‹ Tunisie et TunisiensChapitre 12 sur 48 · i LMMh II 11 MblL.Ni · texte numérisé non relu

i LMMh II 11 MblL.Ni

uiit' ruul<' (^xri'llcnlc. I^lli' pussùile un cainp pfrmanLMil silini ^^' à nue alliluilc de 800 inclros, d;uis un |».i\> hnibc cl iiiontai^MUMix (I).

Soliman.

Soliimw, (2) petite ville d'un millier d'Iiahilcints, se trouve à six lieues de Tunis. Elle est très pittoresque, grâce à ses nombreuses ruines, au milieu desquelles sont construites ses maisons. Elle possède aussi plusieurs mosquées dont certaines ont toul il fait le cachet espagnol.

De vastes cimetières qui entourent la ville et en font une ceinture, prouvent son antique splendeur. On y cultive un peu l'olivier.

(1) La ville est le centre d'une circonscription forestière.

(2) C'est l'antique Marjalopolis. Au temps des chrétiens, elle fut le siège d'un évêché. Détruite par les envahisseurs, elle fut reconstruite vers 1G05 par des Maures-Andalous, chassés de l'Espagne. Elle comptait alors près de 10.000 habitants.

A CM'.TII \(;k

Cartilage.

Mais après Tunis, il (Hait un lieu ([ui nous attirait, car nous y pensions sans cesse. Le nom inagi(jue de (bailliage nous fascinait, tant il nous ra|)pelait de souvenirs. Aussi, après être resté quelques jours h Tunis, nous i)renions le chemin de l'anticpie cité.

Quand on a franchi le cap de Sidi-bou-Saïd, le navire pénètre doucement au cœur de Tancien golfe de Carthage. On est émerveillé, car on se trou\e en présence d'un splendide panorama. Sur les bords de celte mer, immense et tranquille, s'élèvent en amphithéâtre les coteaux de Gorbes, les cimes allières du Djébel-Ressas, des montagnes hardiment découpées.

Mais si l'œil est charmé, le cœur est encore plus ému par les souvenirs que le golfe rappelle. Là s'étendait la grande cité punique aux 700,000 habitants.

A quatre lieues de Tunis, au fond du golfe, entre le lac. à l'extrémité duquel est située cette ville, et les marais saii-

7i I I MMI. KT TLMSIKNS

iiifitns formés par l'ancionnf^ oinl)oiicliiir(' «H les ;illiivions (lu lli'ine Mcdjerhali , se Iioiinc iiiic mi.sIc [x-ninsulu presque eiitièrcinent couverte de grandes masses de décombres et de ruines. Là se voient les ruines de Garlliagc. On v peut dislinLriier encore la trace des murs (|iii formaient autrefois la partie principale de l'enceinte de cette vaste cité.

Ces ruines admirablement bien conservées permettent de constater l'existence des restes d'un cirque, d'un amphithéâtre, d'aqueducs et de thermes, qui montrent quelle était l'importance de l'ancienne ville punique et de celle que Gaïus Gracchus, Gésar et les empereurs ont fondée ou développée sur son emplacement.

On peut voir encore les citernes publiques ou immenses réservoirs d'eau qui sont si utiles et si nécessaires dans ces contrées où les puits ne fournissent guère que de l'eau saumâtre dont l'usage donne des fièvres et des diarrhées (1).

La visite aux ruines (2) de Garthage est la plus intéressante à faire aux environs de Tunis. On s'y rend par le chemin de fer de la Goulette.

Des champs de blés, entrecoupés cà et là de petits monticules, parsemés d'un grand nombre de débris de marbre, de tessons, de fragments de brique, de mosaïques, voilà tout Garthage!

El cependant, on se sent ému malgré soi :

« Objets inanimés, avcz-vous donc une âme? »

(1) Au xiiie siècle, ces citernes étaient encore intactes.

(i) Les débris des ruines de Garthage sont d'une telle richesse que plus d'une fois les étrangers sont venus prendre sans scrupules des matériaux pour construire leurs palais et leurs églises. La cathédrale de Pise elle-même a été construite avec des marbres carthaginois.

