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LES PORTES DE LA KA3BA, A S0US5E

A TUAVr.llS I.KS VIM.ES IH. Tl MSIi: U7

Le clllli;!! '!<' SmIIs»:!' i«<t cIkuIiI 't ^'t'in.

Le coiimM'icr s v>\ Ircs arlil avec la rôle, Marseille, Naples, Malle cl le Levant.

Le ('(Himicrcc d r\|i(niali(Hi / I » » Immi |)rincipalorn<'nt pniir les êpoiii^es ((lonl la pèelie est une scnlahie source de neliessc;, le savon, les laines, les céréales, l'alfa, 1rs liuiles d'olive, (les nialirres sont fournies en i^nixlt' (|u;inlii'' '-'r l«» <n| est d'une 1res helle ferlililé.

Ln revanche, Sousse importe des denrées alimcnlaires et surtout des ohjels de (|uincaillerie.

lin tribunal de preniièrc instance y a été institué par décret du 1^^' décembre 1882.

A Sousse, il y a une liclle église, assez grande et fort bien ornée. Elle est duc au dévouement d'un saint religieux, le R. P. Augustin de Reggio (mort en 1882), qui ne craignit pas de faire lui-même des travaux de menuisier et de maçon pour la construction de l'église.

Il y a aussi une école tenue par les Sœurs de Saint-Joseph. Elles ont près de IGO élèves (2).

Le collège français de Sousse a été fondé en 1883 par Mgr Lavigerie, qui y mit comme directeur Tabbé Thévin, aumônier de la garnison.

« L'école française de Sousse, a écrit M. Machuel, est une

(1) n existe un service régulier de bateau à vapeur de la Compagnie transatlantique.

(2) Ces sœurs sont très aimées de la population indigène. Plusieurs musulmans m'ont raconté le fait suivant. En 1881, Sousse était en pleine insurrection; les soldats français battaient en retraite, et les Européens se cachaient dans leurs maisons. Eh bien, pendant ce temps, la directrice de recelé des Sœurs de Sousse parcourait, malgré ses quatre-vingtdeux ans, en toute sécurité les rues et les jardins remplis d'insurgés, allant chercher les blessés à panser ou les malades à soigner.

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dos mieux tenues de la Ilégence. Créée il v a (|uel(|iies années à peine, elle n'a pas lardé à prospérer, grâro m -ji'voiiement de l'aumônier militaire, M. l'ahbé Thévin. (|ui s'est chargé de la diriger. »

Méhédia,

La ville de Méitcdia est située sur une petite presqu'île rocheuse.

Autrefois, elle était le port de commerce le plus important de la cote (1).

C'est un siège militaire assez important.

La Kasha est occupée par les troupes françaises.

Méhédia est entourée d'une immense muraille, détruite aujourd'hui sur plusieurs points. Cette enceinte montre, par le soin apporté à sa construction et sa beauté, que la ville devait être autrefois d'une grande richesse (2),

(1) Le géographe historien, EI-Bekri, parle ainsi de celte cité puissante, non seulement à l'époque romaine, mais longtemps même sous la domination arabe :

<( La ville d'ElMed/tiya, dit-il, est environnée par la mer. excepté du côté occidental, où se trouve l'entrée de la place. Elle possède un grand faubourg appelé Zouila, qui renferme les bazars, les bains et les logements des habitants de la ville. Ce faubourg qu'El- Moez-Ibn-Radis entoura d'une muraille, a maintenant environ deux milles de largeur. Toutes les maisons de Zouïla sont construites en pierre. La ville d'El-Medhiya a deux portes de fer, dans lesquelles on n'a pas fait entrer le moindre morceau de bois; chaque porte pèse mille quintaux et a trente empans de hauteur; chacun des clous dont elles sont garnies pèse G livres. Sur ces portes, on a représenté plusieurs animaux. El'Medhiya renferme 360 grandes citernes, sans compter les eaux qui arrivent par des conduits et qui se répandent dans la ville. Celte ville est fréquentée par tous les navires d'Alexandrie, de Syrie, de la Sicile, de l'Espagne et d'autres pays. Son port creusé dans le roc, est assez vaste pour contenir 30 bâtiments. . . . L'arsenal peut contenir plus de 200 navires. »

(2) Au Moyen-Age, elle résista plus d'une fois aux Européens, et Charles-Quint la fit démanteler.

A lll\\i:US LES VII.I.KS |)K TIMSIK U9

A l'ciilnM' oiirsl (!«' Il \illr, 5C ^'«il encore une grainl'- "' solide loin i|iii en (l«''f<Mniait l'accès.

