‹ Tunisie et TunisiensChapitre 32 sur 48 · PIONNIERS DU SAHARA (CAVALERIE · texte numérisé non relu

PIONNIERS DU SAHARA (CAVALERIE

lîl, pour assurer If ricniliMinMil <lii rlrPL'ê . il fit élrvcr un séminain^ à (laiili.iL'f { 1;.

Acliu'lliMiuMil , la Tuiiisii* forme le diocvse de Curtluuje,

L(* [)alais an'lii('|)isc()|)al (\st à la Marsa.

Un p^rand scnimaiic cxislc à Saint-Loiiis de Carlhage.

Voici la liste des principales paroisses :

(lalhcdrale de Timis, callicdrale de Cartilage, Sainte-Croix de Tunis, f^a fioulctlc, Porto-Farina, Rizerie, Sousse, Monastir, Melidia, DjtMhad, Sfax, Bija, Le Kef, Haininamel-el-Néhoul, Eiilida, Gabès, Tabarca.

Les missionnaires d*Alger dirigent à Tunis un collège appelé coUèfjo Saint-Cliarles, Le collège construit par S. E. le cardinal Lavigerie reçoit des élèves de toutes nationalités el de n'importe quelle religion.

Parmi les communautés religieuses, citons :

Les Carmélites de Carlhage; les Sœurs de la Mission d'Alger, il Cartilage; les Sœurs de Saint-Joseph, à Tunis; les Sœurs de Notre-Dame de Sion , à Tunis; les Petites- Sœurs des Pauvres , à Tunis (2).

Le clergé français est aimé de tous. Pour un grand nombre de musulmans, « la crainte des Français est la crainte de Dieu. » Ils apprécient l'esprit de tolérance des prêtres , des Frères et des Sœurs (3). Ils sont reconnaissants des libéralités de nos missionnaires. D'ailleurs, c'est la France qu'ils

(1) u Les Missions catholiques sont essentiellenaent françaises, a écrit l'amiral Aube; c'est ce qui explique comment la France joue encore un si grand rôle dans ces régions, et comment son inHuence y balance celle de toutes les autres nations maritimes. » Entre deux campagnes, par l'amiral Aube.)

(î) Pour les cultes non catholiques. (Voir à TAppendice.)

(3) Un protestant, M. Paul Melon, a écrit à ce sujet: «Les religieux, en s'interdisant

2G0 TINISIE KT TLNISItNS

regardent comme la protectrice de tous les callioliiiucs. Protégeant tous les catholi(|nes, le consul de France est pour eux le premier des consuls.

« Nos consuls, a écrit à ce sujet M. Galiriel Charmes, ont droit dans toutes les églises à une place particulière, à un prie-dieu en évidence, vers lequel le prêtre doit se tourner à certaines parties de l'office pour saluer le représentant de la France, l'encenser ou le bénir. Les jours de fête, le clergé tout entier vient l'attendre jusque la porte du temple, et le conduit en procession à son prie-dieu. »

Les musulmans savent qu'ils ne s'adressent jamais en vain à la charité de notre clergé ; ils se rappellent le dévouement des prêtres et des Sœurs pendant les épidémies, leurs bons soins.

Ils admirent le cardinal. Ils viennent parfois de très loin saluer celui qu'ils appellent leur grand marabofit. On sait que, suivant l'enseignement de leurs prêtres, les imans, tous les chrétiens doivent, après leur mort, aller dans le four, fel koucha, en enfer. Ils ne faisaient qu'une seule exception, et elle était en faveur du cardinal.

Devant les indigènes de ces pays africains, l'absence de religion est un signe de décadence. Un homme qui n'a pas de religion est un sujet de répugnance pour les musulmans. Ils méprisent ceux qui n'ont point de croyance.

toute espèce de propagande et de prosélytisme, savent, par des œuvres de charité bien entendues, se concilier les synnpatijies des indigènes. »

D'autre part, en 1881, la sœur Céleste ï'eyre écrivait : « L'instruction religieuse de nos jeunes chrétiennes les prémunit contre le danger.... Quant à nos élèves des autres cultes, les bonnes impressions qu'elles emportent de nos écoles adoucissent leur prévention contre notre sainte foi et les préparent, l'occasion étant donnée , à ces coups de la joie divine qu'il est toujours permis d'espérer. »

m: CLKlUlF: FRANÇAIS Wl

J'en prends ;i (('iiKiiii un radicil , M. Vvcs (jUJoI , qui racoiilc (1) s;i roiiV(»is;ili()ii avec un rmisiiliiiari :

u II me (lit :

