‹ Tunisie et TunisiensChapitre 6 sur 48 · A TUNIS 3IÎ · texte numérisé non relu

A TUNIS 3IÎ

est asstiivnieiil celln (ju'en doniiail Lvou l'Arricaiii, et qui

îi olr Iradiiilc par Jcui T(Mii|)()r;il :

« Thunes est uppcltr des Laiins innrium, cl 7'//ni.ç par les Arabes, Klle esl, [joiir h; présent, iinn des sin^'iiliôres cl niagnirK|iies cités (rAfri(|ii('. I)(?s bourgs à rpTiinm .Tfll.' rnn est hors do la \)()vW. licl» Suaica (1), i\\n cohiiciil environ Irois C(Mils f(Mis. \]\\ aiitnî, hors la porte nommée n«'l)-cl- Mancra (^), (jui en l'ait mille, et tous ces deux remplis d'une infinité d'artisans comme apothicaires, pescheurs et autres. En ce dernier, il y a une ru(» séparée, quasi comme si c'était un aiilre bourg, et là font résidence les chrétiens de Thunes, desipiels le seigneur se sert pour ses gardes, étans encore cpi'ils vaquent à autres offices, es quels les Mores ne se daigneroyent employer.

» Il s'est fait encore un autre bourg qui est hors de la ggdi porte appelée Beb-el-Bahar, qui signifie la porte de la Marine, ^^

laquelle est prochaine du lac de la Goulette, environ demi mille, et là vont loger les marchands chrétiens étrangers, comme les Genevovs, Veniciens et ceux de la Cataloii^ne : lesquels ont tous leurs boutiques, magasins et hoslelleries séparés d'avec celles des Mores; mais les maisons sont petites, de sorte que, comprenant la cité et les faubourgs, le tout peut contenir environ dix mille feus. La cité est fort belle et bien gouvernée, et avec ce qu'elle est fort peuplée et habitée de gens qui sont à peu près tous artisans, et principalement tissiers de toiles, lesquelles se vendent par toute l'Afrique,

(1) Aujourd'hui Bab-es-Souika.

(2) De nos jours Bab-ed-Djezira.

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par ce qu'il s'en y fait une infinité, et Lonnc en perfection.

» Outre ce, il y a un j^Tand nombre de bouti(|iics de marclïands, estimés les plus riches de Thimes, avec un <(rand nombre d'autres artisans, comme de ceux qui vendent, les perfumeurs, veloutiers, couturiers, selliers, peletiers, fruitiers, ceux qui vendent du lait, les autres qui font fritures en huile, et bouchers. Il y a encore plusieurs autres métiers; si je voulais décrire particulièrement, ce serait une chose non moins inutile que superflue. Le peuple est fort courtoys et amyable, et les prêtres, docteurs, marchands, artisans, ensemble tous ceux qui sont commis à quel(|ue espèce, se tiennent magnifiquement en ordre, portant des turbans en tête. Il ne se trouve dans la cité aucun moulin assis sur l'eau, mais on les fait tourner par des bêtes. Il n'y a fleuve, fontaine, n'y aucun puys d'eau vive; mais, en défaut de ce, les habitants ont plusieurs citernes, dans lesquelles s'écoule et demeure l'eau de la pluye; vray est qu'il se trouve plusieurs bons puys, mais ils sont réservés pour le roy et sa cour. Là serait un beau temple fort spacieux, selon le revenu duquel on y institue une grande quantité de prêtres, et s'en trouve d'autres par les bourgs de la cité, mais de moindre grandeur. Outre ce, il y a plusieurs collèges et monastères de religieux, lesquels ont bon moyen de s'entretenir honnêtement de grandes aumônes du peuple. La plus grande partie des bâtiments est de pierre de taille d'assés belle montre. Il y a force étuves. Hors la cité, il y a plusieurs possessions produisant de beaux fruits. Quant aux jardins,

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