RESP
M. . . . IGIPI SEVERIANI
NIANL LIB. THIB. BVRE.
qu'on peut transcrire de la façon suivante : « Respublica municipii Severiani Antoniniani liberi Thibursicensium Bure. »
(1) Hammam, Thermes, bains chauds. On donne aussi à Hammam-Lif le nom de Hammam-el-Euf, qui veut dire Bains du ne*.
(2) Var-el'Bey.
140 TUNISIF ET TUNISIENS
A (|iirl(|iie (lislanre de là se trouve, sur une liauleur, le loinbcaii (le Sidi-bel-IIasson-el-ClKulli.
Ilaiiimaiii-Lif se trouve an pied du mont Djchel-bou-Kernrin. Celle silualion s|)len(li(le , jointe à la beauté du climat, an saille fin de la plage, attire les touristes et les baigneurs (1).
J)e la monlagne sortent deux sources (2) d'eau chaude (|ni alimentent des piscines renfermées dans les principales maisons.
On vante Taclion de ces eaux contre les affections cutanées et les rhumatismes.
Par leur composition chimique, ces eaux se rapprochent des eaux thermo-minérales de Bourbonne-les-Bains.
A sept lieues de là se trouve une petite localité, Kourbès, qui possède sept sources dont les eaux sont seml>lables à celles de Ilammam-Lif.
Zaghouan.
La petite ville de Zaghouan (3), qui possède à peine une population de 2,500 habitants, se trouve à 56 kilomètres de Tunis.
Bâtie au pied du inont Zaghouan, elle cache ses lilanches maisons dans une ceinture de magnifiques et charmants jardins.
Parmi ses 2,500 habitants, on trouve près de 600 Juifs.
(1) M, L. Journault, dans la Rciue politique et littéraire, appelle cette ville le Futur TrouviUc de Tunis.
(2) Les deux sources ont reçu les noms d'Àin-el-Arian et ô.''A'in-el-Bey.
(3) La ville antique était dédiée à Jupiter-Ammon. On en a la preuve dans la porte triomphale par laquelle on entre dans la ville. Le clef de voûte de cette porte montre une tête de bélier, qui est bien l'attribut du dieu.
LKS VlhLKS iUNISIK.NNKS M<
Les M;iiires de I • vill.' ^mt il»' rrn-.» espagnole el desn^n'lcn^ d*Aiulal(Mis n'fuî^ics.
On trouve ;i Zaï^lioiiiui d(\s inoiilins à l)lé et Ix l'huile, une teinturerie de chéchias.
On y fuit h; conunerce des graines et des l>csliaux.
Les chéchias (honnels de laine), qui proviennent de celte ville, sont très esliuiés et e.\[)orlés en ^M*and noiuhre dans les principales villes de hi Tunisie.
A une deini-lieue de Za;^diouan se trouve les ruines d'un temple anliijue, a[)pelè dans le pays llcnilui-Aiii-Kdsbn, et dunl la forme est celle d'un hémicycle hàli dans le rocher même. Un sanctuaire de plus de 7 mètres de haut sur 4 mètres de hu'i^c, possède un autel entouré autrefois d'une galerie (1).
La montagne à hujuelle est adossée la ville de Zaghouari est très visitée des touristes. Sa cime la plus haute, SidiboU'Golrin, a 1,350 mètres.
Béja.
Bêja (2) est située au sommet d'une colline. Elle possède plus de 4,000 habitants. Une muraille flanquée de tours
(1) Les colonnes do cette galerie servent aujourd'hui de supports aux voûtes de la grande mosquée de Zaghouan.
(2) L'ancienne Vacca.
A l'époque de Jugurtlia, c'était une puissante ville, riche et coram^ciale; Pline l'appelait Oppidum Vagcnse.
