FIN
(Particle).
Nulle cause n'influa plus sur l'accroissement de la puissance Thaïe en Indo-Chine que la politique des Empereurs Mogols intéressés à l'effondrement des anciennes dynasties qui régnaient sur la péninsule, L’'affaiblissement du pouvoir des Yuen en Chine, pendant la seconde moitié du XIVème Siècle ne fit qu'accentuer ce mouvement et facilita non seulement le développement du Lan Na et du Lan Piyéa, mais encore celui du Lan Chhang, sous le règne de Fa Noom qui fit en 1353?) son entrée triomphale à Luangprabang, après toute une série de victoires dans l’Indo-Chine orientale.
Désireux avant tout d’asseoir sa domination sur les rives du moyen Mékhong, ce prince qui, par des alliances de famille, pouvait compter sur la bonne volonté du Cambodge affaibli, parait avoir surtout lutté contre le Campa. Il ménagea avec soin le roi d’Annam Tran An tong qui, en 1355), engagea à son tour une lutte meurtrière contre ses voisins du sud.
1) Vois T’oung pao, Mars 1910.
2) Annales de Luang-prabang. Mission Pavie. Recherches historiques. 3) LaAuNaY. Histoire de l’Annam.
Sur le Bas et le Moyen Ménam c'était le Lo hou qui assurait définitivement son empire sur le $Sieu et constituait le royaume de Sien lo’). Sur les rives du golfe du Bengale, les rois thaïs de Martaban s’emparaient en 1366 du Pégou et transportaient leur capitale à Hongsavady.
Sur un seul point de la péninsule, les Thaïs reculaient. C'était à Panya, dans l’ancien royaume de Pagan, où une dynastie Birmane parvenait à s'implanter en 1364, et fondait à Ratnapoura la capitale du nouveau royaume d’Ava, appelé à jouer dans les siècles suivants un rôle si important dans l’histoire de l’Indo-chine.
Il ne semble pas que le Lan Na ait vu d’un mauvais oeil le développement des royaumes Thaïs de son voisinage, et même la conquête par le Lo hou de ce territoire de Sokhotaï, ou Sien si rapproché de sa capitale Xieng Maï. Les deux dynasties étaient unies par une proche parenté, et la branche de la famille de Mang Raï qui régnait à Xieng Maï, dut même voir avec une certaine satisfaction l’accomplissement des grands projets de l’auteur commun.
Depuis 1369, le trône de Xieng Mai était occupé par le roi Kina, qui fut un des plus grands souverains de la dynastie. Il survécut de nombreuses années au roi de Sien lo Phra Rama Suen”), qui était monté la même année que lui sur le trône de Lophburi, et dont le successeur Phra Baroma-Raxathirat, couronné en 1371) s’empressa d'envoyer une ambassade d'hommage à la nouvelle dynastie chinoise des Ming, avant d’envahir pour la seconde fois (1372)*) le royaume décadent d'Angkor.
Solidement installé dans sou royaume de Lan Na, Kina ne se
jugeait pas sans doute tenu aux mêmes avances envers les nouveaux
1) PELLOT. Bulletin de l'Ecole française d’Extréme orient, 2) Puayre. History of Burmal.
3) Annales du Lan Na.
4) PALLEGoOIx. Description du royaume Thai.
maitres de la Chine, que le Sien-lo et Ava lesquels, en 1376) et en 1377°) éprouvérent le besoin de faire confirmer par les Ming leurs récentes conquêtes, et que le Cambodge, qui en 1383) reçut de la cour chinoise des marques d'encouragement bien platoniques, sous la forme de distinctions honorifiques.
Kina eut mieux fait de se conformer à l'attitude aussi déférente que profitable de ses prédécesseurs à l'égard de la suzeraineté Chinoise. Dès l’année 1381 ‘), les Ming se sentirent en mesure de faire peser tout le poids de leur autorité sur les Thaïs du Nan-tchao. Les princes Thaïs de la famille Touan perdirent à cette occasion les derniers priviléges héréditaires que les Mogols avaient bien voulu leur laisser. Ce fut, semble-t-il pourtant, dix ans après, en 1391), que le roi du Lanna se décida seulement à imiter les autres princes ses voisins et qu'il envoya le tribut à la Cour des Ming, et bien malgré lui sans doute, car les annales du Lan Na mentionnent que l'habitude d'envoyer des ambassades régulières d'hommage en Chine fut abandonnée sous ce règne.
Dans les dernières années du XIVÈèM® Siècle, le prestige des Ming en Indo-Chine n’en était pas moins devenu considérable. En 1397°), l'Empereur s'était fait adresser un mémoire détaillé sur les relations de la Chine avec les pays Barbares, et tout faisait prévoir qu'il allait donner une importance de plus en plus grande à ces relations.
