CHINE
Dans l’automne de l’année 1910, l’Université de Tôkyd a envoyé à Péking
quelques professeurs (MM. Ogawa L]\ Ji] ; Kano FF HT, Naitô A FE , Tomioka SE F4] et Hamada VE FH) pour faire un examen complet des richesses archéologiques et bibliographiques dont ils pourraient avoir communication. Ces savants ont eu accès à une foule de documents et leur rapport, dont un résumé à paru dans le Chouen lien che pao DE DE FF af (23, 24, 25, 26, 28 Février et 1 Mars 1911), contient plusieurs renseignements
intéressants.
1° Les livres rapportés de la grotte de Touen-houang EX }£ Æ Æ
nn ==. M. Pelliot «(| 7 fn a pris, disent les Japonais, tout ce quil y
avait d’essentiel; ce qu’on a rapporté à Péking ne consiste qu’en livres bouddhiques auxquels sont mêlés quelques textes Taoïstes; il y a de 5 à 6000 rouleaux dont 800 ont été examinés par les rapporteurs; les livres qui ne sont pas incorporés au Tripitaka et qui offrent par conséquent plus d'importance sont les suivants: le Siang hao king #4 Li us (vraisemblablement un traité
sur les marques distinctives primaires et secondaires); le Cheou-lo pi-k’ieou king
NE) AE H É fx (sûtra sur le bhiksu Çüra?); le Fo chouo tch'eou mei
king 44 GA FL LUS nd (sûtra prononcé par le Buddha au sujet de la prière
magique pour conjurer les démons); le Pan-jo li fen tchong lio tsi yi-tsinq
ming king houan lchong sou pao Fe + 6 #ÿ (es) Les 4 & el Æ, us F4] (ea ft #h ; le Ming king TL. &K La plupart de ces huit cents
rouleaux sont de l'écriture des Tang; quelques uns sont de l’époque antérieure, dite des six dynasties; trois textes sont formellement datés: ce sont: le Kiai yuanñn Fk #4 second chapitre, daté du troisième jour du septième mois de la quatrième année f'ai-ngan (458 p. C.): le Fa houa king ke us (Saddharma pundarika sûtra), daté de la troisième année {cheng-kouan (629 p. C.); le Kin kang king & fil] #& (Vajraccedika prajñäpäramità), daté du vingtième jour du sixième mois de la quatrième année king-long (710 p. C.).
2° Les livres conservés dans le Nei ko A lÆ . Le fonds de cette bibliothèque est composé par les livres que le général mongol Bayan rapporta à Péking après la prise de Hang-tcheou en 1976; la dynastie Ming et la dynastie actuelle y ont ajouté plusieurs textes. Les conservateurs actuels de la bibliothèque paraissent ne pas savoir bien exactement ce qu’elle contient; les savants japonais n’ont pu avoir entre les mains qu’une dizaine d'ouvrages, mais cela leur a suffi pour se rendre compte de l'importance de ce dépôt qui nous réserve sans doute plus d’une heureuse surprise: à côté d'éditions des historiens canoniques remontant à l’époque des Yuan, les enquêteurs japonais ont trouvé toute une série de cartes géographiques du plus haut intérêt; ils y ont remarqué notamment les cartes dressées par les Jésuites au temps de K’ang-hi et ils en font le plus grand éloge.
3° Ecailles de tortue dé DE Ces documents de la haute antiquité ont été découverts en 1899 au Nord de la rivière //ouan 4. à l’ouest de la souspréfecture de Ngan-yang La D , qui forme la ville préfectorale de Tchang-tù #2 FA. dans le Ho-nan. Ils ont été étudiés par Lo Tchen-yu, Pa FR Æ (cf. Journal Asiatique, Janv.-Fév. 1911, p.127 —137), qui se propose de revenir sur ce sujet dans un ouvrage plus détaillé intitulé Yin hiu chou k'i ÉX h£ E 17 «textes provenant du site de l’ancienne capitale des Yin». Dès maintenant, grâce aux travaux de Lo Tchen-yu, on peut constater la grande importance de ces documents qui nous renseignent sur la haute antiquité Chinoise, qui confirment l'authenticité des Annales écrites sur bambou, et qui, en outre, nous apportent les plus anciens spécimens de l'écriture chinoise.
4° Moules à sapèques £È “a - Ces objets avaient été longtemps négligés par les archéologues; on a maintenant recueilli tous ceux qu'on pouvait trouver; les uns sont en terre cuite, les autres sont en bronze; la meilleure étude sur ces objets à été publiée par Tchang T'ing-tsi DE ÀÆ PL (âgé de 70 ans en 1837); la collection la plus riche qui en ait été faite est celle de Teh’en Kiai-k’i
NS] fi TH . Les savants japonais ont, lors de leur voyage en Chine, recueilli un à] ” Le
moule portant les caractères zik = # 7] ; ce moule était destiné à fondre une
monnaie ayant la forme d’un couteau 7] : ce couteau était une monnaie et c’est ce qu’exprime le mot {4 qui est l’abrégé de Y: le mot est
peut-être le mot *Æ. écrit sans la clef de l’eau; mais ce point reste douteux;
quand au mot 7, il indique que cette monnaie avait cours dans le pays de Tsi, 9° Anciennes aiguilles nr Æi . Ces objets ont été trouvés dans la région
de Kouei houa tch'eng En 4 LU à l'angle Nord-Est de la grande boucle du Houang ho; ils paraissent avoir servi à faire couler le sang des deux contractants qui faisaient un serment.
