‹ Tung pao. Toung pao (volume 5)Chapitre 42 sur 54 · PASCATIPD'ETIA · texte numérisé non relu

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l’évolution, elles ne trouveront plus de place au sein de la civilisation de demain. Mais le Confucianisme restera. Pourquoi? Parce qu'il enseigne «ce qui fait que l’homme est homme, que la société est la société et l'Etat est l'Etat». Et tout cela, loin de disparaître avec la civilisation, il ne fera que de plus rapides progrès. On parle beaucoup par exemple actuellement d'éducation vraiment humaine X #7 j), c’est-à-dire qu'on cherche à faire donner à l’enn1 7

fant le maximum de rendement; or, parmi toutes les doctrines anciennes et modernes, chinoises et européennes, aucune n’est plus propre à donner cette éducation humaine que celle de Confucius. «Le Confucianisme donc, dans la forêt des (méthodes) d'éducation morale du monde futur, occupera la principale place». La doctrine de Socrate et d’Aristote est bien loin de valoir celle de Confucius, et pourtant n’elle n’a pas péri: loin de là! A combien plus forte raison le Confucianisme ne périra pas. «J’ose l’affirmer: si le monde en venait au point de n'avoir plus ni gouvernement, ni éducation, ni philosophie, le Confucianisme disparaîtrait, mais si le monde continue à avoir ces trois choses, la grande lumière du Confucianisme ne saura certes pas s'éteindre» !), Cependant ne soyons pas entichés de Confucius, ajoute Liang K'itch'ao, Il y a des gens, qui prétendent y trouver tout ce qu'il y a de plus moderne, en fait de théories et de sciences *). C'est trop. Confucius n’est 1) Voir K. ©. 1, Section 2 24, p. 17.

2) Pourquoi faut-il donc que Liang K'i-tch'ao lui-même s’attire un reproche analogue?

Il aime bien, en effet, en parlant d’une théorie européenne, ajouter: après tout, il y a bien longtemps que nous savions presque tout cela! 11 vient d'exposer, par exemple, l’origine de l'Etat, d’après Mei-tse: cette théorie, ajoute-t-il « ressemble beaucoup à celle de Hobbes, de Locke, de Rousseau et de Kant» (C. P. III, à, p. 62). Plus loin, il trouve que le même Philosophe a parlé du gouvernement religieux, presque dans les mêmes termes que les Catholiques. «Il n'y a peut-être pas une théorie de Meiï-tse, dit-il à ce propos, qui ne

cadre avec le Catholicisme. Les Catholiques parlent du Pape et Mei-tse da Grand Seigneur

(#E +- ). Les deux concordent dans l'esprit et dans la forme. Ce en quoi ils diffèrent,

TE

pas amoindri, lorsque nous disons, qu’il n’a pas eu connaissance de toutes les doctrines, qui se sont fait jour deux mille ans après lui. Est-ce admissible qu’un constructeur de bateau se moque de Socrate, simplement parce que celui-ci n’a jamais voyagé en bateau à vapeur? Serait-il raisonnable de la part de ceux qui ont inventé l'électricité de ne pas respecter Aristote, parce que celui-ci ne s’en est pas servi? !)}. Soyons donc francs: amicus Plato sed magis amica veritas “). Il est impossible de trouver tout chez notre Philosophe, Il n’en reste pas moins grand pour cela. «Oh! que Confucius est grand! oh! que Confucius est grand ! » ?)

Après avoir écarté le Confucianisme, il ne reste que «les deux

grandes Religions du monde » “), le Catholic'sme et le Bouddhisme.

Liang K'i-tch'ao parle très souvent du Catholicisme *). On voit

que cette Religion, loin de le laisser indifférent, l’intrigue profondé-

c’est que le Pape est à vie, et le Grand Seigneur ne l’est pas» (44id., p. 66). Plus loin encore (ibid, b, p. 23), il trouve que Mei-tse avait déjà mis en honneur l'induction, deux mille ans avant Bacon! Kant lui-même croit peut-être à sa géniale originalité quand il dé-

couvre les deux formes de la sensibilité, l'espace et le temps. Qu'il se détrompe! Liang

K'i-tch'ao nous dit qu’elles existaient dejà dans le Bouddhisme! L’une s'appelait Ai Le

ME 2 , et l'autre Ex de JFK IX (C. P. VIII, p. 200). Certaines théories d'Adam

Smith aussi étaient déjà connues depuis longtemps par les Philosophes chinois! ... 1) K. T. I, Section = 2%. p. 16.

= DS FL = x Æ À Da [= BL. «J'aime Confucius, mais j'aime

davantage la vérité» (ibid, p. 18).