A cAiriiiA(.i: V»

Mil farc (le ces ilt-lnis il'inic ('i\ili-:itirtîi fli>|i:iriic . oîi se dciiiaiidc ce (juc Uicu rc^L'ivo t'iiCurc a ccd lunifa jx'UjilrfS <!«• laiil (rnmlucs illiisiros.

Dans raiili(Hiil('\ r\fii<[ii<' <lii \<inl a juiii- un ^^mnd rnir dans riiistoin^ du iiKuido.

]^es (]artlia;4in()is, los Maures, les Numides, se parlaj^'eaicnl celle vasl(* rt\"i(iii.

Les possessions cartliai^iiioises (Muhrassaieiit ce (]u nu iiuuiuic aujoiM'd'hui h» Maroc, la Maurilauie, la Numidic, les régences de Tuius cl de Tripoli, el une très grande portion de TAIgérie.

Les Arabes et les Romains cpii ont possédé ces territoires carthaginois y ont laissé des traces de leur domination ou de leur passage.

Bjirsa ou Cart liage avait été l'ondée en 81 i (1) ou en 813 avant J.-C. ("2). Cette jeune colonie phénicienne acheta aux indigènes de la côte africaine une colline escarpée, qui. suivant Servius, avait 22 stades de tour, ou suivant Eulrope ou Orose (3), 2,000 pas de circonférence. Ce petit espace très facile à fortifier, reçut le nom de Byrsa, ainsi nommé de ce qu'il occupait l'emplacement enfermé par une peau de bœuf (en grec Biirsa) découpée en lanières étroites (i).

(l) LesCirecs s'étaient trompés en faisant remonter la fondation de cette ville à GO ans avant la guerre de Troie (Appien. De rehus Punicis, VIII, ch. 1). Il en est de même de Ileeren («Delà politique et du commerce des peuples de l'antiquité», trad. française, t. IV, page 2S; cf. Justin., XVIII), qui fixait cette date à l'année 878, qui est évidemment beaucoup trop reculée.

(2^ Voir le beau travail de Movers : Das phonizische alterlhum. Vol. II, 11° partie, page 151. On y trouve la cbronologie véritable.

(3) Orose, IV, xxii. « Arx cui nomen Byrsa erat, paulo amplius quam duo milla passuum venebat. »

(4) Nactique Locum facli de nomine Byrsam Taurino quantum possent circumdare tergo. .Eiiéid. I. v. 371. On peut d'ailleurs voir une grande et frappante analogie entre ce nom et celui de la ville de Bosra ou de l'arménien Birtha.

TUNISIi: ET TUNISIENS

L;i |Mi|)iilalion au|^niienUinl et se Irouvanl à l'riroil, descendit <!:uis la |)laine, el n* lieu lorlifié devint une vrrilable acropole, aiiloiir de laquelle les lialiilalions se groupèrent en cercle (i). La ville s'étendit insensiblement vers les ports et alla rejoindre la mer en passant derrière la petite montagne de Sidi-bou-Saïd et en formant le (piartier de Mégara (2).

Comme ce terrain élait très lerlile (3), susceptible d'être bien cultivé et d'une irrigation facile, les riches s'y bâtirent de belles maisons entourées de jardins aux frais ombrages. C'est ainsi que se forma peu à peu , au bout de quelques centaines d'années, une jolie ville (jui prit le nom de Kart- Iladascht (4), nom que les Romains changèrent en Carihago (5), et les Grecs en Carchédon. Elle avait probablement 8 lieues de tour (G).

Byrsa avait à peu près la forme d'un rectangle. Cela s'explique en ce que la colline sur laquelle elle reposait pouvait très bien être en partie artificielle (7). Les Phéniciens ne craignaient nullement de s'attaquer à la nature, ainsi que le montrent les deux ports de Carlhage, qui ont été creusés

(l)Voir Strabon et Servius. «Carlhago speciera liabuit duplicis oppidi, quasi aliud allerum complecterelur, cujus interior pars Byrsa dicebatur. » (Servius, in ^Eneid. I. v.368).

(2) Mégara veut dire nouvelle ville, nova villa. — Voir Isidore {Ovig. XV. c. xii) et Servius (m jEneid. I. v. 14).

(3) Voir Appien. VIII. cxvii.