À cet égard, un des événements les plus significatifs du début du XVÈèME siècle, fut l'entrée en scène du royaume de Lan Chhang (Lao tchoua) qui, pendant toute la période Mogole, parait avoir été quelque peu négligé par ses voisins du nord. Mais, en 1403”), les Chinois, dont la surveillance était devenue plus active sur les
frontières méridionales de l'Empire, intervinrent du côté de Muong-
1) PELLIOT. 2) SAINSON: Nan 1chao Ye tche. 3) RÉMUSAT. 4) SAINSON. 5) Tien-hi. Bulletin de l'Ec. fr. E. O., T vu. 6) GROENEVEUDT, 7) Tien-hi.
Hou, pour mettre fin à quelques désordres. Il semble qu’à cette occasion, ils jugèrent à propos de resserrer leurs liens avec le Lao tchoua, car en 1405!), le souverain de ce royaume envoya, pour la première fois sans doute, le tribut aux Ming qui installèrent à sa cour uu commissaire de surveillance.
De tous les côtés à la fois, l’action impériale s’affirmait d’une manière plus énergique: au Tchin la où en 1405*) on procédait à l'installation d’un nouveau roi; en Birmanie où en 1406), une ambassade chinoise venait intimer l’ordre d'abandonner sur le champ le territoire de Muong Yang.
L'accueil fait à cette ambassade fut peu satisfaisant et les Chinois apprirent à connaitre l’arrogance Birmane. Dès l’année précédente en 1405"), les Thaïs du Lan Na avaient donné l’exemple. A une demande de tribut, le successeur de Kina, Sam-Phaun-ken avait répondu par un refus, en déclarant que depuis son grand père, le tribut était aboli. L'Empereur donna l’ordre de châtier cette iusolence par l'envoi d’une armée. Le gouverneur du Yunnan (Muong-$Sè) vint faire le siége de Xieng Sen, mais si l'on en croït les annales du Lan Na, Sam-Phaun-Ken, avec l'assistance des contingents de Xieng hai, de Muong Yang, de Xieng Khong et de Phou Yao, fit une si belle résistance, qu'après deux attaques successives, Xieng Sen fut délivré et les Chinois durent se retirer. Deux ans après, une troisième attaque contre Xieng Sen aurait également échoué. Tout le Lan Na se montra profondément ému de ces menaces renouvelées des armées impériales. De tous les côtés, ou invoqua les génies protecteurs des cités et ceux des eaux du Mékhong. Les prières du peuple Youne furent exaucées; un orage formidable mit en déroute l’armée chinoise qui se retira définitivement en
renonçant à rien tenter désormais contre l'indépendance du Lan-Na.
1) Tien-hi. 2) RÉMUSAT. 3) Huger. Bull. Ec. fr. E. 0. 4) Annales du Lan Na.
Il est permis de douter de la valeur d'une telle affirmation, lorsque en consultant les sources chinoises, on constate l'envoi en 1406!) par le roi du Lan Na, d’une ambassade d'hommage à la cour Impériale.
Malgré tout, un vent de révolte soufflait dans tout le nord de l’Indo-Chine. Le roi de Muong Mau lui même, si proche voisin du Yunnan, ne consentit à payer le tribut en 1411?), qu'après avoir levé lui aussi les armes contre son puissant suzerain.
Tandis que dans le sud, le Tchin-la *), de plus en plus débile, renouvelait en 1408, 1417, 1419, ses protestations de dévouement, les princes Thaïs prenaient l'habitude de la résistance, et de son côté l’Annam, sous la conduite du glorieux Le-loi') (1418—1428) entrait en révolte ouverte contre la domination des Ming.
Vis à vis des Annamites, les Chinois firent appel au concours de leur nouveau client le prince du Lao tchoua. Fuyant devant l’insurrection de l’Annam, Tchen-tien-ping avait trouvé asile chez les Laotiens. Il se réfugia de là en Chine et alla solliciter le secours des armées impériales. La Chine poussa les Laotiens à prendre l'offensive contre Le-loi. [ls obéirent à cette impulsion, mais ne tardèrent pas à apprendre à leurs dépens, ce qu’il en coûtait de se mesurer avec ur adversaire aussi redoutable (1422). Les Annamites commencèrent
ainsi à connaitre les chemins qui conduisaient au cœur de l’Indo-
Chine. Ce fut un danger nouveau pour le Lan Na, qui avait si
imprudemment rompu avec ces traditions d'entente cordiale vis à vis de la Chine, auxquelles il devait le développement de sa puissance, eb qui n'avait pas prévu que le Lan Chhang saurait profiter de cette défaillance momentanée.
La bonne volonté du suzerain commun n'était certes pas à
dédaigner, au moment où se multipliaient les difficultés avec le
1) Mozcer. T’oung pao 1894. 2) Ney Erras.
