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LES VILLES TUNISIENNES

Msaken.

Msaken est une petite bourgade d'environ 8,000 habitants située à deux lieues sud-ouest de Sousse. Les Tunisiens Tonl quabfié comme Kairouan , de lieu saint , à cause de la Mcdresa de Sidi-Ali-hen-Klialifa, célèbre école indigène, l'Oxford de la Tunisie.

Elle comprend un nombre considérable d'élèves, et chaque année, il en sort une foule de tolbas, d'e/fendis, de docteurs en théologie et en droit musulman qui propagent par trop la haine des chrétiens.

Celte ville est un véritable repère de fanatisme, et les habitants y sont plus à craindre encore qu'à Kairouan.

Msaken n'a point de bazars; sa richesse est due surtout à ses plantations d'oliviers. Son commerce d*olives avec Sousse est très important.

Elle possède onze mosquées dont les minarets, vus de loin , et les dômes de ses Koubbas, forment un ensemble 1res pittoresque.

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Zarzis ou Sarsis.

ZiirzU est le (liM'rïicr vill;i!;(; (jikî nous possédons îiu su<l de la Tunisie avani dairivcr à la Tripolitaiiic.

Celle petite cité maritime possède une ^'arnison. Elle csl située d'ailleurs en un lieu très fertile et sain.

Ce serait un endroit favorable au commerce, si l'on n'avait à craindre les frétpientes razzias des tribus indisciplini'es de la Tripolilaine.

Gafsa.

Gafsa (1) est construite dans une oasis, sur un plateau entouré de hautes montagnes. Elle comprend près de 5,000 habitants et à peu près deux lieues et demie de circonférence.

Sur ses 5,000 habitants, il y a environ un millier de Juifs qui vivent à part dans un quartier sordide.

Gafsa possède de nombreuses ruines , notamment des thermes. Elle a d'ailleurs d'excellentes sources froides, et même trois sources thermales légèrement sulfureuses.

La ville est fortifiée, couronnée par une Kasbah, et possède

(1) L'antique Capsa. Elle avait été fondée par Hercule le Libyen et avait servi de refuge à Jugurtha. Elle fut détruite par Marius; mais reconstruite, elle fut, sous Justinien, la résidence du conomandant militaire de la province.

m TÎIMSir FT TUNISIENS

cinrj portos : B:ib-e(]-Ncdjei , Bah-cfl-Djchcl , Ihb-Korkhlja, Hali-Kalilian, B:il)-ck-Ostalia.

Le commerce local consiste principalement en tissus de laine très renommés.

Ses alentours possèdent d<»s forêts de grenadiers de taille colossale.

Nebeul.

Ncbenl (1) est le chef-lieu d'un contrôle civil.

C'est une jolie ville de 5,000 habitants, entourée de charmants jardins.

On y fabrique de très belles poteries et des étoffes de laine.

Les potiers du Nebeul ont gardé le nom à'Âmlalous, et de père en fils, ils se transmettent religieusement des vases apportés de Malaga par leurs aïeux fugitifs.

Nelieul possède six mosquées et beaucoup de zaouïas.

Ses bazars sont voûtés.

On y cultive l'olivier, le blé, l'oranger.

Il y a aussi un grand nombre de plantations de rosiers et de jasmins.

La ville possède une école franco-arabe.

(1) A une demi-lieue de la ville, on trouve les ruines de Xéapolis , l'ancienne Neheid-el- Kedima. Elle fut prise par Agatliocle en 309 avant J.-C. Il en est fait mention dans Pline, Scylas, Diodore de Sicile, Strabon.

LES VILLES TUNISIENNES i'At» ,

Tozer.

Torziir ou Tozrr (l) (;sl ii .'!00 kiloinôlres au sinl (l<; ^

Tunis. C'osl nue ville de 10,000 hahitaiils située dans ^

une oasis fertile do 400 hectares, renfermant pliLs de 'iOO,000 palmiers, dattiers, irrigués par les dérivations de trois cours d'eau.

La ville est formée de la réunion de plusieurs villaj^'cs : Zelda , Zaouïa-Sidi-Abid , etc.

La plupart des maisons sont construites en hriijues crues scellées au soleil (2).

On y fabrique des couvertures de laine et des hdlks (3) renommés.

La ville possède six mosquées et un palais pour le gouverneur.

Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est la Sebora-Regoiul ou grotte des sept Donnants,

Il faut se méfier de ces dormants, car il paraît qu'ils s'éveillent quelquefois pour lancer au milieu d'un attroupement de fidèles des imprécations excitantes contre les méchants, c'est-à-dire contre les chrétiens.

(1) C'était autrefois la Tisurus de Ptoléraée, et plus tard l'évêché des Tusuritains. On y trouve les ruines d'un grand édifice qui devait être orné de plusieurs rangées de colonnes.

(2) Tôh.

(3) Pièce d'étoffe sans couture qui recouvre tous les autres vêtenaents chez les Orientaux.

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Kélibia.

Kôlibia (1), siluéc à trcnle-cinq lieues de Tunis, sur une roule mullière el à une demi-lieue de la mer, est une charmanle ville de près de 45,000 liabilants.

Elle possède une citadelle de construction espagnole, où l'on remarque un canon portant la date de 1095 et le nom du roi Philippe.

Kélibia a un grand nombre de jardins et de vergers très

fructueux.

Rades.

