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FROM OUR SPECIAL CORRESPONDENT

The discovery by Dr. Petrie will probably be found to have an important bearing upon the present inquiries into the origin of the recent epidemic of

1) Times Weekly Edition, April 21, 1911.

pneumonie plague in Manchuria. All medical experts upon the spot appear to have agreed that the epidemic in some way originated among the species of marmot (Arctomys bobac), which exists in great numbers in the country traversed by the Manchurian Railway. These marmots, locally known as “tarbagans”, are hunted for their skins, and for some years it has been known that plague raged among them every autumn. It was not known, however, from what form of plague they suffered, or how human beings became infected from them. The Peking Correspondent of The Times wrote from Kharbin on March 8 that there was no evidence that the marmot was “the host of a flea or

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other blood-sucking parasite.” The Medical Correspondent of The Times in Manchuria, in a communication published yesterday, wrote that “it is highly improbable that an epizootic has played any part in the outbreak in Manchuria proper,” though he confirmed the theory that the epidemic was derived from marmots in districts further west. If the marmot theory was correct it became important to discover how the infection was originally transmitted to human beings.

Dr. Petrie has now demonstrated that the marmot is the host of fleas, presumably as à prelude to seeking to establish that in Manchuria the marmot flea has to a limited extent played the same part as the rat flea in India. The discovery was not unexpected, but it was by no means a foregone conclusion. There are over 400 known species of fleas, moreover, and only one or two of these species have up till now been proved to disseminate plague.

In any case, it would be premature to assume that the discovery really carries us much nearer a solution of the mystery of the Manchurian epidemic. Dr, Petrie is far too cautious and experienced an investigator to claim to have read the riddle. What he has done is perhaps to have gone some way towards clearing up a single point. He has possibly shown how the hunters may have in the first instance contracted plague from the marmots through the intermediate agency of fleas. But why did the epidemic immediately assume a pneumonie form, whereas the rat flea in India usually produces bubonic plague ? Why was the type of plague so exceptionally virulent? How was it carried far and wide in Manchuria, in places where there were not only no marmot fleas, but, as is believed, hardly any fleas of any sort in winter? These are problems which still await an answer.

Joseph Davurremer, Consul de France, Chargé de Cours à l'École des Langues Orientales — La grande Artère de la Chine — Le Yang tseu. E. Guilmoto, Paris, 1911, in-8, pp. 804, ill. et carte.

L'ouvrage de M. Daurremer renferme plus que ne le promet son titre; tout en décrivant le Yang tseu, la grande artère fluviale qui traverse la Chine dans toute sa largeur et les villes qui se trouvent dans le bassin de ce fleuve immense, l’auteur traite de sujets plus généraux, comme les moeurs et les coutumes, l’administration, les industries, le système monétaire, les douanes, la poste, les corporations, ete.; ce livre a donc un but plus étendu que celui de décrire le Yang tseu; il donne un tableau d'ensemble de la Chine; c’est une oeuvre qui assurément n’a pas de caractère scientifique, mais qui sera utile comme livre de vulgarisation. Il y a des opinions qui sont contestables: pp. 18/14, il n’est pas, comme le croit l’auteur, prouvé «que les Chinoïs sont venus des environs du Tarim, et du plateau central de l'Asie»; il y a des fautes d'impression: p. 202, par exemple: K’oubilai ne pouvait soumettre le Yun nan en 1552, puisqu'il vivait au XIII® siècle; notons aussi des omissions; puisque l’auteur nous parle des Miao-tseu du Koueitcheou, il aurait dû également mentionner les Lolos du Ta Leangchan, dans la grande boucle du Yang tseu, au sud du Se tch'ouan.

Ce ne sont d’ailleurs que des critiques de détail.

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BULIETIN CRITIQUE. 275

Berraorb Laurrr: Der Roman einer Tibetischen Künigin. Tibetischer Text und Übersetzung. — Leipzig, Harrassowitz, 1911; in-8° de X + 264 p.

