CHAPITRE IV
Franciscains italiens, et à droite le collège Sadiki, fondé par le général Kheir-Eddin. L'instruction y est donnée gratuitement à une centaine d’élèves musnlmans qui y apprennent notre langue, qu’ils parlent avec beaucoup d’élégance.
Mais à mesure que l’on avance, l’Européen devient plus rare ; et, finalement, dès qu’on entre sous l’espèce de tunnel sur lequel donne la porte de la prison, on se sent en plein dans la ville arabe.
Au sortir de la voûte, on se trouve en face de la belle colonnade et de l’escalier de la plus grande mosquée de Tunis, la Mosquée de l’Olivier {Djamûa-ez-Zitouna). En tournant à droite, on a en face de soi l’entrée du souk des parfums. C’est aussi l’entrée de la ville marcbande, du bazar. Ici cela s’appelle : les souks. Ce sont des rues couvertes dans lesquelles les boutiques se touchent. Les marchands n’y habitent pas. Le soir venu, toutes les boutiques sont closes et même bon nombre de ces rues sont fermées par des portes. Des gardiens veillent eu bas ; des chiens et des gardiens surveillent les terrasses, d’oû les voleurs pourraient par trop facilement trouer le dessus des boutiques.
Les souks entourent littéralement la Mosquée de l’Olivier. C’est un fouillis de ruelles et impasses inextricable, dans lequel il est assez difficile de se reconnaître.
Cependant, en prenant comme point de départ la partie supérieure de la rue des Parfums (celle que les Arabes appellent Souk-Ettroiik et où sont les tailleurs), on peut s’orienter sur la rue des Etoffes, qui traverse entièrement les souks et qui est des grandes artères de la cité.
Plus haut, dans le souk des tailleurs, on rencontre Souk-el-Kebabjia, dans lequel se trouvent des marchands de tapis et des soutacheurs. Le Souk-Ettrouk aboutit à une rue transversale qui se nomme Souk-el-Berka à gauche, et Souk-el-Bey à droite.
Voici la ville marchande définie par son côté nord. Si l’on prend la première rue à droite dans la rue des Etoffes, la rue El-Mestnff, elle conduit à l’extrémité occidentale de la ville marchande, qui se termine dans cette direction par le si brillant souk des selliers. C’est en quelque sorte l’artère centrale du groupe des souks. La rue Kachachine, sensiblement prolongée par la rue du De^jj limite au sud la ville marchaude. En cherchant la rue des Parfums (demander Souk-Ettrouh), la rue des Étoffes, le Souk-el- Berka, la rue Kachachiue ou la rue El-Mestaflf, ou est toujours certain de se retrouver dans le dédale des rues et des impasses des souks : car, à quelque point que l’on se trouve, ou n’est pas à cent mètres d’une des rues ci-dessus indiquées.
Les souks seront décrits dans des chapitres spéciaux. Ce qui précède a eu pour but de donuer à la ville marchande sa physionomie particulière, et sa délimitation dans la cité dans laquelle elle est enchâssée.
Les souks étant au cœur de la Médina, ils peuvent servir de base d’orientation. Ainsi, en tournant adroite à l’extrémité du Souk-Ettrouk, on a devant soi un des angles des vastes bâtiments que l’on appelle Dar-el-Bey b Chaque samedi Son Altesse le bey de Tunis quitte la Marsa, sa résidence habituelle, soit pour venir à Tunis, au Dar-el-Bey où ont lieu les réceptions officielles ; soit pour aller au Bardo, pour accorder ou refuser la grâce de quelque condamné à la peine capitale.