3) RÉMUSAT. 4) Tien-hi.
royaume du Sud. De ce côté on avait laissé fort imprudemment le Lo hou s'emparer définitivement du Sien et consolider cette annexion par le consentement de la Chine qui, dès 1376 !) accordait au conquérant le sceau du royaume de Sien lo. Et pourtant, le roi Kina, qui parait avoir été le Soukoutha Kiri *) du Pongsavadan Muong Neua, savait à quoi s’en tenir sur les véritables sentiments de ses cousins du royaume du Sud, si l’on doit considérer comme exact que le Phya- Utong fit, traitreusement assassiner son fils, pour avoir entretenu des relations coupables avec une princesse de la famille royale du Lohou.
Il était d'autant plus difiicile de maintenir de bous rapports entre les deux cours que les intérêts du Lan Na et du Lan Piyéa tendaient à devenir de jour en jour plus distincts. La guerre éclata entre Kina et Boroma Tray chak *) qui avait donné asile au chao de Xieng haï révolté. On finit par se récoucilier et le chao de Xieng hai reintégré dans son gouvernement, fut même autorisé à aller prêter main forte au roi du Sud (1402) contre le chao de Sokhotai, qui supportait sans doute avec peine la domination récente d’Ajuthia.
De ce côté là des frontières, on paraissait toujours disposé à se soutenir mutuellement, mais sur les confins méridionaux de l’ancien royaume d'Haripountchay, la limite d'influence du Lan Na et du Lan Piyéa était beaucoup moins précise et devait donner lieu par la suite à bien des conflits.
C'est entre le roi du Lan Na, Tilok'), (1444 —90) et le roi d'Ajuthia Boromaratch Ban Taune, que la querelle s’envenima et provoqua une rupture définitive. À trois reprises différentes, Tilok infligea à son adversaire de sérieux revers qui lui permirent de s’annexer Muong Nan, Muong Pray et Kène Tao, et d'aller surveil-
ler du côté du Mékhong, les agissements des Laotiens du Lan Chhang.
1) P£LLIoT. 2) Pongsavadan Muong Neua.
3) Annales du Lan Na. 4) Annales du Lan Na.
En 1464, Tilok portait ses armes contre Moné dont le chao avait noué des intrigues avec celui de Tchéli (Xieng Hung). Avec l’aide du ehao de Xieng Tong, Tilok força Moné à payer tribut au Lan Na et profita de l’occasion pour annexer de ce côté quelques territoires. De tous les côtés, le descendant de Mang Raï rétablissait le prestige de la dynastie, quand au cours d’une de ses opérations par delà la Salouen, on vint le prévenir qu’une armée Annamite avait envahi le territoire de Nan. Il se hâta d’accourir de ce côté et mit en fuite l’armée ennemie.
Ces Annamites étaient les mêmes qui venaient de ravager le Lan Chlang, dont le roi avec deux de ses fils était tombé sous leurs coups. Ils poursuivaient le troisième des jeunes princes, qui trouva refuge auprès du chao de Nan et du roi Tilok, en dépit du chao de Tcheli, qui par jalousie des succès du roi de Lan Na à Muong- Nai (Moné), se montrait prêt à seconder les envahisseurs. Ces événements eurent lieu en 1471 ou en 1481, la concordance des faits étant mieux établie que celle des dates par les récits des Annales du Lan-Chhang et du Lan Na, aussi bien que par les documents d'origine annamite.
Il semble étonnant que les Annamites, généralement si peu portés à s’aventurer au delà de leurs frontières, aient pu, dès le XVème Siècle se laisser entrainer au delà même du bassin du Mékhong. Jamais il est vrai, dans la suite, ils ne se montrèrent aussi hardis, qu'à cette époque où leurs victoires sur les Laotiens de Lan Chhang leur ouvraient les plus brillantes perspectives.
A vrai dire, ils n'étaient pas des inconnus pour les Younes, car les annales du Lan Na signalent dès 1264 un combat du roi Mang Raï, dans le nord de ses états, contre les troupes chinoises et annamites. D’après les mêmes annales, les Annamites ou Kéos étaient nombreux dans les armées du Lan Na, où ils formaient, parait-il,
des bataillons d'élite.
Quant à la connaissance que les Younes avaient du Tonkin et de la côte où voisinaient les populations annamites et thiames, elle semble avoir été, à toute époque, quelque peu rudimentaire. Les annales du Lan Na racontent, il est vrai, que le roi Lao Chœung, qui monta sur le trône de Muong Yang Ngeua en 1075, ayant refusé au roi des Kéos, Thao Koua, la main d’une princesse de sa famille, vit son royaume envahi par ce souverain qui fut heureusement tué au milieu de ses troupes. À la suite de sa victoire. Lao Chœung serait allé faire la conquête de Pra Kam, le pays des Kéos, où il aurait été couronné sur le Phou-Heuat. Au bout de trois ans de séjour dans son nouveau royaume, Lao Chœung serait rentré momentanément à Muong Yang Ngeua, pour y faire couronner un de ses fils, tandis que le Lan Chhang devenait la part de son second fils et Nan, la part du troisième. Le quatrième Thaopha- Neua Kham aurait recueilli sa succession dans le royaume des Kéos, après un combat contre les indigènes, où le conquérant trouva finalement la mort. Pour donner à cette légende, qu'aucune donnée aunamite ni laotienne ne vient confirmer, une apparence un peu plus vraisemblable, les annales du Lan Na, généralement plus dignes de foi, racontent que lorsque Mang Raï régnait sur le Lao Chong, il reçut sur les rives du Mékhong, la visite de Thao- Ken vhong roi de Pra Kam et fils de Thao pha heua Kham le successeur de Lao Chœung sur le trône du pays des Kéos.
