I.KS MKIX SAINTS
(le S;ihni, ou \r calilc Isiiiail-el-Miiiisoiir fonda, i an X\l de riirnin», iiiir \illr qu'il noiiiiiia Mansoiirali (la Vicloricusf») cl où lui et SIS sncr(»ss(MnN jix/'n'nl l«Mir rt''siden<«' T'-'^t ^nr r<»rnplacrmcMil de Sal)ra, (|ii(' l'on croît eln; l'îinciL'n vicu6 Auyu.slus, ([u'Okhali aurait puisé la plus ^'landc; [)arti(» des matériaux qui oui servi à l'éililication de Kairouan et de sa grande mo8- (piée. Sur le sol dévasté de Sabra, on trouve; encore des niarhres Irisés et deux belles colonnes de marbre veinées de rou^iïe, que les Arabes nomineiit « les colonnes du Sang. » Ils prétendent (jue lorsipi on voulut les scier pour les porter à Kairouan, le sang jaillit sous la morsure de l'acier; effrayés, les ouvriers ne voulurent [)lus y louclier. »
« Nous avions à peu près entrevu toutes les curiosités de Kairouan ; il était trois heures : il fallut partir. Le kaid et son petit cortège nous accompagnèrent jusqu'à notre voiture. La foule, toujours silencieuse et réservée, nous y suivit également. Sans les outrages de la vieille mégère arabe, nous n'aurions point eu à nous plaindre des farouches Kairouanais. Cependant, par excès de précaution, le kaïd adjoignit à notre escorte une vingtaine de cavaliers auxquels il donna l'ordre de ne nous quitter qu'au delà de TOued-Laya.
» En nous faisant ses adieux, le gouverneur de la province de Kairouan me chargea de ses compliments pour le Président de la République.. Je comprenais de moins en moins.
338 TllMSIi: KT TIINISIF.NS
» INMidaiil le Irajrl, il nous fui iiii|M)ssil)lc de liivr deux paroles de Sidi-(llnl>aiii, (lodclliianl de la lêle el easomnieillé.
» Arrivé à Sousse a une heure avancée, nous chargeâmes le secrélaire de remercier le kaïd el de riiif(>rmer que nous irions le lendemain lui exprimer noire ^nalilude, ce que nous fimes en eiïel.
» Kn eausanl avec l'aimable Bon-Bekre . comme je lui lémoignais ma sur|>rise de la retenue de la pojjulalion de la ville sainle envers nous el des égards exceplionnels dont j'avais élé l'ohjel de la pari du kaïd :
T> — J'y avais pourvu, me répondil-il en sourianl avec malice; ma lellre vous recommandait simplemenl. mais Ghihani avait l'ordre — ces choses-là ne s'écrivent pas — de dire au kiaïa (|ue vous êtes cousine du Président de la Républiipie : il importail que vous fussiez reçus et qu'on ne vous inquiétât point. Allah me pardonnera de cet innocent
mensonge. »
Dl^: CONSTANTINR A TIXISIE
Noire coiilVèro ot ;imi M. ficorf^'os Domaiirlic. (|iii ;i fait, il y a [)(Mi (le temps, un curieux voyage d'exploraliou en Al«,'érin et en Tunisie, nous a laissé ce curieux vrni d'une excur^^inn de Gonstanline à ïmiis :
« Le chemin de Ter de Gonstanline à Tunis suit d'al)ord la même direction que celui d'Alger à Batna; mais arrivé au Kroul), il inlléchit vers Test pour traverser une région peu habitée. A partir d'Aïn-Regada, on côtoie sans cesse l'Oued- Zenati, faible ruisseau qu'en maint endroit on franchirait d'un saut. Mais ce cours d'eau d'apparence débonnaire devient un torrent furieux à Tépoque des pluies. Peu de temps avant notre passage, il venait encore de couper la voie ferrée en trois endroits avant la station de l'Oued-Zenali. De ce point jusqu'à la Seybouse, le chemin de fer est pour ainsi dire rongé par le torrent. Les terres s'éboulent, et le lit de l'Ûued- Zenati, qui est encombré de gros blocs de rochers, se déplace de plus en plus au détriment de la voie ferrée. En plusieurs endroits, la Compagnie de Bône-Guelma a dû faire établir un mur de soutènement: mais elle ne sera délivrée de toute
|)réoccu|)alion ([iic l()rs(|iie celle mesure (!<■ |trécaulion sora uénéraliséc à l'cnronlre d'une rivière aussi capricieuse (jue (lêsonloniiée.