3) À 86 Fu F. À 4€ FU Ÿ-. mia. !

4) Ibid., p. 24.

5) Liang connaît peut-être le monument religieux de Si-ngan-fon. Pour désigner le Christianisme il se sert, en effet, le plus souvent de l'expression employée par la stèle «la Religion brillante » = 4: quelquefois il l’appelle aussi «la Religion Européenne » py 7: «la Religion de Jésus » EI E24 ou EI fi 2% ce qui, dans le cas, ne signifie évidemment pas le Protestantisme: parfois aussi, mais très rarement, il emploie:

l'expression employée par les Catholiques, «la Religion du Maître du Ciel” K ea 244 Cfr. C. P. V, a, p. 105 et IX I, d, pp. 41—42.

ment. Mais qu’il la connaît mal, à travers toutes les accusations portées contre elle par tous nos Libres Penseurs, nos Rationalistes et nos Philosophes dévoyés! Liang n’est pas un sectaire, non, mais c’est un homme auquel il faudrait dire: exercez votre raison, faites de la bonne critique, ayez le courage de penser, de penser par vous même et jusqu’au bout, étudiez le Christianisme dans ses sources autorisées, laissez de côté ceux qui le décrient, puis aimez la lumière, toute la lumière, traduisez-la dans la pratique, par vos bonnes moeurs, et vous ne tarderez pas à connaître la Voie qui seule même à la Vérité et à la Vie.

Si nous demaudons à Liang K’i-tch’ao de nous indiquer la caractéristique du Christianisme, il n'hésitera pas à nous dire que c'est l'amour des ennemis, en d’autres termes, la charité poussée au plus haut dégré, et l'espoir d'un royaume céleste, fait tout entier de paix !). La chose est matériellement exacte. Ce à quoi tend le Cbristianisme, en effet, c’est de faire aimer les hommes entre eux, et de les sauver, par les mérites d'un Dieu fait lui-même homme pour eux.

Et Liang K’i-tch’ao ne passe pas sous silence la personne de ce Dieu fait homme. Il a entendu parler de l'origine céleste de /ésus Christ?) de sa nationalité juive ‘), de son sacrifice sur la Croix “),

de son Evangile 5). Il ne s'interdit pas de faire des comparaisons

» DE € A KP KG. A oi dé Au Born

D) KT TE, Section + 2%, p. 13 et 18. Cfr. supra, p. 258, note Le

8) HE A Æ PS M DK. Cr. v à p. 121.

s) HN ÉR 2 RE 2 © p.14, p. 101.

5) Liang K'i-tch'ao doit avoir aussi quelque connaissance de l'Ancien Testament. Il décrit avec admiration la constance et la force de Moïse (qu’il appelle le plus grand homme de l'antiquité), devant les diflicultés des Juifs et des Egyptiens (C. P. I, A, p. 164). Ailleurs il semble vraiment, en parlant de la terre promise, traduire l’expression biblique

«terra lacte et melle manans » DA m4) ff fs e 5 (ibid, 1, B, p. 18; voir aussi

ibid., XA, À, p. 91 et I, À, p. 42).

odieuses entre Lui, Fils de Dieu, et Bouddha, Confucius et Wang Yang-ming '). Il affirme même que la doctrine du Christ ressemble fortement à celle de Mei-tse ! ?).

Il n’ignore päs comment l'Église soit sortie victorieuse des perséeutions des trois premiers siècles *). [l reconnaît l'influence exercée par les Papes sur les couronnes *). 11 sait que ce qui a empêche la civilisation européenne de sombrer, au moment des invasions des barbares, ce fut le seul Catholicisme *). Il sait parfaitement que, si le Christ est né en Judée, les Juifs cependant ne sont pas Catholiques, et que c’est en Europe que la Religion de Jésus s’est ré-

pandue ©), et non pas en Palestine. Lui-même ne s’est pas tenu trop à

J) «Les sentiments (le coeur) et les expressions (les paroles) de M. Yang-ming sont

comme les sentiments et les expressions de Confucius, de Sakya-mouni et du Christ»

Be Up JE & à. A FU 7 AE JE & GE. H + M FL TP Mn JE HE Ed oormrn

2) «Le Christianisme dit que, devant le Souverain d’en-haut, tous sont égaux, sans distinction de gens, honorables ou méprisables, nobles ou vils, apparentés ou étrangers, proches ou éloignés: les hommes sont tous enfants du Souverain d’en-haut. Mei-tse dit que le Ciel fait exister également tous les hommes, qu’il les nourrit également, qu’il les aime également, et qu’il leur fait également du bien. L'idée qui est à la base (de ces deux doctrines) est la même». C. P. III, 4, p. 51.

