‹ Tung pao. Toung pao (volume 4)Chapitre 27 sur 64 · SIAM · texte numérisé non relu

SIAM

En réponse à la demande que lui avait adressée le ministre des affaires étrangères, M. Delcassé, le gouvernement siamois a accepté de prolonger jusqu'au 30 mars le délai fixé pour la ratification de la convention conclue le 7 octobre dernier entre la France et le Siam.

Mr. Thomas Harold LyLE a été nommé vice-consul d'Angleterre à Bangkok.

Marseille, 5 février (par dépêche). — On écrit de Bangkok au Courrier d’'Haiphong, arrivé ce matin par la voie anglaise:

Le prince de Phré, réfugié à Luang-Prabang, c’est-à-dire sur le territoire français, vient d’être condamné à mort par les Siamois et tous ses biens ont été confisqués. La petite principauté laotienne de Phré est une principauté du bassin du Ménam, tributaire du roi de Siam. Par suite des exactions des commissaires siamois, que la cour de Bangkok avait envoyés dans les Etats du prince de Phré (levée d'impôts imaginaires, conscription, confiscation des forêts de teck, dont le prince avait la libre disposition de même que l’affermage, monopoles, etc.), le prince de Phré était réduit à n'être qu’un simple salarié. Toutes ces exactions eurent pour résultat de soulever une révolte soudaine et, au mois d'octobre dernier, il y eut un massacre général de tous les Siamois. Lorsque la cour de Bangkok apprit ces événements, elle en fut terrifiée. Le roi, voyant qu'autour de lui il n’avait que des hommes incapables — ce sont du reste, ses frères qui détiennent tous les emplois, — fit appel au Phya Surisac, général qui fit la campagne de 1884 au Laos. Ce dernier, qui avait l'habitude des opérations militaires, put arriver aux confins du Laos avec 2,000 hommes en quinze jours, alors qu’on mettait communément deux mois pour faire le même trajet. Le Phya commença immédiatement les opérations. Cette arrivée inopinée devait sauver le Siam. Sans cette rapidité, tout le Laos siamois était perdu pour la cour de Bangkok, car les princes des quatre principautés du nord rassemblaient déjà leurs forces pour organiser la résistance. Lorsque le prince de Phré apprit l’arrivée du Phya, prévoyant qu'il allait être le premier atteint, il comprit qu’il ne pouvait pas résister et s'enfuit de sa capitale avec quelques serviteurs et des membres de sa famille. Il se réfugia alors à Luang-Prabang. Quant aux autres princes, ils étaient restés dans leurs principautés en promettant aux Siamois de ramener le calme et la tranquillité dans leur pays.

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