En tenant compte de l'ignorance compléte où les Younes paraissent avoir été au sujet de ce lointain pays d’Anuam qu'ils n'avaient pas l’occasion de visiter, il y a lieu de constater que tout n’est pas absolument à rejeter dans la légende de Lao Chœung. Ce nom de Chœung lui même est parfaitement caractéristique, car aux yeux de tout Indo-Chinois de race thaïe, il rappelle le fils de Koun Borom, Koun Chet Choeung, auquel échut, dans le partage
de la péninsule, le pays des Pou Eun, Muong Koang, par le-
tt
quel on communique le plus directement de la vallée du Mékhong, avec le pays Annamite,
Lorsque vers le commencement du XIyème Siècle, les Annales du Lan Chhang ') nous font le récit des exploits de Fa Noom, c'est encore en présence des envoyés du Phya Chet Choeung, roi des Muong Pou Eun et Xieng Koang qu'elles placent le héros Laotien, à son arrivée sur le Mékhong, au confluent du Nam Houng. Ces envoyés ayant salué dans Fa Nom le descendant de Koun La, fils ainé de l'ancêtre Koun Borom, le souverain du Lan Chhang reconnut volontiers à son parent la possession des territoires de Muong Sa et de Muong Moun.
Ce qu'il faut retenir de ces différentes légendes, racontées dans des documents d’origine diverse, c’est que les Younes qui avaient des Annamites une connaissance directe par les rencontres qu'ils en firent dans le bassin du Ménam, n'avaient sur le pays de ces étrangers que des données très vagues, bien qu'ils fussent renseignés sur les routes qui y menaient à travers le territoire de Xieng Koang.
Tilok ne manqua pas de profiter du prestige que lui donnait sa victoire sur les Annamites, pour rétablir ses affaires auprès de l'Empereur chinois et supplanter dans son estime le roi du Lan Chhang qui s’y était si perfidement insinué. Sous le règne d’Yngtsoung 1457.1464, la gloire de la dynastie des Ming s'était singulièrement accrue, et il s'agissait de faire oublier à la Cour l'attitude des derniers rois du Lan Na.
Aussitôt après sa victoire de 1481,°) Tilok fit partir pour la Chine une ambassade chargée de présenter à l'Empereur un certain nombre de captifs et de raconter ses exploits. L'Empereur aurait d'abord refusé de croire à la vérité de pareils récits, que le témoi-
gnage personnel des captifs réussit finalement à lui faire admettre.
1) Mission Pavie. Recherches historiques.
2) Annales du Lan Na.
Reconnaissant la puissance du roi du Lan Na, il décida que désormais ses ambassadeurs passeraient avant tous ceux des autres pays tributaires et il s’empressa d'envoyer l'investiture à Tilok, en lui confiant la haute surveillance des princes vassaux à l'ouest de l'Empire. Le roi du Lan Na ne se tenant pas encore pour satisfait par des égards aussi exceptionnels, aurait fait accepter par l'Empereur un protocole spécial pour les envoyés chinois à la cour de Xieng Mai, auxquels il jugeait nécessaire de faire sentir tout le poids de son importance.
Quelque exagération de vantardise qu'il puisse y avoir dans ce récit des Annales du Lan Na, il n'en est pas moins vrai que la vaillance et l’habileté de Tilok avaient rétabli le prestige de la cour de Xieng Mai, sur le même pied tout au moius qu’à l’époque du roi Mang Raï. Lorsque en 1483. Tilok eut enfin soumis à son influence l'important chao de Xieng Toung, ses états atteignirent leur maximum d'extension et il put se vanter, quand la mort le surprit en 1489, d’avoir fait du Lan Na un des royaumes les plus puissants de l’Indo-Chine.
Ce fut l’apogée de la dynastie. Aucun des successeurs de Tilok, n'eut à beaucoup près la même valeur que lui. Les princes voisins en
profitèrent et quelques unes des conquêtes du Lan Na furent éphémères. C’est vers le nord, afin d’implanter sa domination à Xieng Tounug, que Tilok avait fait ses dernières campagnes, et pour mieux prendre possession du pays, ce descendant de Lawa Chakri avait repoussé jusqu’en territoire Lu, les populations Lawa qu'il avait balayées sur son chemin. Si le souvenir de son origine autochtone ne lui fit pas faire un retour vers le passé, il n'en fut pas de même pour ses successeurs que la nécessité de défendre leurs frontières du nord ou tout au moins de surveiller les gens de Xieng Toung, obligea
plus d’une fois à séjourner à Xieng Sen.