Depuis les beaux travaux de Grünwedel et de Laufer lui-même, on connaît mieux la personnalité de ce fameux Padmasambhava qui est regardé par la plus ancienne secte bouddhique du Tibet, la secte rNiñ-ma-pa, comme son fondateur et son patron. Parmi les écritures saintes de cette secte, c’est la vie de Padmasambhava qui tient la première place; au second rang en importance vient un recueil de cinq traités primitivement indépendants les uns des autres, qui contiennent des allocutions adressées par Padmasambhava à diverses catégories de personnes; le troisième de ces traités nous montre Padmasambhava dans ses rapports avec des princesses; c’est celui que Laufer a publié et traduit sous le titre un peu libre: le roman d’une reine Tibétaine.

Ce texte doit, comme celui de la vie de Padmasambhava, avoir été écrit entre le neuvième et le douzième siècle; il nous apporte donc des renseignements sur la civilisation et sur les modes de penser du Tibet à une époque très reculée; il nous montre les débuts de la religion bouddhique et son opposition avec les sentiments naturels des indigènes; au point de vue philologique, il nous présente la langue tibétaine dans un état plus archaïque que le style du Kanjur et du Tanjur.

Le traité traduit par Laufer comprend quatre parties distinctes: la première raconte, sous une forme d’ailleurs moins complète que ne le font les annales royales, la fondation du Temple de Sam-yas vers le milieu du huitième siècle de notre ère; puis viennent les poésies religieuses et magiques qui furent chantées lors de la consécration du Temple. La seconde partie traite de l'amour et des souf-

frances de la reine qui s’éprend du moine Vairotana, veut le

séduire, n’y réussit pas et l’accuse alors d’avoir tenté de la violer; Vairoëana s'enfuit; le roi, qui regrette son départ, va à sa recherche et lui offre de lui donner la reine pour «perpétuelle amie»; mais Vairoëana gagne au large et la reine tombe malade à cause d’un enchantement qu'a jeté sur elle le moine vindicatif; sur l’intervention de Padmasambhava lui-même, la reine confesse ses péchés et se trouve guérie. La troisième partie est l’histoire de la princesse qui fut donnée en mariage au saint homme Padmasambhava, lequel la prit pour femme sans aucun serupule de conscience. Enfin la quatrième partie renferme diverses prédictions de Padmasambhava.

Dans un appendice, Laufer a cherché à reconstituer la physionomie singulière de Padmasambhava, mélange de Faust et de Méphistophélès, saint et Satan en une même personne, à certains égards don Juan qui se plaît aux femmes et qui est payé de retour. Pourquoi ce patrou de la secte rouge du Tibet a-t-il été adopté par la secte jaune qui a multiplié les publications à son sujet? Laufer croit que c’est pour des raisons de prudence politique qui se trouveraient justifiées le jour où la secte rouge, beaucoup plus puissaute au Tibet qu’on ne le croit communément, viendrait à reprendre l'avantage sur la secte jaune dont la suprématie n’est guère main-

tenue aujourd’hui que par l'influence du gouvernement Chinois.

En. CHAVANNES.

O. FRanke: Ostasiatische Neubildungen. Beitrige zum Verständnis der politischen und kulturellen Entwicklungs-Vorgänge im Fernen Osten. — (Hamburg, 1911, Verlag von C. Boysen; in-8° de X + 395 p.).

Nous ne pouvons que nous féliciter de ce que M. Franke se soit décidé à réunir en un volume les nombreux articles qu'il avait pu-

bliés ici et là sur l’évolution de la Chine moderne; ces petits mé-

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moires méritaient d'échapper à l'oubli qui menace les publications insérées dans des périodiques; outre l'intérêt qu'ils présentent du fait qu'ils ont été écrits au moment même où les événements se passaient et par un homme qui souvent y a été directement mêlé, ils ont une valeur philosophique et historique très réelle parce qu'ils n'isolent pas la Chine contemporaine de tout son passé et parce qu'ils indiquent avec précision et parfois avec profondeur les causes historiques qui dominent le processus du développement de la eivilisation Chinoise. Le premier article, notamment, expose avec force la théorie extrême-orientale de l’état conçu comme un empire universel et il montre comment cette conception devait nécessairement entrer en conflit avec les organisations politiques de l'occident. Je signalerai aussi comme particulièrement irtéressante (p. 20—35) l'étude sur le réformateur AX'ang Feou-wei et sur les idées qui attirèrent sur lui l’attention de l’infortuné empereur ÆAouang-siu. Les articles sur la politique japonaise en Chine, ceux qui concernent le Tibet et ceux qui sont consacrés à des hommes célèbres de la Chine actuelle sont pleins de renseignements et seront lus avec grand profit.

