‹ Tung pao. Toung paoChapitre 108 sur 261 · IX° DYNASTIE · texte numérisé non relu

IX° DYNASTIE

Jaya Paramecçvaravarman ]

Bhadravarman II Rudravarman III 6) Wang Ngan Che, ax Vu'o’ng-an-Thach Æ L/2 4 : C£, sa biographie. So Che CCCXXV 3la à 324.

7) Les textes annamites lui attribuent ces paroles: ,Le Giao Chi a été vaincu par le »Champa, ses troupes ne s’élèvent pas à dix mille hommes; on peut compter les jours

nécessaires pour en faire la conquête”. WsZ II 2046. An XII 5a. Sainson 453. T{ III 8e. 8) K'in Tcheou, an Khäm Châu &X Ÿf . 9) Lien Tcheou, an Lièm Châu Bt PH (ils disent ordinairement Châu Lièm).

10) « Huitième année Hi-Ning, onzième lune, jours Wou Yin D" FA et Kia Chen FA FH Song Che XV 434.

11) « Neuvième année Hi Ning, première lune, our Wou Chen K x. Song Che XV 43a.

ville de Yong Teheou ‘), après un siège de plus de quarante jours ?).

Chen Tsong alors charge Kouo K'ouei*) de la direction des troupes et donne l'ordre à ses tributaires, le Champa et le Cambodge, d'attaquer de concert le Pai-Viét par le Sud.) Le rescrit impérial fut présentée à Harivarman par un petit officier qui rapporta la nouvelle que le Champa avait déféré aux ordres qui lui étaient donnés °) et avait envoyé 7.000 hommes garder les passages difficiles ©).

Il est difficile de démêler ce qui survint alors. Si les textes annamites disent Kiên Du'ce vainqueur,’) les textes chinois n’en relatent pas moins le succès de leurs armes. ©) Il est probable que, peu désireux de se compromettre, Harivarman, attendant les évènements, n'avait pas fait sortir ses troupes des «passages difficiles» où il les avait cantonnées. Incertain du succès, il adressa, l’année suivante, le tribut régulier à Kién Du'ce°) en même temps qu’à

Chen Tsong. !°)

1) Yong Tchcou ax U’ng Châu fi Ph :

2) Vs II 206 21a. An XII 4a. Sainson 451. Sk IIL 146. T4 1II 86. Cm III 364, 374.

3) Kouo K’ouei az Quâch Qui EL a . L'armée avait été jusque là commandée par Tchao Sie, an Triéu Tièt ie A qui conserva le vice-commandement. Sorg Che XV 4&Ra et CCCXXXII 532 (biographie de Tchao Sie).

4) «En neuvième année, à la deuxième lune, il est envoyé l'ordre au Champa et au «Cambodge d’attaquer ensemble le Giao Chi» Song Che XV 43a. 5% III 164 Té 946. Cm IT 284 4.

5) Aucun texte Khmer ne nous permet de démêler si Harsavarman III (1079—1090), qui règnait alors au Cambodge, se conforma aux ordres reçus. MasPERo. Empire Khmer 41. Moura Cambodge 1 473. Francis GARNIER Voyage 1 135. AYMonNIER Cambodge III 508—508.

6) Song Che CCCCLXXXIX 27a. C’est probablement à cette occasion que Harivarman, au huitième mois, envoya le tribut à l'Empereur. Sorg Che XV 436.

7) Vel III 2146. 54 III 1646 17ab 13a. Tt III 946. Cm LUI 38ab, 394 b.

8) Song Che XV 436. Wen hien l'ong kao XXIV ZE JAM 406. Méridionaux 334 et 235. Le Tckl IV 10a 6. Sainson 221—223 rédigé d'après des documents chinois donne également ceux-ci comme vainqueurs.

9) « Deuxième année Anh Vo Chiêu Thäng re nu 4 FF, en hiver» 1077. Vsl II 215.

10) « Dixième année Hi-Ning, douzième lune, jour n 3 +, nouvelle lune, le Champa «présente des éléphants domestiques». Song Che XV 435.

