‹ Tung pao. Toung pao (volume 4)Chapitre 47 sur 64 · IL · texte numérisé non relu

IL

Le Prince TcH'ouex a adressé un mémoire au Trône pour me prier de prendre en considération les difficultés du moment et de consentir à garder la régence; le Prince Li m'a suppliée de la conserver encore pendant quelques années, le Prince Po de son

côté, m'a priée instamment de différer la remise du Gouvernement

1) Pour trad. conforme: C. ImBAULT-HUART.

2) Gazette de Pe-king, 15 juillet 1886.

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à l'Empereur afin que celui-ci fut à même de continuer ses études.

J'ai parcouru avec soin tous ces rapports, ces mémoires. La régence avait été imposée par les nécessités de l’époque; durant dix années, je me suis employée à instruire l'Empereur. Voyant avec joie que ses études étaient terminées, j'avais ordonné que, dans le courant du 1% mois de l’année prochaine, il prendrait eu main les rênes de l'Etat; je m'étais arrêtée à cette résolution après avoir tout pesé et examiné; il m'est impossible de revenir sur cette décision. Les affaires de l’Empire étant très-nombreuses et trèsimportantes, 1l se peut que dans le commencement, l'Empereur ignore certains détails. Ce sera à vous, grands dignitaires, de l’éclairer, de donner des preuves de votre fidélité, de vous efforcer de l'aider en toute occasion. Les Membres du Conseil Privé, à la Capitale, et les hauts fonctionnaires dans les provinces, sont les bras et l’âme du souverain; ils doivent donner leur appui au gouvernement; ils ne peuvent se soustraire à ce devoir, ils ont pour obligation d’épuiser toute la fidélité qu’ils ont dans le sang et d'employer toutes leurs forces au bien du pays. Dans les affaires qu'ils ont à traiter, ils ne doivent épargner aucune peine ni ajouter foi aux médisances de ceux qui les entourent. Il ne leur est pas permis d’agir avec la moindre lenteur, ni de se décharger de leurs devoirs sur d’autres: ce serait être ingrat envers l'Empereur qui leur a confié ces fonctions.

Les études auxquelles l'Empereur s’est livré depuis plusieurs années n’ont réellement pas de limites; pour l’étude des Canoniques et des historiens comme pour les traductions (en mandchou), il se reposera encore sur les mandarins attachés au Yu-ting-koung (école spéciale de l'Empereur), et ceux-çi matin et soir devront lui donner des explications sur les textes; qu'ils n’épargnent pas leur peine afin d'atteindre à la perfection. La conduite d’un souverain est

toujours corrélative de sa vertu. Lorsque l'Empereur règnera par

lui-même, on le verra mettre en pratique ce qu'il a appris. Îl répondra ainsi à l'espoir que la population de l’Empire à mis en lui. C’est ce que, vous tous, dignitaires, désirez le plus. Il est donc inutile de prendre en considération les propositions renfermées dans les mémoires cités plus haut.

Le Prince Tch'oueu dit aussi que «pour toutes les affaires intérieures du Palais, qui sont également très-importantes, il faudra, — même après la fin de la régence —, se conformer éternellement aux usages existants, et demander d’abord un décret à l’Impératrice (qui les réglera elle-même), afin que l'Empereur n’ait à s'occuper que du Gouvernement».

Depuis que le jeune Empereur est monté sur le trône, je n'ai cessé de veiller à son instruction et à son éducation; quand il régnera par lui-même, je lui donnerai mon aide suivant que les circonstances l’exigeront, et lui rappelerai ce qu'il a appris à mesure que les affaires se présenteront. C’est là un devoir dont je ne puis me dégager; c’est là une pensée à laquelle je ne puis me soustraire. J'ordonne donc qu’il en soit comme il est proposé.

L'Observatoire impérial m'a adressé aujourd’hui un rapport au sujet du choix d’un jour propice pour le règne personnel de l’Empereur. J'ordonne en conformité de ses conclusions que ce règne commencera le 15° jour du 1% mois de l’année prochaine (7 février 1887) et j'invite tous les Départements que cela concerne à faire

avec respect et diligence, tous les préparatifs nécessaires !).

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