L'historien ElBekir a écrit au Béja : « Badja renferme cinq baies ; elle possède un grand nombre de caravansérails, et trois places ouvertes où se tient le marché des comestibles. Les environs de Badja sont couverts de magnifiques jardins arrosés par des eaux courantes.... Badja est surnommé le grenier de rifnka; le froment est en telle quantité que Ton peut en acheter la charge d'un chameau pour deux dirhems, environ 1 franc.
i\-l TUNISIE ET TINISIKNS
carrées à la mode hvzantine rcnviroiine. Celle muraille doit lemonter ii l'époque du Bas-liinpirc.
Au milieu de la ville, au poiiil culminant, s'élève une Kasba.
Les rues sonl loin d'être propres et les maisons trop basses; aussitôt la ville (|ui scmlile si pittores(]ue de dehors trompe élranL,^ement le visiteur.
On y voit la mosquée de Sidi-Aissa (1;, ancienne basilique chrétienne transformée en temple musulman.
La ville forme un point stratégi(jue important, car elle est située à Tenlrée des montagnes de la Khroumirie. Sa principale richesse est formée par ses champs de céréales, dont elle fait un commerce important avec les Khroumirs (2).
Porto-Farina.
Porto-Farina (Port de la farine) ou Rhar-el-Melah (3) est situé à l'embouchure de la Medjcrdah, sur les bords du lac de Gliar-el-Melah.
C'est aujourd'hui une petite bourgade d'un millier d'habitants. Si son port était dragué et agrandi, il serait d'un assez bon mouillage.
(1) Sur Tune des pierres de celte antique basilique chrétienne, on retrouve Tins-
cripliou :
Col. Sep. Vag....
CoLOMA Septimia Vaga.
(2) A Béja a été fondé en 188-2, par Mgr Lavigcrie, une école de filles qui a pour professeur trois religieuses des Missions d'Afrique.
(3) L'ancienne Rusimona dont parle Tite-Live. Elle occupa une grande place dans les fastes de la piraterie. A quelque distance de Porto-Farina, se voit le Ras-si-el-Mekki, autrefois promontoire d'Apollon.
L(» lac, sur les Imnls (Iiujih'I est Pnrhi l'\iriii:i est prrsf|ii(; (MilicrciiKMii Iraiisliuinc en marais par les alluvioiis de la Muiljcnlali.
lia ville |)(>ss(nl(î trois f(»rt> <•! un arsenal.
Kilo fait un coiniiicn c C(>iisi(ir*ral)l(; dr ccrcalos, d ou lui vient sou nom moderne.
Testeur.
Trstour (1) se trouve bàlie au conduenl di; l'Oued-Siliana et do la Medj(M'dah, en faee d'une belh; plaine où les plantations d'oliviers sont nondireuscs et au iniliiMi d'une anli(|uc enceinte.
La population est do iî,300 habitants. Go sont, à part 500 juifs, presque tous dos Maures-Andalous ipii ont bâti la petite mosquée dEI-Mal.
Les juifs ont leur synagogue et leur cinietièro.
La ville possède plusieurs mosquées dont la plus consisidérable est colle de LaUa-Zonih.
Tebourba.
Tehourba (2) est une jolie ville de 3,000 habitants possédant une enceinte bastionnée.
(1) L'anlique Bisica Lucana. Sur les débris d'une iosciiption, on lit:
Col Bisica Llc.vna
On conserve quelques débris de la ville romaine et les ruines d'un pont.
(2) A quelques kilomètres, sur une colline, se voient les ruines de l'antique Thuburbo mimus.
lit TUNISIE ET TUNISIENS
Ses hahitaiils descendent pour la plupart des Maiires-Andalous; ils sont jardiniers el niaraicliers , car la \ille est au milieu d'une riche vrgi'lalion el entourée de janlins el beaux vergers.
On y Irouve des fabriques de cliccliias. Autrefois on y fabri- (|uait des draps pour l'armée beylicale.
Enchir - AYn - Kasha.
A moins d'une lieue de Kagliouan , mais plus au sud, à Enchir-Aïn-Kasba, se trouvent de magnifiques ruines.
