‹ Tung pao. Toung pao (volume 5)Chapitre 45 sur 54 · HE IE · texte numérisé non relu

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. P. XI, B, p. 147.

tères héréditaires en effet ne sont que ce qu'il y a de plus grossier en fait d'esprit: en vertu de cette doctrine, le bien ou le mal fait par nos ancêtres est étroitement lié avec nous, car il nous a été transmis par hérédité. La science actuelle n’est donc pas en oppo- -sition avec la manière de voir du Bouddhiste,

Il n’est pas possible de passer en revue tous les autres systèmes philosophiques, d'autant plus que tous disent à peu près la même chose.

Nous pouvons donc conclure: «Tous nous mourrons, mais nous ne mourrons pas entièrement». Et voilà pour la première partie de la thèse,

La seconde s’énonce ainsi: <ce qui mourra sera notre individualité: ce qui ne mourra pas sera notre collectivité». Distinguous en effet le moi () et le lui (ff): subdivisons ensuite l'un et l’autre. «Moi, en effet, j'ai un grand moi (À %) et un petit moi (2f #), de même que lui a un grand lui (K {&) et un petit lui (2 fK). Qu'est ce que le grand moi? c'est ma collectivité ( e 47 de HE #4). Et qu'est-ce que le petit moi? c'est mon individualité (k Le fi ju EL 44). Qu'est-ce que maintenant le grand lui? c’est l'ensemble des éléments matériels que contient mon corps, c'est l'enveloppe corporelle ( fi dr Di 4 Mg ER tb ÉN LE 5%). Qu'est-ce que le petit lui? c'est chaque partie (viscères, sang, molécules) des éléments matériels

contenue dans mon corps (k fi] de fr À D} F4 € # 22) +

À 1H). Si le petit lui ne meurt pas, il est impossible de faire

subsister le petit moi: et si le grand lui ne meurt pas il est impossible de conserver le grand moi. Si en effet les éléments matériels de mon corps s'arrêtaient sans changer, en un instant, il s'en serait fait de ma vie. Or de méme que le sang et les autres

éléments corporels sont des parties qui forment mon corps; de même

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mon corps, dans la société, est une partie qui forme cette même société. Le sang doit périr pour être utile à mon corps et mon corps doit aussi mourir pour se rendre utile à la société, Et cette obligation diffère des autres obligations, en ce qu’on ne peut pas s'y

soustraire.

Yang-tou (#5 PF) dit: «Les grands hommes de l'antiquité sont morts, mais leur esprit s’est largement répandu dans la société d'alors .et dans celle qui est venue après eux. Confucius est mort, mais l'esprit de tous les adeptes de la Jou-kiao (Religion des lettrés) est bien son esprit. Sakya est mort, mais l'esprit de ses fidèles est bien son esprit aussi. Confucius est mort par rapport à la Chine, mais il vit par rapport au Japon. Sakya est mort par rapport aux Indes, mais il vit par rapport au Japon. Car ce qui est mort, c’est leur corps et leur âme inférieure (ÉB ); ce qui vit c’est leur esprit. Allons plus avant. Tous ceux qui parlent actuellement de république, estiment Washington, ceux qui parlent d’exploits militaires estiment Napoléon; Rousseau est loué par les tenants des droits de l’homme, Darwin par les Evolutionnistes sociaux. Car depuis que le monde a possédé Confucius, Sakya, Washington, Napoléon et Darwin jusqu’à maintenant, leur esprit s’est transmis dans je ne sais combien de millions d’autres Confucius, Sakya, Washington, Napoléon, Rousseau et Darwin qui ont formé ce joli monde actuel.... Comment cela? Simplement parce qu’on emprunte le corps des hommes à venir pour lui faire porter l'esprit du moi qui passe. Mon corps a une fin, mais le corps des hommes à venir n’en a pas. C’est pourquoi mon esprit et celui des hommes futurs sont intimement liés et progressent mutuellement. Si l’on n'arrive pas au dernier jour du monde, à la cessation des générations humaines, il n’y a pas de jour de

mort pour cet esprit. C’est magnifique! Vraiment l'esprit humain

peut ne pas mourir »,

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