En. CHAVANNES.

LIVRES NOUVEAUX

Nous avons reçu de Bangkok le volume suivant en texte mon: Sudharmavati Raäjävamsa Siharäjadhiraja Räjävamsa Edited in the original Mon by Phra Caudakanta of Wat Mokkharam and collated by Maha Phôm Nänamokka Paññakkhandhagära Printing Office, Wat Khë, Pak Lät. Nagara Khüen Khan B. E. 2453 C. E. 1272 Bangkok 129.

M. Fernand Roy a traduit dans le Bulletin de l'Association Amicale Franco-chinoise (Vol. 3 — N° 1 — Janvier 1911) les Statuts de la Banque impériale de Chine.

Sous le titre de Beiträge zur Kritik des Codex Cumanicus, notre collaborateur, M. Willy Banc, a répondu dans le n°. de janvier 1911 des Bulletins de l’Académie royale de Belgique à M. W. Raptor, Kudatku Bilik, I, 2, 1910, p. 549, Anm. 2.

M. W. Raororr a donné à l’Académie Impériale des Sciences de St. Pétersbourg le texte ture et une traduction russe d’une traduction turque du XXV® chapitre, Xuan-ki-im Pusar, de la version

chinoise du Saddharmapundarika.

M. A. Vissière a publié en volume, sous le titre de «/Ætudes sino-mahométanes», un certain nombre d'articles qui avaient paru dans la Æevue du Monde musulman; quatre de ces articles concernent le Seyyid Edjell; puis vient une bibliographie détaillée des ouvrages chinois mahométans rapportés par la mission d’Ollone; enfin un appendice contient trois lettres de l'empereur K‘en-long

au Khan du Badakchan.

M. W. Raniorr poursuit dans le Bulletin de l’Académie Impériale des Sciences de St. Pétersbourg (1911) ses études sur les anciens dialectes turks, Alitürkische Studien, par deux nouveaux mémoires: IV. Æinleitende Gedanken sur Untersuchung der alttürkischen Dialekte

et V. Die alttürkischen Dialekte.

M. E. H. Parker à publié à part le mémoire intéressant qu'il a donné dans l’Asiatie Quarterly Review sur The Ancient City and State of Kutchar. Je crois que l'auteur se trompe lorsqu'il assimile

le royaume de Pein de Marco Polo avec Kutchar.

Il à été fait un tirage à part des deux travaux suivants de M. G. Cognès: Catalogue des Pièces originales de sculpture Khmère conservées au Musée Indochinois du Trocadéro et au Musée Guimet (Extrait du Bulletin de la Commission archéologique de l’Indochine,

1910). — Les deux inscriptions de Vat Thipdäi Province de Siem Räp.

Nous avons reçu également le tirage à part de l’article de M. Henri Gourvon sur l'Enseignement Anglo-Chinois à Hongkong paru

dans la Æevue Indochinoise, de Mars 1911.

M. Ant. BrégioN vient de faire paraître: Une Distillerie Indo- Chinoise, Châlon-sur-Saône, 1909, br. in-8:; et de l'Opium, Châlonsur-Saône, 1910, br. in-8.

M. L. Fixor à fait un tirage à part de deux de ses articles du Bulletin de la Commission archéologique de l'Indochine, 1910: Les bas-reliefs de Bapuon et Inscriptions du Siam et de la Pénin-

sule malaise (Missian Lunet de Lajonquière).

M. le Commandant d’OLLoNE a fait paraître chez Pierre Lafitte le récit de sa mission intitulé Les Derniers Barbares Chine-Tibet-

Mongolie, avec 146 illustrations, 4 cartes et le portrait de l’auteur.

Nous avons reçu les publications suivantes de l’Institut Oriental

de Vladivostok (Cf. T. P., Mars 1911, p. 108):

Tour XXXIII, BB. 2-H: B. M. Menapuur. Hcroria cioryaata 88 finonin. K8. I.

Tom XXXIV, Bb. 1-: B. M. Meny4pyunB. AHaAH3B ANOHCKATO 31HHCTOAAPHArO CTHAA. JacTk I-1.

