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I.n imiraillo cxir'ricun; possède sept portes

Jhib-llrnrt (1), à l'ouest, dans le faubourg de Bab-Souïka ; Jkih-Felhili <'! Vidh-KJcoud au sud ;

liah-Alid-Alldh et liah-cl-Gnur(juessi, à l'ouest dans le faubourg de R'd)-ol-I)jezira :

Bab-Sâiloui/i et Bah-Abd-el-Selam, au nord.

La ninraille iiilrrioure en a six :

Bah-Souika, au nord ; Bah-Djedid el Bab-Djezira au

sud ;

Bab'Kartagena et Bab-cl-Bahar à l'est ;

Bab-ben-Ara, à l'ouest.

Les anciens remparts ont été remplacés par la rue des Maltais (2), qui sépare la ville du faubourg Bab-Souïka et par le Boulevard de Bab-Djezira, qui commence à la porte Benêt et finit à la Kasba au sud-ouest.

Malgré le grand nomlire de routes et de voies qui s'enchevêtrent, il est facile de se reconnaître, car il existe toujours des plaques indicatrices qui portent les noms de ces voies en français et en arabe inqirimés en lettres blanches sur fond bleu.

Il y a encore beaucoup à glaner à Tunis pour les amateurs d'art et d'archéologie.

Les rues (3) de la vieille Tunis sont des plus pittoresques et doivent séduire les artistes et les voyageurs amateurs d'im-

(1) Bah au pluriel liihan, porte.

(i) Cette rue a près de trois quarts de lieu de développement. Pendant la matinée elle est la plus animée de Tunis.

(3) 11 y en a plus de douze cents.

pivvu. Il esl hirii rarr ilVii inniver une de droile ; |artoiit (les coins, (I<îs saillies l)ius(|iu's, «les courbes jilus ou moins irn'i^Milirrcs . I^irfois, en voyant deux mais I ir

une arcade, on se croirait dans une vi<'ille ruelli- fin l'aris (lu \iii« siècle. Ici imkî voiile pasMj .lll-«ic^^u^ «l'j Ki luu , là plusieurs voûtes fonuenl une vêrilaMe ^'alerio.

Puis tout d'un C(Mi|», au nnn d'ufie ru<', par une porh» verinouiu(» ou eiilr'ouverlr, nu apuniHi une cniir a\ec des arcades dont les coloinies sont en marhre et [U'ovieinicnt des ruines de (]arlhag(î (l). Parfois les clia|)iteaux l»;irin|.»^ de couleurs voyantes jettent une note i,^ue à travers la verdure, car il n'est pas rare de rencontrer des arbres (|ui se penchent pour abriter (piel(|ue hanc de café ou quehpie échoppe de sellier. Si vous |)énétrez par une de ces portes, vous êtes tout sur[)ris de la tranquillité qui règne soudain et forme un contraste frai)pant avec le bruit de la rue, où chevaux, chameaux et mulets viennent encore ajouter à la confusion de la foule bariolée.

Il arrive quelquefois, dans la vieille cité, que l'on aperçoit, au milieu des pierres blanches qui forment la muraille d'un monument, une pierre noire uni(jue. Celte pierre est un symbole. Elle se retrouve dans un grand nombre de constructions mauresques. C'est à la fois une concession faite au mauvais génie et le symbole d'une pensée philosophique qui fait entendre aux indigènes que nulle œuvre humaine n'est parfaite, qu'elle pèche toujours au moins par un point. Pour

(1) On voit d'ailleurs fréquemment dans une muraille, dans un soubassement, sur une route^ des inscriptions latines ou des chapiteaux phéniciens.

\H TlMbiL II TUNISIENS

les iiiili.rriirs, celli; pierre noire devienl la protectrice des |UL'^lL;^ l»laii(li(.'S.

I.os édilices n'li<,^ieux musulmans de Tunis sont 1res nomluciix. On V Irouvj' une quanlilê innondirallc de Medjeds, Djamas, Koubbas, Zaouïas, IVil-ez-Salet.

Les Européens ont beaucoup de peine à prnétrer dans les mosfpKM's, s'ils ne se sont pas munis d'une permission du Amni-lM'ii.

Les principales vwsqnées sont les suivantes :

La viosijuir (îr JOJirirr (1), Dj<nna-cz-Z'itoiina, l'une des plus anciennes de Tums. Elle man(|iie <]e perspective , mais la grande cour et ses colonnades est magnifique. On voit à l'inlérieur cent cinquante colonnes provenant de Carlhage.

La mosquée de hi Kcski, Djama-cl-Kasha. qui se trouve dans la Kasba (2), et qui fut bâtie par le sultan Ilafride Abon-Zakana. en l'an de lliégyre 030 (3).