6° Sceaux de l’époque des Han PES El Ces sceaux sont fort curieux et nous apportent quelques renseignements complémentaires sur le temps des Han; parmi ceux qui ont été recueillis dans ces dernières années, on remarquera un sceau de Ma K’ang Æ FX : ce personnage n’est autre que le petit-fils du célèbre Ma Yuan, le général dompteur des flots ÂÀ JX LUS É Æ LE.
7° Recueils de sceaux ET] md. En même temps que se constituaient les collections de sceaux des Han, on composait des livres pour les étudier. Sous
les règnes de T'ong-tche et de Kouang-siu, les ouvrages qui ont paru con- Lei
cernant ce sujet sont ceux qu’on appelle les ouvrages des trois Wou — D
ce sont ceux de Wou Yun La EE de Wou Che-fen La TÙ De et de Wou
Ta-tcl'eny La KE: il faut y ajouter le livre de Lieou T'ie-yun %] # Æ intitulé T’ie-yun ts'ang yin wou lei & = JR ET] . KE .
8° Sceaux en terre A É}. Les sceaux en terre étaient apposés dans une cavité pratiquée sur l'enveloppe d’une lettre, au temps où on écrivait sur des fiches en bois; nous pouvons maintenant très bien nous rendre compte de la manière dont on s’en servait puisque M. A. Stein a retrouvé dans la région de Khotan toutes les pièces qui permettent de voir exactement comment une lettre écrite sur bois était ficelée, puis scellée. Les premiers sceaux en terre qui furent découverts le furent en 1822 dans le Sseu-{ch'ouan; mais ces documents ne furent sérieusement étudiés qu’en 1904 dans l’ouvrage de Wow Che-fen La au DES et Tchen Kiai-ki Pi FT Mt intitulé Ni fong k’ao lio DA $} A EX «Résumé critique sur les sceaux en terre». Les enquêteurs japonais ont pu se procurer deux de ces sceaux; l’un porte la suscription. «Le conseiller du marquis de Pi-yang» F£ D 1% M : le marquis de Pi-yang n’est autre que Chen Yi-ki 2 Ê ni qui porta ce titre de 201 à 177; peut-être cependant pourrait-ce aussi bien être son fils qui hérita du titre en 176 et se tua en 153 av. J-C. (Se-ma Tien, trad. fr., t. IT, p. 438). Le second sceau en terre recueilli par les Japonais porte la suscription Ka Ji 7kR 4H «Conseiller de Tsetch'ouan»; l'explication de ce titre ne me paraît pas très claire, car il n’y a
pas de marquisat de Tse-{ch'ouan à l’époque des premiers Han.
9° Après avoir rappelé les principaux ouvrages épigraphiques parmi tous ceux qui ont été publiés en Chine, depuis les Song jusqu'à nos jours, les enquêteurs Japonais mentionnent des publications récentes qui leur ont paru
particulièrement utiles et complètes: ce sont le Tchou yen hiong kin che mou
# ITA $& & 4 H ,le Yi fong l'ang cheou ts’ang kin che mou en 18 FAUUIEE Æh Hi LEA na JE & 1 H , oeuvre de Mieou TSs'iuan-Souen LE À + et enfin le Kiun kou lou JÉt nr k de Wou Che-fen Li
au a Nous ne possédons en Europe aucun de ces trois catalogues d'inscriptions.
10° Les inscriptions de la sépulture Tchao Hi BE. qui est celle de l'empereur Tai tsong (627—649), de la dynastie Tang, ont fait dernièrement l’objet d’une publication de Lo Tchen-yu SË TR +: cet érudit a fort bien étudié les vingt-six inscriptions qui, jusqu'à ces dernières années, étaient les seules connues; il à pu, grâce à d'anciens estampages, rectifier ou compléter plusieurs passages du texte; mais il n’a pas connu les stèles qui ont été récemment exhumées par le Comte Otani et ce sont les professeurs japonais qui lui fournirent les estampages de l'inscription de la Yue l'ai fei no K LIL et de celle de Yu-wen Houa-ki a D'é 1 J J'ajouterai que j'ai pu moi-
même communiquer à M. Lo Tchen-yu les estampages des inscriptions de
Tcheou Tao-wou Ji NES & de Fang Jen-yu 5 À= 1 et de Tch'eng Tche-tsie F5 PA ff ;
Le reste du rapport des envoyés Japonais est consacré aux estampages, photographies, romans, pièces de théâtre, chansons et textes historiques qu'ils ont pu se procurer. Leur mission a été certainement très fructueuse et elle atteste le renouveau d'intérêt qui se manifeste actuellement au Japon pour l'archéologie et la littérature chinoises.
Ep. CHAVANNES.
Par un décret en date de 4 Avril 1911, l’empereur de Chine a pris officiellement le titre de chef suprême commandant les armées de terre et de mer de l'empire Chinois K jh El x 2 PE #7 TÉ Éil 'e
empire Chin Fi Ek ÿ F JG ÉIl: Cette décision a été fort commentée et approuvée par la presse Chinoise; on y voit en effet une preuve que le gouvernement veut remettre en honneur la carrière
militaire.
PAR
Administrateur des Services Civils de l’Indochine, Correspondart-Délégué de l’Ecole Française d’Extrême Orient.
(Suite). ?)