3) « Lorsque Jésus se montra, les Juifs le maltraitèrent beaucoup. De ses douze apôtres, onze furent exécutés: le douzième fut quatre fois sur le point d’être tué: il en échappa heureusement, mais son courage ne fut nullement abattu. S. Paul l'«abortivus» va partout prêchant la Religion. Ses successeurs souffrirent la mort. Trois siècles après, Constantin se convertissait» K. T. I, Section € p. 10.

4) Ibid, 1. c.

5) « Depuis la chute de Rome, toute l’Europe fut dévastée par les barbares et fut sur le point de disparaître (de tomber dans un état de choses où elle n'aurait plus eu

d'histoire). Ce qui soutint la civilisation, ne tenant plus qu’à un fil, ce fut l'ignorant et

vieil absolutisme de la Religion catholique » ee H# AT ii ll fE D'é HF Xi ASE PS — BR ME AE — ES il © X ÆE 3 1 ©

CRAN -74;p 105:

6) C. P. V, a, p. 121. Liang aime bien se servir de ce fait pour rétorquer l'argument de ceux qui lui disent: Comment se fait-il que le Bouddhisme n’ait pas empêché la ruine des Indes? « Dites-moi, répond-il, où est la Judée, d’où est sortie la Religion catholique ?

Peut-on dire que sa ruine est une preuve pour ou contre l'excellence du Catholicisme? En

274 PASCAE D'ELIA,S. J.

l'écart du Catholicisme, car il nous dit que, se trouvant en Amérique, il allait les Dimanches dans une Église catholique, non pas pour écouter le sermon, mais pour jouir de la paix pendant une ou deux heures !).

Pour lui, les deux dogmes capitaux du Catholicisme sont le jugement dernier eb le ciel. Voici ce qu’il en dit: «Quoique le sens de la Religion de l’Extrême Occident soit très superficiel, cependant on y entend parler tous les jours du jugement dernier et de l’avènemeut du royaume céleste. Cela peut peut-être faire impression sur l'esprit des gens de moyenne ou de basse société, lesquels ainsi u’osent pas faire bréche aux barrières (de la morale)» *). Mais Liang K'i-tch'ao estime que c'est là précisément que se révèle l’infériorité du Christianisme par rapport au Confucianisme et au Bouddhisme!...

La doctrine de l’éme lui semble en eflet très confuse, chez les Chrétiens, J

Voici son argumentation, La sanction admise par Confucius est une sanction palpable: le bien ou le mal d’un homme est cause du bonheur ou du malheur de ses descendants. Celle du Bouddhisme est toute spirituelle, car c’est l'âme seule qui est soumise à l'éternel Kalpa À #] *). La sanction chrétienne voudrait être entre les deux, En effet voici la devise du catholique: «Vie éternelle: Jugement dernier ».

«Que l’âme puisse vivre de cette vie éternelle, soit; mais ce n’est donc plus elle qui ressuscite au dernier jour pour entendre la sentence

tout cas, le fait que les deux grandes Religions du monde ne se soient pas propagées dans leur patrie, et que celle-ci ait péri actuellement, est certes un étrange phénomène entre ciel et terre». K. T. I, Section Te #4, D. 24.

1) C. P. II, p. 106.

2) KA Section + #4, p. à

3) «Le temps qui s'écoule depuis le commencement jusqu’à la fin d’un ciel et d’une

terre (d'un monde) s'appelle 7] Kalps, période» (Wiecer, Textes philosophiques, p. 333).

du Souverain Juge. Que si l’on admet que c’est elle, alors il faut aussi admettre qu’elle vit et meurt avec le corps. Donc le Catholicisme, qui se place ainsi entre le Confucianisme et le Bouddhisme, ne «s’est pas débarrassé des idées superstitieuses des Religions des barbares du temps des Egyptiens», lesquels gardaient des momies en vue d’une vie future éternelle !

Cette même soit-disante confusion dans les rapports entre l’âme et le corps se manifeste aussi, d’après Liang K’i-tch’ao, dans la doctrine du péché originel. Si en effet, dit-il, seul Adam a péché, et si les hommes descendent de lui quant au corps seulement, pourquoi faut-il que la punition de son péché s'étende «à ses descendants de la millionnième génération?» ').