Ipuaoxenie 2-e KB 11-My ro4y ns4ania: [porokoant 3acb4ani Kondepeauin BocrouHaro HactTuTyTa 3a 1909—10 aka. ro48B.

Les Douanes impériales chinoises ont fait paraître les Returns of Trade (1909), Part IIT. — Analysis of Foreign Trade. — Vol. I. — Imports” Le chiffre net des importations directes des pays étrangers s’est élevé en 1909 à H. Tls. 418,158,067 contre 394,505,478 (1908), 416,401,369 (1907), 410,270,082 (1906); le change était de Haïikwan Tael = Francs 3,28. [C£. T. P., Mars 1910, p. 154.1. — Vol. IT. — Ævports. Le chiffre des exportations directes s’est élevé en 1909 à Hk. Tls. 338,992,814 contre 276,660,403 (1908) et 264,380,697 (1907).

Les Petermanns Mitteilungen (n° de Février 1911, p. 75—76 et Tafel 14) ont publié une carte de la Dzoungarie, du Turkestan oriental et du Lop-nor qui a été dressée en 1738 par Renat. — John Gustav Renat était, comme le fameux Strahlenberg, un des Suédois qui avaient été faits prisonniers par les Russes à la bataille de Poltawa; en 1716, il fut pris par les Kalmouks et resta seize ans

chez eux; il leur apprit à fondre des canons et des bombes et fit

campagne avec eux contre les Chinois. La très curieuse carte qu'il a établie fut découverte en 1879 par Strindberg dans la bibliothèque de Linkôping; elle a été publiée pour la première fois en 1881 par la Société russe de géographie; il est heureux qu’elle soit maintenant

accessible à tous dans les Petermanns Mitteilungen.

Au mois de septembre 1910, le Dr Legendre est reparti pour entreprendre une nouvelle exploration dans la Chine méridionale. De Ning Yuen Fou il a adressé au Président de la Société de Géographie la lettre suivante sur les

débuts de son voyage.

Ning Yuen Fou, le 12 janvier 1911.

Parti de France à la date du 12 septembre 1910, j'ai pu quitter Yun-nan Fou, le 13 novembre, avec mes deux collaborateurs, MM. Noiret et Dessirier. Au lieu de gagner le Kien-tch’ang par la route directe, j’ai traversé une série de districts du Yuan-nan septentrional inexplorés jusqu'ici. Le croquis ci-joint permet de localiser les régions parcourues. Après avoir fait un peu de nord, nous nous sommes dirigés vers l’ouest vers Hé-Tsin, coupant une série de chaînes orientées nord-sud d'une altitude moyenne de 2500 mètres.

De Hé-Tsing, j'ai jugé intéressant d'explorer la vallée du Makai Hô, appelé encore Tso-Ling Hô (hô, fleuve), affluent important du Fleuve Bleu qu'il rejoint à Long Kai ou Kiang Pien, comme on sait. Nous avons reconnu les principales branches de ce fleuve et les avons suivies sur une partie assez étendue de leur parcours. Tous ces cours d’eau coulent dans des gorges ou vallées, très encaissées, permettant un peu de culture, cependant, dans l’étroit talweg et sur les premières pentes. La seule plaine où le Tso Ling Hô s'étale et forme des méandres est celle de Ma Kai-Heou Kai dont la superficie ne dépasse guère 90 kilomètres carrés.

Avant de se jeter dans le Yang-tseu, le Tso Ling HÔ rentre, encore, dans une gorge de roches anciennes qui s’élargit un peu, à partir de Pin Ta Lang jusqu’au confluent. Les petites plaines reconnues, le long du Tso Ling Hô et de ses affluents, ne sont que des dilatations restreintes et pour ainsi dire «accidentelles» du talweg, des cuvettes, vrais bassins lacustres quaternaires s'échelonnant depuis la source du cours d’eau jusqu'à son confluent. Le faciès du talweg est tout à fait caractéristique du régime fluvial de ces régions, si loin vont ces rivières torrentueuses de leur profil d'équilibre. Le Tso Ling Hô,

lui-même, large quelquefois de 50 mètres, n’est pas navigable: c’est une série

de petits biefs assez profonds coupés par de brusques dénivellations très marquées où les eaux roulent sur des roches dures: granulite, diorite ou micaschistes, formant «rapides». Le lit est presque partout encombré de blocs gréseux rouges ou verts ou de quartzites laminées qui limitant, à un degré extrême, la profondeur du fleuve, n’en font qu'un mauvais torrent inutilisable même pour les petites barques.

