‹ Tunisie et TunisiensChapitre 10 sur 48 · A TUNIS M · texte numérisé non relu

A TUNIS M

h()ii(î (lu rli;iin|»agiH; ri ;i (|ui j(î dcmanilais ^i \r propIlèUî iH' l'avait |)as (h'fnnlu, rno n'poîidil en riaiil «|ue Malioriiel n'avait (Irrciulu «|uc 1rs vins rondes.

Los cinjotières sont en «^^rand nombre, mais beaucoup sont ahandonnés et Unissent par disparailn? sous le sol des belles maisons que l'on construit.

Les catholi(|ues ont un cimclière près de l'avenue de la Marine (1). Celui des chrétiens de la reli«îion grecque est sur uïie |)la('e près du cluMnin <le fer de la (loulette, au commencement duquel se lruu\e le cimetière des juifs.

Ce sont les cimetières musulmans (pii sont les [>lus nombreux. Les chrétiens ne doivent s'y aventurer ([u'avec prudence, car les indigènes sont plus que mal disposés quand ils voient y entrer des étrangers, et cela donne parfois lieu à des rixes sanglantes.

Parmi les édifices publics de Tunis, on peut mentionner :

Le Palais du Beij (Dar-el-Bey), bâti par HounanJa-Pacha. Il est situé sur la place de la Kasba. Le souverain l'habite pendant le mois de jeûne ou époque du Ramadan, La justice se rend dans la cour entourée de colonnades.

Le Palais de Kheir-el-Din (2\ actuellement Palais de la Justice française.

Le grand hôpital, El - Moroustan , construit par Aziza- Osmana (3).

La Résidence, beau monument renfermant un superbe jardin, et où se trouve logé le ministre de France.

(1) Ce cimetière a été entouré d'une enceinte par les soins de Mgr Lavigerie.

(2) Ancien ministre.

(3) De la dynastie des Hafsides.

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La Derilut on prison de la ville.

La ljihli<ttlitnm r^i iiislallée dans la grand»' iiiu:5(|Ui-(- (Djamaez-Ziloima). Avanl l(SiO. elle possédait h peine deux ccnls ouvrages. Aujourd luii. elle comprend une prennère collection de manuscrits, les livres de la IjiblioliitMpie du l^ardo donnés en [)ropriétê de main-morte {luihoiis ou owikaf) , par Abmed- Bey, qui en lil dressiM' un catalogue.

Vlmpiimcru', ipu vieul d'être créée dernièrement, a commencé à imprimer un grand nombre des ouvrages déposés dans la bibliothèque.

Tunis possède de nondjreuses fontaines alimentées par Paqueduc de Znçjliounn (1), une merveille, dont les frais de restauration se sont élevés à plus de 10,000,000 de francs.

Une grande fontaine se trouve à gauche de la Kasba, et les eaux de ce réservoir sont distribuées dans Tunis, au Bardo et à la Goulette.

Depuis l'occupation française, Tunis tend toujours à s'accroître et à s'embellir. De toutes parts, on construit de nouvelles habitations, on crée des voies nouvelles, on construit de nouveaux chemins de fer. Si cela continue , elle deviendra bientôt une des plus belles villes du littoral africain. Elle est forcée surtout de devenir une des principales villes commerciales de la Méditerranée; car, par sa position géogra|)hi(pie, elle est beaucoup mieux située qu'iVIger, Messine ou Naples.

Depuis longtemps, on avait formé le beau projet de voir Tunis, port méditerranéen.

Ce projet, qui présentait cependant de si nombreux obstacles,

(1) Kantara, aqueduc, pont.

A TUNIS Wf

rsl (l(îV(Miu une ri'iilitc, imi iHDit, ^racc a i ai Umu-, au gein- (les in;^riii(Mirs IVanrais (|iii avaionl (Milrcpris (UîIIc œnvrr colossale.

(]o |K»rl viciil dclrr, iiiaii;j;iiir.

Do S|)l(Mi(liil('S frh's oui (Ml li(îU : f<Hos n'iMan|ii.ihIes, et par ralllmMiro accoiiriic de loiilcs paris "' 'l-- Imm- I»»^ pays, (H par la nia-.^nilictMire, la soinpluositc el la durée des réjouissances.

Lo sucrés de ces frtcs montre combien les autres nations altacliai(Mil de [)ri\ à cette œuvre.

Entre Tunis et la mer, s'étend, en eiïet, un lac immense, le lac Baliira, dont la laiyeur est de 10 kilomètres et rpii se trouvait lui-même séparé de la Méditerranée par une étroite langue de terre. Cette désavantageuse situation ne pouvait cpic nuire considérablement au commerce, et par suite à Tagrandissement et à la richesse de la vdle; car il fallait déposer les marchandises et tous les autres objets, au port provisoire de la Goulette. et de là, les faire parvenir à Tunis, soit à travers ce lac, soit par la voie de terre.

