‹ Tung pao. Toung pao (volume 5)Chapitre 33 sur 54 · ALL · texte numérisé non relu

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merce du Japon, obtenue sans doute par l’intermédiaire des Hollandais, le fit charger par la Compagnie le 4 avril 1611 d'une expédition pour Surate où l'on pensait que Middleton avait établi le commerce, projet abandonné d’ailleurs par suite du Ho accueil fait à Middleton; deux des navires l'Hector et le Thomas devaient après avoir été chargés retourner en Angleterre, tandis que Saris sur le Clove se rendrait en passant par Bantam au Japon où il devait prendre les avis de William Apams.

Saris avait reçu avant son départ d'Angleterre, quatre Lettres royales adressées au Grand Mogol de Surat et Cambaye, à l’Empereur du Japon, celle-ci datée du Palais de Westminster en Janvier 1611 demandait l'autorisation d'établir une factorerie et la liberté du commerce, au roi de Firando et au Roi de Bantam. Iyeyasu répondit en 1613 favorablement à la lettre du Roi Jacques 1°. La lettre du <croi de Firando» fut également favorable. Des privilèges furent accordés aux Anglais le 12 (2) octobre 1613 qui donnaient à leurs navires la liberté de visiter n'importe quel port du Japon et la permission d'acheter à Yedo le terrain nécessaire pour y élever des maisons de résidence et de commerce; les délits commis par les Anglais devaient être punis par le «général» anglais (Taisho). ?)

Le pilote William Avams, est le premier Anglais allé au Japon dont on ait conservé le nom. Né à Gillingham, près de Rochester, dans le Kent, élevé à Limehouse, un des faubourgs de Londres, il fut engagé par la Compagnie des Indes Orientales néerlandaises comme pilote en chef de l'expédition partie de Rotterdam pour le détroit de Magellan le 27 juin 1598 comprenant cinq navires: de Hoop (l'Espérance) sur lequel il fut embarqué, het Geloof (la Foi), commandée par Sebald de Wé£err, de Liefde (la Charité), Trouwe (la Fidélité) et Blijde Bootschaap (Bonne Nouvelle). Cette

malheureuse expédition était dirigée par les amiraux Jacques Mahu

1) SaTOw, Saris, p. l.xxxui.

et Simon de Cordes qui périrent pendant la traversée; seul le navire de De Weert put rentrer en Europe. Adams arriva au Japon le 19 avril 1600 sur la Charité commandée par Jacob Jansz Quaeckernaeck. Soit à ses chefs, les Hollandais, soit à ses compatriotes, les Anglais, William Adams rendit de très grands services. Tantôt agent des Anglais à Firando pour leur factorerie du 24 novembre 1613 au 24 décembre 1616, il se rendait deux fois aux îles Lieou K'ieou et une fois au Siam; tantôt au service des Japouais, il créait en quelque sorte leur marine, Lorsqu'il mourut le 6 mai 1620, il fut enterré avec sa femme qui était indigène, à Hemi ou Yokosuka, Sa tombe y est encore aujourd’hui vénérée comme celle d'un dieu shintoïste.

Les Lettres (six) d'Adams ont été publiées pp. 17—88 de Memorials of the Empire of Japan in the XVI and XVII centuries edited, with notes, by Thomas Runpar. London: Hakluyt Society, MDCCCL, in-8.

« The first letter *) sent by William Adams for England, he thus addresses : « To my vnknowne frinds and countri-men: dessiring this letter, ....may come into the hands of one, or manny of my acquayntance in Limehovse or else wheare, or in Kent in Gillingham, by Rochester. »

« Probably through the agency of their Factors recently settled at Bantam, two copies of the letter were transmitted to the « Worshipfull Felowship of the Merchants of London trading into the East Indies»; and in the sequel it will be perceived the communication led to the opening of commercial intercourse

between England and Japon. » ?)

Cette première lettre débute:

« Hauing so good occasion, by hearing that certaine English marchants lye in the island of laua, although by name vnknowen, I have ymboldened my selfe to wryte these few lines, desiring the Worshipfull Companie being unknowen to me, to pardon my stowtness. My reason that I doe write, is first as conscience doth binde me with loue to my countrymen, and country. Your Worships, to whom this present wryting shall come, is to geve you to vnder-

1) Japon, 22 oct. 1611.

2) Runoazz, Introduction, p. 17.

stand that I am a Kentish man, borne in a towne called Gillingam, two English miles from Rochester, one mile from Chattam, where the Kings ships doe lye: and that from the age of twelue yeares olde, I was brought vp in Limehouse neere London, being Apprentice twelue yeares to Master Nicholas Diggines; and my selfe haue serued for Master and Pilott in her Maiesties ships; and about eleuen or twelue yeares haue serued the Worshipfull Companie of the Barbarie Marchants, vntill the Indish traffick from Holland [began], in which Indish traffick I was desirous to make a littel experience of the small knowledg which God had geven me. So, in the yeare of our Lord 1598, I was hired for Pilot Maior of a fleete of five sayle, which was made readie by the Indish Companie: Peeter Vander Hay and Hance Vander Veek. The Generall of this fleet, was a marchatt called Jaques Maihore, in which ship, being Admirall, I was Pillott » 1).

...« Therefore I do pray and intreate you in the name of Jesus Christ to doe so much as to make my being here in Japon, knowen to my poor wife: in a manner a widdow, and my two children fatherlesse: which thing only is

my greatest griefe of heart, and conscience » ?).

Adams avait écrit en même temps à sa femme. En déc. 1613, il écrivait:

« Your woourship shall vnderstand I had thought to a coum hom in the Cloue, but by som discovrtissis offred me by the generall, changed my mind: which injuries to wryt of them I leau; leauing to others, God sending the ship hom, to mak rellacion » 3).

Le 18 avril 1611, Saris #) mettait à la voile des Downs avec trois navires, le Clove, l’Hector et le Thomas avec des équipages de 89, 110 et 55 hommes, commandés le premier par Saris avec James Foster, le second par Gabriel Towerson, et le troisième par Tempest Peacock; le principal subrécargue Richard Cocxs était sur le Clove. À Socotra, Saris apprit par une lettre de Middleton,

l’insuccès de celui-ci dans la Mer Rouge et engageait les autres

1) RuNpaLz, p. 18.

4) The Voyage of Captain John Saris to Japan, 1613. Edited from Contemporary Records by Sir Ernest M. Satow. . London: Hakluyt Society MDCCCC, in-8, pp. vin— LXXXVII—242. ,

Second Series, No. V,

voyageurs à éviter cette Mer, le pacha de Sanaa ayant donné l'orûre de tuer tous les Chrétiens qui y pénétreraient; malgré cet avertissement, Saris se rendit à Moka, et recevait de Middleton une lettre lui annonçant qu'il avait été repoussé de Surate et qu'il comptait se débarasser de ses marchandises aux dépens de navires indiens qu’il capturerait; il n’entre pas dans mon programme de raconter la rivalité des deux commandants, toujours est-il que les trois navires de Saris se rendirent à Bantam où ils arrivèrent, l’Æector le 23 octobre, le Clove le 24 octobre et le Thomas le 16 octobre; un autre navire anglais, le James, s’y trouvait déjà.