La inosijiu'M', (|iii conipn'nd sepl nofs, «•si form(^e d'une suil(» de [M»ili(|iirs voùirs doiil les colonnes anliijues onl »*••'* prises dans des niiiie>.

Le porl de Méhédia est des plus curieux. C'est un l)a>>in creusé de main d'Iioniinr ; il C()ininiiiii(|iie avr'c la nier par un canal large d'une vinj^laine de mètres et (pii possède encore les ruines de deux tours cpii le défendaient. On devait fermer le port [)ar une cliaine à la londiée de la nuil.

Méhédia possède aujourd'luii une jolie petite église (|ui a été fondée par les Pères Capucins.

Près de Téglise, dans un très joli site, se voit une maison arabt» qui a été a|)pro[)riée pour en faire une école tenue par les Sœurs de Saint-Joseph, qui soignent les malades et enseignent le français à près de quatre-vingts élèves.

AYn- Tonga.

Aui-Touga ou Tunga (l'ancienne Thinisca ou Tlinjniai) est un tout petit endroit qui n'est guère remarquai île que par ses ruines.

Le 14 décembre 1888, on a communiqué à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres une note envoyée de Tunis par M. de la Blanchère, relative aux fouilles exécutées à Aïn-Tonga. Ces fouilles ont amené la découverte de quarante-

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six siï'los OU fni;/iii(Mils «le slèle, [)0i1;uil loiilos l'inscri|Hion siiivanlos :

SATVILNO-AVGVSTO

SACRVM

OU parfois les seules initiales :

Ce suiiL autant d'ex-voto, en l'honneur d'une divinité (|ui avait là un sanctuaire et des autels. Celui qu'en langa^^^e latin on appelait Saturne Auguste, n'était autre que le dieu Moloch des Orientaux.

On trouve aux environs de Tonga une source dont l'eau est excellente.

C'était autrefois le siège d'un évéché ; l'histoire a gardé le nom de l'un de ses évéques : Aufidiiis,

Monastir.

Monastir (1) est une ciiariuanle petite ville des plus pittoresques, de l'aspect des plus enchanteurs. A dislance, rien de plus joli ([ue la vue de sa ligne de remparts, au-dessus de laquelle des palmiers de belle venue élèvent leur tête.

Du reste, en pénétrant dans la ville elle-même, on n'est

(1) On croit que le nom antique de monastir est Ruspina^ dont il est si souvent question dans ks guerres de César en Afrique.

A THANKIIS IIS MIJ.ES l»K TIMSIK 1«l

niillciin'iil (l('*s(Mirli:iiil«'' . rar l«'.> ru*.:, ^.-in , j.Miir l.i |ilii|»arl, larj^es ol 1res hicii |>eiTi''rs.

Mimaslir osl ii .'10 kiloinrlrcs «le Sniissc el à 2(1S kilnîurtirs (Ir 'riiiiis.

I']ll(' a aussi un service résilier de halcaux <lt; la Compa- ^Miio trausallanliqiie.

Son |>riii(i|);il cumiiKMcc consisle en hiiilr d'olive r[ en ^m-îiions (I).

Moiiaslir possède une Ivasba située au nord-esl de la ville. Klle est formée de deux enreinles défendues par des canons el dominée par une lour appelée El-Nadour, et du liaul de la(pielle on jouil d'ini superbe panorama.

Un aulre palais, silué au sud-est et appelé le Palais '!'■ la Kamiay n'est guère remanpiable (pie par sa belle situalion sur une pointe, d'où Ton a une vue splendide sur la mer. Ce palais a du remplacer quelque antique manoir, car il a au-dessous de lui de longs couloirs taillés dans le roc.

Monaslir se trouve séparée de Lamta par une immense baie ou golfe, dont les eaux sont très calmes el dont le fond est bien peu profond, car on peut s'y aventurer à plus de mille mètres sans y perdre pied.

Sur ses eaux nagent un grand nombre d'oiseaux aquatiques, bécassines, canards, etc.

Il s'y pratique un genre de pécbe bien curieux. On sait qu'il y a des poissons qui craignent le soleil et n'aiment que l'ombre. Or Teau étant très basse, il n'y a guère d'ombre. Les pêcheurs ont trouvé un ingénieux moyen pour parer à

(1) Résidus du marc d'olives, après qu'il a été traité par Pean.

iil'l TLNISIK KT TUNISIENS

(•«'l iiironvéni(3nl. Ils [)rennenl des naltes d'alfa c|imIs disposent li;il>il(Mi)(Mit et font iloller sur l'eau ; ces nallcs donnent de ^^ands carrés privés de lumière où viennent se réfu;/ier les poissons pendant le jour. Les pécheurs s'approchent alors avec leurs l>an|uos, sans hruit, et, entourant avec leurs fdets l'espace à l'omhre, ils s'emparent facilement d'une riche et abondante proie.