Rades (2) est un village de 1,600 habitants situé à la porte de Tunis. Sa population comprend un grand nombre de Maures.

La situation stratégique de Rades est très importante; car situé au fond du golfe de Tunis, ce village commande les routes qui vont de Tunis à la presqu'île du cap Bon.

Très bien fortifié , arrosé par l'Oued-El-Kebir, il domine

(1) C'est Tantique Clypea dont Régulas s'empara en 256 avant J.-C. Lors de la troisième guerre punique en 148 avant J.-C, ses habitants repoussèrent victorieusement plusieurs assauts. Sous les empereurs elle était devenue une ville libre. Plus tard, elle fut le siège d'un évêché. L'historien Eriiekri dit que lors de l'invasion de Abd-Allah-Ibn-Sâd-Ibn - Abi-Sala, en 27 de l'hégire (647-648 de J.-C), la ville de Clypea fut le dernier rempart des chrétiens sur la terre d'Afrique.

(2) Rades est l'antiquû Adis des Romains, et la rivière qui l'arrose n'est autre que le Flumen Calada. Oa sait qn'AdIf; fut prise par Régulus.

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1111 |)in)t sur I('i|ih'I passnit l(>s routes dc3 Sousse, du ca|> lion ol (l(; Sla\.

SI Daoud-en-Noubi.

Si-I)a(Hi(l-(»n-Noul)i (1), loiil^» \n*\'\[o villi» silin'O h vin^'t-(|iirilro li(MH\^ (le Tunis, se Iroiivo sur l;i nmlc ninhîtiùro de» cMn villn il la Dalvlat. Les maisons son! rénnies aulonr d'une zaouïa. Elle possèdi» une riladeile el une vin;4taine d(; [)uits.

Il existe une lé^^ende sur le nom d(3 la ville moderne. Ce nom de Si-D<iouil est celui d'un marabout, ([ui, aux approches de la mort, recommanda à ses enfants de mettre après sa mort son corps sur le dos d'une mule, et de l'enterrer là où la mule s'arrêterait elle-même. Sa volonté tut respectée, et à l'endroit où la mule s'arrêta on a construit la Koul)l)a.

Maharès.

Maharès est un petit village de 850 à 900 habitants, qui possède encore les ruines d'une vieille forteresse d'origine sarrasine (2).

Il est situé au milieu de steppes arides.

Les habitants fabriquent des nattes et des objets de sparterie assez estimés.

(1) L'ancienne iVissjm était autrefois une très grande ville. A. un quart de lieue de la ville se trouve l'îlot de Tonnaria, où se trouvent établies des madragues pour la pêche du thon, quia lieu sur une vaste échelle, du 15 avril à fin juillet. La baie de cet îlot serait l'antique baie à.''Âquilana.

(î) L'antique Macomades Minores.

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Latma.

Lntma est un petit village de fi à 700 liahitanls, très coqueltemenl situé, on forme de triangle, an fond d'une petite anse.

On traverse, pour y arriver, un cimetière arahe renfermant deux petites koubbas.

L'olivier est cultivé ici sur une large échelle, et c'est certainement à Latma (|ue le commerce des grignonsuest le plus important de tous les points de la côte.

A environ 700 mètres au nord du village de Latma, on a trouvé, au milieu des plantations d'oliviers, des tombes chrétiennes, presque toutes en mosaïques, formées de petits cubes en pierre de toutes couleurs. Beaucoup de ces mosaïques montraient le symbole du Christ, et, au-dessous, dans un encadrement enguirlandé , se voyaient les noms du défunt et la date de son décès.

Ces tombes doivent dater des trois premiers siècles de l'ère chrétienne (1).

Téboursouk.

Têhoursouk (2) est une ville de 3,500 habitants, bâtie en amphithéâtre dans l'enceinte d'une cité byzantine.

(1) Tout prés de Latma, se trouvent les ruines d'une antique et importante cité, Leptis Parva. On y voit encore quelques pans d'un mur construit en blocs, et les vestiges d'un quai, tout cela disséminé dans d'immenses plantations d'oliviers. D'après les historiens, cette ville devait être merveilleusement fortiûée au temps de Jules César.

(2) La petite ville de Téboursouk portait dans l'antiquité le nom de Respuhlica Thibur-

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i'i'lU^ (Min'iiitc , ll;ui(|ii(*'<; (1(5 tours carrres, i\ éU; mal hâliii Ot so trouve rlin'*chée dr loiilrs |>:irls.

Klle possède (l(Mi\ belles in()S(|uées aux minarets carrés , (le foruHî hyzauline.

fja ville est (loniiin'e à l'ouest par le Ujehol-Sidi-llalMiua, (joui le sommet est couroinn'' par la Kniihha du tnnnihnnt Sidi-Rdlinid.

Le commerce de Teboursouk est assez prospère, et consiste en huile et en céréales.

La région (pii Tavoisinc est fertile et couvfMte de noiid)reux oliviers.

Hammam - Lif .

Hammam-Lif (i), petit endroit qui sert de lieu de plaisance, est une jolie petite ville.

Il est de grand genre d'y avoir une maison, le bey et les grands de la cour ayant tous des habitations (2) dans ce lieu.

Cette petite ville est reliée à Tunis par une voie ferrée qui suit une route empierrée.

sicensium Bure, nom inscrit dans une inscription de la porte monumentale, aujourd'hui

bouchée, du nom d'enceinte :

Voici cette inscription :

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