Le sophisme, ou plutôt «l’ignoratio elenchi» est manifeste, en ce qui regarde la resurrection. Jamais les Catholiques n'ont dit, que c’est l'âme qui résuscite. Celle-ci est immortelle; seul le corps ressuscitera. C’est l’homme tout entier, c'est-à-dire le composé d’âme et de corps, qui sera appelé au jugement dernier. Dans l'objection tirée du péché originel, Liang K’i-tch'ao touche à un mystère qui surpasse l'esprit borné de l’homme. Qu'il suflise de lui répondre, que le péché originel est un triste héritage pour les enfants d'Adam, et que, de même qu'ils auraient hérité de ses biens naturels et surnaturels, si leur père était resté innocent, de même ils héritent de son péché, après sa chute.

Liang K'i-tch’ao, en tout cas, ne parle pas seulement du jugement dernier et de la vie éternelle; il dit aussi son mot sur l'enfer. En Amérique, il a eu l’occasion de faire connaissance avec un

certain Monsieur qu'il appelle Tou-wei (?) ÀE Je. «Sa religion,

dit-il, a quelque chose qui attire notre respect! Autrefois les Catholiques

1) K. T. I, Section 27e 24, p. 21.

276 PASCAT'D'ELTA,"S.NJ:

disaient tous qu’au jour du jugement dernier, les bons et les croyants vivraient éternellement dans la plus grande joie, et que les méchants et les incroyants mourraient (sic) dans l’abîme. M. Tou ne parle pas ainsi... Il pense que même les plus méchants et les incrédules se repentiront, au jour du jugement, et iront au ciel tout comme les bons, car la contrition efface tout le mal précédent. D’aucuns font de M. Tou un second Luther !). On ne peut pas savoir...» ?). x" %

Arrêtons là cet exposé sommaire des idées de notre < Buveur

de glace» sur le Christianisme. Demandous-lui maintenant ce qu'il peuse de sa propagation en Chine. Une phrase résume toute son attitude: laissons faire, laissons passer; du reste, cela n'ira jamais bien loin, et puis nous n’y pourrions rien.

Voici ce qu'il pense d’abord du but de la prédication évangélique. «Le Christianisme, en entrant en Chine, a deux buts. L'un est vraiment celui de propager la Religion, l’autre c’est celui de. servir d’amorce aux différents gouvernements, pour violer nos droits. Parmi les Chinois qui embrassent le Christianisme, il y aussi deux espèces de personnes. Les uns sont de vrais croyants, les autres”

veulent se servir des Missionnaires *) étrangers pour résister aux

1) Liang K'‘i-tch'ao est un admirateur enthousiaste de Luther. C’est lui, dit-il, qui depuis le XIV° et le XV° siècle (sic) a sapé la vieille religion, a largement ouvert la porte de la liberté de pensée, et a fait sortir un nouveau ciel et une nouvelle terre, après que le Pape et l'Empereur s'étaient partagé le temporel et le spirituel de toute l’Europe! (C. P, I, A, p. 68—69). C’est lui qui a fait le bonheur de l'humanité! (ibid., p. 38—39). Il a fait pour la vieille Religion ce que Bacon et Descartes ont fait pour la vieille Philosophie, Smith pour la vieille science sociale, Rousseau pour la vieille politique, Montesquieu pour le vieux droit et Copernic pour la vieille astronomie! (ibid, p.103). Voir aussi idid,, pr. 78.

2) C. P. XII, pp. 149—152.

3) Les Missionnaires ne jouissent pas toujours, dans les oeuvres de Liang K'i-tch'ao, de

la même appellation. Lei, il les appelle « Lettrés pet D 44 nm expression actuellement courante; ailleurs « Bonzes » fe 43: ° , dit-il, «les Missionnaires catholiques,

tout comme les bonses, ne se marient pas» (C. P. 1, A, p. 38); ailleurs encore, il les

appelle « Pères » A (ibid., p. 143).

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Mandarins !). Dans ces conditions, faut-il s’opposer à la propagation du Christianisme? Liang K'’i-teh’ao pense que ce n’est ni nécessaire, ni utile, ni opportun.

Et d'abord «à quoi bon craindre le Christianisme comme un tigre?». «Quel mal, en effet, peuvent nous faire les croyants sincères? Ne méconnaissons pas les vraies qualités du Christianisme ». Puis, après tout, «evoilà déjà plusieurs siècles qu'il est entré en Chine, et rares ont été les gens des hautes classes qui l'ont embrassé » ?). Il est done évident que le Christianisme «n’est pas assez puissant pour changer notre pays». D'autre part nous n’arriverons pas, par le simple fait de protéger exclusivement le Confucianisme,

à éviter que les autres pays n’empiètent sur nos droits. Même alors

1) K. T. I, Section + 2%, p. 14.