Les chroniques locales ‘) ont conservé le souvenir des rois Phya- Jodh, Phya Kéo et Phya Ked. Le roi Thippedi Phya Kéo qui régnait en 1497, offrit une urne d'or aux reliques de Bouddha que l'on conservait pieusement à Xieng Sen. Ce fut le même prince qui éleva en 1504 une statue dans un des sanctuaires de l’ancienne cité, exemple qui fut suivi par Phya-Ked, son successeur et le dernier roi de la dynastie. Celle ci s’éteignit, on peut le dire, dans le culte des vieux souvenirs et ce qu’il y a de touchant, c'est que les chroniques postérieures en ont transmis la tradition, en dépit des ruines qui se sont depuis accumulées sur l’infortunée cité de Xieng Sen.
Les premiers coups partirent du royaume du Sud. Déjà dans les dernières années du règne de Tilok, les querelles avaient repris avec les gens d’Ajuthia, d’abord à cause de Muong Teun puis à cause de Nan et de Lakhon. C'étaient les vieilles disputes de frontières qui renaissaient.
Sous le règne du Phya Keo en 1509,2) les Younes allèrent batailler du côté de Sokhotai, et les Siamois ripostèrent en venant attaquer Muong Pray. Pendant plusieurs années ces deux points servirent de champ de bataille aux armées des deux royaumes. À certains moments, la situation devint si menaçante, qu'en dépit de succès partiels Phya Kéo dut songer à la défense de Lakhon et de Xieng Maï dont les fortifications furent reconstruites. Le Phya Athit prince héritier du Siam, qui commandait l'armée du sud, se décida à temporiser et offrit même une alliance au roi de Lan Na.
Celui-ci profita de cette période de détente (1525) pour s'occuper des affaires de Xieng Toung où il y avait un nouveau chao à désigner, Son candidat, le Chao de Xieng Khong ayant été évincé, Phya Kéo dut battre en retraite du côté de Xieng Sen, furieux
contre ses officiers. C'était la sécurité qui était menacée sur les
1) CAronique de Xieng Sen.
2) Annales du Lan Na.
frontières du nord, au lendemain du jour où l’insolence des Thaïs Ngious de la Salouen venait de porter l'inquiétude jusqu sous les murs de Xieng Maï.
Phya Kéo mourut en 1527. Il eut pour successeur Chetha Phya Ked, fils du Phya Yodh qu'on avait forcé à abdiquer. Le nouveau
Le
roi fut jugé à son tour insuffisant et déposé; puis en 1545 on le replaça sur le trône où il ne tarda pas à être assassiné (1547). La dynastie s’écroulait et les destinées du Lan Na étaient compromises. On put croire un instant qu’en recueillant l'héritage de Phya Ked, de petits princes comme ceux de Xieng Toung oz de Moné parviendraient à les raffermir, mais ni le roi du Lan Chhaug ni celui du Lan Piyéa ne purent admettre cette solution. Plutôt que de s’adresser aux Siamois d'Ajuthia avec lesquels ils entretenaient depuis longtemps déjà de si mauvais rapports, les Younes de Xieng Mai préférèrent s'adresser aux Laotiens de Luang prabang, pour leur demander un roi. Ce fut Ou-va-nhou (Oupayo) fils du roi de Lau Chharng que l’on désigna pour régner sur le Lan Na (1548). :) Mais son règne éphémère ne se prolongea pas plus de deux ans, car le Siam et le Pégou ne lui laissèrent aucune 1rève, si bien qu’ Oupayo se décida à retourner sur les rives du Mékhong, d'où il fit dire en 1553 qu'il ne reviendrait plus jamais à Xieng Mai.
C’est au Chao Mékou de Moné qu'échut sa succession, mais dans des circonstances particulièrement difficiles, car dès 1560?) le roi du Pégou vint bloquer la citadelle de Xieng Mai qui ne tarda pas à tomber en son pouvoir. Après deux cent soixante deux ans d'existence glorieuse, le 1oyaume de Lan Na fondé par Mang Raï perdit ainsi son indépendance. Ce fut le commencement d’une période singulièrement sombre pour le peuple Youne; elle se prolongea jusqu'au milieu du
XVIIIÈME siècle, et l'on peut dire que pendant cette longue durée,
1) Annales du Lan Na et Annales du Lan Chhang. 2) Annales du Lan Na.
