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>» (I(Mi\-ci, iir coiiii.'iissanl pas Tusa^^'f) des (''clialas, ahaiidonnaicnt les cv\)< à Iciir juniiic ifiipnl i.in et les laissaient s'élever on rain[)ei' urei^uiiereiinMil mu ie .^ol. »
Il y a toujours en de ina;^MiirK|iies treilles dans les jardins cl les conrs des maisons niann\s(|nes. Kn IS.'M , nos soldats purent admirer, dans la Kasha d'Oran, nrKpiod dcî vi^aio dont les nombreuses ramilications couvraient un espace d(^ 120 mètres rarrés.
Le capitaine Rozct , que nous avons déjà cité, rapporte ainsi le lait en (juestion :
« A Oran, dit-il, dans la rour de la nouvelle Kasha, j'ai vu un pied de vigne, planté il est vrai à côté d'une fontaine, dont le diamètre était de 0'",23; les branches formaient une treille qui couvrait un espace de 15 mètres de long sur 8 mètres de large, ou de 120 mètres carrés. J'ai compté, sur cette treille, 1,000 grappes, dont chacune pesait plus de deux livres. C'est une des plus belles choses que j'aie vues depuis que je voyage, et le fait a été constaté, en même temps que moi, par tous les officiers du 2P de ligne. »
« Sans échalas, sans autres soins, écrivait M. Renaudot dans son Tableau du roijaume et de la ville d'Alger, les ceps se chargent des plus gros raisins qu'on puisse imaginer. On trouve assez communément des grappes qui pèsent 15 livres. »
Strabon, au livre XVII de sa Géographie, s'exprime ainsi :
230 Tl'M^ir, r.T TI'Nl'^;!!- N*?;
« On convient généralement (|iie la Maunisic , sauf une partie déserle . osl un |):ivs riche et fcrlilc. Idcn arrosp di; rivières cl baigné de lacs; celte contrée, abondante en toutes choses, |)ro(hiil, entre anlres arbres d'une dimension extraordinaire, une espèce de vigne dont deux hommes ont peine il embrasser le tronc et (pii donne des grappes longues d'environ une coudée.
» Les vignes commencent h pousser vers la fin de mars, se couvrent de fleurs dans les premiers jours de juin et sont en plein rapport en juillet (1). »
D'après tous ces faits, on comprend quel parti une exploitation agricole (2) bien entendue devrait tirer de la culture de la vigne.
C'est ce qu'ont bien compris les colons français, principalement depuis l'invasion du phylloxéra en France.
Celte culture de la vigne s'est constituée en Tunisie sous le régime de la grande propriété et si le milden, le black-ros, le phylloxéra ne s'en mêlent pas, on verra dans trois ou quatre ans de grands domaines ayant de 5 à GOO hectares de vigne.
Il y a déjà plus de 3,000 hectares de vignobles, sans compter environ 1,800 hectares de vignes indigènes qui appartiennent à soixante-seize propriétaires différents.
(1) A Gabès, on cullive la vigne en même temps que le palmier. Les ceps de la vigne s'enroulent et grimpent, comme le lierre, au tronc des palmiers; parvenue à une certaine hauteur, elle court en festons d'un palmier à l'autre.
(2) «Les ?,200 hectares du vignoble tunisien, écrit M. Paul Leroy-Beaulieu , appartiennent à une soixanlaine de propriétaires dillerents. Un seul domaine a déjà 300 hectares de vignes, plusieurs en ont plus de 200. La culture de la vigne se constitue en Tunisie sous le régime de la très grande propriété; c'est ce qui le distingue de la métropole et de l'Algérie. Si le phylloxéra ne survient pas trop tôt. il est probable qu'on verra en Tunisie dans dix ans un certain nombre de domaines ayant 4 à 500 hectares de vignes. »