Il lutta contre le Cambodge, battit à Someçvara une armée Khmer, commandée par le prince Cri Nandanavarma deva, puis, chargea son frère cadet, le prince Pañ, Général en Chef «qui sur- «veille les amis et les ennemis du roi Harivarman» !) de poursuivre la victoire. Celui-ci pénètre sur le territoire Cambodgien, s'empare de la ville de Çambhupura,?) y fait un grand nombre de prisonniers Khmers et un riche butin qu’il offre au temple de (riçänabhadreçvara. *)

Désormais à l'abri de toute agression extérieure, Harivarman s'efforce à relever les ruines qu'avaient accumulées dans le royaume invasion étrangère et guerre civile. Il rétablit les édifices et la cité de Champa *) qui avait été abandonnée de ses habitants à la suite de la guerre.‘) «Et la cité de Champa et tous les édifices furent «riches comme par nature, ornés, jeunes, nouveaux».f) Il charge son frère, le Prince Pän, du même travail dans l’intérieur. Celui-ci alors <réédifia les temples dans les diverses provinces (pramäna) «du royaume de Champa. Il donna toutes les possessions utiles au «service des Dieux, avec les serviteurs des temples: danseurs, musi- <ciens, comme autrefois. Il rétablit les sâlâs, les cellules, les ermittages, dans les diverses provinces du royaume du Champa. Il fit «construire des sàlâs. Il donna l’eau et la nourriture aux différents

sanctuaires pour durer éternellement. 7) Puis il ordonna aux gens

1) Mi-So’n 94 B. Finor 941—43.

2) L’actuelle Sambor sur le Mékong. Cf. Maspero. Empire Khmer 28,

3) Mi-So’n. Mont E,, 95. Pilier A. c# Yuvaräja, prince Pän, frère de Harivarman Il. Fixor IV 943 xv.

4) La «cité de Campä», est ici Indrapura. Elle était restée, bien qu’abandonnée depuis longtemps comme capitale à cause de sa proximité de la frontière [supra] la «ville par excellence», à cause sans doute de traditions antiques, du voisinage de l’ancien temple de Bhadreçvara, devenu Criçanabhadreçvara, et de tous ceux qu’au cours des siècles, les rois y avaient ajoutés.

5) Po Nagar de Nhatrang. Tour Nord. 30: Piédroit Sud A, c4. Aymonier. 33.

6) Mi-So’n. Mont D,. 90, Stèle. B. 4 Finor IV 933xtr.

7) ibid. Bin.

«de Siñnhapura de faire des sanctuaires, de construire des maisons, «de faire des sacrifices perpétuels, de relever les chapelles, de rétablir «les routes tout comme précédemment».!) Enfin l’un et l’autre «donnèrent tous leurs soins à «restaurer le temple de CÇriçanabhadrec- «vara». Il avait été <pillé» et c«dépouillé» de «tout ce que les «rois d'autrefois avaient placé par fondation dans le domaine de «Çriçänabhadreçvara; toutes les richesses et les hommes du dieu: «danseurs, musiciens, serviteurs, avaient été emmenés en captivité, «et il était demeuré vide et privé de culte.» *) «Sachant que le dieu <(riçauabhadreçvara est le Dieu Paramecvara visible en ce monde, et voyant Oriçanabhadrecvara dépouillé de toutes ses possessions à «la suite de la guerre»,*) le prince Päñ <le restaura ainsi que «tous les temples que les rois d'autrefois avaient donnés au domaine «de Çriçänabhadrecvara. Il releva les tours, les chapelles, les arcades «et les différents édifices dans le domaine de Criçanabhadrecvara et «il les fit parfaitement beaux»). Harivarman, en 1080,5) «vint «adorer le dieu avec piété et lui donna tout le butin pris à Someçvara, «des objets divers, tels qu’un koça d’or orné de quatre visages, «pourvu de toutes sortes de joyaux, diadèmes, parures, colliers, puis «des hommes de diverses sortes: serviteurs et servantes, et des bœufs, «buffles et éléphants ».

