‹ Tung pao. Toung paoChapitre 238 sur 261 · XI. — Verbes · texte numérisé non relu

XI. — Verbes

83. — HEn lo-lo, les verbes, comme du reste tous les autres mots, sont invariables. Le nombre et la personne sont indiqués par le sujet exprimé ou sous-entendu.

84. — Des Temps. — Trois temps seulement, le présent, le passé et le futur, peuvent être exprimés à l’aide de particules spéciales, qui se placent toujours après le verbe et que l’on supprime du reste souvent, lorsque le sens ne les exige pas.

En a-hi, ces trois particules sont: cka* pour le présent, 4o° pour le passé et éya* pour le futur. Ex.:

go® so-sou° cha”, j'étudie;

ni dz0* ho°, tu as mangé;

keu' dou'-lé* tya*, il viendra.

85. — Ces trois particules s’emploient aussi avec les adjectifs. Ex. :

ts’ou® mou* ko, homme vieux (qui a vieilli);

tcha? cha”, c’est bon;

Alyé* cha’, c’est bouillant ;

hlyé® tya*, ça va être chand, bouillant.

86. — En a-hi, en dehors de 40, il existe encore deux particules servant à indiquer le passé: do* et 20.

Do est employé en particulier dans des propositions coordonnés et sert alors à rendre ce qu’on appelle en latin l’ablatif absolu. Ex.:

To go’-la do, mi'-vit-vi* dou! do, ayant ramassé son argent, il s’en alla au loin.

To® dou'-lé? do, geu* do°, s'étant levé, il s’én retourne.

No, est une particule auxiliaire, marque du parfait, avec le sens de avoir déja fait précédemment telle chose.

N dzo% no no?, as-tu déja mangé (de cela)? — Go° dz0* no, j'en ai mangé.

Comme on peut le constater, quand 0 est employé comme marque

du passé dans une phrase interrogative, l'interrogation se fait par la répétition de 0. Dans certains dialectes, il en est de mème pour ho°, Ainsi, tandis qu’en A-hi, on dit:

ni ts0° dzo* dz0* Lo, as-tu mangé le riz?; on dira en Ou-lou p’ou:

na dzou* hou* hou°? — as-tu mangé?

87. — Des Modes. — Voici des phrases montrant la manière dont on peut rendre nos modes en a-hi:

Indicatif présent. — Il étudie, keu! so-sou cha’; il est en train d'étudier.

Imparfait de l'indicatif. — Hier j'étais malade, 90° o'-nyi° no”;

moi hier souffrir.

L’an passé, quand il mourut, j'étudiais, o!-»y2° #’ou? keu! cheu’ Pia, go so-sou? cha’; passée-année lui mourir alors, moi étudier en-train.

Passé. — Il est arrivé, dou!-l£% a*; 1) dou'-lé* ho°.

J'ai vu, xyi no; nyi ou0 no.

Je n’ai pas vu, a* nyi; nyi u* no.

Plus-que-parfait. — J'avais mangé quand il vint, Leu! dou'lé* go* ts0° dz0* ko.

Futur. — Tu mourras, #2° cheu? tya*.

Je viendrai demain, go at-dyé* nyi dou'-lé,

Ca ira mal, a*-dyi a* tcha?; prochainement pas bon.

Futur passé. — J'aurai fini quand tu viendras, #2° dou'-lé® go° keu? ho”.

Conditionnel présent. — Tu pourrais certainement, si tu voulais,

ne p'yé? mo heu’, lit-4i mo keu! a; m. à m. toi si faire désirer (de bon cœur), sûrement faire être-capable.

Il voudrait bien s’en aller, eu! ouo! k'o*-K'of, lui aller plaise-à-Dieu.

Sans cette affaire, je serais libre, #2! seu*-{sil a* ngeu* p'yé?, g0°

kyé* ma’; m. à m. cette affaire ne-pas être si, moi précisément libre. Conditionnel passé. — J'aurais fini plus tôt s’il m'avait aidé,

keu\ go% ouo*-djo*, ka d'it-ha ché nè go go*-keu” ho, m. à m. lui moi aider, combien un-temps vite même moi faire-finir — signe du parfait.

1) Particule finale dépourvue de sens. Cf. $ 108.

Impératif. — Mange, dz20*.

Viens, dou'-lé, Qu'il mange, 40° keu' keu dz0*; moi lui appeler manger.

Impératif prohibitif. — Ne dis pas, fa üyé* (cf. K 96).

Optatif. — Plaise à Dieu, 4’of-L’o*.

Que j'aie des sapèques, go° yit-mo* beu° k’o*-k'o-yé*; m. à m. moi sapèques avoir plaise-à-Dieu.

Subjonctif présent. — Il demande que tu t'en ailles, Zez' m° ouo! mo byé*; m. à m. lui toi aller-faire, dire.

Imparfait du subjonctif. — Hier il commanda que je travaillasse, ny keu' go djou’ byé* nèu* mo’, m. à m. hien lui moi à dire travail-faire.

