n'est prévu: on s’installe comme on peut.
De Lao-Kai à Man-Hao. — La durée du trajet de Lao-Kai à Man-Hao varie de quatre à six jours, suivant le vent, l’étiage du fleuve et les conditions climatériques, les Chinois, comme les Annamites, ne voyageant pas quand il pleut.
Le prix de la location d’une jonque chinoise est en moyenne de 20 à 30 taëls par voyage. Ce tarif, relativement élevé, s’explique par la pénurie des embarcations. En effet, depuis des années, le trafic sur ce cours d’eau étant presque nul, les anciens armateurs ont été plus ou moins ruinés et ont disparu.
L'ouverture du fleuve étant aujourd’hui un fait accompli, les négociants indigènes, certains de trouver un débouché pour leurs produits et du fret pour leurs embarcations, n'hésitent pas à lancer leurs capitaux vers cette voie; des jonques vont être construites, et sous peu, le prix du fret sera sensiblement diminué.
Si la montée est longue et pénible, la descente n’en est que plus rapide; à cette saison de l’année, dix à onze heures suffisent pour aller de Man-Hao à Lao-Kai, tandis qu'en hiver, c’est-à-dire au moment où le fleuve est au plus bas de son étiage, on compte un jour et demi ou deux.
De Man-Hao à Yuan-Tchiang. — Man-Hao, situé à 300 mètres d'altitude, est le terminus de la navigation pour les grandes barques et l’entrepôt des marchandises à destination de l'intérieur. À partir
de ce point le fleuve est encore navigable jusqu'à la sous-préfecture : Jusq