« Sur l(^s flancs de la montagne, dit M. Rcbutel, au point même où aujourd'hui encore on recueille les eaux, on voit les restes d'un magnifique temple romain , probablement dédié à la divinité de la Source. Cette construction grandiose, encore bien conservée, a la forme d'un vaste hémicycle entourant un bassin central. Dans le fond est un autel, et, de chaque côté, douze niches, veuves, hélas! de leurs statues. Nous en retrouvons les débris parmi les décombres, ainsi que les restes mutilés d'un buste d'empereur romain. La façade, ornée de deux magnifiques portiques, est placée sur un rebord taillé à pic au flanc de la montagne. De là on découvre l'immense plaine où serpente l'aqueduc jusipi'à Tunis, les croupes arrondies du Djebel-Sidi-Salem et les crêtes aiguës du Djebel-liessas. »
SOUVKNIHS AUCIIl':(M.()fJI()UKR
Bou-Cliateur et les Ruines d'Utique.
Bou-Cluitcm on Bou-CJtata est un misérable village (|iii occupe l'emplacement de l'anliqne et puissante cité d7'//^y^^e( 1), fondée douze siècles avant Jésus-Christ.
Comme Carthage, Utique a été presque entièrement détruite. Ce ne sont plus que des vestiges informes, couverts de hauts herbages, de broussailles touffues. Les alluvions charriées par rOued ont fait disparaître toute trace du port. La nature dans son travail indifférent et éternel a tout comblé.
Utique se composait de deux quartiers distincts : la lille basse et la ville haute. La ville haute était située sur une agglomération de collines séparées par des ravins. Un aqueduc dont on voit encore les ruines y amenait les eaux du Djebel- Kechbata à deux lieues et demie. Dans un des ravins, il y
(1) « II faut aussi parler à: Utique et de sa masse blanche, Massa Candida : cette masse de trois cents martyrs dont les corps furent plongés dans la chaux vive, blancs par leur innocence autant que par leur sépulcre, comme le dit saint Augustin dans le discours qu'il a consacré à leur mémoire. » (Mgr Lavigerie, Annales de la Propagation de la foi, mai I880.)
lU; TUNISIi: l'T TUNISIENS
avait nii vaslc arnpliilliéâln; doiil les gradins ont complètement disparu.
Les loiiilles récentes oui amem'' la découverte de vases,
de verreries, de statues, de mosaï(|iics, de lampes et d'inscriptions (pii montrent (piclle devait être la splendeur de celle sœur de Cartilage. Ces objets sont exposés au musée du Louvre.
Les souvenirs archéologiques sont nombreux en Tunisie.
En parlant des principales villes de la Tunisie, nous avons été obligé de citer de nombreuses ruines plus ou moins célèbres el toujours intéressantes. Pour le moment, parlons de quelques-unes qu'il est important de ne point omettre.
Nous ne devons point oublier de parler de l'antique Thysdus dont il reste des ruines assez importantes. On y voit encore de belles citernes donnant une excellente eau. Des fouilles exécutées en 1881 ont mis à découvert des fûts de colonnes de dimensions vraiment colossales, quelques urnes, des monnaies, des médailles, des poteries, une mosaïque (un pavage probablement), le torse d'un cheval, de grandeur naturelle, en marbre blanc, une léle d'homme et une tête d'enfant, des lampes funéraires. Les monnaies et les médailles trouvées dans ces fouilles portent pour la plupart les noms de Gordien, de Germanicus ou d'Agrippa.
Les derniers vestiges de 1 anliijue Lepih se trouvent aux bords de l'Oued-el-Souk, sur les rives de laquelle elle s'étendait autrefois. La ville allait jusqu'à la mer.
s 0 IJ V !•: M II s A H (. Il I. n ij M. i «j i h> n •
liCplis adù |)('rir (l.ins iiii incrndio, r:ir nii trouve des lin'/r)ls d'or ou de riiivrr (|iii doiM'ui .iNnn df des |)UT.e^ dr moimair ou (les médailles el des lames d(3 fer foîïdu. Des pans de murs, des riiiii(»s d(» maisons et d aimeJiies (''mep-'enl de hmlc part.