De Miao Men, accompagné par M. Noiret, j'ai, par une route nouvelle, gagné Tso Kio où nous avons retrouvé M. Dessirier que j'avais envoyé reconnaître le massif inexploré qui s'étend entre Pé Sen Tsin et la boucle nord-sud du Fleuve Bleu.

De Tso-Kio, pendant que M. Dessirier gagnait Houei li Tcheou par une route nouvelle, en passant le Fleuve Bleu à La Cha, je descendais au sud-est avec M. Noiret en suivant un affluent du Tso Ling Hô; et de Long Kai, je pénétrais dans le massif inexploré bordé à l’ouest par la grande route de Yun nan Sen à Houi Li Tcheou et, au nord, par le Yang-tseu, C’est une région très intéressante peuplée de Lissous, Lolos et Miaotze qui nous ont fait le meilleur accueil. Ce massif, encore couvert, en partie, de belles forêts de chênes, pins, sapins et aulnes, forme un heureux contraste avec l’aspect ravagé, désertique des districts habités par le Chinois. Si celui-ci ne se hâte de reboiser, c'est la diminution graduelle et rapide, dans cette partie du Yunnan, de la surface arable envahie par des amas de pierres glissantes des pentes trop dénudées.

L’altitude moyenne des chaînes constituant ce massif est 3000 mètres. Toute cette région, malgré l'intensité du ravinement, décèle, comme celle de Tso Kio, la forme «plateau», si fréquente au Yunnan, un plateau gréseux aux strates bousculées, souvent relevées jusqu’à la verticale, trouées, en certains endroits, par des micaschistes à séricite, et plus rarement couronnées par des calcaires cristallins.

Ces grès, généralement gypsifères, rappellent tout à fait les formations reconnues permiennes par M. Leclère. J’ai relevé aussi des courbes charbonneuses et recueilli des fossiles qui seront examinés ultérieurement.

A Pé Cha Tan, dans le bassin du Tso Ling Hô, j'ai, au moment où je m'y attendais le moins, rencontré les roches anciennes, en affleurements importants, sous la forme de granulite, traversée par des filons de diorite ou de syénite. Jai suivi fort loin ces formations et ai réussi à les relier avec celles que je signalais, il y a deux ans, dans le nord du Kientchang.

Nous avons traversé le Fleuve Bleu à Lou Tchée Tou, dans l’est de Long Kai. En ce point, le passage du fleuve est très facile, le courant étant de deux nœuds au plus. Mais les abords de ce passage sont difficiles des deux côtés. On peut en juger par l’étendue de la dénivellation existant entre le talweg et le plateau surplombant. En effet, la côte relevée dans le talweg a été 930 mètres (pression barométrique 686 mm. 5), celle du sommet du plateau rive droite 2170 mètres (pression barométrique: 592 mm.) et celle du plateau rive

gauche 2050 mètres (pression barométrique: 600 mm.). Et le mauvais sentier qui nous amène au bord du fleuve atteint fréquemment une pente de 30° et même de 40°.

J'ai observé ce fait intéressant que la gorge imposante où coule le Yangtseu, en aval et en amont de Lou Tchée, n’a pas été tout entière creusée par lui. Bien au contraire, ces eaux ont emprunté une cassure naturelle, un sillon d’effondrement rendu très évident, sur les deux rives, par Pinclinaison considérable des couches et leur bousculement effroyable.

Pour compléter cet exposé, je parlerai brièvement de la végétation des régions traversées, au Yunnan: les essences nettement dominantes sur les plateaux sont les chênes, pins et sapins; dans les vallées, ce sont les aulnes, les pins et un saule (Salix Babylonica). Sous ce climat très sec, les plantes épineuses abondent, naturellement: berberis, epimedium, zantoxylon, crategus, etc. Les cactus, opuntia, surtout sont excessivement répandus. Les graminées les plus communes des hauts plateaux sont des andropogon et des fétuques : elles voisinent avec les gnaphalles et hélichryses d’une extrème abondance; dans les vallées cultivées, ce sont les eragrostis qui dominent.

