‹ Tung pao. Toung pao (volume 3)Chapitre 3 sur 142 · AVERTISSEMENT DES DIRECTEURS. III · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DES DIRECTEURS. III

l'Orient propre. Or ceci est une impossibilité. Le Sinologue sera mille fois arrêté par des termes qu'il ne peut élucider qu’au moyen de l’étude des langues Polynésiennes ou Sémitiques; le Sémitiste et l'Arabisant, de leur côté, sont entravés dans leurs recherches par leur manque de connaissance des langues de l’Asie orientale. La lumière ne peut se faire que par le concours mutuel des savants qui s'occupent de cette sorte d’études.

Nous citerons p. e. l’intéressant mémoire de M. de Goeje, le célèbre prof. d’Arabe, sur les relations des Arabes avec le Japon !) où seulement par le concours d'un Sinologue et d’un Japoniste, l’Arabisant a pu retrouver les noms géographiques mentionnés par les auteurs Arabes, comme Si4, qu’on avait toujours cru être le Japon, tandis que c'était la Corée, appelée jadis en ancien Japonais Sira; comme Wäkwäk, où Wôkwék, qui n’est autre chose que le Chinois fÆ El , prononcé en dialecte de Canton W6-kwok, et employé anciennement pour désigner le Japon.

Ce qu'il y a de plus curieux, c’est que les auteurs arabes plaçaient dans ce dernier pays un arbre à fruits merveilleux, ayant une figure humaine, mais qui se desséchaient immédiatement dès qu'on les arrachat de leur tige, tandis que les Chinois et les Japonais mettaient ce même arbre merveilleux dans le Tadjik, l’ancienne Perse. Iei encore la connaissance des pays de l’Asie occidentale a pu résoudre la question. L'arbre en question est l’Asclepias procera ou gigantea des Botanistes: l'arbre "Oskar des Arabes, décrit minutieusement par Robinson. Les Arabes, pour qui l’’Oshar n'avait rien de merveilleux, car ils employaient les fibres de ses fruits pour en tisser des étoffes, ont dû emprunter aux Chinois la notice sur cet arbre à fruits humains pour le transporter dans un pays qu'ils ne connaissaient que par oui-

dire le Wäékwäk ou le Japon.

1) Arabische Berichten over Japan. Kon. Acad. v. Wetenschappen te Amsterdam, Afdeeling Letterkunde, 2e Reeks, Deel X, 1880.

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