Les Iles de Monastir.

En face de Monastir se trouve trois îles qui n'en sont pas éloignées de plus irun quart de lieue.

La plus considérable a été nommée Vile de la Quarantaine, Elle est très visitée des voyageurs, car elle renferme un grand nombre de petites grottes carrées de 2 mètres de haut sur 1™,80 de large. Ces grottes sont très originales, en ce sens qu'elles possèdent des niches qui ont été faites dans leurs parois.

Les archéologues donnent à ces niches une origine phénicienne; suivant eux, elles auraient servi à l'époque chrétienne de retraite aux moines; puis^ plus tard, elles auraient été habitées par des passagers faisant quarantaine. De là serait venu le nom de Tile.

L'autre île s'appelle la Tonnara, à cause des pécheurs de thon auxquels elle servait de refuge. Elle est la plus grande des trois. Au nord-est de cette île se trouve un grand bassin ayant la forme d'un rectangle, que la tradition locale nomme

A TUAMIIS IIS VIM.es IlK Tl NISIK H3

lldimiinn htiil-cs-sulluu , aiilninriil ilil l<- lî'nn ilr lu fiH»' 'ht snllaii. (l'rl.'iit prohahlriiinil mi |)iMit port; mais riiii.'i}j!iiiali()ii aiil.iiil. on \ a Ml iiiio >allo do haiii rrciisôo dans le rocher avec un haiu: aulmii.

li'aiilro ilo s'appcllo Djrziirt-ol-lldumn , parce qu'ollo renformo tout uno loj^ioii do pii^'on^ (|ni se carlicnf daii> ses anlVacliiosilôs.

Le Kef.

La villo du AV/" (/o Rocher) se trouve à 17 i kiloinùlres de Tunis. Celait anciennement la seconde ville sainte de la Tunisie (1).

Otto ville a la forme d'un croissant.

Elle possède une population d'environ 45,000 habitants.

Le Kef devait avoir autrefois une population plus considérable qu'aujourd'hui; ainsi que semble l'indiquer son ancienne enceinte murale.

L'enceinte actuelle, qui a près d'une lieue de tour, est percée de cinq portes.

Les Européens occupent les quartiers inférieurs. Les quar-

(1) « El-Kef, dit M. Reclus, doit son importance à sa position stratégique et commerciale, au centre de convergence de presque toutes les grandes voies de la Tunisie occidentale qui rayonnent au sud de la Medjerdah ; elle possède un avantage de premier ordre dans cette région où les eaux sont peu abondantes, celui de la richesse des eaux jaillissantes

» Les Français ont fait choix de la position du Kef pour commander militairement toute la région comprise entre Kairouan, Telessa et Souk-Ahras, et la garnison qu'ils y ont établie a contribué notablement à augmenter le commerce local. »

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licrs sii|)(''rieiirs sont composés (riinc nmllilude de l:il»}ririlhes. riU'Urs, rues en p(Mile où il est 1res difficile de .^'aventurer. Le Kef |)ossêde une Kashd, où j'ai rcman|ué un canon de lironze porlanl eellc ancienne inscription :

SlrnsJtourrj , le 0 7" I7S0.

DA... CL\... i:civf:h com...

r.KNKHAL DES FOHTS...

Celle ville possède deux curieuses fonlaines. La première est une fontaine romaine, ornée d'une monumentale arcade à j)lein cintre.

La seconde est une fontaine anliijue appelée Ain-Adjema. On voit au-dessous d'elle les ruines d'un curieux édifice, probablement un ancien monastère clirétien, percé de fenêtres cintrées, et au-dessus d'une porte duquel on voit sculptés les emblèmes de la passion et une croix grecque.

Le Kef possède deux cimetières : un cimetière musulman et un cimetière juif.

Il y a aussi plusieurs écoles.

L'huile d'olive, l'alfa et les céréales y forment les trois principales l)ranches du commerce, et s'expédient par mer.

La ville est le siège d'une justice de paix.

Les forêts y sont en grand nombre aux environs, et la surveillance en est confiée à un garde général, un brigadier et trois gardes.

