I.A l'I-r.llK KT KA r.llASSK iOT
(V mode (le |»rc|i(' .i j.cul-elni un <l«'f.iiil. c'csl r|fi'il (Irlriiit h(\'iur()ii|) i\v roniiix (|iii noiiI se [icnlrc au fond il>' l'oaii.
Toute la cnlc iionl de rArrnjUi', ri prinripalotneiil \r^ ruir.^ d(î la llr{^(MU'(' de Tunis, sont pciipln's de (•(• |)oIv|uî. li^s Ks[)a|^Mi()ls savent surtout s'a[)|)li«|iier à ce L'eiire de pêclic qui fait l:i sounv» d'une IVucIucii.m- nidu.-^lne ditnl Marsoille priucipaleuuMil retirait jadis, et pourrait encore retirer aujoind'hui, de 1res grands avantages au point de vue coinnïercial.
Depuis la première moitié du xw"^ siècle, vers Tan l.jfiS environ, où deux niarchands de la coinmcrranle Marseille commencèrent la péclie du corail entre le Cap do fer et le cap Burgaroni, dans le golfe de Slora, à l'extrémité est de l'Algérie, et sur toutes les frontières maritimes de la Tunisie, cette industrie se perpétua à travers des siècles, au milieu de mille péripéties et sous le patronage du gouvernement de la France, au profit de la richesse industrielle de Marseille.
Au milieu du xvm*' siècle, la Compagnie française «pii péchait le corail employait déjà 25 hateaux , et chaque bateau péchait environ 25 quintaux de coraux pour une saison . ce qui faisait de 35 à 40,000 kilos de corail brut, donnant, à raison de 25 à 30 francs le kilo un rendement de 1,250,000 francs environ.
Ce corail, revendu dans les fabriques de Marseille pour 4 millions et demi , représentait un bénéfice pour le commerce français de plus de 3 miUions et demi.
Malheureusement beaucoup d'étrangers se livrent aujourd'hui à cette fructueuse pêche.
t!<)G TUNISIK ET TUNiML.NS
On |MMil (lire, el avec raison, que si la France parvient il reprendre (Ml grand celle pêche du corail, elle aura recon- (|uis la grande industrie (|ui résultail pour elle de celle pêche, el donl mallieureusenient Najdes el Livourne accaparent aujour-
dliui la fneilleure partie.
A la chasse.
Nous n'avons pu chasser beaucoup. Il faut pour cela beaucouj) de temps, el comme nous tenions beaucoup à nous instruire el à connaître le plus possible tout ce qui concerne la Tunisie, nous avions peu de lemps à consacrer à de semblables et pourtant si saines distractions. Les animaux sont pourtant très nombreux.
Dans le nombre des bétes à poil sauvages que nous trouvons en Tunisie, nous devons mentionner : le chat, le lion, la panthère, le tigre, le cerf, le lynx, l'ichneumon, le chacal, le sanglier, le renard, le lièvre, le lapin, le singe, la gerboise, la loutre, le mouflon, la gazelle, l'antilope.
Les chats en Tunisie, quoique très nombreux, s'aperçoivent rarement, car ils sont très sauvages.
Le chat tunisien, qui n'est pas très grand, quoique plus élancé que notre chat domestique, a le pelage fauve et tigré, presque toujours uniforme. Le bariolage de taches se remarque seulement chez les chats, produit par le croisement des chats indigènes avec les chats européens.
l\ lir.llK KT L\ CHASSE «07
i'ÀwA le «li.il liiiii>i(ii. i.i iciiM'àl assez. all()u;j5i'îij ; les iiia«'li(iiri\s sont Irôs liules el j^'aniics Ji; dciils Icuï^mios <'l aœrées; les jeux, fns LTMiuls cl (I mil' \iv;»citf'' ifitrn^c* lr> nn'ilN's (lrnilc> ri Ires li)n;^iii's ; le cnij).-, vA loii;;, liis |)oj1s irr> lisses cl Ja (jueue (l'imc honiic ji^iaiidiMir. (Ici animal se nouriil «laiis les villes (le «lêhris de cuisine, ri (l:m> l.i rarn|)a;;n<' •!•• -<•- lUM.luiu di» ('liass(\ (liiez le mélis , le lond du |)elap;e esl lauve aver tirs li^Minvs.
l\"»iMni les espères d'disrniix (|ii(' l'on liouve en Tunisi(?, on |»eiil citer l(*s suivantes : l'aii^le, h; vautour, Tautruidie , ré|)ervier, le faucon, h* flamand, le corbeau choucas, l'outarde, la pelite outarde, le cormoran, la bécassine, la bécasse, le ramier, la poule dite de Cartilage, le pluvier, le héron, le pélican, la cigogne, le pluvier blanc, le pinson, le ganga, le guêpier, la grive, l'ortolan, le courlis, le rollier, le geai bleu, le pluvier doré, la perdrix rouge, Talouette, etc.