') A llaniniaiii-Meskouliiie se trouvent des eaux thermales très fré(|ucnlées. Les vapeurs produites par les sources chaudes ([iii se rencontrent jus([ue sur le bord de la voie ferrée, une belle cascade, ayant pour cadre un cinpie (]c rochers, un paysage riant au milieu d'une abondante végétation, donnent à cette partie de la vallée de l'Oued-Zenali un cachet tout particulier.
» Guelma, <|ui s'élève un peu plus loin, est une ville neuve d'un aspect (|ui n'a rien d'oriental. Les Français y sont assez nombreux (1,500 sur un total de 0,000 habitants environ). A partir de cette ville, la vallée de la Seybouse semble prendre plus de vie et d'animation. La terre est bonne et plus cultivée, les oliviers sont nombreux, mais la vigne est encore rare. Après avoir franchi le délilé boisé de Nador, on arrive à Duvivier, point de bifurcation entre Bône et Tunis.
» C'est alors que le paysage se transforme au fur et à mesure que l'on remonte la vallée de TOued-Melah pour franchir les hauteurs qui nous séparent du bassin tunisien. A Medjez-Sfa, la grande montée commence avec des rampes de 25 millimètres sur une étendue de 27 kilomètres. Remblais, tranchées, tunnels et viaducs se succèdent rapidement pendant qu'un beau panorama se déroule peu à peu à la suite des courbes décrites par la voie. Après Ain-Affra, on revoit les stations précédentes, avec le tracé du chemin de fer, la vallée de l'Oued-Melah. celle de la Sevbouse et la cime des
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crtHcs an iiiili<Mi (|«vs(|ih'||ps ^o dossirx' 'i'"* ••rli.'ir»('rnn' avnîil la forinr du «^ollc de li(Mi>^ir. Hirritôl on arnv(; a I eiilnu; d un liMiiicl i|ui s'est ellnndré plus tard sous l'actinn des [diiies. l*i)ur ivlaMir !;» cirrulation, il • ^dlii nfilio.. I.. rlirmin d'accès ù voie étroite qiu avait été i-oushuil par 1 entrepreneur. Ce chemin, mis en état et élarj^'i, a des rampes (|ui s'élèvent jusipi'à .*{() millimètres, et c'est |)ar cette voie (|ue monte le train, avec une sage lenteur, au milieu des ouvriers et des déidais, en décrivant de nombreux dél(Mirs (|ui donnent une grande v:iriélé au panorama de plus en plus étendu.
» On arrive ainsi à rcxtrémilé opposée du tunnel (kil. 83j où l'on reprend la voie normale. Bientôt après, la grande courbe cesse, le panorama disparaît avec la vallée de la Seybouse, et Ton commence à descendre dans la vallée de la Medjerda à travers des bois de chenes-liège. La vigne apparaît ensuite sur les coteaux et se multiplie rapidement jusqu'à Souk-x\hras, centre animé qui a Tair d'une ville absolument neuve.
» Souk-Ahras, par suite de l'importance à la fois stratégique et commerciale de sa position, a pris un grand développement. Sur un total de 6,000 habitants, on compte plus de 2,000 Français et de 1,300 étrangers, la plupart Italiens, amenés dans le pays par les travaux du chemin de fer. De la station, on aperçoit une série de toits couverts de briques du plus beau rouge et une fort belle halle aux grains.
» En quittant Souk-Ahras, le pays est fort accidenté, tantôt boisé, tantôt rocailleux ; la vigne disparait bientôt ainsi que toute culture et toute habitation. Le chemin de fer passe et