ROCHER
de Yuan-Tchiang pour de petites pirogues ne portant que 7 à 8 piculs; les rapides sont nombreux et dans un endroit le fleuve est obstrué par des roches calcaires qui obligent les bateliers à faire glisser leurs pirogues sur la terre ferme.
De Man-Hao à Mong-Tze. — Une route dallée, dite impériale, établie dans le bonnes conditions, conduit en deux jours à Mong- Tze. Le trajet difficile pour les chevaux est encore plus dur pour les coolies (porteurs); on s'élève constamment jusqu’à 2,200 mètres d'alitude pour descendre dans la plaine à 1,450 mètres où est bâtie la ville de Mong-Tze.
On trouve à Yao-t'eou, à 30 lis de Man-Hao (15 kilomètres), des écuries pour les bêtes de somme et des auberges chinoises, sinon confortables, du moins qui permettent de s’abriter. A 20 lis plus loin (10 kilomètres), on rencontre le village de Shui-t'ien offrant les mêmes avantages que le précédent. Il est d'usage de faire le trajet de Yao-t'eou à Mong-Tze en un jour; quelquefois on s’arrête à Asantchai à 20 lis (10 kilomètres) de la ville; tout dépend de l'heure à laquelle on quitte le premier village, de la marche des chevaux et de l’empressement des muletiers; pour les chaises à porteur ou pour les coolies chargés, on compte trois jours pour se rendre à Mong-Tze.
Les prix moyen pour un coolie ou porteur de chaise est de 25 cents de taël par jour; il doit s’entretenir à ses frais.
Dans les hôtelleries établies sur la route, le prix par nuit et par homme est de 10 à 15 cents; les chevaux sont réglés à part par les muletiers. L’aubergiste ne fournit que le feu et le riz de qualité inférieure; les provisions doivent être apportées avec soi si on ne veut risquer d’avoir un repas plus que modeste. On trouve presque partout à acheter des volailles et des œufs, mais les habitants profitent en général de la situation pour demander des prix élevés;
il y a donc avantage à se munir du nécessaire en quittant Man-Hao.
Moyens de transport. — Les chevaux, mulets ou coolies sont les seuls moyens de transport possibles par les routes chinoises.
Chaque animal porte en moyenne 1 picul ou 63 kilogrammes, divisé en deux lots d’égal poids autant que possible. Les colis d’un poids supérieur à 35 kilogrammes sont refusés par les muletiers et ne peuvent être transportés que par des coolies.
Le prix d’un cheval par journée de marche, y compris son entretien qui est à la charge du muletier, varie de 28 à 35 cents de taël, selon le nombre de chevaux disponibles et la nature du chargement.
Les bêtes de somme peuvent être louées à Man-Hao ou à Mong- Tze; c'est généralement les jours de marché, tous les six jours, dans l’un et l’autre endroit, qu’on trouve plus facilement des animaux et en quantités variant de 50 à 800.
Monnaies. — Le taël d'argent est la monnaïe courante du pays. La qualité et le cours varient selon les lieux. Les sapèques en laiton ont aussi cours; le change moyen est de 1,500 pour un taël.
Le taël de Mong-Tze pèse 0,037 grammes, vaut 8 p. 100 de plus que celui de Yun-Nan-fou, 10 p. 100 de plus que celui de Shang-haï et environ 1.45 p. 100 de moins que celui de Canton. Il est difficile de donner un poids mathématiquement exact, chaque négociant ayant deux manières de peser, selon qu'il paye ou qu'il reçoit, la différence entre les deux poids variant de quelques centièmes pour un taël.
Les piastres de commerce françaises et les mexicaines sont acceptées pour 60 à 65/100 de taël ou 7 p. 100 de moins que sur le littoral, et encore ne veut-on en recevoir qu’en payement de petites sommes, 50 dollars au maximum.
Il y a donc tout avantage, pour les négociants qui voudront faire le voyage, à se munir de lingots d’argent.
Centre du marché. — Les Chinois du plateau du Yun-Nan