‹ Tung pao. Toung paoChapitre 227 sur 261 · Adjectifs négatifs. — Les adjectifs négatifs se for · texte numérisé non relu

Adjectifs négatifs. — Les adjectifs négatifs se for

ment de trois manières:

1° Quand l'adjectif est formé d’un seul mot, il suffit de le faire précéder de la particule négative a‘. Ex.:

ts’ou° lcha*, homme bon: és’ou* a* lcha?, homme pas bon.

2° Quand l'adjectif est composé de deux ou plusieurs mots, on le fait suivre du verbe être précédé de la négation. Ex.:

a'-l'o%-mo°, blanc: a'-4'0°-m0° a* nyeu*, pas blanc;

bo*-ta*-ta?-yé?, grand: bif-ta?-ta? a* yé*, pas grand.

37. — Adjectifs formés de verbes. — Un verbe peut fort bien devenir adjectif par la suffixation de #0°, où même sans changement aucun. Ex.:

vivre; és’ou” s0* ou ts’ou* s0t-mo*, homme vivant.

s0 cheu*, mourir; és’ou° cheu* ou {s’ou° cheu*-mo*, homme mort.

38. — Position de l’adjectif. — L'adjectif qualificatif se place régulièrement après le substantif qu’il qualifie. On dira donc ts'ou° tcha?, homme bon, et jamais échu? ts’ou?.

Rem. — De nos jours ou peut parfois trouver quelques exceptions à cette règle chez les tribus lo-lo, ayant des rapports avec les Chinois. Ces exceptions ne sont que des reproductions serviles de tournures chinoises.

39. — En règle générale, l'adjectif ne peut être employé substantivement. On ne dira pas comme en français les bons, les méchants, mais hommes bons, hommes méchants, és’ou? tcha?, ts’ou k'yé*. On ne dira jamais à brûle-pourpoint: s0t-4i* cheu*-hi* vé*-cheu*, juger les vivants et les morts, m. à m. morts vivants juger, mais bien: ts’ou s0*-hi* ts'ou? cheu*-mo*-hit vé*-cheu*, m. à m. hommes vivants hommes morts juger.

40. — Cependant, si un substantif accompagné d’un adjectif a déjà été énoncé et qu’on ait à le répéter au cours de la phrase, on peut très-bien, dans le second cas, ne répéter que l'adjectif. Ex.:

dyé?

ts'ou® tcha’-hit, ts'ou ni'-k'yé?-hit beu*: tcha?-mo°-h* mou-k'a do, ni'-kyé?-hi mou’-k'a dyé* a* do?, il y a des hommes bons et

des hommes méchants; les bons peuvent aller au ciel, mais non

pas les méchants, m. à m. hommes bons — marque du pluriel —, hommes mêchants — marque du pluriel — avoir: bons — marque pluriel — ciel monter pouvoir, mauvais — marque pluriel — ciel

monter ne-pas pouvoir.

41. — Degrés de comparaison. — En a-hi il n'existe pas, à proprement parler, de comparatif: toutefois diverses tournures permettent de le rendre.

42. — Pour rendre le comparatif de supériorité exprimé en franais par plus, on énonce d’abord l’objet qui possède la qualité à un degré plus élevé, puis celui qui la possède à ne degré moindre; on fait suivre ces deux termes des mots »’a“-bo*, comparé à, et enfin de l’adjectif exprimant la qualité. Ex.:

Po &'0° p'o° nyé* n'a*-bo* tsé, l’étofle blanche est plus belle que l’étoffe noire, m. à m. étoffle blanche étoffe noire comparée-à belle.

Go? n° n’a*-bo* ts’ou’-meu* ho*, je suis plus âgé que toi, m. à m. moi toi comparé-à vieux-marque du parfait.

Rem. — »’a*-bo* que j'écris parfois #a‘-bo* parce qu’il est prononcé tel, contient en réalité trois mots 0° ut bo.

43. — Pour rendre le comparatif d’infériorité exprimé en français par moins, ou énonce d’abord l’objet qui possède la qualité à un degré moindre, puis celui qui la possède à un degré plus élevé; on fait suivre ces deux termes du mot #o!', semblable, et enfin de l'adjectif exprimant la qualité précédé de la négation. Ex.:

P'o% nyi po ni'-chou'-mo° ko! a* isé, l’étofle rouge est moins belle que l’étoffle verte; m. à m. étofle rouge étoffle verte semblable pas belle. |

44, — Pour rendre le comparatif d’égalité exprimé en français par aussi, on énonce les deux termes à comparer, qu’on fait suivre du mot #o', semblable, et enfin de l’adjectif exprimant la qualité. Ex.:

Go? hé? mi dyit ko! tcha?, ma maison est aussi belle que la tienne; m. à m. moi maison toi de semblable belle.

45. — Pour rendre le comparatif portant sur plusieurs objets, ou le superlatif relatif, on énonce d’abord les objets à comparer, puis celui auquel on attribue la supériorité, et enfin l'adjectif. Ex.:

Go%-it fou'.fou’, mi 2-ba* ts'ou”-meu*, ton père est plus vieux que nous tous; m. à m. (de) nous tous, (de) toi père vieux.

Ki! seuv-ts’ 6%, ki'Leu' bit-tu?, de ces arbres, celui-ci est le plus grand; m. à m. ces arbres, celui-ci grand.

Page 1