Dans quelques mots a-hi commençant par #, la voyelle
finale tombe et l’# prend la valeur d’une sonante. Ex.: a-peu-m'*, vieillard, et «!-p’i-m'*#, vieille femme, pour
a'-peu-mou* et a!-p'it-mou*, qui s’emploient également ;
al-leu-m'#, où a'-lou-m'*, cheval, où =’ equivaut à #0“, cheval.
a-la°-li-m'*, âne, pour a!'-la*-li-mo*,
m'*-ba', tirer du fusil, pour #ou“-ba!.
9. — En a-hi, et dans toutes les tribus lo-lo du Yun-nan que je connais, les consonnes ne peuvent être qu’ initiales, jamais finales. Les mots lo-lo, tous rigoureusement monosyllabiques, sont donc composés, ou d’une simple voyelle (ex.: a‘, non), ou, ce qui est le cas général, d’une consonne suivie d’une voyelle (ex.: #0*, cheval; ts’a, graisse; #’yé*, village; lou', paître; écha”, bon).
10. — Toutefois, si les mots lo-lo sont d’un monosyllabisme rigoureux, il n’en faut pas moins dire que nombre de substantifs, quelques adjectifs et verbes sont composés de plusieurs monosyllabes que l'usage associe étroitement. D'une façon générale, on peut aflirmer que chacun de ces monosyllabes a un sens par lui-même: en plusieurs cas, nous avons pu découvrir ce sens nous-même, mais dans beaucoup d’autres notre analyse n’a pas encore réussi à la pénétrer. Enfin il semble bien que certains de ces mots soient de simples particules, vides, actuellement du moins, de toute signification. Nous en donnerons quelques exemples empruntés à chaque catégorie.
11. — 1° Substantifs. — «) Dans des substantifs composés comme dea'-p'o*, voleur, mot-à-mot «voler-homme», ou 4eu-da“-p'o°, forgeron, mot-à-mot «fer-battre-homme», les mots composants gardent leur sens propre et se laissent facilement identifier.
5) Dans d’autres substantifs composés, 0!-/0, tête, djit-mo*, bête, lyé?-peu', main, wi!-m0°, cœur, il semble bien que les mots o', dji*, lyé?, ni! à eux seuls désignent la tête, l’animal, la main, le cœur: en effet on les retrouve avec ce sens dans nombre d’autres composés (ex.: o!-4i%, turban; o!-'0°, calotte; /yé?-seu*, ongle; lyé?-{cho*, bracelet; il-#yé?, méchant), et l’on dira aussi bien d/i‘-lou! que dji‘mo* lou', faire paître les bêtes. — Mais je ne saurais être aussi affirmatif pour le second élément de ces quatre mots que je n'ai pu isoler jusqu'ici. Et remarquez que, pour le mot o'-40 par exemple, on ne dira jamais 0! »0°, avoir mal à la tête, mais toujours 0'-46 n0°,
c) À mon avis, dans «!-ba*, père; a!-mo°, mère; c'-20*, fils; a'-pou,
grand-père; a'-beu*, tubercule; '-s6°, esprit; !-s2?, fumée, l’élément initial, &«! ou 2!, est une simple particule n'ayant aucun sens. Ce qui me le fait croire, c’est que l’a! se change souvent en 2! et qu’on dit aussi bien 2!-a?; 2!-mo°; 2'-beu* que a'-ba*; a'-mo°; a'-beu*. De plus, ces particules sont souvent supprimées, et l’on dira, par exemple: Cheu-do keu' ba*, le père de Cheu-do; Cheu-do keu' mo*, la mère de Cheu-do; Cheu-do keu' pou, le grand-père de Cheu-do; wi! sé”, esprit de la terre; wmou!-leu sè°, fumée.
12. — 2° Adjectifs. — «) Nous ne faisons que mentionner ici les adjectifs formés d’un seul mot auquel on ajoute la particule #0°, signe particulier de l'adjectif dans le dialecte a-hi. Ex.:
lcha?, bon: ts’ou* tcha?, où ts’ou tcha?-mo*, homme bon, Cheu, mourir: és'ou* cheu”, où ts'ou* cheu*-mo*, homme mort.
b) Dans des adjectifs comme xi!-#’yé?, méchant, mot-à-mot «cœur mauvais», les deux éléments sont aisément reconnaissables, Et l’on dira indifféremment: és'ou® k’yé”*; ds’ou® k’yé*mo*; ts'ou° ni'-k'yé?; ts’ou” ni'-k'yé”-m0°; homme méchant.
c) I y a parmi les adjectifs des composés beaucoup plus complexes encore. Prenons par exemple 4'-{’0%-m0°-yé*, blanc, ou a!'-nyétmo°-yé*, noir. L’a' initial et le y” final des deux mots paraissent bien être deux particules déprouvues de sens, mais qui affectent respectivement ces places. 0° est le signe particulier de l'adjectif. Remarquons enfin que #’0o° et ”yé* à eux seuls signifient blanc et noir. On dira indistinctement pour étoffe blanche, p'o* 'o°; p'o° l’o*mo; po a'L0°; p'o-Lo%-mo°-yé"; po a'-LVo*-mo°; p'o° a!-L'0*-m0?yé*; et il en est de même pour #yé*, noir.
13. — 3° Verbes. — Les verbes composés sont plus rares. Examinons-en quelques-uns; comme, par ex.:
Ni%-dzé*, monter (à cheval); composé de 1°, s'asseoir, et dzé#, enfourcher.
Go-fi', revêtir; gou’-yi*, se coucher; composés tous deux de 70° ou gou”, faire; et de f%°, vêtir; et y”, se coucher.
Dou“-k'ou°, où dou*-k’eu?-byé*, répondre; composé de dou, paroles, Æou?, restituer, rendre, et ôyé*, dire. Ex.: dou-k’ou? ngo', ou dou“- Æ'ou* byé* ngo', il faut répondre. Le sens de rendre que nous attri-
buons à #’#? est confirmé par le composé suivant.
Do“-k'ou?, restituer. Ex.: So mé* do-k'on? ng0', il faut restituer la réputation du prochain, m. à. m., [d’] autrui [le] nom restituer falloir. Du reste #’ou? à lui seul signifie restituer, et pour demander: comment faut-il la restituer (cette réputation)?, on dira fort bien: k'a-zeu* k'ou? ngo1?, m. à m. comment restituer falloir. Mais j'ignore la signification de do* dans do*-F’ou”,