(4) Voir Servius « Carthago est lingua Pœnorum nova civitas, ut docet Livius. » (Servius, in .Eneid. IV. v. G70 et I. v. 336).

(o) Le nom des habitants de Kart-Hadascht était écrit Cataciniense, sur la colonne rostrale de Duilius, érigée à Rome, en 494, en mémoire de la victoire remportée par ce consul sur les Carthaginois.

(6) Strabon dit que cette ville avait près de 3G0 stades. Tite-Live ( Epitome du Livre LL) donne à son enceinte 23 milles, Eutrope 22, et Orose (IV. xxii) lui en donne 20 milles.

(7) Voir Darlh,«\Vaudernugen dinch die Kùstenlander des Nittelraeers», pages 92 et suiv.

A CAIIIIIM.I 77

(Ir iii.iin «riiomiiM's (1) livis.i fui lorlil'H'r «li» lionnr liciiro (J'uiic l'.'icnii viiiiiiK'iil ;,'i*;uiiliM <■ i • .iu.-m* i|«*- lirhesses (|u'elle ac<|iM'^ rail par smi iiiuiuMise cuminen'c. Oiiand r(»s fortifications riaient niinéiîs, elles <Mai(Mil n'failcs ; c*<»sl ainsi <|ir«'llf?s

fiirciil r('|)ar(M's après la d/'laile de Sy|»lia\ .1 d'A>druhal par

Scipion (lM.

Tn t(Mnple, le lemp!e de Didnii. avail «'h' ('jevi» sfir le suinmel de n\r>a pai la piele de> < iai liiu.i:iiiiu- , il •■laiL enlDiirê d'un hois sacre aux beaux oinhra^^es (.'{), car pendant lon{i;tenips, tant «pie la n\r lui lilire, puissante et rirlie, Didon fut adorée ((Miime une MTilahle divinih' (i). Klle était le génie tuhdaire de Hyrsa (."i^ Du haut de ce teni|)le, on |)ouvail voir loule la baie d'L'li(iue, le uoHe de l'arlliaLn». la ville lout enlière (0).

Un autre temple construit sur le bord du plateau, du coté du rivai^e et du forum, surpassait tous les autres par son éclat et ses richesses. Il avait une enceinte à pic (7) et on y montait par un escalier de soixante marches, (rétait le temple d'Esmun, divinité sous la protection de laquelle s'était placée la colonie naissante.

(1' « Portos eHodiunt, i. e. Cothona, CoUioiies sunt portus in mari non nalurales, seJ. arte, manuque facli. » (Servius, .Eneid. I. v. 427). (i) w Iiaque et mûri reûciebaiitur propugnaculisque armabantur. » (Tite-Live. X.W. ix)

(3) Urbe fuit média sacrum genetricis Eliscp, Alanibus et patria formidine cultum,

Quod taxi circum et piceae squalentibus umbris AbJiderant, cœlique arcebant lumine Templiim. »

(Silius Italicus, Piinica. I. v. Su).

(4) «Quamdiu Carthago invicta fuit, pro Dea culta est. » (Justin XVUI. vi}.

(5) Voir .Eneid (I. iv. v. 585).

(6) Silius (I. VIII. V. 135)

(7) Appien, liv. VIH. 130.

78 TUNISIE ET TIMSIENS

Le SvAVài (le la ville (1) s'assemhiait parfois dans ce temple pour disculcr des affaires secrètes.

11 y avait aussi les temples de Meikarlh (2), de Jupiter (3) sur le plateau de Byrsa, d'Esculape, bâli tout en pi<'rres, d'une grandeur colossale.

