‹ Tunisie et TunisiensChapitre 41 sur 48 · I.KS IJKUX SAINTS 3îi · texte numérisé non relu

I.KS IJKUX SAINTS 3îi

suhsisluiicc (|iinli(li('iiii(\ r\ qm* dos (*s|).'irrs i(iirn(*nbe& i|iii , avoe nii |mmi de Ir.ivail, pourraient nMliîvciiir pnxluiiifs , (IcinoiiriMJl ('Itîrncllciiu'iil en jarhên'^ inciilles.

» Novaïri racmilc (prokhali ayaiil iiiforiin' son armée qii il avait lo (hvsscin de bàlir une mII(; dans «tIIc plaino, au milieu «le ces fourres inextricables (mi nul clieiuiFi n'était tracé, ses soldais s'écriènMil (|ue c'était impossible en raison de Tépaisseur de la forél, repainî de hèles sauvages contre los([uelles il faudrait sans cesse (^tre en défense. Okhali se mit alors en prière, et, (piand il eut achevé ses oraisons, étendant les mains vers la forêt, il adjura, au nom de Dieu, les animaux malfaisants de se retirer. Aussitôt l'i-mij^u'alion des lions, des panthères, des autres fauves et celle des reptiles commença et dura tout le jour. Les in(Jigènes, témoins de ce prodige, se convertirent à l'islamisme. »

« Au point de vue religieux, Kairouan est la ville la plus importante du nord de l'Afrique. C'est la cité sainte par excellence : quand les musulmans du continent africain sont dans l'impossibilité d'accomplir le pèlerinage de La Mecque, ils le remplacent par celui de Kairouan , reconnu valable par les plus orthodoxes.

» Les traditions consacrent le caractère sacré et presque divin de l'origine de Kairouan : ainsi, l'on prétend que , lorsque Okbah fit ériger la mosquée dédiée depuis sous son vocable, il s'éleva, parmi les fidèles qui entouraient le pieux

liouUMKiiit du calife Otrnau, de ^'randes disriissions an sujet de l'endroit (m'i serait placi* la LIUki ou chaire de l'inian. Okhali était fort [perplexe, mais, taudis (|u'il doruiait, il cul une révélation, et une voix d'en haut lui dit :

» — 0 loi, le chéri, le hien-aimé de Dieu cl du Prophète, dès tjue le jour paraîtra, lève-toi et marche devant loi en portant rétendard ; lu entendras alors réciter le tAItlr (1), et nul autre ne l'entendra; dans le lieu où s'achèvera la [)rière, tu placeras la kliba. Le Dieu maître des mondes protégera ta ville et la mosquée ; la religion du salut n'y périclitera jamais, et jusqu'à la fin des siècles les infidèles y seront humiliés. »

» Okbah obéit à l'ordre céleste : c'est ainsi que fut fixé l'emplacement de la chaire de l'iman.

» En attendant Sidi-Chibani, dont l'absence se prolongeait au delà de nos prévisions, je me ra[)pelais la légende, me demandant avec ennui si l'infidèle, selon la divine promesse, allait être humilié dans nos humbles personnes.

» Mais non : le triomphant secrétaire reparut enfin , acconq)agné de trois autres personnages dont la physionomie nous fil pressentir ijue nous allions pénétrer dans la cité bénie.

» Parmi ceux qui venaient au-devant de nous se trouvait le fils du kiaïa, bel adolescent de seize ans, au visage légèrement efféminé, encore imberbe, il nous salua, tendit la main au kébir et nous dit que son père nous attendait , mais (jue, pour prévenir des ennuis ipii pourraient malheu-

(I) Verset du Coran qui se récite comme prière.

LKS I.IRDX SAINTS :m

nMisciiHMil st; |M'i)(|iiirc> el lionl il s<m';ii( <ians riiii|»n>»iiiilit<f (le nous pivscrvcr, il nous (în;^'a;îi;ail à ikî point |)rolon;:<r :iu (Iclù (l(^ (|U('l(|urs licincs nolnj sc'jour dans la ville ri à iK' poliil la visiter trop (în «h'tail.

L'cxordo était pou en;^'a;4oanl ; h;s deux autres envoyés l'approuNahMil du j^Mîsle sans mot duc. Liiii (Hait dieilc cl uicdimi (clieik d(î la ville), l'autre le lieutenant du kiaïa.

n Ce fut Sidi-(]hil»ani ipii m'appril leur (pialitf'; sur rinvitalion de celui-ci, nous descendiuies de voiture, la laissant sous la garde du cocher, du valet de pied de Sidi- Hou-Hekre et de l'escorte; puis nous suivîmes les envoyés du kiaïa, accompagnés de la foule plus curieuse (ju 'hostile.

» La porte par la(|uelle nous entrâmes dans Kaïrouan était à peu près semblable à celles de Sousse , mais en bien meilleur étal. Dès que nous l'eûmes dépassée pour nous engager dans une rue très longue , dont les maisons blanches , hautes, bien alignées, avaient un bel aspect, la foule augmenta, se tenant à distance et se bornant à nous escorter presque silencieusement. Nous arrivâmes ainsi devant l'habitation du kiaïa, qui ne se distinguait point extérieurement des autres. L'intérieur, au premier abord, n'avait rien de bien intéressant : c'était, comme dans toutes les villes arabes, un bâtiment carré, régulier, donnant sur une vaste cour dallée de marbre, entourée d'une galerie à arcades , cintrées sous l'entablement, soutenant le premier étage, où se répétait cette galerie. Toutes les pièces de l'habitation, sans communication entre elles, s'ouvraient en retrait sous la colonnade,

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|);ir (les portes en hois dur cl épais fort j(>liiiieiil sculplé. Le poiirlf)iir iiiirMieiir de la galerie, jus(pi';i hauteur d'appui, ainsi (pic IVncadremenl des portes, étaient revêtus de inosaiipics d'azurinc d'un eirel très gai et très élégant.

» Dès (|u'il nous aperrut dans la coiu', le kiaia, (piillant une cliandjre fermée seulement par une légère portière de mousseline de soie , fil (juelques pas au-devant de nous et nous invita à passer dans cette pièce qu'il venait d'abandonner et (pie je supposais être son salon de réception. Il y rentra avec nous.

» Son fils, le cheik et le lieutenant restèrent dans la cour.

» Comme tous les appartements des maisons arabes , la pièce où nous trouvions était longue et étroite; un tapis épais en recouvrait le sol ; des divans très bas et très larges, chargés de coussins brodés d'or, s'appuyaient aux parois latérales où d'étroits espaces étaient réservés à des guéridons en laque, ivoire, ébène et nacre marquetés d'une façon ravissante. Aux deux extrémités du salon, des tentures et des portières le coupaient à demi, formant des retiros pour la sieste. Un demi-jour très doux, savamment distribué, reposait les yeux. L'atmosphère, relativement fraîche et embaumée du parfum des essences de cassie et de jasmin , me parut délicieuse. Dans des niches pratiquées dans l'épaisseur des murs, on voyait des objets précieux, bassins, aiguières et plateaux en orfèvrerie. De superbes armes accrochées aux parois et, sur des étages en l)ois découpé peint, des majoliques indigènes, de grands vases, des amphores complétaient l'ensemble somptueux de ce salon. .

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