Mouillé à Tche-fou; parti le soir
9. — Mouillé devant Ta-kou à 12 milles de la côte que l’on ne voit pas; l’on est comme en pleine mer.
10. — Un aviso français vient preudre tous mes passagers. A Ta-kou, M. Pichon, attaché d’ambassade, envoyé de Péking à M. Berthemy, lui apprend que les routes ne sont pas tout à fait sûres. Aussitôt je réponds que je donnerai une escorte de 12 hommes commandés par un aspirant de 1ère classe. Je suis enchanté de cela, parce que cela me permettra d'aller à Péking.
11. — Arrivé à Tien-tsin. — Je pars pour Péking, où je reçois
une aimable hospitalité de l’évèque du Tche-li') et de ses Lazaristes.
21. — Parti de Péking pour Tien-tsin, Ta-kou, et rentré à bord du Monge.
Relaché à Tche-fou — mouillé le 3 Mai à Wou-soung. L'amiral
Jaurès est revenu à Chang-Haï, mais en est reparti peu après pour le Japon, où de graves difficultés se sont élevées entre les Anglais et les Japonais.
14 Mai. — L’amiral Jaurès étant toujours retenu au Japon, j'ai pris le commandement de la station de Chine, au départ de Faucon. C’est alors seulement que j'ai été informé de la mort de Tardif. Expédié le Déroulède à Ning-Po. Remplacé Tardif par le lieutenant de vaisseau Bonnefoy. — Les troupes sous ses ordres partent au secours de Cadine, de nouveau assiégée par les T‘aï-P‘ing et défendue seulement par les anciens Ward qui sont insuffisants. La corvette le Dupleix est venue dernièrement d'Europe à Chang-Haï, mais est bientôt appelée au Japon par Jaurès.
Juillet. — Lettre de l'amiral Jaurès, que nos bons amis les Anglais m'ont retenue deux jours m'informant que les Japonais ont rompu toutes relations avec les Européens: il m'appelle au Japon avec le bataillon d'Afrique, conservé à Chang-Haï: terreur de la
colonie européenne, qui se voit menacée par les T'aï-P'ing.
1) [Mgr. Martial Mouly.]
4. — Parti pour Yokohama avec un chargement de munitions. Toujours le choléra à bord. Le bataillon est de suite débarqué. — À la suite de cela les Japonais se montrent moins hostiles. Mais le prince de Niügata ayant fait tirer sur un navire américain qui passait dans la Mer Intérieure, les deux amiraux français et anglais partent de Yokohama pour Shimonoseki et leur feu détruit une partie des batteries du détroit de Shimonoseki.
Ayant plus de deux ans de séjour en Extrême-Orient, j'obtiens de Jaurès de rentrer en France par les paquebots français. Après avoir visité Nagasaki, j'arrive à Chang-Haï, d’où je pars pour la Cochinchine et la France.
A Paris, je vois de suite le Ministre de la Marine, M. de Chasseloup-Laubat et je lui rends compte des évènements d'Extrême- Orient. Je lui parle aussi du désastreux traité fait par Bonnard, livrant presque toute la Cochinchine méridionale et ne gardant que quelques ports. Il me répond qu'il s’y est vivement opposé, mais que l'Empereur l’a voulu. — Je vois l'Empereur et lui parle dans le même sens. L'Empereur, qui ne m'a fait aucune objection et qui m'a écouté les yeux baissés comme c’est son habitude, à l’air de se réveiller enfin, et me demande si j'habite Paris. A ma réponse, il me congédie avec une poignée de main en me disant: «Eh bien,
je vous ferai appeler bientôt!» — ce qu'il n’a pas fait.
Vergleichende Liste von Ausdrücker im Satsuma-Dialect und im gewübnlichen Umgangs-Japaniseh