‹ Tunis et KairouanChapitre 8 sur 17 · LES ARTISANS · texte numérisé non relu

LES ARTISANS

blées, ont été restaurées avec goût dans ces dernières années et ornées de plâtres sculi^tés d'un assez joli sentiment. Ces boutiques sont, avec celles des barbiers, les mieux décorées du vieux Tunis.

Une industrie presque éteinte aujourd'hui, et qui était une branche assez curieuse de la sculpture sur bois, était l'industrie des timbres ou tabas destinés à imprimer la marque de fabrique sur la feuille de papier

Souk el Attarin et porte de la Mosquée Zitouna.

pliée à l'intérieur de la chéchia, marque de fabrique C(intenant au milieu d'un cartouche plus ou moins bien gravé, le nom du fabricant et une sorte d'emblème géométrique nommé iiichaiu qui était pour ainsi dire la partie essentielle de cette marque. Ce détail était probablement rendu nécessaire par l'analogie fréquente des noms des Arabes, qui n'a3'aut que rarement des noms de famille constitués généralement par des surnoms, peuvent être facilement confondus les uns avec les-au.tres; comment, en effet, distinguer les Mohammed ben Ali les uns des autres sinon par ce moyen? Je donne dans ce livre plusieurs empreintes de ces sortes de sceaux; on pourra donc apprécier ce que les artistes tunisiens ont su mettre d'art dans ces simples objets.

Dans certains quartiers extérieurs, des /oiiifoaks ou hôtelleries reçoivent les commerçants de l'intérieur qui viennent faire leurs achats à Tunis, c'est là aussi que s'arrêtent les petites caravanes qui viennent y prendre les chargements de ballots que des files interminables de chameaux iront porter jusqu'aux frontières extrêmes du pays, et même dans les pays voisins.

Les Arabes purs ont horreur des métiers manuels, mais les .Mores au

Cllclii- Neur.lci

].e Souk des tailleurs.

contraire, qui sont à proprement parler les descendants des autochtones ou véritables indigènes, convertis à l'islamisme par l'invasion arabe, ont conservé leur aptitude au travail et leur goût artistique. Des menuisiers, des serruriers, des peintres sur meubles, des sculpteurs, des potiers, des tisserands en étoftes de laine, de coton et de soie, des brodeurs, des bijoutiers continuent à exercer comme au moyen âge leur petite industrie dans des ateliers minuscules et avec un outillage rudimentaire, des parfumeurs y distillent l'essence de jasmin et de rose, des teinturiers réunis en corporation compacte un véritable trust;, y teignent de couleurs éclatantes la soie, le coton et la laine.

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