Dj(irn(i~S(ihab-el-l\ih(idjl, située en face du palais du Kliaznadass. Elle fui bâtie par Youssef-Sahab (4). Les plafonds sont en bois sculpté ; les murailles en stuc sont fouillées de cliarmanles et délicates arabesques. Les colonnes supportant des arcades sont en marbre blanc. C'est la plus jolie et la plus gracieuse mos(|uée de Tunis.

Djamd-SidhMah'rez (5), qui est la plus grande mosquée de

(1) La mosquée des Oliviers, la Djama-cz-Zitouna, itossède deux bibliothèques d'anciens commentaires arabes, ouvrages très vénérés que l'on ne peut emprunter qu'avec l'autorisation du chef de l'Université, le Cheik El-Islam.

(î) De la Kasba, 2ii00 esclaves chrétiens prisonniers s'échappèrent en 1535 pour ouvrir les portes à Charles-Quint.

(3) 1232 avant Notre Seigneur Jésus-Christ.

(4) Garde des sceaux en 183U.

(5) Du nom du marabout, Sidi Mah'rez.qui y est enterré et qui était l'un des patrons de la ville. C^était autrefois un lieu d'asile pour ceux qui étaient poursuivis pour dettes.

Tunis. Kll(» possède uur» roiipoh' milr.ilf; cnloiirrc dniitros pelitiîs coupoles. Toutes ces nios<|ii«'«'> .ipp.irlicmienl soil au rite li.'iiieli, soit au r\W inaleki. Il y a un inufli pour rli:u|ue rite.

Le chef des muftis, «jui ot un personiiai^o des plus considérables de la llê;^'ence, prend le titre de Clieilih -cl -Islam ou liacli-Mufti. Il csl loiijiMirs du rile mufti.

Les clirêliens de la reli^uon j/recipie possèdent ii liuus une chapelle à l'entrée de Zankal-el-Touila.

Les Juifs y ont sept synaijogues.

Les Ani^lais ont un temple situé |)rès de la gare franeaise.

Les cathoruiuos ont une cathédrale située dans l'avenue d(» la Marine, et dont la première pierre a été posée, en 18<S1, par S. E. le cardinal Lavigerie, comme chef du culte calliolicjue en Tunisie (1).

Les PP. Capucins ont construit un couvent et une église.

La maison de ces PP. Capucins, qui se trouve dans la rue Moudjami, possède deux dalles en marbre blanc, rapportées de Mohammedia en 1850. Sur Tune d'elle *on lit le nom d'un sous-diacre : Constantinus ; et sur l'autre, les noms de trois évêques chrétiens : Romanus, Rusticus et Exitiosus.

Un hôpital a été installé par les soins de Mgr Lavigerie , dans une ancienne caserne musulmane, qu'il a fait réparer et approprier (2). Cet hôpital, dans lequel une salle est réservée aux militaires français, contient près de deux cents hts. Chaque consul paie deux francs par jour pour les malades de sa nation.

(1) Archevêque de Carthage et d'Alger.

(â) Mgr Lavigerie avait aussi à Tunis quatre vicaires généraux qui Taidaient à accomplir sa pieuse tâche.

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« Près (lo l;i pnrk» (Tcnlrôo, dit M. Victor Guérin, une salle an rcz-de-rhansséc est assiéj^'ée tous les matins |):ir de nom- Ititiix indigents, venant consiilter le médecin (|ni s'v trouve .dors, cl implorer les soins et les médicaments ^Maluils des Sœurs. C'est le dispensaire rattaché ainsi à riiôpilal. L'élablisscmcnl est géré par un conseil d'administration appartenant aux trois nationalités française, italienne et maltaise. Les Sœurs de Saint-Joseph ont aussi à Tunis un dispensaire. Elles ont conservé la charge de visiter à domicile les malades indigènes, h

Au point de vue religieux, on peut dire qu'il y a comme trois dimanches à Tunis : le dimanche des chrétiens, le samedi des juifs et le vendredi des musulmans.

Les jours de fête, les promeneurs vont au Bardo, palais des beys, ou liien au jardin de la Manouba, comme à Paris, on se rend à Sainl-Gloud ou à Versailles.

Malgré leur goût prononcé pour les affaires, les Juifs s'abstiennent de tout travail le samedi. Ils passent leur journée entière à la synagogue ou chez eux à jouer aux échecs ou à prendre du Café (1).

Les indigènes de Tunis sont très dévots, plus dévots même que ceux de la campagne. Ils sont souvent, très souvent môme, à la mosquée; ils font les ablutions réglementaires, mais ils ont un accommodement avec le paradis de Mahomet. Malgré leur grand nombre de génuflexions, ils ne se gênent pas pour manger du porc et boire des alcools. Un indigène (un fonctionnaire, s'il vous plait), auquel j'avais vu

(1) lis aiment plus religieusement leur culte que les musulmans, et ne mangent que des viandes orthodoxes.

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