On chasse beaucoup les outardes et les bécassines.
D'ailleurs, on trouve en Tunisie un grand nombre de bécassines ([ui vivent par petits groupes. On y distingue trois sortes de variétés :
La bécassine ordinaire (Scolopax cjallina, L.), est à peu près de la grosseur d'une grive, elle porte sur la tète trois bandes longitudinales d'un roux assez vif qui tranche sur la couleur noire des autres plumes; cette disposition se retrouve sur le dos et les ailes dont le fond est brun ; la gorge est grise: cette couleur s'étend sur les flancs où elle se jaspe avec des bandes brunes ; le ventre est blanc ; le bec est long, jaune dans les deux tiers de sa longueur, noir, déprimé et
rugueux vers rexlréiiiité. Les pieds sont d'un gris vcrdâtre.
La bécassine doul)lc' {Sœlojnix nuijor, Gm) est d un tiers plus forte que la précédente; elle se rattache, par la taille, de la tourterelle sauvage; la disposition des couleurs diffère peu entre ces deux variétés. Cependant, d'après le docteur Chenu, la bécassine double a seize pennes à la queue et la baguette de la première rémige blanchâtre, tandis que la bécassine ordinaire n'en a que quatorze et toutes les baguettes des rémiges brunes.
La bécassine double se distingue encore par son vol qui est plus direct; elle est plus rare que la bécassine ordinaire et se rencontre plus fréquemment sur le bord des rivières et des eaux vives que dans les marais.
La bécassine sourde (Scolojmx gallinala, L.) que l'on désigne souvent sous les noms de Jacquet, Beccot, Deux pour un, est à peine de la grosseur d'une alouette. Les nuances de son plumage sont des plus tranchées; le fond est d'un noir violacé à reflets métalliques, et les bigarrures sont d'un roux tendre doré ; elle porte sur la tète deux raies blanchâtres qui partent du bec et s'étendent jusque derrière l'occiput, et une ligne noire qui s'étend de chaque côté depuis le bec jusqu'à l'œil. Le bec est proportionnellement plus court que dans les deux espèces précédentes. La sourde s'élève difficilement ; elle part sous le nez du chien, d'un vol direct, sans crochets et le plus souvent se remise à peu de distance.
Les bécassines voyagent par bandes et, contrairement aux habitudes de la généralité des autres oiseaux, elles piqtœnt dans
l.\ prr.llK r.T l.\ <.HASSE «09
A' rrnf: r'(vst |>r('S(|iir toujours ;iinsi <|u'<*ll('s se lèvent «levant le cliassciir.
Il y a riicore des lions dans \r hj«*lH|-HiMi-(j|iancfn , cl surliuil (Ml KhrouMiirie , mais ils scuit lM>'n inO'Tieurs en nniiihn; à ceu\ (le ré|K)(|ne (•arllia;4mui>c. Alui> ii> cUiienl si nombreux et si féroces, ils «lêvoraienl tellement <les hahitanls et (les voyageiu's. i|ii(' le long des chemins on dnssait des irihets sur lesquels on rrueiliait ces terrihles descendanb dt! la iai:c féline (1).
Il n'v a pas seulement six siècles que le territoire de Hon- Ghanem [)()ssédait encore des milliers de lions et (ju iJii 6oiiverain avait donné ce pays à la tribu, à ces conditions expresses qu'on n'y mangerait (pie de la chair de lion.
Le cerf a du être introduit en Tunisie ; car, d'après les anciens, il n'existait pas en cette contrée; les Gartha^unnois, qui l'avaient apporté avec eux, le gardaient pour l'offrir en holocauste à leur dieu Baal-Hammom (2).
Un animal sauvage qui est d'un rapport agréaljle pour la Tunisie, c'est la gazelle (Moschus Woschi férus).