Dans le momeni mruie où la Grèce et la Macédoine devenaient provinces nmiaines, Carthage aussi tombait sous les coups de son implacable rivale. La haine romaine avait juré la ruine de la jiatrie d'Annibal, et lé Numide Masinissa ne ce.^sait d'attaquer les Carthaginois, (|ui ne pouvaient obtenir justice des Romains. « Les Carthaginois, disait-il, ne possèdent (Hie par la violence et Tinjustice (4) le pays autour de leur ville; il doit appartenir à (piiconque est le plus fort. »

« Examinez nos réclamations et jugez, disaient les députés de Carthage, ou bien laissez-nous repousser la force par la force, sinon que le Sénat décide une fois pour toutes ce que l'on doit abandonner à Masinissa. »

Les Romains envoyèrent dix commissaires, parmi lesquels était Caton, l'ennemi juré de (Carthage. Les députés, en traversant le territoire carthaginois, avaient vu avec étonnement et jalousie la prospérité renaissante d'une ville que l'on croyait presque complètement ruinée. A leur retour à Rome , ils déclarent avec perfidie que les Romains ne seraient jamais en sûreté tant que Carthage ne serait pas détruite ; et Caton , laissant toml)er de sa robe des ligues de Lybie, s'écriait :

(1) Tite-Live Xlll. xxiv.

fi) Voir Justin., XVIIl. vii.Cf.Munler.Relig. des Kar(ages,p.4û et 41 et DiodoreXX.xiii

(3) MoQum veter ad. Donatist., pag. 102.

(4) Semper pênes eum possessionem fuisse qui plus arnais poutisset. Tit.-Li y. XXXIV, 62

u L:i ((MIC (|in l(>s |)rni|iiii n V>l pas ii |)lus <le trois journées

i\o lloinc. " l)i'jiiii> Cl' iniii- il fie (Innn.iil j;iîn:iis son :ivis stir aiicmic aliairo sans ajoulrr «es inul^ ; u l-.l, »lr |)lii.>, ji; \icutc (|u'il faiil (It'liiiiiv (larllia^'ti. »

i\Ial;4iv les avis de t|ii('l.|in»s sm;/os s<''iiMl«'iir- rt «I»» Scipion Nasira, la liaiiM' do (laton reiii|M»rla, (H la riiiiic lio la riche cité fut froiilcMKMil n'snlin». (Vesl alors que coiiiinonra la Iroisiôinr guenv |)iiin(|ii(' m 1 \\).

Les (Carthaginois prirent les armes conire Masniissa, mais ils furent vaineus à Oroscope en l'il). I^es deux consuls Mainliiis et Marcins (^iensorinus avaient reru du Si'uat l'ordre secret de ne terminer la guerre (|ue par la destruction de Carlhage. Ils se conduisirent sans honneur, et les Carthaginois, trompés après avoir livré des otages, se décidèrent à la résistance et repoussèrent une première fois les Romains h Néphéris (à quelques lieues au sud de Carlhage).

Mais Scipion Emilien. nommé consul, s'avança pour assiéger Carthage el l'isola du côté de la terre et du côté de la mer; après un combat de six jours et de six nuits (liOj, il pénétra dans la ville. Les Carthaginois se défendirent avec énergie, se battant de maison en maison ; il fallut se frayer un chemin sanglant pour arriver au pied de la citadelle. Neuf cents transfuges romains, qui n'attendaient aucune grâce, s'étaient retranchés dans le temple d'Esculape, avec le général Asdrubal, sa femme et ses deux enfants ; ils avaient résolu d'y périr tous plutôt que de se rendre, lorsque Asdrubal se rendit en secret vers Scipion, une branche d'olivier à la main. A la vue de leur ancien chef prosterné au pied des Romains, les

so TI'NISIK KT TUMSIKNS

Jnmsfiiges raccahlêrent <rim|Mécalions et inirenl le feu au

Iciiipir.

Oïl lacuule (|iie, dans cet instant suprême, la femme d As- (liiihal, [)arêc comme pour un jour de fcte, apparut sur le somme! de l'iMlificc. cl «|u après :nni?- adressé ;» >nn «'pniix les plus sanglants reproclies, elle égorgea ses enfants, les jeta dans le feu, puis s'y préci|>ila elle-même.

Scipion Emilien, contemplant du haut d'une colline celte grande désolation de l'opulente cité, ne put s'em|)êcher de verser ([uelijues larmes et de prononcer tristement ces vers d'Homère :

Le jour aussi ciendra qui rerra tomber Troie, lu aie sninfp. et Pricun et le peuple du belliqueux Priam.

C'était l'avenir de Rome, de sa patrie, qui le faisait ainsi soupirer, comme il l'avouait à son ami, l'historien Polybe.