Le 28 octobre, Augustine SPALDING, principal subrécargue de la Compagnie à Bantam, remettait à Saris la lettre de Willam Adams dont nous avons déjà parlé, datée du Japon le 22 octobre 1611. Saris se décida à renvoyer l’Æector le 11 déc. 1612 et le Thomas le 12 janvier 1613, avec leur chargement en Angleterre, et voulut se rendre lui-même au Japon sur le Clove et devancer Middleton qui venait d'arriver le 9 novembre avec le Peppercorn et préparait, disait-on, un voyage au Japon; il mit à la voile le 15 janvier 1613 pour les Moluques et le Japon. Saris laissait George Campex à Bantam pour préparer une cargaison de retour.

Le Clove ayant mis à la voile de Bantam pour le Japon le 15 janvier 1613, fit relâche à Jacatra et autres lieux, et mouilla à Hirado [Firando] le 11 juin 1613. 1)

1) «lt was no mere accident that led the first Europeans who visited Japan to fix upon Ilirado as their headquarters. From a very early period, which perhaps may be placed at the end of the sixth century, when intercourse between Japan and China began to assume something of a regular complexion, the ordinary route of envoys and traders from the Japanese capital was by way of Hakata in Chikuzen, Hirado, and the Goto group to Ningpo and Wenchow. And after diplomatie relations between the two countries ceased, at the end of the ninth century, commerce still followed that line, Hakata continuing

to be the main entrepôt for Chinese goods. In the thirteenth century, when

the Mongols twice endeavoured to invade Japan, Hirado was the first point of

Les Anglais arrivaient au Japon à une époque particulièrement intéressante, Tokugawa Iyeyasu, vainqueur à Sekigahara (1600) de la coalition formée contre lui par les daïmios, avait pris en 1603 le titre de shogoun qu'il céda deux ans plus tard à son fils Hidetada. Il était encore hésitant sur la politique qu’il devait suivre à l'égard des étrangers dont l'expulsion ne fut décidée que par ses successeurs.

Si comme les Hollandais, les Chinoïs à partir de 1641, ne purent commercer qu'à Nagasaki!), jusqu'en 1688*), ils eurent la permission de loger dans la ville où il leur plaisait, mais à partir de cette date, ils furent confinés dans un enclos près de l’établissement des Hollandais à Deshima.

Saris fut bien reçu par Marsura Hüix, ancien daimiô de Hirado; il écrivit immédiatement à William Adams, et s'installa à terre dans une maison appartenant à André Dirris, en réalité Andassee, chef de la factorerie chinoise. Adams arriva le 29 juillet de Sumpu où résidait alors Iyeyasu; le 7 août, Saris avec Adams, 10 Anglais et un interprète japonais quittait Hirado pour Sumpu où il arriva le 6 septembre; il fut reçu en audience le 8 sept. par [yeyasu auquel il remit la lettre du roi Jacques et des présents; il fit visite à

Honva Kôüpzuxe no Sue auquel il remit un memorandum sur les

attack. After the victorious expulsion of the invaders, the Japanese in their turn sallied forth and harried the coast of Corea and China, and, as was the fashion of the time, combined plunder with peaceful commerce. In the early part of the sixteenth century, Chinese smugglers and traders to Luçon, Annam and the Malay Peninsula resorted to Hirado, where their leader, one Wang Chib, established a factory, and joining to himself a band of enterprising Japanese, pursued his operations on a large scale.

« Besides the northern route to China, there was a second from Bü no Tsu, a port at the extreme south-west corner of the province of Satsuma, by way of the Loochoo to the province of Fuh-kien and Kwang-tung. This latter, however, was suited for the local supply of southern Kiushiu alone » *).

1) Z. c., pp. xlvi—xlvrr.

2) NacHoD, p. 399.

8) Saris, Japan, ed. Satow, pp. xliv—xlv,

Richard Cocks 1).

priviléges qu'il désirait obtenir pour l'East India Co., memorandum qui fut approuvé par Iyeyasu. Saris alla ensuite à Yedo où il eut une audience du Shogoun Hiverapa, puis à Uraga, près de Yedo; Adams suggéra, ce qui avait été proposé jadis aux Hollandais, qui préférèrent Hirado, aux Anglais d'établir la factorerie à Yedo; les Anglais préférèrent aussi Hirado, quittèrent Uraga le 25, arrivèrent à Sumpu le 29 et, le 8 octobre, Saris reçut la réponse d'Iyeyasu à la lettre de Jacques 1° avec l'octroi des privilèges il était de retour à Hirado le 6 novembre. Saris offrit à Adams de rentrer en Angleterre par le Clove, mais celui-çi refusa considérant qu'il n'avait pas été bien traité; toutefois Adams signait un arrangement le 24 novembre par lequel il entrait au service de l'E. I. Co. jusqu'à l'arrivée d’un navire après le retour du Clove en Angleterre. Dans un conseil tenu le 26 novembre, Saris décidait d'établir une factorerie à Hirado avec Richard Cocs comme chef et 8 Anglais dont Adams, 3 interprètes japonais et 2 domestiques. Saris quitta Hirado le 5 décembre 1613; il arriva à Plymouth le 27 sept. 1614, ayant passé 6 semaines à Bantam pour prendre un chargement de poivre. Saris ne retourna pas en Orient; il mourut à Fulham le 11 déc. 1643.

Richard Cocxs, chef de la factorerie (Cape Merchant), était pro-

bablement originaire de Coventry; les autres Anglais étaient: Wil-

1) Diary of Richard Cocks Cape-Merchant in the English Factory in Japan 1615—1622 with Correspondence. Kdited by Edward Maunde Tuompson., London, Hakluyt Society, MDCCCLXXXIII, 2 vol. in-8, pp. LIv—349, 368.

Nos. LXVI et LXVII. — Début de la préface: “The history of the English Trading Settlement in Japan in the first quarter of the seventeenth century is the history of a failure”. — Causest éloignement de la factorerie de Miako et de Yedo et proximité des Hollandais, rivaux et non alliés; leur protestantisme ne pesant pas lourd en présence de leurs intérêts commerciaux, ils agirent aussi bien contre les Anglais protestants que contre les Espagnols et les Portugais catholiques.