le Lan Na ne fut plus qu’une expression géographique, sans aucune réalité politique. Les Pégouans laissèrent Mékou à Xieng Mai, non pas comme successeur des rois, mais comme chao vassal, chef d’une petite principauté locale, autour de laquelle se constituèrent d'autres petites dynasties. L'unité était rompue et tout le haut bassin du Ménam de même que la région de Xierg Khong et de Xieng Sen connut de nouveau les incertitudes du régime féodal, dont les Thaïs s’accommodent relativement mieux que les autres populations de l’Indo-Chine, car il répond à l'organisation primitive de leurs muongs. Aussi, bien que pendant plus de deux siècles, le Lan Na continuellement asservi, soit devenu le théatre des incurs'ons et des pillages et le champ de bataille habituel des Pégouans, des Siamois et de tous les petits princes Thaïs qui fourmillaient au delà de la Salouen, les Younes ne perdirent jamais le souvenir de leur unité passée et de leur gloire ancienne, ce qui leur permit, après la tourmente, de reconstituer dans une certaine mesure le royaume de Mang Raï et de Tilok.
C'est comme une occupation passagère non comme une conquête définitive que les Younes supportèrent la longue domivation des Pégouans qui ne donna lieu à aucune organisation nouvelle et ne
laissa finalement dans le pays que fort peu de traces. Aussi le récit des fréquentes incursions des armées du Pégou dans le Lan Na n'offrirait-il pas beaucoup plus d'intérêt pour l'historien, que celui des querelles locales entre muongs voisins, s'il n'évoquait de temps à autre le souvenir de quelque grand guerrier comme ce Bureng Naung des chroniques Birmanes, le Paramansasthi du Ragawan Pégouan, le Mangta louong des Annales du Lan Na, qui fut durant la seconde moitié du XV° siècle, le héros par excellence de l'épopée
Indo-Chinoise,
La prise de Xieng Mai par Bureng Naung en 1560 eut pour
conséquence une campagne contre le Lan Chhang,') dont le second Roi fut emmené en captivité, puis, afin de soumettre tous les princes du Haut Mékhong, une expédition jusqu’à Xieng hung, ?) dans le pays de Muong Sene vifa. — Le Lan Chhang et le Siam furent les deux pays de la péninsule qui surent le mieux résister au conquérant et qui du moins se relevèrent le plus rapidement, après de sanglants échecs, des coups qu’il leur avait portés. Ils étaient d'ailleurs les seuls pays qui à cette époque fussent en mesure de se défendre.
Lorsque eu 1581,*) Bureng Naung mourut, tous les princes Indo-Chinois, grands et petits, commencèrent à respirer. Les Chinois reparurent aussitôt en 1582*) à Muong Mau d’où ils avaient été expulsés. Eu 1585 ils virent les Barbares de Pa po ou Pape, c’est à dire les Younes du Lan Na leur rapporter le tribut d'usage. De son côté Phra Naret, le roi d’Ajuthia, dont la capitale avait été si lamentablement saccagée, alla s'emparer en 1587°) de Hongsavady où il installa un gouverneur Siamois. En peu d'années, la puissance du Pégou et de la Birmanie tomba à un degré si bas, que de 1600 à 1605 la conquête de la plus grande partie de cette région fut accomplie sans difficulté par l'Empereur Chinois Ti-jouei. A la même époque, 1601,°) les Laotiens de Lan Chhang pénétrèrent dans le Lan Na qu'ils trouvêrent sans maitres par suite de la retraite des armées Birmanes et Pégouanes, et ils s’emparèrent de Xieng Sen.
Mais en 16247) il y eut une nouvelle surprise. Phra Va Mang ta Southo Thami Kalat, parti d'Hongsavadi, se chargea d’anéantir en peu de temps le résultat de si beaux efforts. Il commença par
reprendre Xieng Khong et Xieng Sen puis Muong Kie et Xieng
1) Mission PAviEe. Recherches historiques.
2) Chronologie inédite de Xieng Houng.
3) PHAYRE, 4) Ney Ecras et Tien Hi et Nan tchao ye tche. 5) PALLEGOIx. 6) Annales du Lan Na.
7) Chronique de Muong luong pou Kha.
Houng en 1626. Après avoir organisé les muongs de la rive gauche du Mékhong et les Sipsong panna, il marcha contre le Lan Chhang, mais à Muong Saï, il rencontra les chefs de l’armée Laotienne avec lesquels il préféra s'entendre plutôt que de pousser plus loin ses exploits. C’est ce même prince qui en 1653 !) vint en pélerinage à Xieng Sen, où les bonzes, en lui faisant vénérer les reliques du Bouddha, lui racontèrent le passé glorieux de la cité.
Maugtasoutho n'avait évidemment pas la même impétuosité que le terrible Bureng Nauug. C'était un adversaire moins redoutable, qui ne sut pas s'opposer en 1660?) à un coup de main des Siamois sur le territoire de Xieng Maï. L'année suivante, la nouvelle dynastie Maudchoue qui régnait en Chine, fit envahir le territoire Birman pour y rechercher le dernier des Ming *) qui y avait trouvé refuge.
