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C. RIGAULT de GENOUILLY

L’amiral Ricauzr de Genourrzy prévint immédiatement de son succès, notre ministre en (hine, M. de BourBouLoN, qui a son tour, fit part de notre victoire au Ministre des Affaires Etrangères par

la dépêche suivante:

M. de Bour- Macao, 26 septembre 1858.

bonlon à M.

Walewski, Min. des Aff, Etrangères.

Monsieur!| le Comte.

«Je viens de recevoir de M. le C. Amiral RIGAULT de GENOUILLY une dépèche datée de Taurane le 15 de ce mois par laquelle il m’annonce qu’arrivé

le 31 août devant ce port, il a, le lendemain 1er septembre, après une courte sommation restée sans réponse attaqué simultanément les défenses de la baie de “Tourane et les deux forts construits jadis par des ingénieurs français qui défendaient l'entrée de la rivière et s'en est rendu maître: les deux forts, dits de l'Ouest et de l'Est ayant successivement sauté sous le feu de nos canonnières. Cet Amiral était débarqué le même jour à la tête des troupes parmi lesquelles se trouvaient 450 hommes du contingent espagnol, les seuls qui fussent encore arrivés de Manille. Il n'avait rencontré qu’un semblant de résistance et avait pris possession de la presqu'île de Tourane où il s’occupait à établir sa ligne de défense, hôpitaux, magasins, etc. de manière à former un établissement complet et à pouvoir, en y laissant un petit nombre de troupes entreprendre d'autres opérations. Aucune communication officielle n'avait eu lieu jusques là entre lui et le Gouvernement Annamite.

«M. l’Amiral Rigault m’'annonce aussi qu’il a déclaré à partir du 1er septembre le blocus de la baie et de la rivière de Tourane, en me priant de donner connaissance de cette mesure aux agents diplomatiques et consulaires, ainsi qu'aux autorités navales des diverses Puissances en Chine. J'ai l'honneur de joindre ici une copie de cette déclaration de blocus.

«En m'empressant de transmettre à V. E. ces importantes nouvelles, j'ajouterai qu'il était arrivé ici quelques jours auparavant un de nos missionpaires du Tong-king, M. GaLy !), qui avait quitté ces rivages inhospitaliers il y a environ un mois, et était parvenu à travers mille hasards, dans une simple barque, accompagné de dix indigènes chrétiens, abordé et pillé jusqu’à cinq fois par des pirates, à gagner Macao en longeant la côte. [l nous a apporté les nouvelles les plus tristes; au moment où il s’est échappé du Tong-king, la mission espagnole avait été entièrement balayée; on savait que Mgr. MELCHIOR avait été arrêté par les mandarins et décapité comme Mgr. Diaz, que sa tête avait été exposée au haut d’un mât à Nam-ting et les autres parties de son corps envoyées pour l'exemple dans les diverses Chrétientés, et on craignait que les quelques autres missionnaires espagnols qui se trouvaient avec lui n’eussent eu le même sort. Notre évêque Mgr. RETORD et ses missionnaires avaient été plus heureux: ils avaient pu fuir à temps et chercher un refuge dans les montagnes de l’intérieur, où Mr Galy pense qu'ils étaient en sureté. Ces détaiis

ne pouvaient naturellement être connus de l’Amiral.»

Notre but n’est pas de raconter ici l'expédition de Cochinchine; rappelons seulement que les succès des Amiraux RiGauLr de GENOUILLY, 1) Jean Paul Gary, du diocèse de Toulouse; Missions étrangères de Paris; parti 15

mai 1S38; missionnaire au Tong-king occidental et en Cochinchine; + à Saigon le 15 octobre 1869, à 59 ans.

(prise de Saigon, 18 février 1859) Cnarxer (Ki-hoa, 24 et 25 février 1861) Pace (Mytho, 13 avril 1861) et Bonarn (Bien-hoa, 9 décembre 1861) obligèrent les Annamites à signer un traité à Saigon (5 juin 1862): l’île de Poulo Condor et les trois provinces de Gia-dinh (Saigon), Dinh tuong (Mytho) et Bien-hoa nous étaient cédées; trois ports devaient être ouverts au commerce étranger: Cù-a-hân (Tourane), Ba-lat et Quàn-yen; une indemnité de 4 millions de piastres mexicaines devait nous être payée; nous obtenions

la liberté du eulte et l'Annam nous cédait ses droits sur le Cambodge.

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