AUX ENVIRONS DE TUNIS
Au Bardo.
Après avoir visité Tunis, une des premières choses à faire , c'est d'aller voir le Bardo. C'est le palais d'hiver du Bey.
On sait que c'est dans cette résidence des beys de Tunis que fut signé, le 21 mars 1881, le traité du Protectorat.
Pour aller au Bardo, il vaut mieux prendre une voilure, car les omnibus et les tramways qui sillonnent la rue des Maltais sont peu commodes et toujours complets. Les cahots en sont insensés.
On sort de la ville par la porte El-Khadra et on prend une route large, bien entretenue, ombragée de tilleuls, qui longe la muraille de Tunis.
La roule du Bardo est très fréquentée par la société tunisienne et continuellement sillonnée de voitures et de cavaliers.
Lorsqu'on s'approche du Bardo, on croit entrer dans une ville, tellement les bâtiments et les dépendances occupent un espace considérable.
Il faut un permis de visite dont nous nous étions munis
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ravant-vcillc à l.i UrsHlciicj». Mais co permis est pour la forme, car les {^'anliriis du Manli» sonl Uvs faciles à séduire.
Kn farr la [mhIc vcrlc si; Inmxî un suimtIh; esralier eu marhrc lilanc. de mii'^( niarclics, (lil Esnilin drs lums^ [»arrx» qu'il csl oriu* de soiziî lions.
Après on avoir ^M'avi les inarclies, on Iroiive à droiUî la salle do Juslico, (|iii a vin;^l niôlros do Ic^n^' sur (|ualorzo de large ol six d(^ liaulour. (l'ôlail là que le Bcy rendait autrefois la juslico.
C'osl au Sdhni ilc (^ri^tnl ipio lo Boy reçoit lo corps diplomaliipio aux jours do i^^Mudo cérémonie. C'est une salle de (piinze môlros do long sur six de largo et dix de hauteur. Lo plafond ogival est une mcrvcillo do dorures inusitées, do glaces anciennes.
Le grand salon (rap|)aral est une énorme pièce de quaranto-cin([ mètres de long sur quinze de large. Au |)lafond, il y a des peintures arabes et le meuble est en Louis XV.
Sur les murs allernont des glaces et les portraits en pied des principaux beys tunisiens et des souverains européens.
Citons quelques-uns do ces portraits :
Louis-Philippe (en Gobelins) ; — Victor-Emmanuel; — Napoléon III; — François-Joseph d'Autriche (à l'âge de 18 ans): — Mohammed XI, bey ; — Hussein P'; — Waddington; — Frédéric et Frédéric-Charles: — le roi de Suède ; — Frédéric VII de Danemark ; — Louis de Bavière ; — Mohammed Sadok XII ; — Ahmed X ; — Sadok XII.
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Le musée du Bardo.
C*est au printemps de 1888 que s'est ouvert dans Tancien harem du Bardo, le musée dit Musée du Bardo,
La France, en abordant la Tunisie, a tenu à honneur de remettre au jour les monuments de son histoire.
Les archéologues, les officiers eux-mêmes, rivalisant d'intelligence avec les archéologues de profession , ont recherché et recueilli avec zèle les moindres débris.
Le Bey a favorisé ces fouilles et donné un de ses plus beaux palais pour en réunir les découvertes.
Pendant que le musée de Garthage rassemble les antiquités puniques et romaines de cette ville, celui du Bardo renfermera les monuments et débris antiques de la province de Tunis.
La Goulette.
Après avoir parlé du Bardo, consacrons quelques lignes aux autres environs de Tunis (1).
La Goulelte, qui autrefois était véritablement le port de
(1) Vers le milieu du mois de septembre, le golfe de Tunis est bouleversé par un coup de vent furieux que les chrétiens des premiers siècles appelaient la Cyprienne, parce qu'il se produisait presque toujours le jour commémoratif de la mort de l'évêqueCyprien.
Tunis, (vsl Mlle |M'lih' Nillr d'environ 'i .r>(MI liahil.uils. SitiiiM- ;i riiMioii (jii.ilic lirii('.> (le iuiii> ri a (|ru\ klloMicllu^ «le
C;irlli;i;^'o, cllo s'ilIIom^m' sur iinr rtroilr haiide de; lerro, entre
la mer cl le l.ic n:iliii-:i.
Son nom lin mciii .le I ilalicn, la iiDhnn, la iîor;,'^», •'! elle csl ainsi noniim't» à Ciiusr de lï'lruilosse du ranal (|ui d()nn(* acres dans la lacune.
Kilt' csl lorlilice, avec importance mrMîK; , du côte de la mer (I).
La (ionletle possède un enlre|)()t de douane.
Sa rade, ([ui est ouverte au vent d'est, se trouve par suite très dangereuse pendant l'hiver, et à cette époque, les navires ne pouvant pas a[)proclier à plus de ipialre cents mètres du rivage, le Iranshordement se fait alors au moyen de ban[ues.
Les principaux êdilices de la Gouletle sont : la Kasba, Tarsenal, les casernes, une mosquée et une résidence de plaisance du Bey.
A l'entrée de la Gouletle se trouvent le palais du Kliédive et un harem d'été du Bey.
G est à l'ouest , dans la partie la plus petite de la flèche de sable, la ligula des anciens, que se construisent les demeures européennes (2).
(1) Celte forteresse fut prise par Charles-Quint en 1335.
(2) En 1S36 fut construite l'église de la Goulelte. Depuis cette époque, elle a été desservie régulièrement par un capucin.
r.O TUNISIE KT TUNISIENS
La Marsa.