«The Dutch were not allies; they were rivals, who undersold the English in the market,

and in the end starved them out of the country”. ps 111,

liam Apams, Tempest P£acock, Richard WickHam, William Earow, Walter CarwaRDeN, Edmund Sayers, and William Nealson. Les marchandises qui furent emmagasinées dans la factorerie comprepaient principalement «of broad cloth and woollen and cotton piece goods; also of Bantam pepper, gun powder, lead, tin, etc. Its total value was about £ 5.650» 1). Au commencement de 1614, Wickham fut choisi comme agent à Yedo, Eaton à Osaka et Sayers dans le nord de Kiushiu et Tsoushima. Le 18 mars 1614, Tempest Peacock et Walter Carwarden furent envoyés dans une jonque avec un chargement de £ 750 pour faire le commerce avec la Cochinchine. Deux autres essais dont l’un en 1617 avec Edmund Sayers faits par Adams ne réussirent pas davantage. En avril 1616, la factorerie de Siam avait envoyé dans une jonque au Cambodge deux Anglais qui semblent avoir été bien accueillis. Peacock fut tué en Cochichine avec les Hollandais qui l’accompagnaient. Carwarden échappé au désastre fit naufrage au retour. Un voyage à Siam organisé par Adams qui prit le commandement ne réussit pas non plus. William Eaton qui était allé au Siam sur la Sea Adventure le 21 décembre 1616 revint à Firando le 7 septembre 1617: trente quatre marins étaient morts et les autres furent malades; cet insuccès ne l’empêcha pas de renouveler sa tentative en janvier 1618.

Au printemps de 1617, un petit bateau de 15 tonnes monté par seize marins Japonais avec Robert Burcess et deux autres subrécargues furent expédiés au Tchampa où il arriva en Mai; les Anglais furent bien reçus et furent autorisés à faire le commerce.

Mais le pays avec lequel les Anglais tenaient particulièrement à nouer des relations commerciales était la Chine et ils comptaient pour atteindre ce but sur le chef de la factorerie chinoise, Andrea Dittis et sur ses frères. Les Chinois avaient déclaré à Cocks que

la meilleure manière pour les Anglais de gagner les bonnes grâces

1) Cocss, J, p. xvir,

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de l'Empereur était de lui offrir en présent un arbre de corail, blanc ou rouge, des perles d’un bel orient, de miroirs, des canons damasquinés, des dagues, des pistolets. Cocks recommandait dans une lettre adressée de Firando le 16 décembre à John Browne à Patani de bien traiter les Chinois maltraités par les Hollandais. L'empereur de Chine, disait-il, a envoyé des espions pour se rendre compte de la manière dont ils étaient traités par les Anglais, les Hollandais, les Espagnols et les Portugais. Malheureusement la Chine était en guerre, et Cocks dut attendre plusieurs années avant d'obtenir l'autorisation de faire le commerce, trop tard d’ailleurs car les Anglais se préparaient à se retirer du Japon, malgré l'achat qu'ils avaient fait de la maison dans laquelle était installée leur factorerie. 1)

Cependant Iyeyasu avait consolidé la puissance de sa maison en s’emparant d'Osaka où il fit mettre à mort les derniers descendants de Hideyoshi (1615); il mourut l’année suivante, laissant le pouvoir à son fils Hidetada (1616). Le Capitaine Ralph CoppiNpALL qui arriva d'Angleterre à la fin d'août 1615 avec son navire /lozeander écrivait de Firando, le 5 décembre, que seul le commerce avec la Chine pouvait leur éviter des pertes et que si on ne pouvait le conduire pacifiquement, il fallait, comme les Hollandais, employer la force. ?)

Cocks et Adams se rendirent à Yedo pour saluer le nouveau shogoun et obtenir la confirmation de leurs priviléges; au contraire ceux-çi furent diminués; leur commerce fut réduit au seul port de

Firando et ils durent retirer leurs agents de Yedo, Sackay et Osaka. #)

1) Cocks, 1, pp. xIX—xx.

2) Cocxs, 1, pp. 271—2. Il ajoutait: “And, yf wee sett foote in the Moluccoes, this place will be a fitt storehouse from whence we may alwaies have men, munition, and victualles good store and at reasonable rates; for which purpose principally, the Hollanders doe maintain this factory”.

8) Cooks, I, p. xxu,

Nobunaga avait toléré l'introduction du Christianisme au Japon parce qu’il pouvait lui servir dans sa lutte contre les bonzes bouddhistes. Il disait même cyniquement qu'il y avait trente-cinq sectes religieuses au Japon et qu'il ne voyait aucun inconvénient à l’introduction d’une trente-sixième, le Christianisme. La rivalité des Jésuites et des Franciscains, des Portugais et des Espagnols, des Hollandais et des Anglais, ne pouvait qu'affaiblir la situation au Japon des étrangers qui y donnaient le triste spectacle de leurs dissensions. Cocks prétendait qus les gens d'Umbra (Omura) étaient hostiles à ceux de Firando et qu’ils étaient poussés par les missionnaires Catholiques qui cherchaïient à rendre les Anglais odieux aux Japonais, car ils leur attribuaient l'expulsion de quelques-uns de leurs confrères (Lettre du 5 juin 1616). Hidetada était franchement ennemi des Chrétiens et il ordonna d’embarquer à Nagasaki les missionnaires dont la plupart s’y trouvaient cachés. En mars 1617, on fit partir pour Macao et la Cochinchine, cinq Jésuites, deux Dominicains et d’autres religieux.

Une nouvelle tentative de Cocks en août 1617 pour obtenir une extension des priviléges de la Compagnie ne fut pas plus heureuse que la précédente; tout d’abord, on accorda aux Anglais la permission de faire aussi le commerce à Nagasaki, mais ce privilége leur fut retiré presque immédiatement. Cocks avait présenté une lettre de Jacques 1% au shogoun à laquelle il ne fut pas répondu sous prétexte qu’elle avait été adressée à son prédécesseur. Pendant son séjour à la Cour, Cocks essaya d’eutamer des relations avec les Coréens qui s’y trouvaient, mais les Japonais s'y opposèrent. Cocks quitta la Cour pour Firando le 9 octobre 1617.

Le 8 août 1618, un navire hollandais étant arrivé à Firando avec le bateau anglais Attendance pris aux Moluques, les Anglais témoignèrent de la plus grande indignation et protestèrent à Yedo;

le gouvernement shogounal leur répondit que l'affaire ne regardait

pas le Japon, la capture ayant eu lieu dans des pays étrangers. Les Hollandais étaient maîtres de la mer et les Anglais étaient isolés à Firando.

