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Et ce progrès ou ce recul a lieu encore maintenant, parait-il, dans l'esprit de Liang-K'i-tch'ao. Dans les pages suivantes, nous aurons occasion de voir que, la même année 1902, il croyait que le Confucianisme n'était pas une Religion, mais une Doctrine. On dit qu’actuellement ïil soutient le contraire, et qu'il va bientôt faire paraître des livres en ce sens. On devine, dans ces circonstances, les difficultés que rencontre celui qui cherche à connaître un peu les idées de Liang K'i-tch'ao.
Essayons cependant si, par quelque manière, Nous en viendrons à bout.
Liang K'i-tch'ao parle assez souvent de la divinité. Le voie par exemple aux prises avec les divers sens attribués au caractère Ciel dans les livres chinois. Ce caractère, pense-t-il, est de fait susceptible de plusieurs interprétations. Il signifie tantôt un être visible (À R ), tantôt un être invisible (HE R ). L'être visible c'est le firmament. L'être invisible est, ou animé CÆ 5h ), ou inanimé (HE nn ). Celui-ci est, ou le «<fatum» (fn) ), ou la loi naturelle (BY #E). Celui-là est le Maître Souverain (Æ SE ) appellé ailleurs Souverain, Souverain d’en-haut, Esprit, Ciel majestueux, Ciel supérieur (%f*, Æ %f, NN, EX, E X). En ce sens «il contient l'idée d’un tre créateur» !), ou du moins «se rapproche beaucoup du sens que les Religions européennes attachent actuellement au mot Créateur» *). C'est ainsi que, ajoute notre Maître 5), nos livres chinois parlent d’un Ciel, origine des hommes et de tous les êtres, puissant, vivant, scrutateur de ce qui se passe
ici-bas, règle des hommes et des choses, fondement de la morale
») H 8 À à eee GP. I, a, p. 7.
» HF KW. A4 H 06 Éd LE K HE à.
CAPAN, ap e 3) lbid. a, p. 10 et e, p. 28.
et source de la loi naturelle 1). Mais, — «et c’est cela la caractéristique de la Chine», — continue notre auteur, tandis que les autres peuples ont adoré un Ciel distinct des choses, nos ancêtres l’ont toujours adoré au milieu des hommes et des choses» ?).
Toutes les fois qu'il parle de la Divinité, même daus cette phrase: «Jésus s’est appelé Fils du Souverain» ?), il se sert, le plus
souvent, des appellations Ciel (), Souverain (fr), ou Souverain d'en-haut ( ñf ). Parfois cependant il l'appelle Créateur (%£ #4
Æ). Il va même plus loin. Pour couper court à toute équivoque, il écrit: «Le Dieu du Christianisme» — et, cette fois-ci, il ne se
sert d'aucun caractère chinois, mais du seul mot anglais «God», —
«se trouve partout, sait tout et peut tout» 4).
1) Ailleurs, commentant l'expression « volonté céleste » (Æ x) employée par le Philosophe Mei-tse ne F; il dit qu’elle doit-être prise au sens chrétien du mot et non
pas au sens évolutionniste, à la Darwin; en d’autres termes, que ce n’est pas la nature (volonté de la nature) évoluant par ses propres forces, mais la volonté d’un être séparé
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