On sait (]ue le goût des parfums est poussé à l'extrême chez les indigènes de la Tunisie.
Tout musulman élégant doit porter sur lui un petit sachet de musc.
S'il n'est pas assez riche , il se contente des excréments de la gazelle (3).
(1) Pline; Polybe.
(2) Clément Ganneau. — Conaptes-rendus de l'Académie des Sciences.
(3) On sait que cet animal ruminant voisin des antilopes donne le musc.
Les produits de la gazelle se vendent dans tous les souks. Dans le désert, cl)a(|ue fois qu'un Arahe apenoil de ces excivments, il se liâle de descendre de cheval pour les ramasser.
On trouve aussi en Tunisie des sauterelles fjui causent ('«jaleiiieiil dans cette contrée les plus affreux ravages. Les moyens employés pour les détruire sont, comme en Algérie, d'une relative inefficacité.
Un voyageur (Ij indique un procédé employé en Russie et qui rendrait certainement de grands services aux Tunisiens ; aussi n'hésitons-nous pas à le donner :
« Lors de mon dernier voyage en Russie, sur les bords de la mer Caspienne, dit-il, j'ai assisté à la destruction des sauterelles. Je tiens à faire connaître à mes compatriotes d'Algérie et de Tunisie les procédés employés pour arriver à ce résultat, et j'ai l'espoir que, aidés parle gouvernement, ils voudront bien les mettre en praliijue.
» Vers la fin d'août et des premiers jours de septembre, les sauterelles font leur apparition dans les endroits choisis pour la ponte. C'est dans l'air qu'ont eu lieu les amours et la fécondation, et c'est à la terre qu'elles confient leur reproduction.
» Quand le moment voulu par la nature est arrivé , la femelle descend. De préférence , elle s'arrête sur les terrains non cultivés. Sitôt sur le sol, elle s'appuie sur les pattes, et l'extrémité du corps étant perpendiculaire à la terre, dans cette position, elle décrit, avec ses ailes, un mouvement de
(1) Alesme de Meycourby.
i.\ ri.(,ui: i.r i.\ ciiassi: îI3
nil'ilioii. Ainsi, elle 'piildnrj» <lu»< In ^)\ jiis(|i]*a i-t îi itifi'ur (l(*s ailes. Alors elle s artolo cl i.i jiuiiU* cninriic3iicc. La |>ohUj dure Niii;^'l-i|iui(n' liriires. Apn;s le dcrnirr (i*uf, rlle (ir';ja;^'(' uni' in-ilirn' '^éialiniMisr' .juj .-nvrlopiM' ^m^ .nif. i.f |r< garanlil (les inloMijurics dos saisons.
» rjia(|iie fiMncIlo pnnd de (|ualn'-vin;;t à cent œufs qui se liiMHitMil sous loiinc dr chaînons.
» La |)onlo ItM'iniiK'iN a[)rùs beaucoup «l'eUorls, la saulerelle sort do terre; mais, épuisée, elle fait «(urlipios pas, et hieniùt (*llo niiHul. Son oor|»s, de vert (pi'il rl;iil. ii la longue devient Maiic. Ki\ cet état, il est facile à ceux toujours postés en vedette de reconnailre les lieux choisis pour la ponte.
» En mai commence Téclosion. Elle dure douze jours environ. Les saulerillons arrivent h la vie et sortent de leur trou un par un.
» Aussitôt ils se recherchent. A cette époque de l'année les soirées sont encore fraîches. On les voit se grouper, s'abriter sous le plus petit refuge et, ainsi tassés, ils attendent les premiers rayons du soleil.
» C'est l'heure où Ton doit les détruire, et voici comment il faut procéder :
» On creuse tout près d'où se trouvent les saulerillons des trous d'environ 1 mètre carré et de 60 centimètres de profondeur. Ces trous sont abrités par un lambeau de toile, assujetti à de petits piquets.
» Ces préliminaires achevés , des enfants , des femmes , des hommes, divisés par escouade de sept à huit, le matin, à
la rosée, armés de l)alais de jonc, de roseaux, poussent légèrcmenl h^< sauterilloiis dans ces ouverliire>. et, promptenienl , avec une pioche, ils les recouvrent de terre. Au boni de cpiclipies heures, les saulerillons sont asphyxies.
>' (]elle chasse recommence tous les matins, et, comme je lai dit plus haut, elle dure douze jours environ.