En 1617, l'East India Company avait envoyé aux Moluques cinq navires sous les ordres de Martin PkrinG rejoint à Bantam par six grands navires commandés par Sir Thomas Dace qui se retira aux Indes. Pring était sur le point de repartir lorsqu'il apprit en 1620 l’union des Compagnies hollandaise et anglaise qui eut pour résultat de combiner leurs efforts contre les Portugais et les Espagnols et deux expéditions furent organisées contre les Philippines pour détourner le commerce chinois de ces îles à Firando. © Cette union était projetée depuis plusieurs années; en effet le 10 décembre 1614, Richard Cocks écrivait à Thomas Wicson, secrétaire du Lord Trésorier Sarissury, que les Hollandais annonçaient comme très probable la réunion des Compagnies anglaise et hollandaise des Indes orientales, ce qui rendrait facile l'expulsion des Espagnols et des Portugais de cette partie du monde; il se, demandait d’ailleurs ce qui résulterait de l'habitude journalière des Hollandais de piller les jonques chinoises; les Espagnols sont plus aimés que les Hollandais dans les Moluques; Cocks était d'avis que saus les intrigues des Hollandais, les Anglais obtiendraient l'autorisation de faire le commerce avec la Chine; des négociants chinois leur avait demandé si le Roi d'Angleterre voudrait empêcher, les Hollandais de piller leurs jonques. |)

En 1620, le navire anglais Ælizabeth capturait au large de Formose un bateau japonais allant des Philippines au Japon avec, les PP. Pedro de ZuNica, augustinien, et Luis FLores, dominicain, qui, deux ans plus tard, furent brûlés vifs; le shogouu s'empara de la cargaison et laissa la coque pourrie du bateau aux Anglo-.… Hollandais: A la fin de 1621, Cocks fit sa dernière visite à la,

1) Calendar East-Indies, 1513—1616, No. 823.

Cour; l'agent hollandais Jacques SPeckx avait quitté la factorerie en octobre et il avait été remplacé par Leonard Camps.

A un Conseil tenu à Batavia le 22 avril 1623, la dissolution de la factorerie anglaise du Japon fut décidée d'une manière formelle et le capitaine Joseph Cockram fut envoyé sur le Bull pour prendre les mesures nécessaires. Tous les Anglais, y compris Cocks, furent embarqués, le facteur hollandais restant chargé de régler les affaires en suspens. Le Bull arriva à Batavia le 27 janvier 1624; son retour marquait la fin de l'existence de la factorerie anglaise, mais non des ennuis de Cocks qui, en pleine disgrâce, fut mis à bord de l'Ann Royal pour l'Angleterre le 24 février; il mourut en mer un mois plus tard le 27 mars. En 1623, Iyemitsu avait succédé comme shogoun à Hidetada et l’année suivante, il lançait un édit d'expulsion des étrangers.

A différentes reprises, les Anglais essayèrent de rouvrir leur factorerie; en particulier le 29 juin 1673, le navire Aeturn arriva à Nagasaki, mais les Hollandais ayant averti le shogoun que le roi Charles IT avait épousé une princesse catholique de Portugal, les Japonais refusèrent d'entrer en relations avec les Anglais et le Return remit à la voile le 28 août; depuis lors les Anglais n’entamèrent que des négociations indirectes en 1681 et 1683 par l'intermédiaire des princes ou chefs de Bantam, d’Amoy, de T'ai Wan, du Tong King et de Siam.

A la factorerie anglaise du Japon se rattache le commerce du thé dont la plus ancienne mention dans les Vieilles Archives de l'India Office se trouve dans une lettre de R. Wickham, agent de la Compagnie à Firando, écrivant le 27 juin 1615, à Eaton, à Miaco, et lui demande <un pot de la meilleur sorte de tcha». Le thé est mentionné pour la première fois par un écrivain anglais dans le

Journal de Pepys, le 25 septembre 1660 !).

1) Brrpwoon, Z. c., p. 26 n.

RE C'est le voyage en 1611 d'un des navires de la flotte du capi-

16É1) taine Thomas Besr, le James commandé par Edmund MarLows.

Partis des Downs le 10 février 1611, les Anglais arrivèrent à Bantam en novembre: le James retourna en Angleterre en avril 1615.

Dixième Ce voyage fut commandé par le Capitaine Thomas Bssr et

oyage

ic comprenait quatre navires, le AÆoseander, l'Hector, le James et le Solomon qui mirent à la voile de Gravesend le 1°° février 1612;

c'est de ce voyage que date l'établissement de factoreries anglaises permanentes sur la côte de l'Inde, à Surate, Cambaye, Amadauar, Goga; le capitaine Best obtint du Grand Mogol un firman régulier pour faire le commerce, le 21 octobre 1612. Il rentra le 15 juin 1614.

de Cette expédition n’est que le voyage du Solomon qui comme le oyage

“séparé” 2). James (neuvième voyage) faisait partie de la flotte du capitaine Best. Elle quitta Gravesend 1° février 1611.

Douzième Christopher Newport qui s'était signalé en 1591 aux Antilles Voyage :

“séparé”. contre les Espagnols, commandait le navire ÆErpedition qui quitta

Gravesend en 1612; il avait à bord Robert SxieLey, envoyé du Chah de Perse en Angleterre, accompagné de sa femme Teresia, file d'un noble Circassien, Ismarz Kuax, qu'il avait épousée quel-

ques aunées auparavant.

Après ce douzième voyage, commence une série d'opérations par actions (joint Stock) 5).

Première Purcuas, 1, p. 500, donne des extraits du Journal de Downron

expédition.

(First x a 178 .

Ci tx après le douzième voyage; il appelle ce voyage qui est cependant

Cie le premier ethe second Voyage set forth for the ioyned Stockes in Nicholas Downton, 1) Cf. Punouas, I, pp. 440—444.

2) Puronas, 1, pp. 486 seq.

3) “After this twelfth Voyage, the order of that reckoning is altered, because the Voyages ensuing were setforth by a ioynt stocke, and not by particular and proper ships, stockes, Factories, (as before) but promiseuous and generally accountable to the whole societie Of which, all are not come to our hands: such as I haue (that which thence is meete for

the publike view) giue I thee”. (PURCHAS, I, p. 500).

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the East Indies». Les navires étaient le New Years Gift, 650 tonnes, qui avait été lancé à Deptford le 1% janvier 1613, l'Aector, 500 tonnes, le Merchants Hope, 300 tonnes, et le Solomon, 200 tonnes ; ils mirent à la voile le 1° mars 1613. Les Portugais essuyèrent une grande défaite aux Indes. Downton mourut à Bantam le 6 août 1615; il eut pour successeur le capitaine Thomas Et- KINGTON 1).

Purchas donne «eun extrait... de quelques memoranda d'Edward Dopsworrx, principal négociant du «second joint-stock voyage» sous le commandement du capitaine KkeLinG (1614 —15) ©).

Le 20 janvier 1614, le capitaine Walter Peyron sur l'Ærpeuition qu'il commandait, accompagnée du Dragon, Lion, Peppercorn, mit à la voile de Gravesend; le 2 février, Sir Thomas Ro, ambassadeur du Roi à la Cour du Grand Mogol, s’embarqua sur le Lion avec une suite de quinze personnes. Humphrey Boucuaron à destination de l'Inde était à bord du Peppercorn. La flotte portait aussi quinze Japonais emmenés en Angleterre par le Clove, répartis sur les divers navires ainsi que quatorze Guzeratis venus par le Dragon et dix-neuf condamnés sortant de la prison de Newgate, graciés par le Roi sur la demande de la Compagnie des Indes, qui devaient être utilisés dans la découverte de régions inconnues Ÿ).

Eu 1617, Sir James CuNNiNGHaM obtint de Jacques 1° l'autorisation, retirée l'année suivante, de créer une «Scottish East-[ndia Company» #).