Le village de I<{ Mnvsn qui se trouve à IS kilouièlres de Tunis est coquellemenl caché au milieu de verdoyants jardins.
Pendant une partie de l'année il sert de résidence au Bey, et les hauts fonctionnaires y ont des habitations.
Du reste les villas et les résidences d'été y sont en grand nombre.
« En été, dit Reclus, la foule des baigneurs tunisiens se ])orle vers la Marsa. »
La Marsa est reliée à Tunis par un chemin de fer. Elle possède une église, qui a été ouverte en 1883.
Dans le village même de la Marsa il v a une école tenue par les Sœars dites de Notre-Dame d'Afrique, C'est Mgr Lavigerie qui a fondé cette école, ainsi que cet Ordre dont la maison mère est sur le mont Bouzaréah, près d'Alger, au-dessus du sanctuaire de Notre-Dame d'Afrique et du séminaire Saint-Eugène.
La supérieure de ces Sœurs est chargée du soin des malades et des infirmes. Cet établissement date du mois d'octobre 1882.
C'est près de la Marsa que se trouve le Palais archiépiscopaL
« Ce palais de la Marsa date de 1882. Il est entouré
Al\ LINV!i;u>.S Dh ll.MS O'J
iriiii licl niclns hicn <*;illivr'. Dn ses t(»rr:issf\s f|fH' (|fiil<'ll«Tit |4raricii>('iiu'Nl smis 1 a/.iir tin cii'l dc.s ciculmux maiiicMjutj.^. nii jonil (l'iiiif MU» très étendue sur (larlliaj^c cl sur la iim.t. On \ !('iii;ir(|iir nliisiriirs v:isfp>; nluTK rt iinr liililint}M''f|iu» nclic vu onww^cs occli\siasU«|U(36. Aij^r iiUVij^eru; avail cru devoir déployer un crrlaiii luxe dans la coiislnirtioii de eellr* résidence, parce (pi'il voidail le rendre di;.'n<' '•" ' ■ !•'•• "c" *'[ de IK^^Iise dont il elail en Afriipie le plus haut repre»tiil*inl religieux, clique aussi de toutes les autorit/'S diverses avi'c les(|uelles, dans certaines circonstances soleinielles. il .. a entretenir des relations administratives.
» A (juehiues pas de ce j)alais est une habitation plus modeste où demeurent les ecclésiastiques qui lui soiil plus spécialement allachés. »
A une lieue environ de la Marsa, on trouve un villaiçe complètement arabe qui possède un phare. Il a le nom de Sidi-ben-SaUL A mi-roule, au milieu de superbes vignobles, se trouve la maison qui appartenait à Son Excellence le cardinal Lavigerie.
La Manouba.
La Manouba est un village des environs de Tunis (à deux lieues) qui sert de but de promenade à cheval à la société
élégante.
Du reste, cet endroit est charmant à visiter, car il e^t
70 TLMSIE ET ILMSiENS
siirloiil coinposr de villas qui apparlionru'iit :in\ LTifids fonclioiiiiaircs de la cour beylirale (Ij.
Le plus grand nombre de ces villas renferniml de si)]endiilcs jnnjins dOrangers.
i\c village se dislingue surlout par sa caserne, ancienne maison de campagne (Wllamonda-Pdclia et par la Klwiihlid (!,' S,'Jhi-]fti)i(inli/i . lond)caii \\vs vénéré, puisipi'il a donné
son nom au \illage.
Djafar.
Djdfar est une petite ville admirablement située à l'est du massif du Djehel-Ahmar.
Il domine le lac de la Goulelle.
La Colline du Bcicédère, qui termine celle petite bourgade, possède un superbe point de vue. A son sommet on aperçoit, au nord-ouest, la plaine dans laquelle Cliarles-Quint ballit l'un des frères Barberousse.
El-Djem.
El-Djcm, village arabe d'environ 1,300 habitants est à neuf lieues seulement de Mahedia ; il se trouve sur l'emplacement de l'antique Tliysdrus. On peut ^"y rendre par la route de
(1} Aux environs se trouve la Mohanmedié, ancienne résidence priocière abandonnée. Ou avait trouvé, sous les fondations de ce palais, de nombreux tombeaux d'évéques de Cartilage, du Bas-Empire, avec beaucoup de monnaies romaines.
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K.'iiroiiaii (Hi ji.ii crllc (le Maln'ilia et de ^uu.sm:. I.;i ruiilr (J(3 Suiisso coloie il parlir dr Kiuîiss la voie niin.iiiio (|ui reliait aiilrclois Lfptis ;i II.Kliiiiiictiiîii V.\ hjrrn s(» Iroiivf plarrc an soiiniict (I (iiic |i('lih> niiiiiriu'c cl an potni dr croisijniriil des ronU's les plus iinporlaiilrs du midi de la K<'';;mice. La rvyum ou est siliir ce villa{^'0 est nMiian|iiahhî par i f»Tlilil<" 'i KI-l)j(Mn liii-inrinc a un aspccl fort agrrahlr ri pillon'.>tpie, grâce à ses hois d'dliviors et à ses épaisses touffes de cactus.
Ariana.
Ariaim est un (ont petit cl délicieux endroit situé à peine à une lieue de Tunis.
Cette pelile cité se compose d'une réunion de magnifiques * villas habitées par les riches arabes et négociants français pendant la saison de l'été.
Elle possède une distillerie de roses où s'approvisionne le marché de Tunis.
Ain-Draham.
Cette ville est le siège d'une division et le chef-lieu militaire de la Tunisie.
Elle se trouve à cinquante lieues de Tunis et à dix lieues de la gare de Souk-el-Arba, à laquelle elle est reliée par