Plusieurs des beys de Tunis avaient déjà eu l'idée de ce port; mais on avait toujours manqué d'audace ou de génie sutlisant pour le faire.

Pourtant cette œuvre était d'une incontestable utilité.

En 1880, la construction du port de Tunis fut obtenue par la Compagnie française de Bônc-Guelma.

Le port est aujourd'hui un véritable ouvrage d'art.

Le canal mesure 8 kilomètres de longueur et une largeur moyenne de :22 mètres. Au miheu, les gros navires auront

l.i iacililc (le se croiser, grâce à une sorte de garage de non mètres. Le bassin lui-même a une superficie de 12 lieclares, et comme sa profondeur est partout de 0 mètres 50, même les navires de la (Compagnie transallanliipie peuvent y pénétrer. Du côté de la mer, le chenal est protégé par deux jetées de 000 mètres. Sa construction a été fort lopgue et fort diflicile, car, le fond du lac n'étant que de la vase, il fallait extraire cette vase , la rejeter des deux côtés , la maintenir en place par des pilotis. Et encore la vase filtraitelle à travers les pilotis, ou sous son effort rejetait-elle [jarfois les énormes madriers.

Gouvernement de Tunis.

La ville de Tunis est divisée en trois quartiers :

1° Le Médina;

2° Le faubourg Bab-Djezira ;

3^ Le faubourg Bab-Souika.

Chacun de ces quartiers est administré par un cheik (1).

Ce cheik est chargé de faire exécuter les arrêtés municipaux.

IL rend la justice entre les patrons et les ouvriers et sert d'intermédiaire entre le gouvernement et les notables indigènes.

(l) Cheik, mot arabe qui signifie le vieux, vieillard.

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Administration do Tunis

Miiiii«*li»iilll<* <lc* 'I'iiiiIm.

Le conseil iniiiiiripal do Tunis se compose de : Un |nvsi(l(MU, deux vice-pirsidenls , sept conseillers eiiropoens , Imil conseillers indigènes et un conseiller israélile. Toutes les demandes et pétitions doivent invariahlr'mcnt être adressées au président du Conseil municipal et écrites en langue arabe ou française; dans toute autre langue, il n est pas tenu compte de ces pétitions et demandes.

Recette municipale.

La recelte municipale a pour objet de recueillir les diverses taxes :

Taxe de la Caroube.

La taxe de la caroube est de 6 1/4 °/o sur la valeur locative des immeubles. Les immeubles non loués en sont exemptés.

Taxe sur les voitures et les charrettes.

Voilures particulières. ... 5 piastres par mois. » de place à 2 chevaux. 10 » »

Voidiros (In place à 1 cheval, 8 piaslres par mois.

» (le remise .... 15 » »

(lliarrettcs ^ j> »

Taxe du balayage.

La lax(i du balayage est en moyenne de 24 à 25 piastres par appartement.

Le service de la paix publique à Tunis

Le service de la paix publique comprend : un commissariat central et cinq commissariats secondaires.

Le service central de la police comprend :

4 inspecteurs ; 3 sous-inspecteurs ; 1 1 brigadiers ; 96 agents et une brigade montée de 9 hommes.

Huit postes de police sont répartis dans l'étendue de la ville.

Le service de chacun de ces huit postes de police est confié à une garde composée d'un brigadier, de cinq agents, dont trois indigènes et deux Européens.

Pendant la nuit, c'est-à-dire de huit heures du soir à quatre heures du matin, 'du l'^'" avril au 30 septembre, ou de sept heures du soir à sept heures du matin, du 30 septembre au 31 mars, le personnel de chaque poste est renforcé par six laouéjès.

MJ.XARET DE 5 ID 1 - BE N -T R OU S , A TUxMS.

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A IliM^i 61

La içondarmorlo beyllealo,

i^i:m II a m II a «.

Les gendarmes du hey de Tunis sont nommés hamhas. Ils sont armrs de longs fusils à pierre. J'en ai vu (|ui emportaient avec eux dans une course un peu longue une ombrelle de toile blanche pour se garantir du soleil (juand il est trop fort, et de la pluie au besoin.

Avant le protectorat français, les hambas formaient la cavalerie d'élite.

Ils avaient pour mission de porter les dépêches du Bey au gouverneur. Ils étaient aussi chargés non seulement de faire la chasse aux voleurs et aux assassins, mais encore de faire payer Timpôt aux provinces. C'est surtout ce dernier emploi qui les faisait détester, car les populations que j'ai interrogées me disaient toutes qu'ils demandaient souvent, avec menaces, plus que la somme nécessaire.

Aujourd'hui, leur rôle se borne à celui d'un simple gendarme chargé de la police et de la sécurité.

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