partie des points et des signes (planche VIII). Inédite
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Ce cimetière béni a été restauré par une société de musulmans, qu’ Allâh les préserve, dans le but de rechercher la satisfaction d’Alâh, qu’il soit glorifié et magnifié, et une part abondante de sa récompense, au profit des deux hommes de bénédictions qui sont venus dans ce pays, au temps du Faghfür. Il fut raconté qu’ils étaient les auteurs de bonnes œuvres. Puis ils moururent et passèrent de la maison périssable à la demeure éternelle. Les gens ont cru en eux à cause de leurs bénédictions. Aussi, quand ils éprouvèrent #) des vicissitudes et qu'ils se sentirent faibles et irrésolus, ont-ils imploré l’aide de ces deux (saints). Et ils ont voyagé (?), dans le but de se rendre en pèlerinage à leurs tombeaux, durant l'hiver (?): ainsi, ils en ont tiré profit et ils sont rentrés chez eux sains et saufs. — Ce mémorial a été écrit en ramadàn de l’année 723 (septembre 1323).
1) Ce mot, très mal écrit, ne peut être qu’un verbe à la 3° personne du pluriel. La leçon adoptée ici n’est nullement certaine; elle donne un sens satisfaisant et ne fait pas trop violence à la paléographie.
2) Au point de vue paléographiqne, cette leçon est très satisfaisante; mais on peut faire une réserve sur le sens.
3) Ce mot est douteux; on n’en voit guère que la première lettre.
4) J'ai traduit ce verbe et les suivants au parfait, en supposant qu’ils se rapportent à un pèlerinage accompli par les musulmans qui ont fait ériger la stèle en 1323. On pourrait aussi les traduire à l’imparfait et leur donner pour sujet le mot «les gens» de la phrase
précédente ; mais le contexte est plutôt en faveur de la première interprétation.
Les caractères, bizarrement contournés, rappellent assez ceux des stèles de la mosquée. Certaines anomalies, ainsi la liaison fréquente de l'alif à gauche, en façon de l@m, se retrouvent dans l'épigraphie de cette époque en Asie occidentale; d’autres paraissent propres à l’école chinoise. Ces irrégularités, peut-être aussi l’imperfection des fac-similés dont je dispose, laissent planer quelques doutes sur un petit nombre de passages. J’ai déjà signalé en note les principaux d’entre eux et comme le sens général est parfaitement clair, je puis passer sans autre préambule au commentaire historique de ce curieux document.
Il faut remarquer, d’abord, que ce texte n’est pas une épitaphe, mais le monument commémoratif d’un pèlerinage accompli par quelques musulmans, pour implorer l’aide et les bénédictions des deux saints dont le kiosque abrite les tombes. Pour témoigner leur gratitude à ces protecteurs, !) les pèlerins ont fait bâtir on plutôt restaurer le sanctuaire. Strictement parlant, la date de 1323 ne se rapporte qu'à la pose de la stèle commémorative et ne vise ni la restauration du sanctuaire, ni le pèlerinage dont elle fut la conséquence. Toutefois, il est probable que la stèle a été érigée peu de temps après ces deux évènements. Dès lors, on retrouverait peutêtre, dans les chroniques chinoises, sous forme de malheurs publics ou de persécutions, subies à cette époque par les musulmans du Foukien, la trace de ces périls et de ces angoisses auxquels ce texte fait allusion dans des termes trop vagues pour nous arrêter ici. ?) Abordons d'emblée les deux questions principales qu’il soulève: Qui sont les deux saints musulmans dont le kiosque abrite les tombes?
À quelle époque sont-ils venus à Ts’iuan-tcheou? Ces deux questions
£ 1) Il s’agit peut-être d’une de ces oeuvres pies appelées dal) CE) Dies S\X9); voir, par exemple, Subki, Tabagät, II, p. 55, 1. 6 d’en bas (Goldziher). 2) Il se pourrait même que ces termes vagues eussent été choisis à dessein par le rédacteur de l'inscription, si les musulmans redoutaient alors, pour des motifs politiques,
d’attirer sur eux l’attention des autorités; mais j'ignore si l’histoire autorise cette hypothèse.
touchent au problème encore obscur, bien que souvent discuté, des origines de l'Islam en Chine. ‘) Il ne saurait être question de l’aborder ici; je n’en retiens que ce qui peut éclairer notre texte.