Les temps étaient décidément changés. Mais si, jusqu’au milieu du XVIIIÈME siècle, où surgit le grand conquérant Birman Alung phra, l'Indo-Chine échappa à de grands bouleversements, le sort des habitants n’en devint pas plus tolérable, car d’un muong à l’autre, les querelles se succédaient, dans les intervalles où les bandes de Pégouans et de Ngieous ne dévastaient pas le pays.
Le Lan Na en avait assez de toutes ces incursions, ces luttes, ces pillages et ces meurtres, mais l’anarchie était telle que l’ordre était singulièrement difficile à rétablir. Ce fut seulement en 1727) avec la révolte de Thepha Sing, à Xieng Mai, qu’ apparut le premier symptôme de relèvement, mais cette entreprise mal soutenue échoua misérablement,
Après Thepha Sing, le prince Laotien Ong Kham qui s'empara du pouvoir à Xieng Mai, tirt tête pendant quelque temps aux
bandes pégouanes. Ce fut aussi le moment où les Chinois consoli-
1) Chronique de Xieng Sen. 2) Annales du Lan Na. 3) PAUTHIER. 4) Annales du Lan Na.
dérent leur autorité dans la région des Sipsong panua, en annexant Sse-Mao (1730). :)
Mais dix ans après, l'agitation reprenait de plus belle, à la suite des conflits provoqués au delà de la Salouen par les ambitions contraires des Pégouans, des Thaïs et des Birmans. Alaung-phra finalement assura la victoire aux Birmans en 1753. ?) Ce fut une nouvelle ère de grandes expéditions à travers l’Indo-Chine. Le Pégou en 1757,°) le Siam en 1758,') le Lan Chhang en 1764°) subirent momentanément la loi du vainqueur. Au milieu de toutes ces épreuves, le Lan Na plusieurs fois traversé et pillé par les armées d’Alaungpra, puisa dans le mécontentement général une énergie suffisante pour tenter un soulèvement. Lampoun et Xieng Mai expièrent cruellement cette audace ©) (1765) par un redoublement de rigueur qui ne fit qu’ exciter davantage le zèle de leurs habitants. L’excès des misères communes rétablit entre les Younes et les Thaïs du Bas Ménam c’est à dire les Siamois, l'accord qui avait cessé d’exister depuis le règne du roi Tilok.
Au milieu de la détresse générale, une famille Thaïe avait trouvé moyen de sauvegarder à Lakhon un semblant d'indépendance, à force de prudence et de ménagements à l'égard des Birmans. Reconnu par ces derniers comme chef de Lakhon, le Chao Sai Kéo avait été obligé par les troubles de s’enfuir au delà de la Salouen, mais, rétabli dans son gouvernement par les maitres du jour, il avait autour de lui sept fils valeureux que les souffrances de leur pays exaspéraient; ils firent secrètement le serment de le délivrer par n'importe quel moyen (1769).
Pour parvenir à leur but, ils nouèrent des intrigues avec le
1) Holt HALLETT. À fhousand miles on an elephant. 2) Annales du Lan Na. PHAYRE etc.
3) SCHMIDT. Ragawan.
4) PALLEGOIX.
5) Mission Pavie. Recherches historiques.
6) Annales du Lan Na.
Lan Chhang et avec Ajuthia. Tandis que ces deux royaumes subissaient le joug des armées Birmanes, l’un des jeunes gens, Chapane parvint à s'assurer la confiance de ses maitres et prit possession de Xieng Mai, tandis que son frère Kavila se préparait à Lakhon, à profiter de la première occasion.
C'est d’Ajuthia que vint le secours. Le roi Phya Tek Sin venait à peine de relever les murs de sa capitale, quand le Chao Sai Kéo apprit qu'il se disposait à envahir le Lan Na pour s'y mesurer avec les Birmans. Avant de s'engager avec les Siamois, les sept frères tinrent conseil, car ils couraient un grand risque et leur père était à ce moment entre les mains des agents d'Alaung phra. Ils finirent .
par promettre leur concours à Phya-tek Sin, qui parut devant Xieng Maï, à la tête d’une armée. La ville fut livrée aux Siamois qui délivrèrent Chao Sai Kéo de la cage où les Birmans le tenaient enfermé (1774).
Cet événement mémorable eut pour conséquence de placer le
Lan Na sous l'influence du Siam, qui en 1778 étendit de même équ, à. autorité sur le Lan Chhang. HR:
À Xieng Mai, où les titres de Chapane furent confirmés, comme à Lakhon où régnait Kavila, la suzeraineté d'Ajuthia sur les pays Younes fut reconnue. Elle s’affirma pendant les années suivantes, chaque fois qu'il s’agit de défendre les muongs libérés contre les entreprises des Birmans qui cherchaient à prendre leur revanche. «En ce temps, disent les annales du Lan Na, la misère du pays fut extrême; Xieng Mai était devenu une épaisse forêt et par «crainte des tigres, les habitants durent s'installer au Vang-phao «(1775)». Ils ne rentrèrent définitivement qu'en 1786 dans leur ancienne cité restaurée.