à) — Vous, rlirclicn

» J(3 lui (lis que jr n'avais ni Dieu, ni ciille. Je dus lui répéter et lui e\pli(pier ma pensée, qu'il r)(^ parvint à saisir sullisaniment (|ue poui" reprcnilre avec un ciMlain m»'pri< m peine dissimuli'* par la poliltvsse :

» — Vous, honuni^ sans religion. »

« Les Arabes, dit Mgr I^avigerie, nous ont crus airisi pendant huit années, un peuple sans foi, sans prière, sans culte, sans Dieu. Leur confiance dans leur cause s'en augmentait. Même lorsiju'ils subissaient la force de nos armes, ils nous couvraient de leur mépris. Nous l'apprîmes le jour où Abd-el-Kader, ce marabout de génie en qui s'incarnèrent leurs passions religieuses, sollicité de traiter avec nos généraux, répondit fièrement du fond de ses montagnes :

» — Gomment traiter avec des hommes qui n'ont point de Dieu? Quand on n'a pas de Dieu, on n'a pas de conscience, et quand on n'a pas de conscience on ne lient pas un traité! »

C'est grâce à notre clergé catholique que les Maltais , bien que sujets anglais, sont soumis à notre influence.

« Les sympathies des Maltais, dit M. Victor Guérin , sont pour les anciens chevaliers qui ont tant illustré leur ile , qui ont bàli leurs églises, qui partageaient leur culte et dont ils ne montrent aux voyageurs les tombeaux qu'avec un

(1) Lettre sur la Politique coloniale (page 273).

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^ManJ respect. Ils s'fHaicnt comme idenlilirs avec cet ordre, et encore niainlenaiil ils se plaisent , même dans les plus potiles choses , à en reproduire les souvenirs. »

Dès les premiers temps de Toccupalion française, les Mallais se sont empressés de se grouper autour de Mgr Lavigerie, leur vérilalde souverain, et de multiplier les témoignages de sympalhic pour la France, sa patrie.

C'est par renseignement, par les écoles, par les bienfaits de la charité et non par la conversion au catholicisme, (|ue le cardinal cherchait à attirer à la France l'amour et la svmpalhie des indigènes.

En 188^, il écrivait à M. Dauphin, directeur de l'œuvre des Ecoles d'Orient :

« Puisque l'occasion m'est offerte de m'expliquer sur ces graves sujets, je veux dire les principes que je suis, les règles que je m'impose dans mon ministère apostolique.

» Je déclare que je considérerais comme un crime et comme une folie de surexciter, par des actes de prosélytisme imprudent, le fanatisme de nos populations musulmanes; comme un crime, parce que j'ajouterais aussi une difTiculté nouvelle à toutes celles dont la France doit triompher en ce moment; comme une folie, parce que, au lieu d'atteindre le but, nous

l'éloignerions peut-être à jamais Voilà près de trente ans

que j'étudie le grand problème religieux et social du mahométisme. Il n'est pas nécessaire d'être prêtre, il sulTit d'être homme pour désirer la transformation des pauvres races déchues de l'Afrique du Nord, pour désirer les soustraire aux maux qui les oppressent; les femmes, les enfants, tout ce

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(|ui est f.iililc, au joujç i^goTslc ul citirl (!•• <<• <|iii csl fort , Ica Ikuiiiik's, ;m faiialisiiif avril;;!»», à la paresse, à tous les vi Mais la prédicalKm iirrsormell»'. If (irns»'l\lisrne onlinaire, est impiiiiiaiil (l('\aiil les (U'cju^us aNciJ;^lf.s cl lc5 |)aiMuii:> implacaMos engai^'ées dans ceUt; résistance ii la harhario. Au contraire, elle n'esl ([iic imi>iM«' lnrs(|ii(' li l*r«ivi(|cnce ne l'a point elle-niêine longuenienl prepaiee. Iai vrai , le seul prédicateur clVicace, ccsl l'action des événements ([ui ehan;^M,'nl lentement la silualion poliliiiue de ces contrées. Sans le savoir, sans le vouloir même, nos gouvernanls, nos soldats sont donc les vrais agents de cette mission nouvelle. Ils sont la force, et la force pour les musulmans , c'est Dieu même. En s'en voyant dépouiller pour toujours, ils se troublent, leur foi se confond. Nous le constatons bien déjà en xVIgérie, où, sans aucune autre action, tout se désagrège parmi eux, même leur religion. «

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