Après les Romains vinrent les Vandales et les Byzantins ; puis Hassan, gouverneur de l'Egypte, qui laissa en G97 une garnison à Carthage.

Le patricien Jean reprit la ville et répara les fortifications.

Hassan, fort en colère, revint, chassa les Byzantins et ordonna la ruine définitive de Carthage, car tout fut renversé et rasé.

En Tan 570 de Ihégyre (1180), Mausauruz, un Sarrasin, reconstruisit en partie Carthage. La croisade de saint Louis (l:î70j eut pour résultat de faire abandonner la ville (qui n'était plus guère qu'une bourgade) par les Arabes.

Au xii® siècle, Vamphitliêdtrc de Carthage était encore assez

A (:AHTilA(;K M I

l»i<Mi rniiscrvr, cl Kdrissi, Cil 1154,011 (huniail la descripliori J

sni\ aille :

« (loi (ulifictî (le forme riiriilaire, disail-il, se coinpose d'environ cin([iianle arcades encore subsislanles. Au-dessus de chacune d'elles s'élèvent cinq rangs d'arcades, les unes au-dessus des autres, de inrnie lornie et de nïênie dimension, construites en pierre d'uiie incomparable beauté. Au sommet de ctia(|ue arcade est un cintre où se voient diverses (i^^'ures et représentations curieuses d'Iiommcs, d'animaux et de navires, sculptées avec un art infini. Il était anciennement destiné, à ce qu'on assure, aux jeux et aux spectacles publics. Cet amphithéâtre rappelle aussi le souvenir des persécutions sanglantes subies par TEglise de Garthage, et qui ont immortalisé les noms de Cypricn, de Perpétue et de Félicité. Aujourd'hui, l'arène ensanglantée est retournée par la charrue ; les caveaux où Ton renfermait les bêtes féroces sont détruits ou obstrués; les gradins où se pressaient tant de milliers de spectateurs ont disparu totalement, et le souvenir seul de tous les drames sanglants qui y furent joués a survécu à ce monument anéanti. »

« Le rctablissenient de raqiieduc de Carihage, dit M. Victor Guérin, a été conçu et exécuté d'après le plan suivant : là où le canal de l'aqueduc s'enfonçait sous le sol, il était presque partout assez bien conservé, et pour le restaurer il ne s'agissait que d'enlever les terres qui l'avaient en partie comblé et d'en réparer les parois et les voûtes. Là, au contraire, où les plaines et les vallées succédant aux collmes il sortait lui-même du sol et apparaissait supporté dans les airs

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sur (les arcades dont la liauleur élail daulant plus grande que les vallées élaicnt plus profondes, on se contentait de poser dans la terre d'énormes tuyaux en lùle l)ilumée, où l'eau coulera pour remonter ensuite d'elle-même, en vertu d'une loi de physique bien connue, jusqu'au niveau du canal antique. »

Les monuments les plus intéressants que nous a laissés la grande cité commerçante de Cartilage sont ses monnaies et ses médailles ; malheureusement, sur aucune ne se trouve le portrait aulhenli(|ue d'Annihal ni ceux des autres généraux de Cartilage; sur le plus grand nombre de ces monnaies et de ces médailles figure un cheval, tantôt ailé et s'élançanl en avant (1), tantôt de repos. Sur d'autres monnaies et médailles se voient représentés le lion d'Afrique et le palmier.

Les Carthaginois ont fait frapper un grand nombre de pièces en Sicile , et c'est ainsi que s'explique facilement l'union du caractère oriental à la beauté du travail grec.

Cependant les monnaies et médailles frappées à Carthage n'ont pas la finesse et la pureté exquise des monnaies de Syracuse; néanmoins on peut dire que leur style ne manque ni de fierté à la fois hardie et élégante, ni de grandeur.

La tête de Cérès est souvent représentée sur les médailles carthaginoises; cette représentation fait évidemment allusion aux principales productions de l'Afrique, si riche en céréales de toutes sortes et enrichie par ce commerce.

La plupart des têtes ligurées sur les monnaies et les médailles portent le burnous, costume traditionnel de ces provinces.

(1) C'était peut-être la représentation, la personuiOcation de la République.

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