Tout ce que nous savons des origines de l'Islam à Ts’iuan-tcheou repose sur un récit légendaire, comme toutes les traditions sinomusulmanes sur l'introduction de l'Islam en Chine. *?) De ce récit, le P. Arnäiz a donné plus haut deux versions légèrement différentes. *) D’après cette légende, l'Islam fut introduit à Ts’iuan-tcheou, vers l’année 620 de notre ère, par deux missionnaires musulmans. Ceux-ci moururent et furent enterrés sur une colline qui ne peut être, d’après le P. Arnäiz, que celle où se trouve le cimetière. IL est donc certain que les deux missionnaires de la légende sont ceux dont les tombes reposent sous le kiosque et auxquels est dédiée la stèle de 1323. Mais nous ne sommes guère plus avancés, car il est évident, d'autre part, que le témoignage épigraphique, en ce qui concerne ces deux personnages, est tout aussi légendaire que celui des chroniques. Il prouve du moins, et cette preuve négative n’est pas sans valeur, que dès le début du XIV® siècle, la tradition locale avait oublié les noms de ces deux personnages, si tant est qu'ils aient jamais existé. Passons à la seconde question.
D'après la légende des chroniques, ces deux missionnaires arrivèrent en Chine vers l’année 620 de notre ère. Le P. Arnäiz rejette avec raison cette date trop reculée. Devéria a montré que la chronologie des auteurs chinois touchant les origines de l'Islam est entachée
d'erreur, parce que ces auteurs, dans leur calcul rétrograde, ont
1) Je me borne à renvoyer aux travaux déjà cités de Dabry, Palladius, Devéria, Schefer, Broomhall, etc.; voir aussi Wassiliew, Die Erschliessung Chinas, trad. Stübe, p. 88 et suiv., et les dernières années de la Revue du monde musulman.
2) Tous les savants qui ont étudié ces traditions en ont reconnu le caractère apocryphe, outre les auteurs cités, voir M. Hartmann, dans Revue dù monde musulman, V, p. 282.
3) Voir p. 702 et suiv.; la seconde de ces versions a été reproduite par Devéria, 0p.
cit., p. 322, d'après W. F. Mayers.
déduit le nombre d'années lunaires exprimé par l'ère musulmane au moment de leur opération.) Quelle que soit la valeur de cet ingénieux raisonnement, il me paraît dépasser la portée d'une légende recueillie dans une chronique du XV® siècle. De fait, d'après la table de correction établie par Devéria, la date approximative de 620 donnée par ce document tomberait vers le milieu du VII
siècle. Malgré la correction, cette date paraît d'autant moins vraisemblable que, d’après le P. Arnäiz, la ville actuelle de Ts’iuan-teheou n’a été fondée que vers l’année 700 de notre ère. ?)
En regard de ce témoignage suspect, que nous dit l’inscription? Que les deux missionnaires sont venus à Ts’iuan-tcheou «au temps du Faghfûr». Cette leçon étant certaine, il y a lieu de rechercher ce qu’elle vaut pour l’histoire. Le persan bagh-bur «fils de Dieu», en arabe faghfür, est la traduction du titre chinois <fils du ciel»; c'est ainsi que les auteurs musulmans désignent l'empereur de Chine. ?) L’étymologie de ce mot, qui trahit une antique origine, et les légendes qui le rattachent au fils du roi pishdadien Feridûn prouvent qu’il est antérieur à l'Islam. D'autre part, c’est ce nom que Marco
Polo donne au dernier empereur des Soung, quand il raconte com-
1) C’est comme si, déduisant de 1911 le chiffre 1329, qui représente, en années lunaires, la date actuelle de l’ère musulmane, on concluait que cette ère a commencé en l’année 582 de J. C. L'erreur correspond à la différence entre les années lunaires et solaires; d’autre part, elle est fonction de l’époque où se fait la réduction; voir Devéria, op. cit, p. 317.
2) Voir son mémoire, p. 678. On peut en dire autant de la plupart des dates relatives à l'introduction de l’Islam en Chine à la fin du VI° ou au début du VH* siècle de notre ère; même corrigées par la méthode Devéria (et l’on ne peut appliquer celle-ci que si l’on connaît l’époque du document donnant la date), elles restent très invraisemblables.
3) Voir le Æit@b al-Aghänt, éd. Boulaq, IT, p. 69, 1. 14; Ibn Khurdädbeh, éd. de Goeje, p. 16; Narshakhi, éd. Schefer, p. 44; Mas‘ûdi, éd. B. de Meynard, I, p. 306 (cf. Reinaud, Relation, , p. 45; Abrégé des Merveilles, trad. Carra de Vaux, p. 118; Devic, Merveilles de l'Inde, p. 92, 133, 144); Khwârizmi, éd. van Vloten, p. 116; Ibn al-Athir, éd. Tornberg, VII, p. 221; d’Herbelot, Bi]. orientale, Paris 1781, II, p. 423; V,p 263; Saint- Martin, Arménie, 11, p. 54, 488; Cordier, dans Mélanges H. Derenbourg, p. 434, etc.
ment ce prince fut vaincu par Qûbilây en 1268.) Ainsi, ce titre peut s'appliquer à n'importe quel empereur ayant régné à Ts’iuantcheou depuis Mahomet jusqu’à la conquête mongole.