Une flotte de quatre nouveaux navires commandée par Andrew Sursrine fut équipée par la Compagnie des Indes en 1619 pour se

se rendre à Surate et dans le Golfe Persique: elle comprenait le

1) Purouas, 1, p. 514.

2) LancasTer, Introd., p. xv.

3) Purcuxas, I, p. 528.

4) Sir G. Birowoop, Report, p. 31 n.

Capitaine Walter Peyton (1614).

Voyage de Shilling, 1619.

London, 800 tonnes, le art, 500 tonnes, le ÆRoe Bucke, 300 tonnes, et l'Æagle de 280 tonnes, qui mirent à la voile de Tilbury Hope,

le 26 février 1619; le célèbre voyageur arctique Wicziam Barrin,

faisait partie de l'expédition 1), après avoir navigué sur l’Ann Royal. )

Leu Les Anglais débarquèrent accidentellement pour la première fois

débarquement

me le ET sur la côte de Chine en 1620. Le Unicorn allant avec le Royal 1ne 4V), £,

James de Bautam au Japon fut jeté vers la fin de juin 1620 par un orage sur les côtes de Chine près de Macao; les équipages fu- 2

rent bien traités par les indigènes qui leur vendirent deux navires

pour se rendre à Jacatra; un second orage les sépara, un des navires pris par les Portugais fut conduit à Macao; le barbier remis

e en liberté arriva à Masulipatam en Mai 1621; l’autre navire arriva

à destination ?).

DD , Henry BorxrorD parait être le premier Anglais qui ait fait le commerce de l'Inde avec Macao en prenant pour prétexte en 1636 qu'il rapporterait de la colonie portugaise au Vice-Roi de Goa du cuivre appartenant au roi d'Espagne et que les Portugais ne pouvaient transporter eux-mêmes à cause du blocus hollandais. On racontait qu’une prophétie de 1618 avait annoncé à l'Empereur de Chine que son pays serait subjugué par un peuple aux yeux gris et que par suite les Chinois se montraient opposés à tout commerce avec les Anglais; en réalité l'hostilité témoignée aux Anglais était causée par les intrigues des Portugais. ÿ)

Sir William

tra Le roi Cnarres 1° dont la franchise et l'honnêteté ne furent

jamais les qualités dominantes, consentit, malgré le privilége de la Compagnie des Indes et malgré les justes protestations de ses

Directeurs, à autoriser par une Commission royale du 12 décembre

1) Puromas, 1, p. 723. L

2) Purouas, I, p. 642; I, p. 696. — Cocxs' Diary, I. — W. Foster, English Factories in India (1618—1621), 1906, p. 266 note. : +

3) William Foster. — The English Factories in India (1634—1636), pp. 226 seq. {

1635 Sir William Couxreex à former une Association pour le commerce des Indes; cette association avait l'intention d'abandonner les anciens errements de la Compagnie des Indes et d'établir des factoreries et des colonies suivant le système des Hollandais.

Il faut bien avouer que l'OId Company était singulièrement routinière et timorée; dans une réunion des Comités le 23 novembre 1635, Smirawick ayant proposé de faire une tentative de commerce avec la Chine et le Japon, on lui répondit que «même si le commerce était favorable la Compagnie n’était pas en état de l’entreprendre». On essaya de dissimuler les véritables projets de la nouvelle société en assurant la Compagnie des Indes que l'expédition était chargée d’un projet secret que le Roi ne désirait pas révéler. On mit à la tête de l'expédition un ancien officier de la Compagnie des Indes, John Wzspoezr (1583—1642), dont les services à bord du navire Charles avaient été méconnus, et le négociant Nathaniel Mouxrxey qui étaient autorisés à faire un voyage à Goa, au Malabar, à la Chine et au Japon avec une escadre composée du Dragon (Cap. Weddell), Sun (Cap. Richard Swanzey), Katharine (Cap. John Carre), Planter (Cap. Edward Hair) et deux pinaces Anne et Discovery. La flottille mit à la voile en avril; Sir William Courteen qui avait souscrit la plus grande partie de la somme de 120.000 liv. st. que coûtait l'expédition de Weddell mourait peu après le 27 mai 1636. Nous n'avons pas à raconter les péripéties dn voyage aux Indes; nous dirons seulement que, malgré l’opposition des Portugais, Weddell quitta Macao et remonta la rivière de la Perle jusqu’à Canton où il commença à commercer avec les Chinois qui l’attaquèrent; Weddell s’empara d’un petit fort, mais ses marchands furent emprisonnés par les indigènes et il fat obligé d'avoir recours aux Portugais pour les faire relâcher !).

Malgré la concurrence qui lui était faite par la Courteen's

1) Court Minutes 1635—9

John Weddell.

Hind (1643).

Surat (1664),

Association, qui profita surtout aux Hollandais, concurrence qui cessa par la réunion de celle-ci à la Compagnie des Indes en 1650 et 1657, l'Old Compauy continuait néanmoins son commerce. A la suite d’un arrangement avec le Vice-Roi de Goa, une flotte fut envoyée à Macao en juin 1637; les subrécargues présentèrent une lettre du roi Charles 1% au gouverneur qui les avertit que la conduite du Capitaine Weddell l’année précédente avait eu pour résultat de lourdes amendes infligées aux Portugais par les Chinois. 1) Dans une note de mars 1638, Hai Nan est considéré comme le meilleur endroit pour établir une fortification. ?)

Le navire Hind quitta les Downs le 10 avril 1643 pour se rendre à Macao; bien reçus d’abord, les Anglais virent augmenter ensuite les droits dans une proportion énorme. D'ailleurs la conquête de la Chine par les Tartares arrêtait tout commerce. En 1658, deux navires anglais, le King Ferdinand et le Richard and Martha arrivèrent à Canton, mais les demandes des fonctionnaires chinois furent tellement exagérées, que les Anglais plutôt que de payer les droits formidables qui leur étaient demandés préférèrent lever leurs ancres et s'enfuir subrepticement. Cette conduite leur causa le plus grand tort aux yeux des Chinois. Les Anglais ne semblent pas avoir eu la moindre compréhension de ce qui se passait en Chine en témoignant de leur hostilité vis à vis du conquérant tartare; leurs négociants qui voyaient les Chinois maîtres du littoral et par conséquent du commerce, par une politique d'intérêt immédiat les soutenaient sans se rendre compte que daus un avenir rapproché ils auraient à tenir compte du Mandchou dont la maitrise totale de l'Empire n'était plus qu'une question de temps.

En 1664, la frégate Surat commandée par Robert Grosrs, ayant à bord les subrécargues Francis Farrer, Robert Hopper et Francis

1) R. Montgomery MARTIN, China, II, pp. 6—7.

2) Court Minutes 1635—9, p. 294.

