Nouvelles de Ning-Po. Le Brethon a été tué par un
canon qui à éclaté au siège de Chao-Sing. Ses hommes se sont enfuis dès qu’ils ont connu sa mort !).
La Renommée et la Sémiramis partent pour Saigon. Faucon qui allait partir pour France obtient de rester encore à Chang-Haï, à sa grande joie.
L'on a reconstitué à Chang-Haï un nouveau corps de troupes franco-chinoises dont le lieutenant de vaisseau Bonnefoy a le commandement. À la mort de Ward, Burgevine, un aventurier amériain, le remplaça, mais il y resta peu. Le tao-taï ne lui faisant pas remise des fonds pour payer ses troupes, il alla chez le banquier du tao-taï et enleva les fonds qui lui étaient nécessaires, Le tao-taï voulut le faire assassiner, mais Burgevine se sauva sur un navire anglais. — Le capitaine d'infanterie de marine, Holland, le remplaça. Au bout de peu de temps, se croyant sûr de ses hommes, il voulut, par ses seuls moyens, reprendre sûr les T'aï-P‘ing la ville de Cadine, que nous avions remise aux troupes impériales. Celles-ci s'étaient enfuies dès qu’elles virent l'ennemi s'approcher. Holland fit le siège de Fa-tsan, y pratiqua une brèche, et l'ennemi, voyant qu'il n'avait pas de troupes européennes dans son corps, attaqua les anglo-chinois, qui s’enfuirent immédiatement; tout fut abandonné par eux, armes, munitions, artillerie, effets personnels, ete. Fa-tsan était proche de Cadine, et il était indispensable de la prendre avant celle-ci. L’amiral anglais ne veut pas rester sous le coup d'un si honteux échec. Il annonce à Faucon qu'il va faire une expédition pour reprendre Cadine, et lui demande de lui venir en aide, et c'est avec plaisir que j'accepte le commandement de cette petite troupe, car nous sommes peu nombreux à Chang-Haï, l'amiral étant parti avec 600 hommes, marins ou fantassins.
19 Février. — Départ de la colonne française: 55 marins, 100
1) CAtbert-Edouard Ve Brethon de Caligny, né le 11 déc. 1833, à Clermont (Calvados); tué le 17 janvier 1863.]
fantassins, 200 franco-chinois commandés par Bonnefoy. Nous passons par Li-kou-an, Tai-zan, Li-kou-ka, ville à moitié ruinée; le lendemain, à Lioutié entièrement ruinée; ses habitants ont disparu. Il n’y existe aucun abri pour nos hommes.
20. — Passé par Lou-tié et arrivé sous les murs de Cadine; les T'aï-P‘'ing s'étaient enfuis et nous n'y trouvons que quelques vieilles femmes. La ville a beaucoup souffert par le séjour qu’y ont fait les T'aï-P‘ing.
Vu le Général Staveley: nous nous disons qu'il n’y a rien à faire ici, puisque l'ennemi recule à mesure que nous avançons et qu'il nous est défendu d'aller plus loin; notre expédition, faite pour venger le désastre des Anglo-Chinois, me fait l'effet de s'être changée en promenade militaire.
21. — Enfin, nous avons un consul-général, M. Mauboussin: Le gouvernement avait été long à trouver quelqu'un qüi acceptät la situation. Îl fait très cher vivre à Canton, à Hong-Kong et à Chang-Haï et c’est la raison qui était alléguée pour refuser la position.
Li [[i Houng-tchang], le Fou-taï, est très mal disposé envers nous: à chaque réclamation, et nous en avons beaucoup, ce sont des objections ‘de détail qui n’ont pas le sens commun. Il va jusqu'à régler la couleur du papier pour nos lettres officielles et quand on le met au pied du mur, il répond qu’il va en référer à Péking, ce qui amènera un retard de 4 ou 6 mois. Il veut en arriver à nous lasser et à nous dégoûter d’eux.
Mr. Berthemy, notre nouveau ministre à Péking, arrive de France; il veut passer quelques jours à Chang-Haï, pour se mettre au courant.
4 Avril. — J'ai à ma table M. Berthemy, ministre plénipotentiaire à Péking, et M. de Bellonet, 1% secrétaire de légation.