Sur les hauteurs qui dominent la ville de Kef, on voit des ruines romaines, des silos d'une certaine importance. (le sont

A TUAVKHS l.KS VILLES HK TINISIK 11*

(raiili<|ii('S ;4r('iii«'r- 'r.ihnndanri', ronslriiils (lar lr> lloinain^ h r(''|)n(|in' (le leur «m*» ii|)alioii. Os silos, placrs k»s uns à cuW des autres, livs hieii conservés, sont forteineiil voulés.

Chemtou.

(!lirin((Hi . ({iii ()('(Mi|i(' IViii|)la('('iiirnl de ranti(|iie colooie roiname île Siniitlii (1), se trouve au coulliinit de la MrMijcnla et Je rOued-irar'aï.

Eu plus de 6e> ruines archéologiques du plus grand inli-rèt, cet endroit est surtout connu [)ar sa splendide carrière de heau marhre à veines roses, pourprées, jaunes, vertes. Une véritable colonie d'ouvriers s'est installée daijs les ruines ftJ).

On évalue à plus de ^3 millions de mètres cubes le massif des marbres (jui peut être exploité et qui se trouve en saillie au-dessus de la surface du sol. Actuellement, un aujcne les blocs de marbre par un embranchement à la voie ferrée (jui

(1) Simittu élait uue des principales stations sur la route de Carthage à Hippone.

Les inscriptions trouvées dans les ruines sont nombreuses. L'une d'elles qui se trouve aujourd'hui au musée de Carthage, nous montre que la ville appartenait à la province d'Afrique. Doux bornes milliaires, situées sur la route de Tabarque (Tabraca) donnent le nom de Simittu.

Viam a Simi (IIu) usque Thabracam I.

Ou trouve dans la plaine de Simittu des ruines considérables d'un amphithéâtre, celles d'un pont dont les deux premières arches du côté de la rive droite sont encore debout. Ce pont monumental sur la Medjerdah reliait Simittu à Sicca-Venerea (le Kef d'aujourd'hui). Un autre pont en ruines se trouve à une soixantaine de mètres eu amont : «C'est à ces ruines, dit M. Ch. Tissot, qu'aboutit Taqueduc qui amenait à Simittu les eaux des collines de la rive gauche de la Medjerdah, et dont les larges alignements se détachent sur l'horizon de la plaine déserte et rappellent d'une façon saisissante certains aspects de la campagne romaine. »

{î] Les empereurs romains faisaient exploiter cette carrière pour la construction de leurs palais et monuments. On transportait alors directement les blocs de marbre à la ville de Tabraca, en traversant les montagnes. Une route avait été ouverte à ce sujet, en ran 129 de notre ère, lors du premier voyage d'Hadrien en Afrique.

côtoie le fleuve, et on les transporte directement à Tunis. (les marbres reviennent rendus à Tunis, de 900 à 1200 francs le mètre cube (1).

Béja.

La petite ville de Béja (2) qui comprend une population de plus de 5,000 habitants, se trouve à 109 kilomètres environ de Tunis, sur la ligne de Bone-Guelma, dont elle est distante de 10 kilomètres. Entourée de jardins et bâtie sur le penchant d'une colline, son aspect est des plus séduisants.

Elle est entourée d'une enceinte crénelée et couronnée par une Kasba.

Elle est le siège d'un caidat.

On y cultive la vigne sur une assez grande échelle, et les céréales, dont le marché est devenu très important.

Gabès.

La ville de Gahès (3), chef-lieu de la province de TArad, est située à 007 kilomètres de Tunis, sur la route île cette ville à Tripoli.

(1) Ua peu au delà de la carrière se trouvent les ruines d'uo temple de Jupiter.

(î) Elle occupe remplacement de l'ancienne Vaga.

(3) Gabès était connue depuis de longs siècles. L'historien El-Bekri en parle ainsi : « C'est, dit-il, une grande ville ceinte d'une muraille de grosses pierres et de construction antique ; elle possède une forte citadelle ^ plusieurs faubourgs, bazars et caravansérails , un djamé magniflque et un grand nombre de bains. Le tout est entouré d'un large fossé que l'on peut inonder en cas de besoin et rendre infranchissable. Gabès a trois portes.... » Edrissi, qui vivait au xii« siècle, donne la même description.

A TMAVhlls I.KS MLI.KS DL TIMSIE W

Mlle est l(î chef-lieu d'un cinlat ri le siêtff' d'un rnrrimundeniiMit niililaire.

(îahès possède \)J){H) liahilanls. l'ille est formée par la réunion de deux oasis sur les l»ord> dr l'Oued-Gahés et rr»riiposée de deux liour^^s, njdin ri Miiizct. Klle |j(j^.mnI<' une» rivière, \(hn'(l-(i(ihrs.