FLiercuer arrivèrent à Macao où les Portugais leur causèrent toute espèce de difficultés, leur réclamèrent un droit de 6°, pour la ville et les droits de mesurage pour le Ang Ferdinand et le Richard and Martha; de plus ils refusèrent aux Anglais l'autorisation d'établir une factorerie à Macao. De guerre lasse, au bout de cinq mois, les Anglais rembarquèrent leurs marchandises. Il est bon de remarquer que depuis 1640, le Portugal avait recouvré son indépendance.

Peu heureux dans le sud de la Chine, les Anglais résolurent de profiter des succès du pirate Koxinga qui ayant chassé les Hollandais de Formose tenait tête aux Mandchous et occupait Amoy où la Compagnie des Indes établit une factorerie; en 1671, les navires Æxperiment, Return et Zant furent envoyés à Formose où on leur réclama des armes et des munitions. Les Anglais ne restaient d’ailleurs pas inactifs sur les autres côtes; en 1671, la même année, ils envoyaient le Bantam Merchant et la Crown en vain à Nagasaki; le 25 juin 1672, W. Gyrrorp atteignit l'embouchure de la rivière du Tong King avee la frégate Zant où plus tard il fut remplacé par Benjamin SanGzr; le dernier chef de cet établissement qui n'eut qu’une durée éphémère fut Keeling. La guerre éclatait avec la Hollande en 1672 et l’Experiment était capturé sur les côtes de Siam. D'autre part, les Anglais avaient pu espérer un instant que les rebelles leur céderaient Formôse. Benjamin Deraune fut placé à la tête de la factorerie d'Amoy et T'ai Wan fut mis en septembre 1678 sous sa dépendance. Malheureusement pour eux les Mandchous reprirent Amoy et les Anglais furent obligés d'évacuer leur établissement. Ailleurs, après avoir souffert en 1677 d’un massacre à Bantam, ils perdaient en 1682, ce comptoir pris par les Hollandais et étaient obligés de transférer la direction de leur commerce à Bombay et à Surate, en attendant qu'ils puissent s’installer à Canton. Mais après la défaite définitive du fils de Koxinga,

les Portugais avaient acheté le monopole du commerce dans ce port,

Factorerie d’Amoy.

Defence (1689).

aussi lorsqu'en 1682, le navire anglais le China Merchant avec le subrécargue Gosrricnr y arriva, lui fut-il répondu qu'il y avait entre l'Empereur de Chine et le Portugal un accord ne permettant de commercer avec aucune autre nation européenne. D'ailleurs le bruit étant répandu que les Anglais avaient favorisé les entreprises de Koxinga et de Teheng King, les jonques mandchoues capturaient les barques chinoises qui communiquaient avec eux tandis que les vaisseaux de guerre portugais faisaient la chasse aux navires anglais de commerce, Des essais de commerce à Lamptan et à Tempa Kebreda ne furent pas plus heureux ?).

Quand les Mandchous reprirent T'ai Wan en 1683, il s’y trouvait encore deux Anglais; l’un, ANGIER, alla mourir à Amoy, l’autre, Lroyn, versa 3090 taels au général tartare Sego, sauvant ainsi sa vie, mais il n’en fut pas moins l’objet de mauvais traitements et il fut obligé de fuir à la première occasion favorable. ?).

En 1685, théoriquement tous les ports de l’Empire farent ouverts librement au commerce étranget® par l'empereur K’ang Hi, mais les taxes et les restrictions des autorités locales à Canton n'ayant pas été supprimées, pas plus que l'opposition des Portugais n'ayant cessé, les difficultés continuèrent. Cependant en 1689, les Anglais essayèrent avec la Defence de profiter des avantages de la liberté du port à Canton. Après avoir attendu trois semaines, un mesureur vint à bord et commença à mesurer le navire de l'avant à l'arrière, mais moyennant argent il consentit à ne prendre les

mesures que du mât de misène au mât principal. Les Chinois de-

mandèrent 2484 taels qu'on leur refusa; puis au bout d'une se--

maine, ils se contentèrent de 1500 taels dont 300 pour les fonctionnaires mandchous. Une rixe ayant éclaté entre les matelots de

la Defence et quelques indigènes, quelques Anglais furent tués, le 1) D. BouLcEr, Asiatic Quart. Rev., 1, 1886, p. 197, 2) D. BouLcer, L. €.

ovranONÉ

pi

ue

médecin fut blessé mortellement, mais un des Chinois ayant été également tué, les fonctionnaires exigèrent une somme de 5000 taels, ayant refusé les 2000 taels offerts par le capitaine Hgaru ?).

Une concurrence fut faite à l’Ol4 Company par la création par une charte de GuiLLaumEe III, du 5 septembre 1698 de The ÆEnglish Company [ou The General Society] trading to the East Indies, qu'on désigne ordinairement comme The New Company dont le Conseil se réunit pour la première fois le 7 sept. 1698 à Mercers” Hall et choisit ses Directeurs parmi lesquels se trouvaient Sir Theodore Jansen et Sir W. Scawen; plus tard les réunions du Conseil se tinrent à Skinners’ Hall, dans Dowgate, jusqu’à la réunion avec l'Old Company ?).

De la réunion en juillet 1702 de la Vieille et de la Nouvelle Compagnie a été formée en 1708—9, The United Company of Merchants of England trading to the East Indies, appelée généralement The Honowrable East India Company qui dura jusqu’à la suspension de son privilège en 1858.

Le 23 novembre 1699, Allen CarcnpooLe était choisi par la «New Company” pour être son Président en Chine; en même temps il était muni d’une commission le nommant Ministre ou Consul du Roi pour la Nation anglaise. Il devait se rendre dans le nord de la Chine et négocier l'établissement d’un comptoir pour la Compagnie soit à Liampo (Ning Po), soit à Nan King; toutefois on lui laissait toute latitude pour s'établir ailleurs dans le cas où il ne réussirait pas à obtenir l'autorisation de s'installer dans l’une de ces deux villes. Le 11 octobre 1700, il arriva avec la frégate Æaton aux Chousan où Goucx, venu d'Amoy, avait commencé à construire une factorerie. Les Anglais furent expulsés des Chousan en 1702, ce qui n’empêcha pas Catchpoole d'y retourner deux fois. Il quitta

1) M. Martin, China, IL, p. 9.

2) Sir G. BiRpwoon, Report, p. 14 n.

English

ompany.

Allen Catchpoole.

Chousan pour Poulo Condor en Mars 1703; l'ordre lui fut donné de transférer la factorerie de cette île à Bandjermasin, mais il arriva trop tard, Catchpoole avait été massacré le 3 mars 1705 à

Poulo Condor par la garnison Macassar !).

: L] 1) D. BouLcer, Asiatic Quart. Rev., III, 1887.

— re + -

1. — Berthold Laurer. — The Vigesimal and Decimal Systems in the Ainu Numerals with some Remarks on Ainu Phonology — Reprinted from the Journal of the American Oriental Society, Vol. 37, pages 192-—208, 1917, in-S.

