‹ Tung pao. Toung paoChapitre 185 sur 261 · SEL · texte numérisé non relu

SEL

Lettre de M. Paul Pelliot à M. Chavannes.

Mon cher ami,

Permettez-moi d'ajouter quelques renseignements aux informations si intéressantes que vous avez données dans le T’oung Pao de mai 1911 (pp. 286—289) sur l'enquête archéologique de M. Ogawa et de ses collègues.

1. Je n’ai pas eu entre les mains le rapport publié par le Chouen lien che pao, mais les lettres de mes amis de Pékin m'avaient en effet annoncé qu'il ne s'était plus trouvé à Touen-houang que ce que j'avais entendu y laisser, c'est-à-dire des textes bouddhiques. Les titres mêmes que vous citez montrent que parmi ces textes il y en a d’ailleurs de très intéressants. Le Cheou lo pi k'ieou king par exemple est mentionné par les catalogues des Tang, mais a disparu ensuite, et je n’ai même pas souvenir d’en avoir jamais rencontré de citations. Le AH Di Re Siong hao king se trouve parmi les mss. que j'ai rapportés à la Bibliothèque Nationale, sous le n° 3593. Pour les titres suivants,

il me semble qu'on doit les rétablir comme suit: Fe he LS 4} jeu Lee É & Pan jo ti fen tchong Lio tsi yi, ét LA us Hé] FH ft Tsing

ming king kouan tchong chou, et LEA YR EU Ming pao ki. Je crois bien qu’il se trouve dans les manuscrits de la Bibliothèque Nationale des fragments du premier ouvrage; le second, commentaire du Vimalakirtinirdeçasutra, y est représenté en plusieurs exemplaires; quant au troisième, dont l'identification suppose une faute d'impression dans le Chouen l’ien che pao, c’est une œuvre de FF fe Tang Lin, des T’ang, rédigée en 650—655, et dont j’ai'signalé dans mon premier rapport un manuscrit très incomplet ?).

2. Les livres du Nei-ko dont il est question sont ceux qu'un édit du 9 septembre 1909 a attribués à la nouvelle «Bibliothèque de la Capitale» ( Ex

Éh Ke] EE Ê King-che-C'ou-chou-kouan)?). Parmi les érudits chargés d’inven-

1) Sur le moment, j'avais faussement lu #chen le premier caractère; cf. B.£.F.E.0., VIII, 524; mais j’ai corrigé cette erreur dans B.£.F.E.O., IX, 383. Le Ming pao ki a été retrouvé également au Japon dans le cours du XIX® siècle et doit être édité dans le Supplé-

ment du Tripitaka de Kyüto. Les citations du Ming pao ki éparses dans le Fa yvan tchou lin

ont été réunies par À SF 4 Yang Cheouking au ch. 8, ff. 6—17, de son H iN y ER FR Je pen fang chou tche (cf. sur cet érudit B£ F.E O., I, 315; IX, 242, 465);

j'en ai recueilli de mon côté quelques unes dans d’autres œuvres des T’ang. 2) Je profite de l’occasi r signaler que le grand érudit HZ 2 ÉR Miao ) Je profite de l’occasion pour sign que le grand éru SZ À TR : Ts'iuan-souen n’a pas pris la direction de cette bibliothèque, malgré l’édit qui le nommait (cf. B.E.F.E.O., IX, 828—829). Après avoir été l’un des principaux collaborateurs de

torier ce fonds du Nei-ko, l’un des principaux est M. pi] TÉ + Ts'ao Yuantchong, qui à collaboré à l'édition du KX }à 1 Es = + Touen houang

che che yi chou.

3. Après la disgrâce et l'exil de Lieou T'ie-yun, presque toutes ses écailles de tortue ont été acquises par S. E. Touan-fang, chez qui je les ai vues à Nankin en 4909; le vice-roi m'en a même donné quelques unes.

4. Le 4 A D'é = Kin che wen tseu de DE #Æ LS Tchang T’ingisi, en 2 pen, se trouve parmi les livres que j'ai fait entrer à la Bibliothèque Nationale.

5. Peut-être est-il bon de préciser les titres des œuvres archéologiques publiées par les — La trois Wou:

a) LL k Wou Ta-tch'eng a rédigé un petit traité très commode

À ; 3 A pa sur les caractères anciens; c’est le A L'é nr fe pal Chouo wen kou tcheou pou (sur lequel, cf. B.E.F.E.0., N, 214). J'ai encore rapporté de lui à la Bibliothèque Nationale le nr Æ al 4 Fou yu lou k'ao, en 2 pen, et le El jee == & k Heng hiuan ki kin lou, en 4 pen. Son ouvrage sur les sceaux des Han est institulé 1 æ 7 SË Che li ci sceaux des est institulé Sa D & f+ jp El ET. Che lieou kin fou

tchai yin p'ou, en 4 pen; je n’ai pas pu me le procurer.

@) La Æ Wou Yun est un érudit de Es a Kouei-ngan, compatriote de ICE NO 5 Lou Sin-yuan (cf. B.E.F.E.O., IX, 499). Il a reproduit

RTE rad ; - Fe VE et étudié ses sceaux des Han dans deux ouvrages, le FJ LE] HF El] 4 Led sa

Leang lei hiuan yin k'ao man ts'ouen en 9 ch., et le D Ë Éi 25 Te nr &i] ET] fr Eul pai lan ling tchai kou l’ong yin ts'ouen, en 12 pen. Le premier de ces ouvrages existe dans la bibliothèque de lEcole française d'Extrème-Orient; j'ai vu aussi le second, mais le prix élevé qu’on en demandait (environ 150 francs) ne m'a pas permis alors de l’acquérir. Wou Yun a également publié d'anciens bronzes garnis d'inscriptions dans son Fi