La suzeraineté siamoise était lourde. Kavila et Chapane l’appri-
rent à leurs dépens, quand ils furent appelés à Ajuthia pour rendre
compte de leur résistance aux généraux de Phya tek Sin, qui
revenaient victorieux d’une expédition à Vieng Chang (1782). Chapane mourut prisonnier à Ajuthia et Kavila n'obtint sa grâce, qu’en allant guerroyer, pour le compte du roi de Siam, dans le nord, où il fit conquête de Xieng Sen. Plusieurs fois, pour inspirer confiance à ses nouveaux maitres, il dut aller faire à Ajuthia des actes d'hommage et de soumission.
Cependant, avee l’aide de son frère Kam Som, devenu Chao de Lakhon et de Lampoun, tandis qu'il régnait lui même sur Xieng- Mai, il s’appliqua à reconstituer l’organisation civile et religieuse du Lan Na, où il fit revenir une partie des habitants dispersés à la suite des troubles dans différentes régions de l’Indo-Chine. |
Le roi de Siam, Phra Voutha Boroma Khot favorisa fort heureusement l'initiative de son vassal et lui permit même d’annexer à ses Etats les deux muongs de Raheng et de Taheun.
C'est surtout dans la région du nord que Kavila multiplia ses efforts, luttant avec une rare énergie contre les Birmans qui avaient la prétention d'y maintenir leur domination, en s'appuyant sur les Chinois (1788). Xieng Sen fut à plusieurs reprises le champ de bataille où se rencontrèrent les armées Thaïes et Birmanes. Xieng- Toung résista quelque temps aux appels de Kavila, mais le chao de Muong Yang et le roi de Lan Chhang se montrèrent plus dociles et s’unirent aux Younes contre l'ennemi commun.
Tandis que dans le sud les armées siamoïses garantissaient l'intégrité du Lan Na contre les Birmans qui subirent de sanglantes défaites, Kavila luttait pied à pied dans le nord, poursuivant les Birmans jusqu'au delà de la Salouen, pour les éloigner définitivement de Xieng Sen et des rives du Mékhong.
Dès 1788, on pouvait considérer le Lan Na comme libéré. C'est alors que le vieux Sai Kéo, se trouvant à Xieng Maï au milieu de ses fils, put leur adresser en guise de testament de touchantes
recommandations, les priant de maintenir envers et contre tout et
sans tenir compte de leurs intérêts particuliers l’unité de la patrie qu'ils venaient de reconstituer.
La Birmanie vaincue s'étant décidée en 1790 à conclure la paix avec le Siam et avec la Chine, les dernières années du règne de Kavila furent consacrées au rétablissement de l'autorité Youne dans les régions de Xieng Sen et de Xieng Toung (1791—1794) et dans les muongs situés sur la rive gauche du Mékhong. Il revendiqua même les Sipsong pauna comme ayant fait partie de l'ancien domaine du roi Mang Raï.
Jusque dans cette partie éloignée de ses possessions il reçut un bon accueil de la part des populations thaïes encouragées par les récits des bonzes qui racontaient une prédiction ancienne d'après laquelle un prince de Xieng Mai était destiné à reconstituer l'ancien Lan Na jusqu'à la limite du pont de fer et de cuivre dans Île voisinage de Li Kiang.
Les Annales du Lan Na s'arrêtent au récit de ces derniers triomphes. Mais d’autres documents nous permettent de prolonger de quelques années l'étude de cette histoire. Une chronique) qui raconte les évènements de 1769 à 1827 se trouve exposer en détail les hauts faits des fils de Sai Kéo et s'achève par le récit de la campagne des Siamois contre le Chao Anouk de Vieng Chang, à laquelle les princes du Lan Na prirent une part considérable.
Les Younes ne retrouvèrent en somme leur indépendance à l'égard des Pégouans et des Birmans, de race étrangère, que pour subir la suzeraineté des Thaïs d'Ajuthia qui étaient du moins comme eux
les descendants des anciens compagnons de Lawa Chakri. Après la mort des fils de Sai Kéo, les Siamois ne permirent jamais la reconstitution intégrale de l’ancien royaume de Lan Na,
mais ils s’appliquèrent à y maintenir un certain nombre de petites
1) Chronique postérieure du Lan Na.
principautés vassales, sur lesquelles ils exerçaient suivant les circonstances une action plus ou moins directe. Grâce aux liens de famille qui unissaient les différents chaos, l'unité du Lan Na n’en subsista pas moins, au profit des Younes, qui conservent encore de nos jours le souvenir de Lawa Chakri, de Mang Raï, de Tilok et des sept frères fils de Saï Kéo, auxquels ils durent au XVIIIème siècle la
libération de leur territoire.
PRUCHSTUCRE AUS DER GESCHICHTE CHINAS UNTER DER GEGENWARTIGEN DYNASTIE