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ils son! (|ii;isi v\\ iiilinih', n^niplis d'orangers, citron- r"vr.;i (leurs f![(Milill('s cl s(Miôv(»s, iiu^nnMiM»nl en un Uni .i|>|m*|i' lianlo, là où soiil les jardins el les mai. ^
(lu rov. »
Au Moyeu- Aji;(î, Tunis a eu !«' «Ion de passioiuicr la clirélicnlé el la Franr(\
« Mais c/esl asbc/ parliT des teuiji^ .mcn ii> du ehrislianisnie, dil M^v Lavij^^erie (I). Dans les longs jours de mort (|ui suivinMit l'invasion niusulin;ine, que. de noms nous aurions à monlionner, depuis ceux dos disciples de saint François jusqu'aux fils de saint Vincent de Paul et aux religieux de la Trinité el de la Merci !
» Enfin , dans des temps plus rapprochés de nous, comment oublier deux figures chères au monde , plus chères encore à la France, saint Louis et saint Vincent de Paul: le premier, sanctifiant par sa mort les ruines de Carthage, en li270; le second, illustrant par sa capacité et le miracle de sa charité la ville musulmane de Tunis. Saint Louis, adressant à Dieu cette parole : « Qui me donnera de voir la foi chrétienne préchée à Tunis! » Saint Vincent de Paul, convertissant un renégat et le ramenant en France avec lui comme un trophée. »
Voyons maintenant Taspect de Tunis à l'époque actuelle :
(( Tunis , dit le commandant Villot (2), située en face de la Sicile, au centre des deux régions méditerranéennes, est un point géographique d'une importance bien autrement considérable qu'Alger. Si son port naturel était débarrassé des
(1) Annales de la Propagation de la Foi, avril-mai 1889.
(2) Description géographique de Tunis et de la Régence. Paris 1881.
iiiiinoiiilices (|iii IViicombronI , et creusé [)()ur rorovoir <lo liws hàliinents, nul donle que Tunis ne reprendrail tout aussitôt nii lirillant essor cunimercial et politiijue.
» C'est un des points les plus salubres du ^dohe , et la plupart des maladies qui régnent à l'état endéiniipie dans les autres contrées africaines : la peste, la variole, le choléra, etc., n'y apparaissent (]ue fort rarement. Quelquefois, lorsque la violence des vents met à découvert les boues du lac El-Balina . des vapeurs pestilentielles s'en élèvent ; mais cet inconvénient est de courte durée et ne dément pas la salubrité unanimement reconnue à Tunis. »
Tunis a été surnommée la blanche et voluptueuse Tunis (i), la fh'iir (le V Occident.
Sa situation est splcndide.
Rien de curieux comme l'aspect de Tunis , qui apparaît tout à coup au milieu de sa large baie ou (jolfe de Tunis (2) avec ses blanches murailles crépies à la chaux, ses maisons dégradées.
L'aspect de Tanimation qui règne dans la ville est très curieuse, surtout dans les ruelles étroites de la ville haute, là où se trouvent principalement les souks ou marchés. C'est
(1) « L'épillicte (le Blanche qu'elle portait dans l'antiquité, comme le montre uu passage de Diodore de Sicile (\X, VIII, 7), lui convient encore parfaitement de nos jours, tant à cause de ses maisons et de ses monuments extérieurement blanchis à la chaux, qu'à cause de la nature du sol où elle est située, sol composé de terres calcaires, ou d'une argile blanchâtre. » (V. Guérin).
Les croyants appellent Tunis le Burnous du Prophète.
(2) Le ffolfe de Tunis a environ 67 kilomètres d'ouverture. La côte occidentale en est basse, semée de lacs, coupée par l'embouchure de deux rivières. Autrefois les flottes carthaginoises et romaines y entraient librement.
Le cap Bou-Sa'id, souvent désigné du nom de Carthage, dont il abritait le port, marque l'entrée du golfe de Tunis proprement dit.
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surl(Hil (le neuf ;i (Hi/c liciirrs du nnllii licm. -; spiM'inlriiUMil n'scrvccs ;i lii vente, *|ii il mil \ j .ij^iUîr CfUo louir l»ari()lé(» de M.dlais , Juifs, Aralxîs, Sicdi< ii ail-
leurs, depuis le pliis lie.m iinn jii.M|ii'aii Idam* le \\\\]< (nir. Des Tunisiens aux riches veleni<;nls y coudoient à cliinal des nègres en haillons et h |)ie(l. (là el là, le lonj^ des maisons, des indigènes iiecrouius, l'unianl ou dégu.slanl une pelile la>^e de rafé maure, conlraslent par leur nonchalance avec la cohue (lu'augmenlent encore les voilures de louage, les Iramways cl les omniluis.
Le commerce de Tunis est très im|)orlanl. Elle fait avec Marseille, Malle, Gênes, Triesle, Livourne, et les principales villes du Levant, un commerce d'exportation de laines, cuirs, peaux, essences, céréales, huile, évalué à plus de 2*5 millions.
Quant aux importations qui consistent surtout en hois de sapin de Trieste, en tissus de colon, elles dépassent le heau chiffre de 35 millions.
Tunis a des manufactures de tabac, de lainages, de soieries; des fabriques de fez, de chéchias (1), de couvertures de laine, de burnous blancs, de djeblas, en soie et en laine, qui jouissent d'une réputation très méritée.
Il y existe encore des tanneries, des minoteries, des briqueleries, des usines même pour la fabrication de la glace.