Harivarman III sut, en somme, donner à son royaume la paix et la prospérité, et, c’est à bon droit qu’il peut se glorifier «d’avoir «rendu au royaume de Champa son ancienne splendeur» ©). Ce fut «un grand roi, l'ambassadeur qui vint, en 1076,°) présenter de sa

part le tribut à la Cour, le dépeignait ainsi à l'Empereur Chen

Tsong. «Le roi a trente-six ans; il mange beaucoup, s'habille de

1) Mi-So’n. 90 A. 2) ibid. A. 3) ibid. C.

4) ibid. B. 5) En çaka 1002, ibid. C.

6) Mi-So’n. Mons E,. 94. Pilier skt. Prince Pan. Finor IV 940xur1.

7) «En neuvième année Hi Ning, à la huitième lune». Song Che K. 15 p. 424.

csoies à fleurs de différentes couleurs ou de soie Tch'ouan Fa,') crevêt une longue tunique attachée par sept liens d'or, porte un «casque d’or orné de sept espèces de gemmes, et chausse des san- «dales de cuivre rouge. Quand il sort, le protocole veut qu'il soit <accompagné de cinquante hommes et de dix femmes, portant, sur «des plateaux d’or, l’arec et le bétel et jouant des instruments.» ?)

Cependant, quand il eut bien <joui de toutes les félicités royales», le désir lui vint de s'assurer le bonheur de l'au-delà. Il fit sacrer, en 1080, son fils, le prince Vak*) Pulyan Räjadvara,‘) âgé de neuf ans 5) en présence de tous les <Notables» qui «lui donnèrent «le nom de Yañ po ku Cri Jaya Indravarman,f) puis pratiqua à «son gré les exercices spirituels, le recueillement, la dévotion envers «Çiva»r.7) Il ne jouit pas iongtemps de sa retraite: il mourut l’année suivante‘).

Quatorze de ses femmes «le suivirent dans la mort» et on jeta dans la mer «tout à la fois ce qui restait de leurs os».°) Celles qui demeurèrent «fidèles, attentives» à la mémoire de leur maître se

vouèrent à <d'incessantes bonnes œuvres à son intention». ‘?)

1) Tch'ouan Fa J “k ?

2) Song Che CCCCLXXXIX 27a.

3) Mi-So’n. Mon‘ A I. 89. Stèle, A. c4 FiNor IV 946xv1.

4) Mi-So’n. 90. C

5) «Le lieu de sa naissance est dans le lamvin de Campäpura». Mi-So’n 89 B.

6) Mi-So’n 90 C. 7) ibid. C,

8) Le texte écrit «en çaka 1103»; ce qui est une erreur manifeste pour 1003 — 1081. CF. Finor IV 936.

9) ibid. C.

10) Harivarman III Inventaire.

À. — Mi-Son Mont D,. 90. Stèle A. s#/ c4. Attribution douteuse, peut être attribuée également au prince Päû, son frère. FiNor IV. 933xtr.

B. — I. Mi-So’n. Mont E,. 93. Pilier. skt. Prince Pañ. Fivor IV 940xur.

IL Mi-So’n. Mon‘ E,. 94. Pilier. c4. Prince Pän, FiNor IV 941xtv.

IT Mi-So’n. Mont E, 95. Pilier. c4. Fixor IV. 943xv.

C. — I. MiSo'n 93. B. C. Jaya Indravarman II. Fivor IV 933xri.

IL. MiSo'n. Mon‘ A,. 89. B. Stèle. 1080ç = 108$ AD. Jaya Indravarman II. Finor IV, 946xvr.

Jaya Indra-

varman Il.

1°" règne.

Paramabhodisatva.