11 } avail un auipliilliMlfO, dont 1 arme est arUiellemiMil occupée par un hc.ui groupe de vieux oliviers ; ou dislinji;ue facilement des restes de gradins, de l();;es, de couloirs.
On a retrouvé là (!) des chapiteaux corinthiens dune taille colossale et d'un travail remanpiahle ainsi (pie (picl(|U(.'S tombes en mosaïque el. des débris d'urnes et de lampes.
Au sud et à l'est l'édifice est bien conservé, tandis que de la partie nord il ne reste plus guère (juc la galerie du j)remier étage et deux étages de gradins. L'entrée principale donnait à l'est.
c( Si l'on pénètre dans l'enceinte, dit M. le docteur Rouire (2), il est facile de voir que le cirque se composait de cinq étages de gradins. Le premier étage dans son pourtour est complètement enfoui, sauf en deux endroits, d'où l'on voit émerger du sol une poutre de ce gradin et le couloir qui le supporte. Le deuxième étage de gradins existe presque tout entier. Le troisième étage dans la partie qui existe encore est le mieux conservé de tous. Quant au cinquième, il n'existe guère que la partie du mur extérieur auquel est adossé le gradin. Dans l'intérieur de Tédifice, les galeries et les couloirs sont en assez bon état, mais les voûtes laissent voir de larges ouvertures béantes. »
(1) En 1883.
[i) Revue de Géographie, mai 1882.
i50 TI'MsTl' I I I IMsii \s
Lo vand.ilisiiK; des Ar.ilxîs ;i iii:illioiirciiscmnnt été pour lu':iii((»ii|) dans la d(''Lrradalinii de cc^ ruines. On voit encore les ruines assez considérables d une jurande ville romaine, sui' le nom d(; laipielic on n'cM pas fixé, à Tenln'e du délilc du Sloughi, col riroil silm* «Miln» h Djebelllamra et le Djelicl-A/crog. El en sorlanl de c<î défilé on suit une ancieinie voie romaine dans une vallée couverte d'herbes conduisant au défilé étroit qui a reçu !«' n<Mn de ïeniet-cz-Sif-Uta-el-Moualiad. D'autres ruines très imporlanles se trouvent à Mcdinet-el-Kedima (la vieille ville); ce sont les ruines de Thelepte (jui occupent un espace de plus de quatre kilomètres carrés. Sur les collines des environs sont éparses de nombreuses ruines romaines qui limitent une grande plaine d'Alla dans laquelle on a pratiijué une routiî.
Les ruines de Makter, que 1(îs archéologues disent être les ruines de l'antique Tucca Terehentina, se voient près de Magrona, où elles occupent l'extrémité occidentale du plateau des Ouled-Ayar. Ce dut être une ville assez importante, car on y trouve encore deux arcs de triomphe, dont l'un fut construit en l'honneur de l'empereur Trajan, un mausolée de près de vingt mètres de hauteur, un aqueduc, des temples ornés de pilastres corinthiens, les restes d'un amphithéâtre.
De nombreuses ruines romaines sont aussi éparses sur les flancs des montagnes qui se trouvent près de Zaghouan, ville (|ui a remplacé une ville romaine dont il reste une porte triomphale ; la clef de voùle de celle porte représente une tête de bélier.
KACKS, MOKI.US, iJSAdKS ET COUTUMES
Les rares soiil assez noinhreuses cl diverseinenl nirh'Mîs en Tunisie. Dans Ici cours de noire voyage, nous avons rencontré un peu partout, sur tous les points du territoire, des Maures, des Juifs, des Kalnles trapus, des Arabes paresseux et nofuades , des Kroumirs, des Maltais méchants, des Grecs et des Turcs. Les bons missionnaires et les sœurs ont fort à faire pour établir l'harmonie entre ces races différentes et les chrétiens.