Sa plage sablonneuse est précédée d'une jetée de d<Mix cents mètres et d'un hois de palmiers au-<levant.

L'entrée de la ville à l'ouest est protégée par un fort, le lladj-DjaliL

« Gal)ès, a dit M. G. Chaunes est, on le sait, entouré de lielles oasis, et sa proximité de la mer en fait un séjour très supportable. L'eau n'y manque pas, (|uoi(jue par malheur elle soit très chargée de magnésie, ce qui la rend désagréable au goût et d'une digestion difficile (1). »

Il y a un phénomène de marées considérables dans les parages de Gabès. Il s'explique par la disposition du golfe en forme d'entonnoir et par suite du relèvement graduel du fond. Heureusement ces marées, autrefois sujets de terreurs, sont aujourd'hui bien connues des marins, et les caboteurs tiennent leur ancre prête toujours à mordre dans le sable quand il n'v a plus assez d'eau sous la quille. C'est d'une excellente prudence.

Nous avons visité l'hôpital militaire fort bien tenu, ainsi que sa jolie petite chapelle.

Pendant plusieurs années, celte chapelle a servi de paroisse provisoire à la petite population catholique de Gabès (2)*.

(i) Le nom de Gabès ou Kalès est une altération de Tacape. A Tépoque chrétienne, Yépiscopus Tacapiianus était compris au nombre des évêques de la Tripolitaine.

(2) La construction était due au zèle de M. l'abbé Houdard, aumônier, qui l'avait fait construire avec le concours des ofûciers et des soldats de la garnison.

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Medjez-El-Bab.

]frfljrz-EI-li(ih (\) vM iiiin petite ville de :^,00(l liahilants diiii as|)ect assez [lilloresiiue, «j^râce a ses nombreux jardins.

Ses maisons ont été bâties avec des pierres de taille empruntées aux ruines de la ville anlirpie sur L'UjQelle elle a été édifiée.

Du reste, on possède encore de la ville antiijue un pont, des thermes décorés de marbres , les ruines d'une porte triomphale.

Cette porte, sans pilastres ni colonnes, a un développement de dix mètres, une hauteur de six mètres, et Tinlérieur de l'arcade a près de cinq mètres.

Elle contenait autrefois une dédicace à Théodose, Valenlinien et Gratien.

A l'époque chrétienne, la ville s'est illustrée par de nombreux martyrs. Nous voyons dans la Guerre des Vandales de Procupe que le rebelle Stozas fut vaincu sous ses murs par Bélisaire.

Hergla.

La ville d'IIergla (2) est à deux journées d'Hammamet. Au loin, elle est d'un aspect charmant; située sur un petit

(1) Le Vicus Augusti des Romains, la Membrcssa de l'itinéraire d'Antonin. — Aux environs on trouve un grand nombre de ruines intéressantes, les ruines de Krich-el-Ared, Tancienne Cfnsidus.

(2) L'antique Horrea Cœlia de l'Itinéraire d'Antonio. De la ville ancienne, il ne reste presque plus rien.

A TiiAvr.iLs II,. VII. m:s dk Ti'vmiK uu

|H'(Uii(inl(>in', la vilh' est (Miloiirn» de trois rôles jiar (l<; fort beaux jardins. A IVsl, rllc <'>i haignée par la mer, <'î !"* - (lu'oii arrive par le iionl, on n aperroil (l'alioni (iniiii ^rand point lilaiic ([iii luille cnlrr d«'iix handes, r«in<; verte, l'autre Meue. De près, renclianleiiicnl «lisparail , -iii n'a devant b^n que des maisons ruinées et mal liâlies, des rues pleines de poussière par un lem[)s sec et <|U(î les pluies convertissent en bourbiers.

Les jardins seuls conservent un véritable charme. Séparés les uns des aulres par des baies de cactus ((ui y rendent les |)iomenades assez dilliciles, ils sont ieiii[)lis d'oliviers de belle venue.

llergla se trouve à deux cents mètres du rivage, l'allé possède 1,700 habitants. On y fabri(|ue des nattes et de l'huile.

Nafta.

Nafta (1) est une ville de 8,000 habitants. Elle se trouve située au milieu d'un riant oasis de 500 hectares, renfermant près de 300,000 palmiers -dattiers, non compris les arlires fruitiers.

Ses jardins sont de pures merveilles.

La ville a neuf quartiers.

Elle a une rivière thermale (28 P) sortie des sources de Faouera et d'El-Guellas.

Son industrie principale est le tissage de la laine.

(1) L'antique Aggar-Selnepte ou Aggarsel-Nepte. Elle a été le siège d'un évêché , Episeopus Neptitamis.

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