» Afin de connaître h moment où Ton doit opérer sur telle ou telle partie du territoire, on a soin, dès que la ponte est terminée, de mettre dans des vases exposés à la lumière des œufs de sauterelles recouverts de terre.
» Ces vases ont une étiquette qui indique le lieu et le jour où les œufs ont une teinte blanche; phis tard, ils prennent une couleur jaune; c'est l'indice que Téclosion est proche.
» L'éclosion qui se produit dans les récipients correspond à celle qui s'effectue dans les terrains d'où les œufs proviennent.
» Il est donc facile de se transporter à temps sur les lieux où les sauterelles viennent à la vie et les détruire avant qu'elles n'exercent leurs ravages.
» A trois semaines , la sauterelle se sert de ses ailes. Aussi est-il urgent de l'anéantir à l'époque de l'éclosion. »
Dans le grand nombre de reptiles et insectes nous pouvons mentionner la vipère , la couleuvre , le scorpion informe , le lézard, le caméléon, le moustique, la tarentule, etc.
Iw\ fr.r.HE ET I.A CIIASSK ii5
Avec les animaux.
Pariiii les ;iniiu:iii\ (lomesli<|ii('> ]o< |i|ii> i'.'ji'iihIin >iir hsol Tiiiii>ii'ii cl (|iii iviidcnl Ir |)liis de service^ aux (m»|»ulalions, on poiil ciler :
L(S chevaux, les clianicaux . Ic> :nics, les niulcls, les nnHiloiis, les bœufs, les eliicns , elc.
Ou cherehe, et avec succès, à acclimater depuis <|ucliiues années queliiues espèces françaises.
Pour nous conduire, quand nous entreprenions quelque lonjîue course, on nous amenait des ânes, des mulets et même des chameaux, rarement des chevaux. Nous le regrettions, car les chevaux tunisiens sont fort jolis. Il est aussi une bêle que nous avons souvent admirée avec plaisir, c'est le mouton.
Les délicieuses côtelettes que nous avons savourées! Même dans la plus basse gargotte, elles sont bonnes.
Les tribus tunisiennes se servent plutôt d'ânes, de mulets, de chameaux que de chevaux.
D'ailleurs, la jument est bien plus recherchée que le cheval, non seulement parce qu'elle sert à la reproduction, mais aussi parce que , depuis fort longtemps , les tribus nomades ont une grande considération pour la jument. C'est donc véritablement une question de tradition.
Les chevaux tunisiens sont très résistants et surtout très
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précoces; on les niel très jeunes au travail, aussi sonl-ils lan'S il un âge peu avancé. A dix-liuit mois, à un an, on leur lail faire le service dillicile d'éclaireurs, et à cinq ans ils fournissent un travail régulier.
Pour le service niililaire, pour la guerre, les indigènes ne se servent guère (pie de chevaux ayant au moins sept ans; et (jui résistent alors très liien aux plus grandes et plus dures fatigues. C'est d'ailleurs à cet âge que les Tunisiens cessent de couper les crins de la queue des jeunes chevaux (1). Mais ces chevaux tunisiens ne font guère que de mauvais chevaux de cavalerie, d'abord parce qu'ils sont de petite taille, et ensuite parce qu'ils sont très mal nourris , très mal soignés et mal logés. Beaucoup portent des plaies, ont la poitrine très étroite et les tendons faibles. Il y a loin des écuries anglaises ou françaises à ces taudis tunisiens auxquels on n'ose donner le nom d'écuries; ce sont pour la plupart des cavernes basses, puantes, étroites, où n'entrent pas la lumière, le soleil, ce puissant régénérateur. En plus de cela, la décadence du cheval a été préparée dans ces régions par le changement et l'amollissement des mœurs, le développement du commerce, la soif de l'or qui en est la conséquence, l'affaiblissement de l'instinct guerrier.
La race chevaline tunisienne est assez uniforme au point de vue de la conformation générale et de la taille, mais elle possède de nombreuses variétés par rapport aux caractères
(1) « Prends toujours pour les coiribats et pour la fatigue, dit un proverbe arabe, un tiiîiKur a\cc sa queue. Le jour cù les cavaliers seront ttllement pressés que les étriers se heurteront, lui seul pourra le sortir de la mêlée et te ramènera dans ta tente, fut-il traversé d'une balle. »