Je dis jusqu’à la conquête mongole, parce qu'il ne paraît pas que les auteurs musulmans aient appelé faghfür les empereurs Yuen, qu'ils désignent couramment par le titre de qaan, avec ses variantes. ?) Au reste, s’ils avaient été connus des musulmans sous le nom de Faghfûr, l'inscription du cimetière, rédigée par des musulmans en 1323, c’est-à-dire sous un prince de cette dynastie, ne dirait pas <au temps du Faghfûr» pour dater un évènement ancien et déjà légendaire à cette époque; elle employerait alors quelque titre distinctif des anciens empereurs.
Quoi qu'il en soit, il paraît évident que pour le rédacteur de la stèle, cette expression n’a que le sens vague d’«autrefois».
En résumé, l'inscription du cimetière ignore et le nom des premiers missionnaires de l'Islam à Ts'iuan-tcheou et l’époque de leur mission. La seule supériorité qu’elle possède sur la chronique chinoise, c’est qu’elle ne cherche même pas à fixer cette époque, puisqu’elle se borne à la désigner par une expression sans valeur chrono-
logique. Ainsi, les deux inscriptions principales de Ts’iuan-teheou, celle
1) Voir Marco Polo, éd. Pauthier, p. 452; éd. Yule— Cordier, II, p. 145, et les notes des éditeurs; cf. Odorie, éd. Cordier, p. 313, n. 8.
2) D’un passage du Muntakhab altawärikh, cité par Blochet, Introduction à l’histoire des Mongols, p. T6, il ressort que vers 1400, faghfér était considéré comme un ancien titre des empereurs de Chine. Ce texte, il est vrai, n’a aucune valear historique; mais il reflète, sur ce point, l’opinion de l’auteur musulman du Muntakhab, qui écrivait au début du XVe siècle, puisque son livre est dédié au Timouride Shäh-rukh. La même idée est exprimée, un siècle plus tard, par ‘Ali Akbar, trad. Schefer, dans Mélanges Orientaux, p. 65. Dès le début du XIV® siècle, un poète de cour cité par Hammer, Geschichte der Ilchane, II, p. 248, dit au sultan mongol de Perse Uldjaitu Khudâbendeh que «le Faghfûr lui est soumis». Ce nom, auquel le poète ajoute ceux de Nûshîrwân et de Djemshid, ne peut être ici, de toute évidence, qu’une métaphore poétique. Il est permis de croire que le courtisan Veût soigneusemeut évité s’il eût été conféré, même à titre officieux, à des empereurs qui étaient encore à cette époque, nominalement du moins, les suzerains des sultans mongols
de la Perse,
de la mosquée, datée de 1310, et celle du cimetière, datée de 1323, font l’une et l’autre allusion à un évènement antérieur important pour l’histoire de l'Islam dans cette ville. Mais tandis que le rédacteur de l'inscription de la mosquée prétend encore en faire remonter la fondation à l’année 1010, celui de l'inscription du cimetière, quelques années plus tard, n'ose plus exprimer en ère hégirienne la date de la première mission musulmane. Est-il permis d'en conelure que l'Islam fut introduit à Ts’iuan-tcheou longtemps avant la fondation d’une mosquée proprement dite? Tel n'est pas l'avis d'un musulman de cette ville, que le P. Arnäiz a interrogé sur ces évènements. Touchant les premières missions de Chine, cet homme n’a fait que lui répéter une des versions recueillies par les auteurs sino-musulmans. De la fondation de la mosquée, il ne savait rien; suivant lui, les archives musulmanes de Ts’iuan-tcheou étaient perdues. Quant aux tombeaux, c'étaient ceux de deux musulmans venus ici après la fondation de la mosquée. Mais cette vague affirmation n’a pas même la valeur des légendes signalées plus haut; si je la rapporte ici, c’est pour montrer qu’on ne saurait attendre grand secours des indigènes musulmans pour éclairer le problème de leurs origines. !)