Chaque industrie, comme dans nos villes du Moyen-Age, occupe un emplacement , une rue à pai't. Ces rues marchandes sont très curieuses à visiter. Le plus souvent elles sont recouvertes d'arcades, ce qui entrelient la fraîcheur.
(1) Calottes très renommées appelées aussi Châchiya,
l)(îs deux cùlés de lu rue, dans de petits réduits de (|iiatre à rini| mètres (Ij, des ouvriers, accroupis comme nos tailleurs sur d('.> n.illes en écorce de palmiers, se livrent aux tnvnux de leur industrie. C est ainsi que se faljri(|uent des hijuux, des armes, des coffrets , des lapis et des étoffes aux couleurs riches et voyantes, hrodées de soie et d'or, des selles, des objets de maroquinerie d'une grande finesse, des chaussures très solides, des cvanlails , des pâtisseries frites dans l'huile iiouillante et dont sont très frianls les indigènes et les Italiens.
Des boutiques peu appétissantes sont celles où se débitent des viandes repoussantes.
Le seul fabricant qui ne travaille pas accroupi, c'est le fabricant de chaussures. Il est assis sur un siège formé de branchettes superposées. Les fabricants de chaussures sont très nombreux; on en trouve dans tous les quartiers de Tunis, et le souk aux babouches est certainement le plus grand des souks.
Les fabricants les moins noml)reux sont les fabricants de meubles.
Très pittoresques les boutiques des tailleurs. Tout se fabrique dans la même boutique, on y coupe, on y bâtit et on y coud. Les couleurs rouge, blanche, jaune, dominent (2j. C'est fort joli et pas cher. Ou a un très lin et beau burnous pour 45 francs.
(1) Ces petites boutiques contiennent souvent pour des sommes considérables de marchandises.
(-2) D'instinct, le Tunisien est coloriste. Il sait mélanger le rouge, le vert, le jaune, le bleu aux nuances les plus vives, sans heurter Tceil en aucune façon. Cela se voit dans leurs vêtements, dans leurs pavages en mosaïque, dans leurs étoiles.
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(](Uimi(i .niln'fois rn Kniiin» I»' iin'lirr <!" verrier, à Tnni< le mrlitM- de hrodiMir sur cuir csl iiu milmr auhUu Lc8 Mann:do grandi! familh» no craigiicnl pas do yagiier il
avoo rai|^uillo. Ils \w Innl aiiciiii dessin sur li* «iiir, l'inspiralion seule les guide el conduit leur aiguille; pour tracer les délirâtes aral)os(jues, les (leurs, les syud>oles cpie hrndo leur main hahile.
Les selliers fahriipionl dans leurs liouliipies des liarnachenienls ciunplols pour les chevaux. Kilos sont splondidos hîurs broderies on or, en argent et en soit> sur le velours. Détail amusant, lo croissant est souvent fait en ivoire alin de conjurer le mauvais œil (1).
Ou sait qu'en Orient les habitants sont grands amateurs d'armes, et on pourrait croire ([ue les ^ouks des armuriers doivent élre merveilleux comme en Tunjuie ou en Asie. Il n'en est rien cependant. De plus, les armes sont toujours démontées. L'assemblage n'a lieu qu'après le choix de l'acheteur. Quand le client a choisi le canon, la crosse et la batterie disséminés dans la boutique, on assemble le tout.
11 faut dire que les montures sont souvent d'une très grande richesse et que les lames de Damas ne sont pas rares à Tunis.
Très amusants à voir les notaires dans leurs boutiques. Ce sont souvent des vieillards à barbe blanche, assis gravement aussi comme des tailleurs. Ils rédigent avec une majestueuse lenteur leurs actes en écrivant de droite à gauche. Leur plume est faite avec un éclat de roseau pointu.
Dans beaucoup de boutiques, on vend des parfums, de
(l) Oq sait que les selles de Tunis jouissent d'une grande réputation. Les étriers toujours larges sont la plupart du temps en argent massif. Le corps et le panneau de la selle sont recouverts de riches tapis.
ii TUNIî^lK ET TUNISIENS
riiiiili' cl do ressoïK'c de rose, duiil rôdeur forme :ivcc celle des p:\lisserics friles à riiiiile un mélange :ui(|uel un odorat européen a de h peine à s'iiahiluer.
Très curieux aussi à voir les forgerons plongés jusqu'à mi-corps dans un tonneau dont le hord arrive au niveau du sol et de la rue. Leur outillage est des plus simples, et malgré cela ils exécutent des ouvrages vraiment remarquables et d'une iincsse parfois exquise. Ils ont simplement une enclume luule petite, un soufflet à jet inlerniillent. Ce soufflet consiste tout bonnement en une outre de cuir sur laquelle ils pressent avec un petit bâton. Cela fait penser à la trompe de nos conducteurs de tramways.
Pendant la nuit, le plus grand silence règne dans le quartier des souks, et les arcades, les encoignures sont alors pleines de groupes pressés de pauvres diables, ayant pour lambris un beau ciel étoile.
Les Européens habitent surtout le quartier franc qui se trouve au bas de la ville, au bord des quais et à proximité des principales gares de chemins de fer (1).
Ce quartier, sillonné de rues très larges et de belles avenues plantées d'arbres comme nos boulevards, contraste par sa symétrie et sa propreté avec l'aspect de la partie ancienne de la ville.
La Résidence française se trouve sur une belle avenue très large et très propre. On y voit des habitations élégantes et un grand nombre de cafés (2) à la française.
(1) Gare italienne, du chemin de fer de Tunis à la Gouletle : gare fanaeuse du chemin de fer de Uône à Guelma et prolongements.
(2) Café, kahoua.