Plût à Dieu qu’il fût mort, £ew! cheu* Æ’o*-L'of.

Plus-que-parfait du subjonctif. — S'il m'eût cru, il eût été aussitôt guéri, Leu! go dou n0', li-Va'-mo kyé* tcha* a’; m. à m. lui (de) moi paroles écouter, vite aussitôt bien.

Participe présent. — Regarder en mangeant, &*-myé! dzo*, i-myé'nyi'; m. à m. en même temps manger, en même temps regarder.

Prier en marchant, t-myé! ouo!, *-myé' mou“-dou* byé*, m. à m. en même temps marcher, en même temps (du) ciel-paroles dire.

Participe passé. — Faire soi-même, a“-ma° gou’. — Fait par soimème, at-ma* gou*-hi.

88. — Verbe passif. — Le passif est formé par la particule £°. Ex.:

da*, frapper; du“-té*, ètre frappé.

89. — Verbe causal: verbe auxiliaire. — Ces verbes reviennent souvent dans la conversation. Nous avons essayer d’en préciser le sens exact dans le Dictionnaire. Voyez donc aux mots: dë* — pouvoir; possible; do? — pouvoir, devoir; heu — pouvoir, facile; #ew' = pouvoir, habile à...: és’eu® — pouvoir; arriver à... — Voyez de plus les mots suivants, jouant le rôle d’auxiliaires: lé? = venir; #0° = faire; nyé? — Être; ouo; ro — arriver à; po! — tomber, renverser; to? — se lever; etc.

90. — De l'interrogation. — Dans les phrases où elle n’est pas indiquée par un pronom ou un adverbe interrogatif, l’interrogation s'exprime en a-hi par la répétition du verbe ou de l'adjectif. Ex. :

Ni sa sa'? sais-tu?; m. à m. toi savoir savoir.

Toha?-tcha?? est-ce bon?, m. à m. bon bon.

91. — Dans les adjectifs composés de deux ou plusieurs mots, l'interrogation, au lieu de se faire par la répétition de l’adjectif se fait par la répétition du verbe être. Ex.:

AL'0%-mo* ngeu° ngeu*?, est-ce blanc? m. à m. blanc être être.

92. — Toutefois, pour les adjectifs composés terminés en yé* (cf. $ 34), l'interrogation se fait par la répétition de cette particule, et dans la réponse négative, on peut très-bien n’employer que cette particule sans répéter l'adjectif proprement dit. Prenons, par exemple, &'o'-yé*, semblable, le mème:

Fit-mo® L'itis ét eut, yit-mos l’it-lou* k'eu*, tsou! lé l'eu“-t'eu* &'ol-yé? — A yé*; neu*-neu* i'-fa* p'ou*-k'yé", tsou' 2'-fa nga*, — Voler cent sapèques et voler une ligature est-ce la même faute ? — Non, plus la somme est élevée, plus la faute est grande — ; m. à m. sapèques un-cent voler, sapèques une-ligature voler, faute-particule euphon. — semblable semblable? — non semblable; chose davantage chère, faute davantage grande.

93. — De la Négation. — En a-hi, la négation s’exprime par a, qui se place immédiatement avant le verbe ou l’adjectif sur lequel tombe cette négation, lorsque ce verbe ou cet adjectif n’a qu’un seul mot. Ex.:

GoŸ a* ngo!, je ne veux pas;

Go* dzo* a* keu', je ne puis manger;

Ki' is'ou” a* icha*, cet homme n’est pas bon.

94, — Dans les verbes composés ), la négation se place généralement entre les deux mots composant. Ex.:

bi%-neu\, sentir; 4i* a* neu!, ne pas sentir.

Remarque. — Je ne connais d’exception à cette règle en a-hi que pour le verbe doul-lé*, venir, avec lequel la négation se place en tête (at dou'-lé*, ne pas venir). Mais cette règle de la position de la négation entre les deux éléments d’un verbe composé est loin d’être aussi rigoureuse dans d’autres dialectes lo-lo.

95. — Pas encore se rend en a-hi par at... sé°: ces deux parti-

cules se placent respectivement avant et après le verbe ou l'adjectif. Ex. :

1) Pour la négation dans les adjectifs composés, cf. $ 36.

A* fa sé*, pas encore sec;

a* dou'-lé* sé*, pas encore venu;

go? a dzo* sé*, je n'ai pas encore mangé;

go? dzo* a* beu* sé%, je n'ai pas mangé encore à satiété.

Rem. — Sé° est un véritable adverbe qui signifie «encore» et se place toujours après le verbe ou l'adjectif. Ex.:

beu? sé*, il y en a encore;

y hlyé? sé, l'eau est encore chaude.

96. — Il existe en a-hi une autre négation #’a* qui, jointe au verbe lui donne un sens prohibitif. Ex.:

l’a gou*, ne fais pas;

l'a byé*, ne dis pas.

Rem. — Souvent à at, on ajoute encore la particule #’a pour renforcer le sens prohibitif. Ex.:

ka l’a gou*, ne fais pas.

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