On rencontre, en plein hiver, des camélias sauvages en fleurs jusqu’à l'altitude de 2500 mètres. J'ajouterai deux mots sur la population rencontrée dans ces régions.

Qu'elle soit chinoise ou aborigène, elle apparaît généralement comme très misérable et ne présente aucun des signes d’une grande vitalité. Elle est affligée de maladies endémiques qui expliquent, en dehors du facteur «race», le peu de vigueur physique et morale de ces groupements. Le paludisme se fait sentir presque partout et le goitre, avec son aggravation, le crétinisme, est si répandu, que la proportion des atteints n’est pas inférieure à 95 p. 100 du chiffre de la population. L'activité de ces êtres est fatalement très restreinte et se réduit à l'effort indispensable pour s'assurer une maigre subsistance, presque une ration de famine. Ces populations, métissées ou non, sont dans l’ensemble à caractéristiques nettement «mongoloïdes». Le type caucasique, que des voyageurs ont parfois signalé, est fort rare.

Je reviendrai, d’ailleurs, sur ces caractéristiques.

Ya Tcheou, 2 février 1911.

De Lou Tchée, nous avons gagné Ning Yuen Fou par la route connue et de Ning Yuen, étant obligé d'aller à Tc’eng-Tou, j'ai jugé intéressant d'aller reconnaître de nouveau le Pou Hsiong Hô ou Mo Lé Ghio, le fleuve Lolo dont j'ai déjà parlé dans «La Géographie». Je l'ai, en effet, reconnu, pour la première fois, à la hauteur de Yué Si, d’une part, et de Gai Joen, d'autre part, près de Ta Tien Pa, en février 1908. En 1909, quand j'ai réussi à pénétrer dans le Ta Leang Shan nord, j'ai retrouvé ce fleuve et ai pu reconnaître son

confluent avec le Tong Hô, en aval de Foulin.

Cette fois, je suis allé, avec M. Noiret, le retrouver: 1° à la hauteur de Keou Tone, entre Yué Si et Pao Gan Gug:; 2° à la hauteur de Métze I, à son confluent avec la rivière de Liao Sé Ping; 3° un peu en amont de Gai Goen où nous avons reconnu un gros affluent qui parait aussi considérable que le Pou Hsiong HÔ lui-même. C'est cet affluent qu’en 1909 j'avais pris pour la branche mère. Il nous est facile, maintenant, de donner un tracé assez exact du cours du fleuve depuis Yué Si jusqu’au confluent avec le Tong Hô.

De Yué Si à Ta Tien Pa, le Pou Hsiong H6 ne s’écarte guère de la grande route chinoise: quelques kilomètres seulement. Aussi, il semble quelque peu étrange qu'aucun des nombreux voyageurs qui ont suivi cette voie n’ait tenté d'aller reconnaître ce fleuve. Ses rives sont bien habitées par des Lolos que les Chinois représentent comme très féroces, mais elles ne sont difficilement abordables que par la nature chaotique du relief: les Lolos eux, loin d’être gênants, ont été plutôt des guides aimables pour nous. Certains m'ont d'ailleurs reconnu: c’est la quatrième fois que je passe dans ces régions. Je suis considéré par eux comme un grand guérisseur depuis qu'en 1907 j'ai débarrassé le chef de tribu Ma Tou, d’un diabète qui le minait.

Nous allons continuer notre travail d'exploration dans l'Ouest setchouanais

et, dès le printemps, commencer nos collections d'histoire naturelle.

Dr. A. F. LEGENDRE.

——#ODODOe—

FRANCE

Le libraire Ernest LEROUX a fait au mois de mars plusieurs ventes importantes: du 24 au 27 mars celle de Ja Bibliothèque orientale de M. François TURRETTINI, le sinologue de Genève; les ouvrages chinois ont été réservés pour être vendus en bloc; du 27 au 30 mars, celle de la collection des objets d’art, de la Corée, de la Chine et du Japon, de M. Victor CoLLiN; cette dernière

renfermait des livres et des peintures extrèmement précieux.

Le cahier de mars 1911 du Journal des Savants contient un article de M. Henri CoRDiER sur les Mo-sos d’après de nouveaux renseignements recueillis

par M. Jacques BAcoT.

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