IL — ——. — Origin of Tibetan Writing. — Reprinted from the Journal of the American Oriental Society, Vol. 38, pages 34—46, 1918, in-8. |

IL — ——. — Totemic Traces among the Indo-Chinese — Reprinted from The Journal of American Folk-Lore, Vol. XXX, No. CXVIII, Oct.-Dec. 1917, in-8.

IV. — ——. — The Language of the Yüe-chi or Indo- Seythians. Chicago, 1917, in-8, pp. 14, 50 copies printed for the Author. |

V. — ——. — The Reindeer and its Domestication. Reprinted from the Memoirs of the American Anthropological Association, Vol. IV, No. 2, 1917, in-8, pp. ch. 91 à 147.

VI — ——. — Origin of the Word Shaman. Reprinted from the American Anthropologist (N. S.), Vol. 19, No. 3, July-September 1917.

L. — Dr. Laufer ne trouve aucun rapport entre les onze sons qu'il relève dans le Aïno de Sakhalin et ceux des langues auxquelles il a été comparé: altaïques, indo-européennes, sémitiques ou basques; suivant lui, l’Aino est actuellement une langue isolée; ses congénères,

si ils ont jamais existé, ont disparu depuis longtemps.

IT. — Les Annales chinoises de la dynastie des T'ang (618—9Y06 ap. J.C.) rapportent que les anciens Tibétains (7“*ou fan) n'avaient aucune écriture mais qu'ils se servaient de tailles et de cordelettes à noeuds (quippus); ce fait a trait, dit Dr. Laufer, à la population en général, mais non au gouvernement de Lhasa, car eu continuant la lecture des Annales on trouve une preuve suffisante de l'existence d’une certaine forme d’écriture comme moyen de communication officielle, dès l'époque de Srong btsan sgam po au VII® siècle. D'après la tradition tibétaine, ce prince envoya en 632 T'on mi ou ‘T'ou mi, fils de A-nu, honoré plus tard par le surnom de Sarnbhota, aux Indes pour étudier le Sanskrit et la littérature bouddhiste et amasser des matériaux pour la formation d’un alphabet adapté aux langues du Tibet; à son retour à Lhasa, il forma deux alphabets tibétains, l’un «avec des têtes» (bdu an) d'après l'écriture Läñca, et l’autre «sans têtes» (dbu med) d'après les caractères Wartula; ce système d'écriture nationale aurait été créé entre 630 et 648. Le but de l'article de Laufer est de combattre la théorie de A. H. Franoke, acceptée par HoëRNLe, que la tradition tibétaine est sans valeur et que l'écriture de ce pays tire son origine de Khotan.

IIT. — Cet article est consacré à des traces de totem parmi les Indo-Chinois à propos de l'article de Henri Masrero, De quelques interdits en relation avec les noms de famille chez les Taï Noirs, paru en 1916 dans le Bulletin de l'Ecole française d'Extréme-Orient.

IV. — Les Yue Tche n'étaient ni des Tibétains, ni des Goths (Klaproth), ni des Turks, mais différaient des Hioung Nou, et suivant les Chinois étaient des Hou, des Iraniens; dans cet article, Laufer examine les quelques restes de l'ancienne langue Yue Tche, avant la fondation de l'empire Indo-Scythe. Le Yue Tche fait partie du groupe Scythe, Sogdien, Ossète et Yagnobi; il diffère du

Tokharien dont le mot a un caractère strictement européen, tandis

BULLETIN CRITIQUE. 231 que le mot Yue Tche à un caractère Scythe-[ranien; les deux langues forment deux groupes distincts des langues indo-européennes. Ce mémoire n'est d’ailleurs qu’un travail préliminaire.

V. — Ce mémoire important est consacré à l’étude de la domestication du renne d'après les sources chinoises et il se pose les trois questions suivantes: à quelle époque remonte la première domestication; quel en était le centre et comment s’est-elle développée; enfin quel fut le procédé de la domestication primitive. Le renne domestiqué appartient à l’ancien Monde non à l'Amérique; la plus ancienne référence au renne apprivoisé d’après des sources occidentales se trouve dans la relation du Norseman Ohthere à l'époque du roi Alfred; le renne domestiqué fut adopté des Samoyèdes par les Lapons probablement au XI° ou au XII° siècle. Laufer nous parle de l’élevage du renne par les Wou Houan .Él ÂL lorsqu'ils s’établirent au S.E. du Baïkal.

VI. — L'auteur conclut: «It is obvious that the word $aman has now legitimately secured an absolute and irrevocable decree of divorce from its pseudo-mate çramana, samana, or $a-men, and that this mis-mated couple cannot live together any longer. Tungusian saman, $aman, æaman, ete., Mongol $aman, Turkish Æam and xam, are close and inseparable allies grown and nourished on the soil of northern Asia, — live witnesses for the great antiquity of the

shamanistie form of religion ».

Hs C:

Emmanuel TRONQUOIS,

Victor Emmanuel Virgile TRoNQuoIS, né le 18 novembre 1855, après avoir suivi les cours de l'Ecole des Langues Orientales, poussé par une irrésistible vocation, se rendit à ses frais au Japon où il compléta et approfondit ses études sur la langue et la littérature japonaises; il avait un véritable talent de calligraphe: il entra tardivement dans les services auxiliaires de la Légation de France à Tokyo (5 octobre 1895—1"% mars 1896); nommé interprète de deuxième classe, le 29 décembre 1900, il fut tour à tour gérant de la chancellerie (16 fév. 1901) et interprète-chancelier à Yokohama (29 mai 1901); à la disposition (à dater du 27 nov. 1901), 1* déc. 1904; en disponibilité (à dater du 26 nov. 1905), 1* fév. 1906, il fut rappelé à l’activité et chargé des fonctions de deuxième interprète à Tokyo (1” juillet 1906), il fut nommé interprète de première classe, le 1° juillet 1906; à la disposition le 24 avril 1909, en disponobilité, le 25 avril 1910, Tronquois rentra en France et vécut dans la retraite à Palaiseau, près de Paris. Il avait un instant songé à briguer la succession de M. Léon de Rosny à l'Ecole des Langues orientales; il avait jadis été candidat à la chaire de Chinois du Collége de France, lors de la mort du Marquis d'Hervey Saint-Denys. Tronquois souffrant depuis quelques mois, s'est éteint à Bourg-la-Reine (1918). Il a donné du Handbook of Colloquial Japanese de Basil Hall Chamberlain une traduction française qui a été autographiée en 1904 à Yokohama. H. C.

Arthur Evans MOULE FL nÿ fi.

Nous apprenons la mort à l’âge de 82 ans, le 26 août 1918, à Damerham Vicarage, près de Fordingbridge, du Rév, Arthur Evans MouLe; il était né le 10 avril 14836, à Fordington Vicarage (Dorset) dont son père Henry Moule, dont il était le sixième des sept fils fut, vicaire pendant cinquante ans; élevé dans un collége de Malte, il entra à Islington dans la Church Missionary Society et il arriva à Ning Po avec Mrs. Moule en août 1861, à l’époque de la rébel-

hinios -

lion des T’ai P'ing; en 1881, il fut nommé archidiacre de Mid-China, avec résidence à Chang Haiï; il rentra définitivement en Europe en 1908 et fut nommé recteur de Burwarton-with-Cleobury North (Shropshire). Nous indiquons les principaux ouvrages de ce laborieux missionnaire. 1) H:«6:

Marcel MONNIER.