Jaya Indravarman IT «règna environ uu mois. Alors, comme «Cri Jaya Indravarmadeva était en bas âge, ne connaissait pas ce «qui était bon ou mauvais pour gouverner le royaume et faisait «tout contrairement aux règles du gouvernement, Cri Jaya Indra- «varmadeva, avec tous les senapatis, brahmanes, astrologues, pandits, «maîtres des rites, et avec les femmes de Çri Harivarmadeva, !) «chercha uu prince pour gouverner le royaume. Or ils virent que «le pu lyañ Cri Yuvaräja Mahasenäpati, prince Pän, oncle de Cri &Jaya Indravarmadeva et frère cadet de Çri Harivarmadeva, était «pourvu de toutes les marques d’un mahäraja, selon le canon du «souverain Cakravartin, et qu'il connaissait le bien et le mal, le «devoir, la libéralité, la véracité, la compassion envers tous les êtres, <saus partialité dans le gouvernement. Cri Jaya Indravarmadeva, «neveu du pu lyañ çri yavaräja mahäsenapati, avec les brahmanes, «pandits, astrologues, maîtres des rites et avec toutes les femmes «portant un ou plusieurs objets précieux et les insignes de la «royauté, allèrent vers le pu lyañ çri yuvaräja mahasenapati et le «firent roi. Cri Paramabodhisatva règna selon la règle.... et fit «des largesses aux senäpatis et à tous les hommes du pays de «Champa. Et une félicité sans obstacle règna comme auparavant, «Et Cri Jaya Indravarmadeva, prince Vak, neveu de Cri Parama- «bodhisatva (cultiva) les richesses, le bien-être et le plaisir à son egré. Et Cri Paramabhodisatva gouverna le Royaume de Champa».*) C'était une déposition et une usurpation à peine déguisée (1080).

Lors des guerres civiles qui avaient suivi la captivité de Rudravarmau, un homme de Panrañ s'y était proclamé Roi et s’y maintenait depuis seize ans:°) bien plus, il rançonnait les gens de

1) Harivarman III, son père. 2) Mi-So’n 90 A.

3) Les indigènes de nos jours encore quand ils citent la date d’un évènement comptent l’année où il eut lieu et celle en cours: ainsi quand Paramabodhisatva écrit, en 1006c,

que la capture de Rudravarman eut lieu 16 ans avant, il n'entend point dire 1006—16 = 990c

1068 À D) mais bien l’année qui est la seizième avant 1006 soit 991c (1069 A D).

Champa qui s'étaient réfugiés sur son territoire à la suite des guerres. Paramabodhisatva «étant reconnu roi de Champa conduisit «des troupes pour aller combattre l'homme qui s’érigeait en roi à «Panrañ».') Il le bat, lui <confisque sa couronne et ses biens et «ÇQri Paramabodhisatva fut l'unique roi jouissant des biens et revenus «royaux». Grâce au butin ramassé en cette province, et de concert avec sa sœur aînée, la princesse Garbha-Lakshmi et son fils aîné, le Pu lyañ Cri yuvaräja, prince Vyu, il fait «en vue de la gloire «en ce monde-ci et fruits en l’autre monde» de riches offrandes à la déesse Yan Pu Nagar «dame du royaume» et à la déesse Yan Pu aneh «dame petite (?)»: éléphants, diadèmes d'or, colliers ornés de joyaux, plateaux et ustensiles d’or ou d'argent (1084). ?)

Paramabodhisatva entretint des relations pacifiques avec l'Empire du Dai-Viét auquel il servit régulièrement le tribut chaque année *): par contre il ne paraît pas qu’il ait envoyé d’ambassade à la Cour de Chine. {)

Cependant, si le fils de Harivarman IIT, encore tout jeune, acceptait sa déchéance, son entourage, senapatis, brahmanes, officiers et lettrés, et les femmes de son père, avec toute leur clientèle en souffraient profondément. Désireux de retrouver la puissance d’autre-

fois, et ses prérogatives, ils parvinreut à échauffer l’ardeur des par-

1) Po Nagar de Nhatrang 30.

2) « Au temps du roi des Cakas 1006» Ibid.

3) «En sixième année Anh VG Chièu Thäng » (1081 AD); septième année (1082) en hiver; huitième année (1083); neuviène année (1084); dixième année (1085) le Champa envoie le tribut à l'Empereur Lÿ-nhôn-Tôn. F's7 11 226 234.

4) Paramabodhisatva. Inventaire.

A. — Par le prince Pän

L — MiSo’n. Mon‘ E,. 93. Pilier S#z. Fixor IV 940xur.

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