Bi HT 2 FE Leang lei hiuan yi ki louche, en 20 ch. Enfin, en

petits opuscules séparés, il a étudié quelques objets particulièrement intéressants;

tel est le cas du PE En a #% Le X Han kien ngan nou ki k’'ao, qu’on

trouvera désormais à la Bibliothèque Nationale, Ces opuscules sont parfois

réunis sous le titre de La 2p ie & Æ pu ff Wou p'ing lchai kin /4 0 che sseu tchong. Enfin Wou Yun a fait graver des estampages fameux du

Tchang Tehe-tong, et même, si on en croit la chronique, le véritable rédacteur du Æ H = FH Chou mou ta wen, Miao Ts’iuan-souen s'était lié très intimement avec S. E. Touan-fang, surtout quand cet homme d'État lettré était vice-roi de Nankin. C’est Touanfang, devenu vice-roi du Tche-li, qui fit mettre Miao Ts’iuan-souen à la tête de la nouvelle bibliothèque de Pékin. Mais, sur ces entrefaites, Touan-fang fut relevé de ses fonctions à

l’occasion des funérailles de l’impératrice douairière, et Miao Ts’iuan-souen resta à Nankin.

EH F5 FF Lan ling siut), sous le titre de Hi #5 pu ff Lan lin sseu lchong, et, en #ff &y chouang-keou 2), un R Fi A4 JE — Al

Song l’a houa tou sseu pei3).

y) L'ouvrage de V3. TŸ Z$ Wou Che-fen sur les sceaux des Han est

intitulé #5 De a DIS El] fr Chouang yu hou lchai yin ts'ouen, en À pen;

Je ne l'ai jamais vu. Par contre, il n’est plus exact de dire que son JFE 7 ke Kiun hou lou, en 20 ch., n'existe pas en Europe; l’ouvrage est rare en effet, mais je l’ai rapporté à la Bibliothèque Nationale #).

1) Il s’agit de la fameuse «Préface du Pavillon des orchidées», écrite par le calligraphe Wang Hi-tche, et sur laquelle il y a toute une littérature. On trouvera à ce sujet des dé-

= ES Le circonstanciés dans le ras À JS Éi Le DA Sou mi lchai lan l’ing k’ao de

À À xd . Fang-kang, que j'ai fait entrer à la Bibliothèque Nationale tant la collection 7 EL JfE LU Le E Vue ya lang ts’ong chou que dans la belle édition indépendante publiée il y a quelques années par le vice-roi Touan-fang

2) On appelle ainsi des reproductions où les caractères du texte original ne sont pas reproduits complètement en noir, mais où leurs contours seulement sont dessinés par un double trait: d’où le nom.

3) Cette inscription, célébre entre toutes, est de la main de EX D 5) Ngeou-yang Siun. Elle a disparu depuis longtemps, mais on en possède quelques estampages fragmentaires. L'un d’entre eux, que FÀ À *hl Wong Fang-kang attribuait à la fin des T’ang, était en vente en 1909 à … avec les notes de cet érudit et de ses amis, pour 10000 taëls (environ 35000 francs); cet estampage a d’ailleurs été édité en un volume que j’ai rapporté

la Bibliothèque Nationale. Dans la niche de Touen-houang, j'ai recueilli un fragment d’un estampage de cette inscription contenant quarante caractères; ce fragment, qui, lui, fut réellement estampé sous les T’ang, montre que l’estampage de Wong Fang-kang ne peut

remonter au-delà des Song du Nord. Le fragment de Touen-houang a été édité dans un des

derniers numéros de la revue d’archéologie et d’art intitulée mi PM JE 4Ë

Chen tcheou kouo Kouang tsi, qui paraît à Chaughai. Mais dès maintenant cette publication serait à reprendre, car cinq nouveaux petits feuillets du même estampage des T’ang, contenant environ 200 caractères, existent parmi les documents rapportés de la même niche de Touen-houang par le Dr. Stein.

4) Un autre exemplaire avait pu d’ailleurs parvenir en Europe antérieurement, car ce doit être là le Kiun kon tchai kin wen de Wou Che-fen dont Bushell a parlé dans son Chinese Art; il est seulement surprenant qu’il ne lui donne que 3 ch. (cf. BEFEO., NV, 215). Dans ce passage du B£FEÆO, je citais une autre œuvre analogue, dûe au maître de Wou Che-fen, ae ML AS P’an Tsou-yin: c’est le 4x nr FE $F 2 ER Er ; Fan kou leou yi ki k’ouan tche; lui aussi se trouve désormais à la Bibliothèque Nationale. Quant aux livres de Bushell, il ne semble pas que tous soient restés en Europe. Bushell

possédait en effet deux magnifiques ouvrages d'archéologie, décrivant des collections du pa-

lais, et dont il n’a jamais existé que de rares exemplaires manuserits : le ? = Æ S » J q I IL

Si ts’ing siu lien et le S Æ he Ning cheou kou kien (cf. BEF. dE 7%. 215).

Je n’ai jamais eu l’occasion de voir les ouvrages sur les sceaux des Han publiés par Lieou T'ie-yun; d’après le titre que donne le Chouen lien che pao,

il semblerait qu’il y en eût cinq séries; par oui-dire, je n’ai de renseignements

que sur un & = JE EI] T'ie yun ts'ang yin en 10 gen, et sur un + = DE ET] A #£ T'ie yun ts'ang yin eul tsi; encore le premier chapitre de cette seconde série avait-il seul paru, et je croyais que c'était la disgrâce de Lieou T'ie-yun qui avait interrompu la publication.

5. Le k} A X EX Fong ni kao lo (sic; et non Ni fong k'ao lio) existe aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale. J’ai rapporté aussi un ou deux

spécimen de ces sceaux en terre.

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