1) Le seul rapport qu’on puisse établir entre les missionnaires et la fondation de la
mosquée est fourni par ce surnom de masdjid al-ash&b que l'inscription de 1310 donne à l'édifice et qu’on peut rapprocher des expressions s#ibai al-barakdt et ash&@b al-khairdt par lesquelles la stèle de 1323 désigne les deux missionnaires. On sait que la plupart des traditions attribuent l'introduction de l'Islam en Chine à des compagnons (54456, plur. ash4b) du Prophète. Tel est le titre qu’elles donnent, notamment, au mystérieux Sa‘di Waqqàs, le fondateur de l’islamisme à Canton. Or, dans l'inscription de 1351, la grande Mosquée de cette ville est appelée aZ-sahéli, c’est-à-dire «consacrée au compagnon (sakdbi) ou aux compagnons (sak4bahk) du Prophète.» Dès lors, bien que dans les expressions tirées de la stèle de 1323, le mot s#Zi0 n’ait pas le sens spécial de «compagnon Zu Prophète», on ne peut s'empêcher de croire que le rédacteur, en insistant à deux reprises sur ce mot, a songé au surnom de la mosquée. Il semble donc que dans son esprit, la fondation de la grande mosquée de Ts’iuan-tcheou était associée à la mission des deux saints enterrés près de là, de même que dans l'esprit du rédacteur de l’inscription de 1351, la fondation de la
grande mosquée de Canton était associée à la mission de Sa‘di Waqqàs, enterré à Canton.
Épitaphe et inscription coranique. — Dans le cimetière, un peu plus bas, se trouvent deux autres inscriptions arabes. La première, gravée sur une stèle qui a été coupée par le bas, ne renferme que cinq mots; ils forment le début d’une épitaphe, celle d'un certain Khudâdär (ou Khudâdàd), chrétien et originaire d’une ville persane, peut-être Gandjah, dans le bassin de l’Araxe, si j'en crois l’estampage que j'ai sous les yeux. !)
L'autre inscription est gravée en six lignes sur une stèle plus petite que celle des deux saints. Elle est d'une écriture beaucoup
plus régulière, mais elle ne renferme qu’un verset du Coran, IIT,
182 (sans le dernier mot >).
D’autre part, l'établissement, au sud-est de Ts’iuan-tcheou, d’un cimetière musulmau qui paraît être le même que celui de notre stèle est attribué, dans une source chinoise citée par Hirth et reproduite par Philipps, oc. cif., à un marchand arabe dont le nom propre ressemble à celui du pays d’origine du prétendu fondateur de la mosquée de Ts’iuan-teheou dans les documents chinois cités par Philipps et le P. Arnäiz. [1 y a là un curieux rap-
prochement que je me borne à signaler aux sinologues.
1) J’y lis LE“) dedl , RTS 5 KP. Ce texte est écrit assez lisiblement, en naskhi cursif avec tous les points. Il y en a un sur la 2° lettre du nom propre Khudhädär, ou Khudhâdâd, sans doute pour Khudâdär, ou Khudâdäd, l’équivalent persan de Théodore ou Déodat; on s'explique alors le relatif #asr#ni, dont la lecture est certaine. Les trois points du S sont placés sous la lettre, à ce qu’il semble. Le relatif de Gandjah serait plutôt gandji; du moins Yâqût le donne-t-il sous la forme djanzi, de Djanzah, autre forme du nom de la même ville; mais l’épigraphie fournit des polionymiques qui ne figurent pas dans Yâqût. Encore un Persan établi à Ts’iuan-tcheou ; mais celui-ci était chrétien. Il semble done que la colonie chrétienne enterrait ses morts dans le même cimetière
que les musulmans.
EIN ALTER PLAN DER PEIDEN HAUPTSTADTE DES EHEMALIGEN KONIGREICHES CHUSAN
VON Dr. EDMUND SIMON.
6 ONE do-—
Bei einem Besuch der Riukiu-Insel Okinawa (rh KE) im Frühjahr 1910 gelang es mir eine Tuschemalerei zu erwerben, welche einen interessanten Beitrag zur Topographie der beiden wichtigsten Städte des ehemaligen Kôünigreiches Chüsan (FH [LL) liefert.:) Das auf Papier gemalte Bild misst 90 X 180 cm. und zeigt uns aus der Vogelperspektive die Hafenstadt Naha mit seinen Nachbarorten, sowie Shuri, die ehemalige Residenz der Kônige von Chusan. Leïider befindet sich auf dem Bilde keinerlei Datierung angegeben, dem verwendeten Papier nach zu urteilen dürfte es etwa dem Anfange des vorigen Jahrhunderts entstammen. Offenbar haben wir es aber mit der Kopie eines bedeutend älteren Planes zu tun, denn es sind auf ihm einige Gebäude eingezeichnet, die zur Zeit der Anfertigung des vorliegenden Bildes nicht mehr existierten, anderseïts fehlen in neuerer Zeit entstandene Bauwerke.
Mit fast photographischer Genauigkeit sind die Einzelheiten wiedergegeben. Den unteren Teil des Bildes nimmt die Hafenstadt
Naha (HS #n) ein. Wir sehen links die von zwei Steinmolen ein- 1) Leider ist der Plan nachträglich durch Verschulden eines Dieners vor Anfertigung
einer Reproduktion abhanden gekommen.