Nous avons appris avec le plus vif regret la mort de ce voyageur distingué qui alliait à l’élégance du style ia finesse de l'observateur. Né à Paris, le 8 février 1853, maître d’une fortune indépendante, après avoir essayé du théâtre ?), Monnier commença ses longues et lointaines pérégrinations à travers le monde qui le conduisirent dans le Pacifique aux Iles Hawaï), dans l'Amérique du Sud #) et en Afrique5). Au cours des années 1895 et suivantes, il entreprit pour Le Temps une série d’explorations en Extrème-Orient et en Asie centrale qu'il a contées sous forme de lettres qui obtinrent le plus vif succès adressées à ce journal avant de paraître en deux volumes) qui furent couronnés par

1) Kông-ka-Di-ik-peng. Sermons, Vol. I, pp. viu—89. Ning po, 1866.

Recueil de cinq sermons publiés aussi séparément.

— Four Hundred Millions. Chapters on China and the Chinese. London, Seeley, Jackson & Halliday, 1870, in-8, pp. 230.

— Twenty-five years in East and West. A paper read before the Shanghai Literary and Debating Society November 13, 1885. Shanghaï, 1885, br. in-8, pp. 12.

— Reminiscences of Mission Life in China, 1861—1890. (CAinese Recorder, XXI, March 1890, pp. 97—198).

— New China and Old. — Personal Recollections of Thirty Years. (1bid., XXIIT Aug. 1892, pp. 367—9).

— New China and Old..... With thirty illustrations. Third Edition revised and enlarged. London, Seeley, 1902, in-8, pp. xx—322.

— Chinese Stories, 1880.

— The Glorious Land, 1891.

— Young China, 1908.

— Half a Century in China. Recollections and Observations. London, Hodder and Stougbton, s.d. [19117] in-8, pp. x1r—343.

— The Chinese People A Handbook on China [With Maps and Illustrations]. London, Society for Promoting Christian Knowledge, 1914, in-8, pp. xrv—469.

2) L'Auberge du Soleil d’or, Comédie en un acte, en vers. Paris, Tresse, 1878, in-12.

3) Un Printemps sur le Pacifique-Iles Hawaï. Paris, Plon, 1885, iu-12. — Nouvelle éd., 1887, in-12.

4) Des Andes au Para. Equateur, Pérou, Amazone. Dessins de G. Profit d’après les croquis et les photographies de l’auteur. Paris, Plon, 1889, in-8, 4 cartes.

5) Mission Binger-France Noire (Côte d’Ivoire et Soudan). Paris, Plon, 1893, in-8 40 gravures.

6) Le Tour d’Asie * Cochinchine, Annam, Tonkin. — Ouvrage accompagné de 38 :

l’Académie française; il n’a jamais terminé un troisième volume qui devait achever son récit, mais il a publié ses Itinéraires). Lors des évènements de 14900, Monnier a publié également dans Le Temps une série d'articles réunis depuis en un volume sous le titre de Le Drame Chinois 8). Depuis quelques années, retiré au château de Jeurre (Jura), il s’y est éteint subitement le 15 septembre 1918. H. C.

Théophile PIRY Hi 42.

Nous avons le vif regret d'apprendre la mort le 28 juin 1918 dans le Morbihan de M. PiRy, Directeur général des Postes chinoises. Il était né à Nantes et appartenait à une famille d’humbles ouvriers de la rue Basse du Château, 2; sa mère était très intelligente et fort pieuse; vers 1865, les habitants de la Paroisse Saint Pierre à laquelle elle appartenait, stimulés par les récits de la Semaine religieuse, s'occupaient beaucoup des missionnaires de la région envoyés dans l’Extrême-Orient et en particulier de l'abbé Van Camelbeke né en 4839, envoyé par les Missions étrangères de Paris en 1863 en Cochinchine où il devint, en 1884, vicaire apostolique et évêque d’Hierocésarée. Le fils ainé des Piry, parti le premier, fit naufrage en Mandchourie et, recueill par la Légation de France à Pe King, entra dans les Douanes chinoises où il fit une longue et honorable carrière, particulièrement à Chang Haï; le cadet, Théophile, entra à son tour dans les Douanes en avril 1874 et arriva au poste de Commissaire en avril 4896; il fut pendant quelque temps «Chinese Secretary» de l’Inspecteur général; enfin, il fut placé à la tête des Postes lorsque ce service eut été rendu indépendant des Douanes. Piry était officier d’Académie du 34 déc. 1886 et chevalier de la Légion d'Honneur du 14 déc. 1900. Sinologue distingué, il a laissé quelques travaux dont nous signalons les plus importants. ?}

gravures d’après les clichés de l’auteur et d'une carte itinéraire. Paris, Plon, 1899, in-8, pp. v—333.

— Le Tour d'Asie ** L'Empire du Milieu — Ouvrage accompagné de 60 gravu d’après les clichés de l’auteur, d’un plan et d'ane carte-itinéraire. Paris, Plon, 1899, in-8, pp. 378.

7) Itinéraires à travers l'Asie levés au cours du voyage accompli durant les années 1895, 1896, 1897, 1898 sur l'initiative et pour le compte du journal Le Temps publiés sous le patronage de la Société de Géographie avec le concours du Ministère de l’Ins tion publique et des Beaux-Arts. Paris, Plon, 1900, pet. in-8, pp. 248.

— Itinéraires... Paris, Plon, s.d. [1901]. Atlas de 28 ff. pet. in-fol.

8) Le Drame chinois (Juillet-Août 1900). Paris, Félix Alcan, 1900, pet. in-8, pp. 173 Ulis nc

9) Le Saint Edit, étude de Littérature chinoise préparée par A. Théophile Piry....»

Shang Haï: Bureau des Statistiques, Inspectorat général des Douanes, MDCCCLXXIX, in-4, pp. xIXx—317.

Texte chinois, traduction et notes.

Vs JE ff Erh-tou-mei ou les Pruniers merveilleux Roman chinois traduit et accompagné de notes philologiques par A. Théophile Piry. Paris, E. Deutu, 1880, 2 vol. in-12, pp. xxI—336, 338.

- A “pr CS f (Ck‘ien chan hui ts‘un) Manuel de langue mandarine ou recueil idéologique en chinois, français et anglais des termes, locutions et idiotismes de la langue mandarine du Nord, par A. Théophile Piry... Texte anglais par M. Charles Henry Oliver, M.A. Professeur au Collége impérial de Pékin. Shanghaï: Presse du Bureau des

Statistiques, Inspectorat général des Douanes maritimes impériales de Chine... 1896, in-4, pp. xxt—958.

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