2) Cette même thèse se trouve énoncée en plus d'un endroit des oeuvres de notre Maître. Elle n’est pourtant ni aussi vraie ni aussi absolue qu'il le croit. Lui-même p. e. il parle quelque part d’un grand lettré des Ming appelé Ti Tche-tsao

(Æ 2 HE). Suitil qu'il fut ln dernière conquête du P. Ricci, qui lui donna le nom

de Léon, au saint Baptème? Et ce ne fut pas le seul de cette catégorie gagné à l'Evangile. L'histoire de l’Eglise de Chine parle, en effet, des lettrés Li T’ien-king (Æ 5. ke), Fong

r-kine (YEE = {iu T’ai- H E œ Ki- Iog-king ( {HE RE Du ), Kiu Tai-sou CE he 5) ou Docteur Thomas, Yang Ki yuen he 7H LD) ou Docteur Michel, Michel Tchang (HE SL), Siu Koang-k'i

Â& Y- FX) ou Docteur Paul et d’autres encore connus pour des Chrétiens profondément touchés par la grâce de Jésus-Christ. Bien plus, l'Evangile pénétra même à Ja cour. Plusieurs femmes du palais furent baptisées par des Eunuques chrétiens: trois sur douze du 1° ordre (Agathe, Hélène, Théodora), plusieurs du 2"4 ordre (Lucie, Secunda, etc.) près de 50 des ordres inférieurs. On sait que l’Impératrice Mère du dernier Empereur des Ming, Yong-li (A BE), était Chrétienne (Impératrice Hélène), et qu’elle avait converti aussi l’Impératrice Mère, Marie, l'Impératrice Anne et le Prince héritier Constantin. Elle et le Chancelier Chrétien Achillée P'ong écrivirent au Pape Innocent X en 1650 par le P. Michel Boym S.J. pour lui demander d'envoyer un plus grand nombre de Missionnaires Jésuites. Puis, sous les Ts'‘ing, on n’ignore pas la grande influence qu'eut le P. Schall sur Chouen-tche NE Ve auquel il expliquait le décalogne et lisait la vie de Notre Seigneur ou des Saints. K‘ang-hi lui-même fut sur le point d’adhérer à la Religion Chrétienne.

Sur tous les grands lettrés chrétiens de la première heure, on ne peut consulter rien de mieux que les deux beaux volumes excessivement intéressants des Opere Storiche del P. Matteo Ricci S. 1. édite... dal P. Pietro Tacchi Venturi S. I. Vol. I, 3 Commentar) della Cina; Vol. IT, Le lettere dalla Cina-Macerata: Giorgetti, 1911, 1913.

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le Christianisme pénétrera chez nous ')}. Quand notre gouvernement sera assez fort, oh! alors nous imiterons Gladstone donnant l’égalité des droits à l'Église d'Irlande ou Bismark et Cavour mettant des restrictions dans la pratique de la Religion des «ultra montains » *).

Mais en outre, s'opposer à la propagation du Christianisme, n'est-ce pas s’attirer sur les bras de grosses difficultés diplomatiques? A T'ien-tsin, la cause d’une Église fit demander la tête du Préfet et du Sous-préfet. Le massacre de deux Missionnaires nous fit perdre ecent li de terrain» à Kiao-tcheou et l'influence de toute une Province. En 1900 le meurtre de quelques dizaines d’Européens nous attira des difficultés sans nombre: des soldats de onze pays différents se levèrent contre nous, et nous fûmes obligés de nous engager à payer une indemnité de 500.000,000 de taëls *). Soyons donc prudents, et si nous ne voulons pas commencer à connaître les horreurs des guerres de Religion, qui ont fait tant de ravages en Europe, défendons la liberté de conscience et n’imposons aucune Religion, «Cherchons le progrès de la science, l’uniformité de la pensée et ne nous ligotons pas nous-mêmes avec le dernier moyen de tous, la Religion» *).

Par ailleurs, «les doctrines chrétiennes ne sont pas assez profondes pour pouvoir pénétrer dans les dix mille êtres et former tous les vivants», et puis «il y a longtemps déjà que le Catholicisme est aux affections de notre peuple comme un morceau de bois carré est à un trou rond»°), Done, pour toutes ces raisons, laissons faire,

laissons passer.

1) K. T. I, Section ES 4, pp. 15 et 17.

2) Ibid., p. 14.

3) K. T. I, Section = 74 p. 17. Ce chiffre est un peu arrondi. En réalité l’indemnité consentie par Ja cour impériale, à la suite des troubles des Boxeurs, fut de 450.000,900 de taëls, la valeur approximative du taël étant alors de 3 f. 60. Cf. Zfudes religieuses, 1901, Tome 89, p. 100.

GYKTAE Section à %, p. 19.

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