MAHANEGRAS-SAN-MIO-DIGN Y
«Grand Empereur «Supplient humblement aux pieds d’or de V. M. Nous les deux
«capitaines commandant les deux vaisseaux de transport du grand
1) Pacte Thé salé que le juge distribue aux deux parties lorsque le procès est jugé. Si elles l’acceptent c’est la marque qu’elles consentent à se conformer à ce qui a été pro-
noncé.
«Empereur de France. Venus dans l'Empire de V. M. à Rangon, «pour y radouber et charger les deux vaisseaux expédiés par le grand «généralissime dans l'Inde le Marquis de Bussy, lieutenant-général «des armées du grand empereur de France.
«Notre grand général le Marquis de Bussy a envoyé l'année «passée à V. M. L. deux pièces de canon, cinquante boulets et de «la poudre.
«Il vous a aussi envoyé dernièrement une caisse contenant des «étoffes précieuses et une horloge de rare curiosité. Notre général «n’a reçu aucune nouvelle qui lui apprit si ces presents ont été «agreables à V. M. [.
«Il est instruit par la renommée de la grandeur et de la puis- «sance de V. M. et ce n’est qu'en vertu des traités d'amitié et de «bonne harmonie qui regnent entre votre Majesté, ses prédecesseurs «et la très-puissante et brès-magnanime nation française qu'il a cru «pouvoir envoyer avec confiance des vaisseaux de sa très noble na- «tion commercer dans les ports de V. M. I.
«Mais nous suppliants aux pieds d'or de V. M. nous nous voyons «forcés de porter des plaintes contre le gouverneur de Rangon du- «quel nous avons eprouvé et essuyé tous les jours toutes sortes de «vexations et de mauvais traitements. Nous sommes très convaincus «que c’est contre les ordres bienfaisants de V. M. Nous la suplions «de vouloir bien écouter favorablement nos prières et nos suppli- «cations. |
«Daignez grand Empereur faire scavoir à notre général le Mi. «de Bussy les intentions de V. M. [. au sujet du commerce que la «très noble nation française peut faire avec toute liberté et sureté «dans votre puissant empire.
«ll n’est pas possible d'être plus maltraité que nous le sommes «par tous les dépositaires de votre autorité à Rangon, sans en ex-
«cepter aucun. Sur les plus légérs et frivoles prétextes, ils ne cher-
«chent qu'à nous ruiner au point de nous faire renoncer à venir «commercer dans l'Empire de V. M.; mais comme nous sommes «assurés que c’est contre les intentions de V. M. IL. nous espérons «qu’elle daignera nous rendre justice.
«Une grace spéciale que nous vous demandons c'est de nous «accorder le privilège de pouvoir ramener les équipages des vais- «seaux français. Le Chef de Rangon les autorise à deserter, et ex- «pose nos vaisseaux à des dépenses considerables et même à l'im- «possibilité de continuer nos voyages. IL fait emprisonner les capi- «taines et les officiers, donne le droit aux matelots de desobéir à deurs supérieurs et le tout pour en retirer de l'argent en forçant «les Capitaines à payer, ce qu'ils ne doivent faire que dans les «ports d’où ils sont sortis.
«Daignez grand Empereur nous rendre la justice que nous «reclamons de la bonte et de la justice de V. M. LL dont nous «sommes avec le plus profond respect,
grand Empereur Les très humbles et très obeissants serviteurs FLouesr et DesHAyes.
Rangon, le 7 XP'° 1784.
Cette requête fut remise à un négociant maure qui partoit pour Ava; il promit de la donner à son arrivée au missionnaire apostolique pour la presenter au Roy.
Je n'ai pas sçu l'effet qu’elle avait produit, étant parti peu de
temps après qu'elle fut envoyé.